MIXTURES
Les mixtures sont des potions qui, sous un assez petit volume, contiennent beaucoup de principes actifs. Comme on le voit par cette définition, les mixtures ne diffèrent pas notablement des potions proprement dites. IVl. Cottereau pense qu'on ne devrait désigner du nom de mixtures que des mélanges liquides trèsactifs administrés par très-petites quantités ou par gouttes dans
un véhicule convenable ou sur du sucre. Pour certains médecins, mixture est synonyme de mélange.
Mixture tonique (exemple d'une mixture se rapprochant du sens
de polion).
Adultes.
Extrait sec de quinquina 8 eram.
Eau commune 200 gvara.
Sirop de Tolu 60 gram.
Mêlez. — Prendre une cuillerée à bouclie toutes les heures,
Enfants.
1 gram.
100 gram.
50 gvam.
ISixture obstétrique (sens de M. Cottereau).
Poudre récente d'ergot de seigle 1 gram. 50 centigr.
Sirop simple 50 gram.
Mêlez. — Prendre une cuillerée de dix minutes en dix minutes ^ et avoir soin d'agiter à chaque fois.
Mixture contre les engelures (sens de mélange).
Baume du Pérou 15 gram.
Dissolvez dans l'alcool., ,.....,... 125 gram.
Ajoutez
Acide chlorhydrique ..,,.. 4 gram.
Teinture de benjoin 15 gram.
Faites plusieurs fois par jour des emhrocations sur les parties malades. Enfermer dans un vase bleu ou noir et étiqueter, -—Usage externe,
POTIOMS PROPREMENT DITES.
On désigne sous le nom de potions proprement dites toutes celles qui ne sont ni des juleps ni des loochs.
Les potions se composent d'un véhicule aqueux (eaux distillées, infusés, décoctés) et d'un sirop, d'un mellite, d'un oxymellite, d'une conserve, dans lesquels on fait dissoudre ou suspendre divers principes médicamenteux.
Les proportions de véhicule et de substance édulcorante sont variables; cependant onpeut fixer le rapport de i à 2 parties de 1 edulcorant pour 3 h U parties du véhicule. Comme le julep, la potion est ordinairement de 125 à 250 grammes.
Avant d'indiquer les particularités appartenant aux préparations des différentes espèces de potions que nous établirons plus loin, notons que, dans une potion quelconque, si l'on veut incorporer des éthers, de la liqueur d'Hoffman, et en général une substance volatile, il faut avoir soin de ne les marquer qu'en dernier lieu pour que le pharmacien ne les ajoute qu'au moment même de boucher la fiole ; on évitera ainsi toute déperdition. Cependant M. Soubeiran pense qu'il serait plus avantageux d'in-
cliquer le mélange de Téther avec le sirop, en se fondant sur l'observation de M. Boulay, qui a constaté l'affinité très-grande du sucre pour l'éther. On se rappellera que les sels insolubles ou peu solubles (le sulfate de quinine, par exemple, et en général tous les sels formés par les alcalis végétaux) deviennent solubles par l'addition d'une ou plusieurs gouttes de l'acide qui entre dans leur composition. Ainsi, dans la potion fébrifuge contenant du sulfate de quinine, on formulera :
Potion fébrifuge.
Adultes.
Enfants.
Sulfatô de quinine 1 gram. 2o centigr.
Acide sulfurique alcoolisé (eau de Raiel). 10 gouttes. 3 gouttes.
Eau distillée de cannelle simple .... 80 gram. 20 gram.
Sirop d'écorce d'oranges 25 gram. \ 20 gram.
F. s. a. Que l'on prendra immédiatement après l'accès en quatre fois à demi-heure d'interyalle.
Potions composées de substances solubles et dont la transparence
est conservée.
Il suffit, pour les formuler, d'indiquer le nom et la dose de chaque substance. Le mélange s'en fait naturellement.
Potion diurétique.
Adultes. Enfants.
Oiymel scillîtique 15 gram. 5 gram.
Eau distillée de pariétaire 125 gram. 100 gram.
— de menthe 30 gram. 15 gram,
alcool nitrique 2 gram. 50 centigr.
Mêlez pour faire une potion à conserver dans une fiole bien bouchée.
A prendre dans la journée par cuillerées à bouche.
Potion antispasmodique.
Adultes.
Sirop de nymphsea 50 gram.
Eau distillée de fleurs de tilleul. ■) r., „^
. d'oranger. h«- ^^ S'"^"^'
Ether sulfurique 4 gram.
Mélangez dans une fiole exactement bouchée.
