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CONSTRUCTIONS HYDRAULIQUES EN CHARPENTES

1° Batardeaux.

On donne le nom de batardeau à tout obstacle qu'on oppose provisoirement au retour de l'eau qu'on veut épuiser dans l'emplacement d'une fondation.

Les batardeaux les plus communément employés sont composés d'une masse de terres contenues entre deux cloisons en palplanches, consolidées par des pieux. 11 n'entre pas dans notre plan de discuter dans quelles circonstances il convient d'employer des batardeaux pour faciliter le travail par des épuisements, ou de préférer à ce moyen celui de fonder à l'aide de caissons ou par tout autre procédé ; cette discussion appartient exclusivement à l'art de fonder les maçonneries, et non à l'art de la charpenterie chargée seulement, lorsqu'il y a lieu, de construire des batardeaux, de les établir dans des emplacements et selon des dimensions donnés. Nous avons choisi pour exemple les batardeaux qui ont servi au pont de Neuilly et aux différents grands ponts construits vers la même époque, tels qu'ils sont décrits dans les OEuvres de Péronnet, de Regemorte, etc.

La figure 5 de la planche 145 est le détail de la construction d'un batardeau faitanl partie d'une enceinte d'épuisement rectangulaire, comme on en établirait un pour la fondation d'une pile de pont; cette figure représente le profil du batardeau ians sa partie coupée, et une élévation en projection verticale de la partie adjacente à celte partie coupée, vue du côté de l'intérieur de l'enceinte formée par le batardeau.

Un batardeau est d'abord formé, pour chacune de ses parties, de deux files de pieux parallèles battues à une distance suffisante pour l'épaisseur que l'ou veut jonner aux terres, dites franches ou argileuses, qui doivent composer la masse imperméable du batardeau ; les pieux sont battus dans chaque file à la distance et avec une longueur de fiche que l'on regarde comme suffisante, pour que la stabilité du batardeau soit assurée suivant la nature du sol. Pour obtenir ce résultat, il n'est pas toujours nécessaire que les pieux aient une très-longue fiche, ni qu'ils soient battus au refus, il suffit que leur fiche et leur rapprochement soient suffisants pour que le batardeau résiste à la pression que l'eau exerce sur ses parois extérieures.

Les pieux sont liés les uns aux autres par des ventrières extérieures qui leur sont boulonnées et qui les rendent solidaires.

palplanches sont verticales; elles forment, sur les deux parois, les cloi* <|ui doivent contenir les terres, l'our rendre le hallage des palplanches plus Tac et n'avoir à apporter un grand soin qu'au battage de quelques-unes, au fora» châssis composés de deux pal plane lies verticales réunies par leurs sommets tl i les points qui limitent leur enfoncement dans le toi, par des madriers qui Icnri houlonnês comme des moïses. Ces châssis sont posés et battus les uni prés mitres avec autant de précision qu'il est possible, et lorsqu'ils sont enfoncés i profondeur lies liens les plus bas, on remplit l'cspaee entre les palplanches eilr* avec d'autres palplanches qui sont ensuile batlucs à la môme prolundeur, forme ainsi des deux cotés du batardeau les cloisons qui doivent contenir 11 '■ que l'un jette dans l'eau pour former la masse imperméable des batardeaux; a préalablement eu soin de lier l'une à l'autre par des liernes les ventrières deux parois.

Lorsqu'on manque d'espace pour l'établissement d'un batardeau, et quc.t struisanl à la mer, on est favorisé par la marée, on peut construire des baianlt en toile rendue imperméable par un enduit de brai , revêtant extérïeoren une simple cloison en palplanches. Celte toile appliquée avec des clous, et s'il j a lieu, lorsque la mer est basse, suflit pour empêcher l'eau de pi les travaux quand elle est ramenée par la haute mer; et si la h.mieur d'eau i * tenir est grande, il suflit d'étayer convenablement la cloison formée de palph ches et de ventrières pour qu'elle résiste à la pression de l'eau.

