‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 161 sur 297 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

comme moyen de vérification. Les points de la parabole do sommet do pont et des longerons de l'arche do milieu ont aussi été calculés, tu que son peu de courbure ne permettait pas de la déterminer graphiquement.

Parmi les causes de destruction des ponts en bois, les vibrations et mouvements de torsion occasionnés par le passage de pesantes voitures sont les plus puissantes, et leur effet s'accroît par le retrait que les bois éprouvent par vétusté et dessiccation, et par le jeu que prennent les joints. On a observé dans la construction du pont d'Ivry une précaution que les charpentiers ne négligent jamais dans aucune espèce de charpente ; on a ménagé dans les entailles du moisage et dans la longueur au taraudage des boulons, le moyen de resserrer les assemblages à des intervalles de temps rapprochés, pour rendre a la charpente la même fermeté qu'au moment oà sa construction a été terminée.

Pour éviter les inconvénients de la pénétration mutuelle des fibres du bois à leur rencontre, bout a bout, dans la composition des arcs, M. Emmery a interposé des plaques de cuivçe à tous les contacts entre tes a bouts des pièces qui composent ces arcs. M. Emmery a adopté pour tous les bois se rencontrant, l'assemblage anglais que nous avons décrit fig. 6, pi. 18 et page 367 de notre tome !•*.

Poor aérer les bois dans les parties où ils prennent leurs appuis dans la maçonnerie, M. Emmery a laissé, entre la pierre et les faces latérales des pièces, un es* puce de O^Ol et qu'il serait bon de porter jusqu'à 0**03. Les abouts ont été coupés perpendiculairement aux tangentes de chaque pièce eourbe entrant dans lu composition de chaque arc, de façon que leurs abouts dans la pierre sont distincts et ne sont pas dans un seul plan comme cela s'était pratiqué quelquefois; enfin, pour donner égout à l'eau qui pourrait s'introduire dans les abouts des arcs, le premier cours de courbes est posé, à chaque naissance, sur un coussinet en fonte de fer qui laisse au-dessous de lui deux conduits pour que l'eau puisse .venir se dégorger an parement extérieur de la pierre.

Tous les bois employés dans la construction de ce pont sont de la meilleure qualité et du meilleur choix , Ions équarris, sinon rigoureusement à vives arêtes, au moins avec un petit pan- régulier formé à la varlope de 0™,0025, sans la moindre flache , précautions à observer pour la belle apparence des cintres et poor empêcher les arêtes de se dégrader dans le maniement des bois et le lerage.

Toutes les pièces cintrées ont été , autant que possible , choisies dans des bois d'une courbure naturelle analogue ; mais à leur défaut , on a gabarié à la hache des pièces droites ou de courbure incomplète, malgré l'inconvénient de couper les fibres du bois. M. Emmery avait espéré pouvoir composer les cintres de cinq rangs de madriers de 15 centimètres d'épaisseur, pris en bois droits et courbés ensuite à la vapeur, à l'imitation des procédés de M. Ëustache pour le pont de Mclun, dont nous avons déjà parlé page 188 , et que nous décrivons plus loin ,

article 6. paragraphe V] du chapitre XLI ; mais ce projet fui inalheureuwmmi abandonné, parce que l'idée d'un premier*»*»! cl la crainte d'être entraîné) dans de grandes dépenses effrayèrent les entrepreneurs.

tl est à regretter que l'on ait été arrêté par cette considération cl que l'on n'm pas cherché la limite de la diminution de l'épaisseur des rnadi iir« peur qu'on |iiii les fuMi-liiT sans le secours de la vapeur, eût-on dû en augmenter bmfe lire. Il y a lieu de penser que pour un rayon de 20 mètres , qui est i peu pris celui de tous les intrados des cintres , on aurait pu les courber sous une épaisseur de 10 à 12 centimètres , puisque j'ai courbé , sans le secours de la vapeur, smu une courbure double, des madriers de beau sapin très-rigide, de l'épaisseur ilr ■■;:> millimètres, qui aurait pu être portée à 70 ou 80 millimètres; dut les cintres du pont d'Ivry n'auraient exigé que l'épaisseur de sept à huit madriers, et la largeur qu'on aurait pu donner au» madriers, beaucoup plus graadc que celle des gros bois, aurait été d'un grand avantage pour la solidité de Ij charpente.

La précaution a été poussée pour la construction à l'égard des pièces de bm employées dans les arcs, jusqu'à ne leur faire aucune espèce d'entaille ptwi recevoir les moises et les liens de Ter. Il convient assurément de ne point alltrer la force des pièces par des entailles trop profondes; mais par celte prêciulion ne s'esl-on pas privé d'un grand moyen de fixité dans la position de* moises? On a été obligé de recourir a l'action des contrevents en élrési lions pov s'opposer au glissement de ces moises , qui ne se trouvent ainsi assurées que d'au cOté. et sur un point de leur longueur : n'aurait-il pas été préférable d'augmenter un peu l'épaisseur dis arcs, atin de faire la part des entailles que d'ailleurs on pourrait faire à recouvrements , comme je l'ai pratiqué à la charpente de Mute ' Ces entaillés ont l'immense avantage d'empêcher le glissement des courbcsle» unes sur les autres; elles tiennent, pour ainsi dire, lieu des assemblages â e§denis dont nous avons parlé, et qui sont avec raison adoptés dans la Cous des arcs en gros bois. Je n'ai point employé les endents pour ta charpente w il. ii. m- . à cause du peu d'épaisseur des madriers, et je les ai remplacés par ta entailles dont il s'agit.

Un excellent moyen employé au pont d'Ivry pour concourir avec les bridr* i serrer les courbes, c'est l'inclinaison donnée aux entailles entre les moises pendantes cl les moises horizontales. Celle inclinaison fait que les fonds des mon la voit projetée dans les entailles dru

tailles agissent comme des coin moise fig. 9.

Les détails de cet assemblage la fig. 2. qui esl une coupe de 1" danle , et dans la ligure 5 qui es

e élévation et. dans sa partie inférieure

il répétés, sur une échelle quadruple. dtn«

d'une ferme parallèlement a une moisr penn même temps, dans sa partie supérieorr.

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