A prendre par cuillerées à bouche d'heure en heure.
Enfants.
20 gram.
40 gram.
10 gouttes.
Potions composées de substances insolubles et dont la transparence est troublée.
Les substances qui dans une potion peuvent troubler Ja transparence sont : les résines, les gommes-résines, les huiles fixes et,
volatiles, le camphre, certaines teintures alcooliques ou éthérées, les poudres, les extraits, les électuaires. Nous allons examiner successivement les potions renfermant ces différentes substances.
Potion avec résine ou g^omme -résine.
Pour incorporer à une potion une résine ou une gomme-résine, il faut d'abord la réduire en poudre fine, puis délayer cette poudre avec un jaune d'œuf (quand on se sert de jaune d'œuf dans une potion, il est toujours bon de commencer par y ajouter un peu d'eau) ; cette première opération terminée, on met le liquide qui constitue la potion. Au lieu de jaune d'œuf, on emploie quelquefois un mucilage de gomme ou tout autre intermède ; mais c'est à tort, car la division des résines ou des gommes-résines est moins parfaite.
Potion purgative.
Adultes. Enfants.
Résine de jalap 40 gram. 20 centigr.
Délayez dans la moitié d'un jaune d'œuf, et ajoutez :
Lait d'amandes douces 200 gram. 60 gram.
Sirop de guimauve 50 gram. 30 gram.
A prendre en une fois.
Potion au copahu.
Adultes.
Oléo-résine de copaliu 20 gram.
Jaune d'œuf n° 1.
Triturez ensemble le jaune d'œuf et le copaLu, ajoutez :
Sirop de menthe 60 gram.
Eau distillée de tilleul 125 gram.
Mêlez. — A prendre en 8 fois.
Dans les potions où l'on fait entrer de la gomme ammoniaque, on ajoute souvent de l'oxymel scillitique; il faut indiquer de le broyer avant d'ajouter le jaune d'œuf. On peut , quand la dose de gomme ammoniaque n'est que de 10 ou 15 centigrammes ne pas mettre de jaune d'œuf.
Potion avec la gomme-résine ammoniaque.
Adultes.
Gomme ammoniaque en poudre, . . 4 gram. Oxymel scillitique 60 gram.
Broyez la gomme ammoniaque dans l'oxymel, ajoutez :
Jaune d'œuf n° 1.
Eau distillée de pouliot 200 gram.
— de menthe poivrée 125 gram.
A prendre par cuillerées à bouche dans la journée.
Enfants.
1 gram.
20 gram.
no 1.
100 gram.
60 gram.
Potions avec les huiles fixes.
On divise les huiles fixes au moyen d'un jaune d'œuf ou d'un mucilage. Le mucilage doit être préféré, parce que les huiles s'y divisent parfaitement, et que la couleur du composé n'est pas altérée. Cependant lorsque l'huile est naturellement consistante comme celle de ricin, le jaune d'œuf épaissit moins la potion et doit être choisi.
Potion purgative avec l'huile de ricin.
Adultes.
Huile de ricin récente 50 gram.
Jaune d'œuf n» 1/2.
Triturez ensemble l'huile el le jaune d'œuf, ajoutez :
Sirop de fleurs d'oranger 40 gram.
Eau commune 60 gram.
Mêlez le tout. — A prendre en une seule fois.
Enfants.
10 gram.
20 gram.
40 gram.
Potion purg'ative avec l'huile de croton ti§:liuni.
Adultes. Enfants.
Huile de croton tiglium 3 gouttes. 1/2 g. à 1 goutte.
Gomme arabique 20 centigr. 10 centigr.
Broyez l'huile avec la gomme, ajoutez :
Sirop simple 13 gram. 15 gram.
Infusion de camomille 100 gram. 40 gram.
A prendre en une seule dose ou en deux fois.
Pour être exacts, nous devons ajouter que les potions huileuses, dans lesquelles les matières grasses ont été émulsionnées, pourraient prendre le nom d'émulsion, et alors nous définirions ainsi le mot émulsion : médicament liquide renfermant des matières grasses ou résineuses , tenues en suspension au moyen de substances gommeuses ou albumineuses.
Potions avec les huiles volatiles.
Quand les huiles volatiles entrent en petites doses dans une potion, on les mêle simplement au sirop ou on les fait triturer avec du sucre ; il se fait alors un oléosaccharum miscible à l'eau. Si l'huile au contraire est employée à dose assez forte , un jaune d'œuf sert d'intermède.
Potion vermifuge.
Adultes.
