‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 198 sur 297 · CHAPITRE XI.II · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI.II

longues et grosses chevilles de fer verticales qui le traversent el pénètrent dans le* pieax ; les trous, dans le grillage, sont faits d'avance, et l'on enfonce les chevilles à l'aide d'une barre de fer terminée inlïi iiureiiienl |iar une sorte de clocbe qui coiffe les chevilles, tondis que l'on frappe sur la léle de cette tige qui s'élève audessus de la surface de l'eau. Nous ferons remarquer que celle précaution n'est pas indispensable; elle peut être bonne pour maintenir le grillage dans les premiers moments de In construction, vu que la grande pression opérée ensuite par la maçonnerie qui est élevée sur la fondation, imprime les tètes des pieux quelquefois • ]•.• 2 à 3 millimètres dans les longriues; ce qui esl un obstacle suffisant pour empêcher le glissemenl du grillade sur les pieux.

Lorsque l'eau esl profonde, bien que les pieux puissent élre recepés avec précision au moyen des scies à receper sous l'eau, les difficultés que présenterait lu construction d'une nwouneric sans épuisements, a déterminé l'invention du procédé de fondation par caissons qui évitent ta dépense excessive des épuisements.

Le fond d'un caisson esl formé de pièces de hois assemblées comme celles d'un grillage ; il est garni de son plancher, il doil reposer sur les pieux ; des pans verticaux s'ajustent au pourtour de ce grillage et composent ainsi une sorte de ponton profond rendu étanche par le calfatage.

Chaque caisson est mis à dot el amené sur la place qu'il doil occuper; on construit dans l'intérieur la maçonnerie, et lorsqu'il est suffisamment chargé un l'échoué sur les pieux; on continue In maçonnerie, el lorsqu'elle a allcinl un niveau assez élevé, l'eau est introduite dans le caisson et ses parois sont enlevées par le jeu de quelques pièces do ferrures préparées en les construisant; le fond du caisson reste seul et forme le grillage intermédiaire cnlre les pieux el U maçonnerie.

Le fond de chaque caisson est construit avec toutes les précautions et moyens de vérification d'nsage, pour que les pièces qui en composent l'assemblage correspondent très exactement sur les pieux.

Quelques constructeurs, pour prévenir les imperfections delà coïncidence des bois du fond d'un caisson avec les lêles des pieux, ou plutôt pour rendre suivant eux cette coïncidence inutile, ont imaginé de former le fond de chaque caisson avec des bois carrés, jointifs sans aucun intervalle : malgré le succès de plusieurs grandes et belles constructions pour lesquelles cette disposition a élé suivie, on ne peut s'empêcher de reconnaître que l'on n'a remédie qu'imparfai tenant au mal qu'on voulait prévenir, puisqu'il arrive qu'un grand nombre de pièces ne portent point, et que parmi celles qui portent, plusieurs portent à faux el incomplètement sur les pieux. Celle disposition d'ailleurs consomme beaucoup de bois qui seraient plus utilement employés dans p à consolider le fond du caisson devant servir de grillage, en superposant des iongrincs et des traversines pour leur donner en même temps plus d'épaisseur el de force.

l'/ilplaiiclies.

Les palplanches sont îles planches épaisses, c'est-à-dire des madriers planln dans le sol comme des pieu; elles sont employées pour former, autour do fou dations, des cloisons qui ont pour but de prévenir les a (Toui Déments qui pottraient provenir, ou de l'action de l'eau sur le fond, ou des sources qui «urpisseni quelquefois du même fond. Les palplanches ont aussi pour but de contenir de terrains peu consistants, cl de les empêcher de fuir sous la compression des constructions dont on doit les charger. D'autres fois, enfin, les palplanches onlpow objet de conlcnir les terres dont on forme des balardeaux.

Quel que soit le but qu'on se propose eu établissant des files de palpUnckt. elles sont battues au moyeu de sonnettes et en suivant les mêmes procèdes a* pour battre les pieux; nous n'anticiperons point sur ce que nous avons iibrr .i ce sujet, nous remarquerons seulement que les palplanches devant forint des cloisons verticales, il faut les plus grandes précautions pour en diriger)'

Nous avons représenté, lig. 16, 17 et 18, Irois coupes horizontale, de île palplanches, et nous avons marqué, sur chacune, une des dispositions qui eUw» adoptées autrefois pour former les joints verticaux suivant lesquels 1rs palplandm devaient se toucher. Celle tracée lig. 17, appelée grain il'orge, était usitée p* les palplanches de peu d'épaisseur; celle de la ligure 18 s'appliquait aux pilpluches de moyenne épaisseur, cl le grain d'orge était, accompagné de deux ktrt plats pour ne pas diminuer irop la largeur des faces de parement de chaque p»1 plauehe ; enfin, la Corme des joints, représentée lig. 18, n'était appliquée qu'«t palplanches très -épaisses,

Nous avons représenté, lig. 18, lu partie inférieure d'une file de palplincbfi dans laquelle elles sont vues -ur une de leurs faces les plus larges ou de pircrn"'- Les pointes des palplanches élaii'iit taillées de diverses manières : quelques constructeurs les formaient en pyramides, comme celles des pieui ; d'antres la !•*■ laicul comme le tranchant d'un fermoir, par deux plans répondant à leurs grimJti Taces , comme on voit la nalplanche isolée, (ig. 14, vue sur la surface la pta étroite; d'autres leur donnaient la forme d'un bédane, lig. 13 ; enfin, le plmg"uJ nombre donnaient à leurs pointes une forme qui participait à toutes ces dispMi* (rons : c'est ainsi que sont ti'\«ésr«Ues celles de la ligure 1S.

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