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DES MEDICAMENTS EXTERNES

PLUS SPÉCIALEMENT MAGISTRAUX.

SPARADRAPS.

On donne ce nom à des tissus de fil de coton, de soie, ou à des papiers enduits d'une composition emplastique, tantôt sur une seule face (sparadrap de diachylon gommé), tantôt sur les deux faces (toile de mai, papiers épispastiques).

Nous rapprochons des sparadraps les divers papiers recouverts de matières emplastiques destinés aux pansements des vésicatoires et des cautères.

Papier à cautères.

Cire blanche 10 gram.

Blanc de baleine 5 gram.

Résine élemi 5 gram.

Térébenthine ■. . 6 gram.

Après avoir fait liquéfier toutes ces matières sur un feu doux, on passe à travers un linge fin et on étend sur des bandes de papier; par le même procédé on enduit le papier de différents mélanges épispastiques.

La toile de mai diffère du sparadrap par la composition de la matière qui sert à enduire la toile, et en ce que celle-ci est enduite des deux côtés.

Toile de mai.

Cire blanche 8 gram.

Huile (l'olive 4 gram.

Térébenthine 1 gram.

Le taffetas d'Angleterre se prépare en enduisant à l'aide d'un pinceau d.es bandes de taffetas tendus sur des châssis, des couches successives d'une solution de colle de poisson et de teinture de baume du Pérou.

Le papier chimique dont l'usage s'est répandu, n'est autre

chose qu'un papier sans colle très-fin enduit d'une légère couche d'huile siccative, et d'une couche très-mince d'emplâtre de minium.

COLLODIOÎV.

Lorsqu'on fait agir l'acide azotique concentré sur le coton on obtient le fulmicoton ou pyroxyline, corps très-inflammable qui peut être représenté par la formule C-^tP'^0^'' + 5AzO\ Ce corps est complètement soluble dans l'éther; si l'action de l'acide azotique est moins prolongée on obtient alors un mélange de pyroxyline et de cellulose; c'est ce mélange qui sert à préparer le collodion. Voici comment on opère :

Nitrate de potasse pulvérisé 400 grani.

Acide sulfurique à 66° 600 gram.

Colon cardé 20 gram.

Après avoir fait bouillir l'acide sulfurique et desséché le nitre. on les mélange dans une capsule et on y plonge le coton. Après 3 à Zi minutes on le retire et on le lave à grande eau, et après l'avoir fait sécher, on fait la solution suivante :

Fulmicoton 1 gram.

Alcool à 340 1 gram.

Ether sulfurique à 56° 16 gram.

Le collodion forme sur la peau un enduit très-adhésif et dont on fait souvent usage pour empêcher l'action de l'air sur les plaies : la pellicule formée est transparente et on peut voir les parties qu'il recouvre.

Pour le pansement des blessures, le collodion en se desséchant se retracte et détermine l'adhésion des bords des plaies, mais si l'on veut simplement préserver les parties du contact de l'air, la contraction détermine des douleurs intolérables ; on obvie à cet inconvénient en ajoutant au collodion, un peu d'huile de ricin , d'huile de lin ou de glu ; on obtient ainsi le collodion élastique.

Collodion élastique.

Éther sulfurique rectifié à 60° 1.800 gram.

Alcool rectifié à 60° 230 gram.

Huile de ricin indigène et récente 200 gram.

Glu de houx purifiée 50 gram.

Benjoin en lai-mes blanches 15 5ram,

Noir d'i\oire lavé 30 gram.

Laisser en contact 8 jours et filtrer, laver le résidu avec l'éther jusque ce qu'on ait retrouvé le poids total qui est de 2,315, et on ajoute :

Xyloïdine très-soluTtle 130 gram.

On agite et Ton laisse en contact 8 jours et on décante.

On a proposé diverses solutions pour remplacer le collodion, on a employé avec succès une solution saturée de gutta-percha dans réther. Meller se sert pour souder les bords des plaies d'une solution de gomme-laque dans l'alcool rectifié ; par le refroidissement on obtient une matière gélatiniforme que l'on étend sur un morceau de linge ou de taffetas; l'enduit ainsi obtenu est très-solide, mais il est fort difficile à enlever lorsqu'il s'est desséçlié sur la peau,

ÉCUSSOIVS.

Un écusson est un médicament magistral destiné à l'usage externe et formé par des morceaux de toile, de taffetas, de peau ou de sparadrap, de diachjdon gommé, recouverts d'une couche médicamenteuse de nature variable. Ce sera de la poix de Bourgogne, un extrait, un électuaire, un onguent-emplâtre, etc. Si l'écusson ne peut adhérer convenablement à la peau, le médecin aura soin de faire enduire la marge d'une couche d'emplâtre adhésif.

La grandeur de l'écusson est déterminée par l'étendue de la région que l'on veut couvrir. 11 n'y a donc pas de règle à poser à cet égard; nous conseillerons seulement de ne donner que très-peu d'épaisseur à la couche médicamenteuse, comme pour les emplâtres.

La dimension des écussons doit être déterminée d'une manière exacte; pour cela le médecin donnera un modèle, où il indiquera le diamètre; ainsi il dira un écusson d'emplâtre de Vigo de 10 centimètres de diam^ètre ou bien de 10 centimètres de long sur 6 de large.

Quelquefois même un morceau de sparadrap taillé de la grandeur voulue constitue à lui seul l'écusson ; dans d'autres cas on y met certaines matières emplastiques.

VÉSiCATOIRES.

On nomme vésicatoires des écussons servant à opérer la vésication ; pour cela on les prépare avec l'emplâtre aux cantharides, et on les recouvre d'une légère couche de poudre de cantharides. Afin d'empêcher l'action des cantharides sur la muqueuse vésicale, on saupoudre les vésicatoires avec un peu de poudre de camphre, et mieux on les arrose avec de l'étlier cantharidé camphré qui laisse une légère couche de camphre : dans tous les cas cette couche ne doit pas être trop épaisse, car dans ce cas l'emplâtre ne prendrait pas.

Quand la matière est molle, on l'empêche de s'étendre au delà de la limite qui lui a été tracée, on entoure l'écusson d'une

ABRÉGÉ DE PHARMACIE. lOS

bande d'emplâtre de diachylon gommé, qui a aussi pour effet d'empêcher le vésicatoire de changer de place.

M. Bretonneau a préconisé une méthode qui présente des avantages ; elle consiste à ne pas appliquer directement l'emplâtre sur la peau , on interpose un morceau de papier brouillard imbibé d'huile.

Enfin lorsqu'il s'agit de faire absorber des médicaments par la méthode lendermique, il vaut mieux opérer la vésication au moyen du marteau de Mayor, et mieux avec l'ammoniaque liquide concentrée, ou la pommade ammoniacale de Gondret.

L'huile de croton-tiglium détermine également des vésicules, mais au lieu d'une vésicule unique, cette huile en produit plusieurs petites et isolées.

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