Huile volatile de térébenthine ... 90 gram.
Jaune d'œuf n» 1.
Sirop d'armoise 50 gram.
Eau distillée de menthe 90 gram.
Enfants.
2 gram.
no 1.
50 gram.
90 gram.
Le mélange d'huile Tolalil© ne s'ajoutera qu'en dernier.
A prendre en quatre doses d'iieure en heure , et on agitera la fiole atant de faire prendre.
Potions avec le camphre.
Dans une potion, si l'on fait entrer le camphre, il faut avoir soin d'indiquer qu'il doit être d'abord pulvérisé au moyen de quelques gouttes d'alcool , puis divisé à l'aide d'un mucilage de gomme ou d'un jaune d'œuf. On peut négliger de traiter le camphre par l'alcool, et se borner à le faire triturer avec le mucilage de gomme ou avec un jaune d'œuf.
Si l'on associe le camphre à une teinture, on le fait triturer avec elle pour le dissoudre ; cette dissolution est ensuite mêlée au sirop.
Potion camphrée.
Adultes.
Camphre en poudre 0,60 cent.
Délayez le camphre dans le quart d'un jaune d'œuf, et ajoutez :
Emulsion sucrée . 200 gram.
Sirop de sulfate de morphine. . . . 30 gram. Sirop de sucre 15 gram.
Enfants.
0,âO cent.
100 gram.
2 à 4 gram.
20 gram.
Mêlez. — A prendre par cuillerée à bouche toutes les heures.
On a proposée de diviser le camphre avec la magnésie; M. Soubeiran regarde ce procédé comme défectueux , car si l'on ôte la magnésie de la potion; comme elle retient du camphre, on ne peut guère apprécier la dose employée de ce dernier médicament; si au contraire on laisse la magnésie dans la potion, comme elle est insoluble , la potion n'en est que plus désagréable pour le malade.
Potions avec les teintures.
Bon nombre de teintures alcooliques et surtout les teintures chargées de gommes-résines ou de matières grasses, comme les teintures d'asa fœtida, de castoréum, de myrrhe, de scammonée, de gomme-gutte, d'aloès, de gomme ammoniaque, etc., abandonnent, quand on vient à les mêler à i'"eau, les matières qu'elles tenaient en dissolution, et il se forme des grumeaux. On remédie facilement à cet inconvénient en ayant soin de faire triturer ces teintures avec du sucre ou avec le sirop de la potion avant de les mêler à l'excipient aqueux. Cette précaution est inutile quand la dissolution aqueuse des principes contenus dans la teinture est possible, ou quand ces principes se précipitent dans un grand état de division. Néanmoins, nous no voyons pas
ABRÉGÉ DE PHAMlAGiE, 95
d'inconvénients à toujours prescrire la trituration des teintures avec du sucre ou du sirop ; on évitera même de faire présenter au malade une potion désagréable dans certains cas.
Potion antihystérique.
Adultes.
Sirop d'armoise composé 50 gram.
Teinture d'asa fœtida. . 1 gram.
Mélangez exactement dans un mortier, puis ajoutez ;
Eau distillée de Talériane. .} ^ «a ^
- de fleurs d'oranger. . . P* ^^ ^^'^^
Ether sulfurique . 8 gram.
Mêlez le tout dans une fiole bien bouchée. — A prendre par cuillerées à café d'heure en heure.
Potions avec des poudres.
Les poudres doivent avoir un très-grand degré de ténuité pour qu'elles puissent entrer dans une potion. Il est nécessaire de les faire délayer préalablement dans du sirop ou dans un peu de sucre pour les avoir plus divisées et mieux suspendues ; on ajoute ensuite le reste du liquide. On peut employer pour suspendre les poudres un mucilage de gomme ; c'est surtout pour les poudres minérales que cette précaution doit être prise.
Potion vomitive avec llpécâcuanha.
Adultes. Enfants.
îpècacuanha en poudre. ...... 2 gram. 1 gram.
Sirop de capillaire 30 gram. 50 gram.
Eau commune 150 gram. 60 gram.
F. s. a. Cette potion doit être administrée en trois doses, de quart d'heure en quart d'heure.
Potion kermétisée.
Adultes.
Gomme adragante en poudre. ... 1 gram
Kermès minéral - . . . 1 gram*
Triturez avec :
Sirop de Tolu. 30 gram.
Ajoutez :
Infusion d'bysope . 125 gram.
A prendre par cuillerées K bouche d'heure en heure.
0,50 cent.
0,10 cent.
30 gram.
125 gram.
