L CHAPITRE XXXVIII
t bois sans altérer la liaison de leurs fibres, et pour les rendre eo même temps
I plus durables. Eo outre des expériences qui furent faites à Paris , on fit , près de
t Bordeaux , l'essai de son procédé par la construction d'un pont de 19 mètres
et demi d'ouverture. Les cintres étaient formés de six pièces, réunies deux à deux
dans le sens horizontal, et trois à trois dans le sens vertical ; ces pièces n'avaient
que J4 à 16 centimètres d'équarrissage ; il ne parait pas que cette tentative ait eu
le succès qu'on en attendait.
Quelques années plus tard , au sujet d'un concours ouvert à Paris pour un pont qu'on avait intention de construire pour remplacer le pont Rouge, M. Migneron présenta le projet d'un pont de 200 pieds d'ouverture (64a,9B) d'une seule travée.
Nous donnons, fig. 8, pi. 13$, un dessin de ce pont d'après une gravure que M. Migneron publia à l'époque du concours* La partie à droite montre l'élévation du pont, la partie à gauche est une coupe longitudinale prise entre deux fermes , suivant la ligne s y de la figure 6, qui est une coupe suivant la ligne » s de la figure 5.
Ce pont devait être composé de onze fermes ; il aurait eu 12 mètres et demi de largeur entre les garde-corps , son cintre principal et ses différents autres cintres auraient été serrés dans chaque ferme par 49 moïses pendantes. Le peu de succès qu'avait eu Fessai fait près de Bordeaux a empêché l'exécution de ce pont , qui avait au moins le mérite d'une grande hardiesse, mais dont la faible courbure des arcs était loin d'inspirer de la sécurité par rapport à sa solidité ; d'un autre eôté, la prodigieuse quanti té de bois qui devait être employée dans cette construction n'avait aucune compensation ; car rien n'obligeait, comme la suite l'a prouvé, à ne point établir des piles dans la largeur de la Seine.
4° Ponid'Ivtjr.
Le pont de Chazey et les différentes tentatives qui furent faites en l'imitant sur plusieurs points du royaume , ont enfin montré que le système d'arc formé de plusieurs cours de pièces courbes réunies , est le meilleur qu'on puisse suivre pour la construction des ponts en charpente. Dans l'impossibilité où nous sommes , à cause de leur grand nombre, de représenter tous les ponts construits suivant ce mode, avec les perfectionnements successifs qui ont été apportes dans la composition de leurs fermes , nous choisissons le pont d'Ivry construit sur la Seine, en 1828, au confluent de la Marne, par M. Emmery, comme le plus remarquable et qui résume tous les perfectionnements qui ont été faits , par le soin particulier que cet habile et savant ingénieur des ponts et chaussées a apporté dans sa composition et la perfection des détails les plus minutieux de son exécution. Nous signalons ce pont comme un excellent modèle de construction en ce genre.
3KÎ TRAITE I>Ë L'ART DK LA CHâRPENTERlE.
M. Emmory » publié, en 183Î, une description (lu pont d'Ivry et de* nroin-Jm détails qui se rupporlcnt à l'exécution tics travaux de loDIc espèce auxquels il i donné lieu (t). Celte description est elle-même un modèle de ce genre de tratul cl un mil d'instructions utiles; c'est d'elle que nous avons emprunté letlfarpi que nous donnons de ce pont . pi. 135.