‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 182 sur 297 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

Autrefois oo amarrait les bateaux à de gros câbles #, fig. 18, nommés cinquenelles, qni étaient fortement tendus en travers de la ri? ière, au moyen de cabestans s; quelquefois ces cinquenelles étaient placées en dehors du pont et les bateaux y étaient amarrés par des cordages. Aujourd'hui on préfère amarrer les bateaux, comme nous venons de le dire, à des ancres, ce qui est beaucoup plus sûr, puisque la rupture d'une cinquenelle entraînerait la rupture du pont.

Lorsqu'on établit un pont de bateaux, les bois des travées sont placés à mesure que les bateaux sont arrivés à leur emplacement; ces bois serveut même à fixer avec précision l'écartement des bateaux ; dès que les longerons b d'une travée sont établis, on pose les madriers du plancher*, ces madriers soot retenus par des poutrelles * qui les croisent, que l'on appelle guindages, et qui sont fixées aux longerons de rites par des cordes qui passent dans des échancrores faites sur les bords des madriers. La largeur d'un pont de bateaux est d'environ 4 4 5 mètres ; elle ne doit jamais être plus grande que d'un tiers de la longueur des bateaux; la largeur du pont doit occuper exactement le milieu de la longueur de chaque bateau.

A défaut de bateaux on a construit des ponts flottants avec des caisses creuses hermétiquement fermées, avec des tonneaux, et même avec des outres.

Les Anglais ont essayé de construire des tonneaux en tôle de cuivre aussi longs que des bateaux pour soutenir des ponts flottants , et de cette sorte insubmersibles; c'est une imitation des tonneaux de 6 à 7 mètres de longueur, de 0m,60 de diamètre, au bouge, et de 0*,30 à 0*,40 aux extrémités, qui servent à faire flotter les trains de bois sur la Midouze, petite rivière du département des Landes, dans la partie de son cours où elle a peu de profondeur d'eau. Néanmoins de tous les moyens qu'on peut employer pour construire un pont flottant à défaut de bateaux, le plus simple consiste dans remploi des radeaux qui font l'objet de l'article suivant.

2° Pont sur radeaux.

Les ponts de radeaux ne diffèrent des ponts sur bateaux qu'en ce que des radeaux sont substitués aux bateaux.

La fig. 15 de la pi. 159 représente le plan général de la partie d'un pont de radeaux qui touche la rive droite d'une rivière.

EaJy fig. 9, est le plan d'un radeau sur une plus grande échelle.

La fig. 16 est la coupe d'un pont 'de radeaux par un plan perpendiculaire à son

axe , et l'élévation d'un radeau suivant sa longueur ; on voit par ces deux figures

qu'un radeau est composé d'un nombre impair de corps d'arbres équarris a réunis

par des traverses g et des écharpes h, liées aux arbres par des harts ou des corda-

• ges comme à l'aval du radeau A , ou fixées par de fortes chevilles en bois ou des

' broches en fer comme à l'amont de ce radeau, ce qui ne dispense pas de quelques

' liens de sûreté en cordages. On préfère les bois équarris parce qu'ils s'ajustent

mieux les uns près ili-s autres, el qui: les radeaux de même volume sous l« rippnri

du cube de bois qui s'y trouve employé, oui beaucoup moins de largeur. UpariM

lorsqu'on n'a que des bois ronds, et qu'on n'a pas le temps de les équarrii ■.'■. ih

«c trouveraient trop réduits de volume, par l'equarrissage, on se contente de dmw seulemeut une face pour qu'on puisse y appliquer les antres l»ois de rassemblas du radeau. Les bois d'un radeau ne duivcnl pas être joinlils, il !.. m les ceins* 13 à iO centimètres (la moitié de leur grosseur) afin que l'eau puisse wwktd qu'on puisse passer des cordages entre eux.

On n'emploie pour faire des radeaux que desbois légers, surtout le pin eileupu: le ebfiin) est trop pesant. Les pièces de bois qu'où emploie dans on radeau donna lire du i^me équarrîssage entre elles, et d'un bout à l'autre elles doivent être * même longueur. Elles Sont sciées par leurs bouts el arrangées de façon à présenta un angle saillant du coté de l'amont de la rivière, el un angle rentrant rgiln premier du côté d'aval ; l'angle saillant a pour objet de décomposer l'action Ji courant , l'angle rentranl est fait pour rétablir l'égalité, de façon que le CcnUT * gravité soit exactement dans le milieu de la longueur du radeau, eu sorte qu'il* puisse pas s'enfoncer dans l'eau a un bout plus qu'à l'autre. I.es cordages d'imurage c , les cordes Iraversières il, et les cordages k des ancres sont disposés ilt u même manière que pour un uonl de bateaux, et attachés aux poupées o, i ..<:■■ ■ secs sur les radeaux. Une portière est établie de la même manière que celle do pM de bateaux.

Vu le peu d'épaisseur des radeaux, on élève le plancher du pont le plus possible afin qu'il ne soit point atteint par l'eau; à ce l effet ou pose les longerons i' str trois poutrelles e couchées sur les traverses / du radeau. Les longerons se crois» sur les poutrelles du milieu.

Lorsque les arbres n'ont pas assez de longueur par rapport à celle du radeaa, i faut les enter : ces arbres doivent avoir environ 34 centimètres de diamètre.

Les madriers du plancher k sont posés et retenus par des gnindages, exactenwl comme pour les ponts de bateaux.

Les ponts de radeaux ont sur les punis de bateaux l'avantage de pouvoir supporter de plus fortes charges el de n'être point submersibles.

Il faut construire les radeaux sur l'eau, parce que les bois sont plus faciles à mettre en place, et que d'ailleurs en flottant ils prennent la position d'équilibre qvi leur convient ; l'ëcarlement des radeaux esi limité par la longueur des longera», pour que ceux-ci aient une force suffisante pour soutenir les fardeaux qui doivent passer sur le pont.

Les parties d'un pont de radcaui ou d'un pont de bateaux, qui touebeutau rivages, sont les culées ; les longerons des culées partent sur des poutrelles posées sur le sol à la hauteur convenable, el retenues par de forts piquets.

Les ponts de bateaux et de radeaux sont tendus en ligne droite ; le bombement qu'on leur donne quelquefois vers l'amont n'a point pour objet d'augroenW

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