Potions avec extraits, électuaires ou conserves.
On doit faire triturer dans un mortier, jusqu'à parfaite division, les extraits avec le sirop et le véhicule. Ce mode de préparation est préférable à la dissolution à chaud qui ne donnerait ces extraits qu'imparfaitement divisés.
Les électuaires et les conserves se délayent par simple trituration avec le véhicule.
Potion anthelinintique.
Adultes.
Extrait alcoolique d'écorce de racines
de grenadier 25 gram.
Sirop de suc de citron, j Eau de menthe. . . . | aa . . . . 60 gram. — de tilleul j
A prendre par cuillerées à bouche.
Enfants.
à gram.
30 gram.
MÉDICAMENTS GRAS OU RESINEUX POUR l'usage externe.
CÉRATS (ÉL.EOCÉROLÉS).
Médicaments externes officinaux formés d'huile et de cire, quelquefois de blanc de baleine; la consistance en est toujours molle, mais elle varie suivant les proportions des substances employées. On ne se contente que très-rarement de la simplicité que nous venons d'indiquer dans la composition des cérats ; on y ajoute des liquides, des extraits, des sels, des poudres, etc. Ils s'emploient étendus sur du linge ou de la charpie et pour éviter les frottements des sondes. On s'en sert encore dans les liniments. Il n'y a point de formules à établir à leur égard , il suffit d'en déterminer la dose et le mode d'emploi.
Le mode de préparation varie selon la nature des substances qu'on veut y incorporer; les liquides, surtout ceux de nature aqueuse, doivent y être ajoutés par petites portions et le mélange blanchit par l'interposition de l'eau et de l'air entre ses parties. Nous rapporterons comme exemple de ce genre de préparation, la formule du cérat simple et celle du cérat de Galien.
Gérât simple.
Huiles d'amandes douces 3 gram.
Cire blanche 1 gram.
On fait fondre à une douce chaleur, on verse dans un mortier en marbre légèrement chauffé , et on triture avec un pilon de bois jusqu'à parfaite division : en triturant avec des poudres très-fines, ou des extraits dissous dans l'eau, on obtient des cerats composés.
Cérat de Galien.
Cire blanche 1 gfam.
Huile d'amandes douces 4 giam.
Eau distillée de roses 3 gram.
Opérez comme pour le cérat simple et ajoutez l'eau distillée par petites portions eu agitant constamment.
POMMADES (Graisses médicamenteuses du Codex), (liparolés).
Les pommades ne contiennent jamais de matières résineuses et ne renferment que des substances grasses d'une consistance molle et chargées de principes aromatiques et médicamenteux.
Les pommades sont pour la plupart des préparations officinales. Néanmoins on a quelquefois lieu d'en formuler; il faut donc savoir que ces médicaments se préparent par simple mélange, par solution, par combinaison.
Les pommades se préparent par simple mélange ou incorporation quand elles se composent de poudres minérales, végétales ou animales, d'extraits aqueux ou alcooliques, de liquides aqueux, vineux ou alcooliques. Associés à l'axonge, à laquelle on ajoute quelquefois un peu de cire pour lui donner une consistance plus ferme, ces pommades sont les seules que le médecin ait jamais à formuler; les autres sont officinales, une ordonnance suffit.
Pommade d'iodure de plomb.
lodure de plomb 5 gram.
Axonge 15 gram.
Mêlez et frictionnez le cou soir et matin, et laissez sur la partie du papier brouillard imprégné de pommade.
Employée contre les engorgements scrofuleux.
Les pommades sont destinées à l'usage externe comme les cérats , et s'emploient étendues sur du linge ou de la charpie, ou en frictions. Il faut avoir soin de faire préparer par porphyrisation les pommades employées en frictions, surtout si elles se composent de substances minérales.
Nous recommandons, lorsqu on veut faire entrer dans les pommades des substances solubles, de prescrire leur solution avec un liquide approprié.
Pommade stibiée.
Éniétique en poudre. i gram.
-liau Ci. s., environ 8 gram,
Axonge 50 gram.
Faites dissoudre rémétiqu6 dans l'eau et ajoutez l'axoDge en ngitâut daas ua mortier jusqu'à parfaite incorporation.
Pommade iodurée.
ïodure de potassium 4 gram.
Eau Q. s., environ 4 gram.
Axonge 30 gram.
Faites dissoudre l'iodure de potassium dans l'eau et mêlez exactement.
Pour la pommade à l'iodure de potassium, il est indispensable de faire usage d'axonge pure; la graisse rance en agissant sur l'iodure met de l'iode en liberté, et on obtient ainsi une pommade jaune ; ceile-ci peut-être blanchie par l'addition d'une petite quantité de potasse.
Pommade d^iodure de potassium ioduré.
ïodure de potassium 4 gram.
Iode 1 gram.
Eau Q. s., environ 8 gram.
Aionge 30 gram.
i^'ailes dissoudre l'iodure de potassium et l'iode dans l'eau et mêlez exactement,
Nous avons dit ailleurs que pour les substances insolubles il fallait les porphyriser avec soin avec l'axonge.
Quant à leur nature on peut diviser les pommades en trois séries :
1° Les pommades pai" simple mélange : pommades mercurielle, iodurée, etc. ;
2" Les pommades par solution : pommades camphrée , phos- . phorée, etc.;
3° Les pommades par combinaison chimique : pommades oxygénée, citrine, etc.
ONGUENTS (RÉTINOLÉS MOUS).
tJn onguent est une pommade composée de matières résineuses unies à une huile ou à une graisse animale et ne contenant pas de substances métalliques. Leur consistance est généralement pâteuse : on ne les emploie que pour l'usage externe. Ils diffèrent des pommades en ce que celles-ci sont plus molles et ne renferment pas de résine , et des emplâtres en ce que ces derniers sont plus consistants, s'agglutinent et ne se liquéfient point par la chaleur du corps.
On confond, dans le langage usuel, les mots baume et onguent. Le mot baume s'applique à certains onguents, mais ne les comprend pas tous. Onguent devrait désigner les médicaments propres à oindre la peau, et baume serait réservé pour les pommades résineuses destinées à être appliquées sur les parties entamées ou près de l'être : telle est l'opinion de M. Soubeiran. Les onguents sont des médicaments officinaux, le médecin n'a donc
ABREGE DE PHARMACIEo 99
pas à en prescrire la formule, il lui suffit d'indiquer le mode d'emploi. Il aura quelquefois à saupoudrer l'onguent avec une substance animale ou végétale ; cette matière devra toujours être réduite en poudre très-fine; il est important en outre de n'employer qu'une couche très-mince d'onguent. Ces préparations n'agissent que par la surface en contact immédiat avec le corps. Des onguents s'emploient en frictions ou étendus sur de la toile, de la peau, de la charpie. Ils peuvent servir d'excipient à d'autres médicaments, des poudres, des liquides, etc.
OiVGUENT-EMPLATRE (RÉTIN0LÉ5 SOLIDES),
Cette préparation ne diffère de la précédente que par une proportion plus forte de matières solides.
C'est à tort que les onguents-emplâtres ont été nommés emplâtres comme nous le verrons bientôt. Les emplâtres de mucilage, de ciguë, de belladone, sont compris dans ce genre de médicaments.
EMPLATRES PROPREMENT DITS (STÉARATÉS).
Nous avons défini les emplâtres en parlant des onguents ; les emplâtres proprement dits ont pour base la combinaison du protoxyde de plomb avec les acides oléique, margarique et stéarique. Les uns sont préparés avec l'intermède de l'eau ; les autres sont faits sans ce liquide et sont dits brûlés.
Les emplâtres s'appliquent à l'extérieur et s'étendent en couches peu épaisses sur des tissus de toile, du taffetas, et le plus souvent sur de la peau blanche. On donne à ces excipients la forme convenable.
Emplâtre de céruse ............ q. s.
Pour étendre sur une rondelle de taffetas du diamètre d'une pièce de cinq francs, à appliquer sur le point atteint de névralgie.
L'emplâtre simple est donc un stéarate , margarate , oléate de plomb; il est la base des emplâtres composés, comme ceux de diachylon gommé, de Vigo, diapalme, etc.
Le seul emplâtre brûlé employé est l'onguent de la mère, c'est aussi un véritable savon ; il renferme en plus de l'acétate de plomb et des matières brûlées.
Les savons proprement dits se rapprochent des emplâtres (stéarates ) par leur composition , c'est-à-dire que ce sont des stéarates, des margarates et des oléates de potasse (savons mous) ou de soude (savons durs), les graisses ou l'huile d'olives servent à préparer les savons et les emplâtres.
Les emplâtres peuvent être préparés par double décomposition ; il suffit pour cela de faire dissoudre dans de l'eau le savon blanc , et d'y mêler une dissolution d'acétate neutre de plomb; il se fait de 1 acétate de soude soluble, et du stéarate, margarate, et oléate de plomb, mais l'emplâtre simple ainsi obtenu est dur et difficile à malaxer.