J'ai Tait usage, avec un succès complet, d'un batardeau de cette espèce àtm reconstruction de la tour de la Chaîne du port, à la Rochelle, pour exhaussa 2 mètres le batardeau en terre entourant la fondation, qui s'était abaisse par h de la mollesse du fond, et qui ne garantissait plus du retour des eaux l'excatiii des fondations creusée à 13 mètres au-dessous du niveau des plus hautes tout

Lorsque la hauteur d'un batardeau en charpente est considérable, un lui <Jm îles arcs-boutanls comme ceux que nous avons représentés dans la ftg. 7. q«i dessinée sur une échelle dans la proportion d'un quart, par rapport â celle à figure S.

2° Quai* ?n charpente.

La figure 10 de la planche 1 4 ï est une coupe faite dans un quai en chai par un plan vertical, perpendiculaire à sa direction. Cette coupe prilffitllll k I position d'une des nombreuses fermes qui soutiennent le revêtement en I formant le parement de ce quai. Celle ferme est composée de plusieurs pieuio. liés par une demi-moise homonlalc tl, et une demi-moïse inclinée e à des pieux/ et à une ventrière horizontale de retraite r; ces demi-moïses ne lient pieux du parement que de deux eu deux. Tous les pieux sont liés sur le paremrti par des cours de ventrières f assemblées par des entailles réciproques peu |*^ fondes, et retenus par des liens en fer avec écrOHI.

Lorsque les quais de celle sorte sont exposés au choc des values de la mer, il rsi

* indispensable de placer les ventrières, et même la pièce horizontale supérieure . en arrière des pieux où elles tiennent lieu de quelques madriers, afin tréfilai

1 qu'elles soient arrachées par les vaines, et si les vagues doivent courir le long un

* <1 u.t i . les pieux (Ont ou jointifs ou revêtus pour éviter leur choc.

* Sur ta droite, nous avons projeté une partie de revêtement de quai en éleva ti'in. et dans la figure 11 nous avons représenté, en projection horizontale. In liaison îles demi-moises e, d, avec les pieui de retraite p, g, el les ventrières r.

■ Des madriers de revêlement sont posés de champ et horizontalement contre ~ les pieux, autant pour retenir le remblai fi des terres fait au-dessus du sol na- ~- lurel r, souvent de très-mauvaise qualité, que pour empêcher l'eau de pénétrer ■j dans ce remblai : un corroi de terre argileusn P est appliqué sur toute la hauteur du quai en arrière des madriers, et reposant sur un lit .le rtff'im r* servant à consolider le Tond s'il n'est pas assez ferme pour supporter le poids de m ce corroi.

7," Jette» ordinaire».

m» Les jetées sont des constructions qui sont effectivement jetées el prolongées ton k« en avant dans la mer, dans la vue de garantir de l'agitation des Ilots un chenal ou ï s tin espace propre au mouillage. Les jetées eu charpente sont établies sur des pilotis qui assurent leur stabilité; elles sont composées de fortes pièces de bois, cl »-,, leurs combinaisons ont pour but ta plus inébranlable résistance contre les efforts m de II mer. Elles ont clé jusqu'ici construites â peu près suivant le même modêli-, ,, dont nous donnons un proûl lig. 1 de la planche 145, et un fragment de prujer- , lion verticale fig. a.

p» Le système de leur construction est assez simple, il se compose de fermes pa-

i ralièlcs, espacées de â mètres environ de milieu eu milieu. Chaque ferme est

, formée des traverses horizontales b, il, h prises à leurs extrémités par des moïses

w inclinées a, e, cl dans le milieu par des rooises verticales^; quelquefois BU

tnoises sont converties en pieux. Les traverses sonl combinées par des croit île

Sainl- A ml ré el des cnnirc-lklies, cl comme les bois sont de fort équarrissage el les

pièces assez généralement courtes, il en résulte un assemblage dune extrême soli-

,. dite. Le coffrage des parements entre les moïses est fait en madriers dont la lun-

, gueur est placée suivant la ligin- de pcnle du talus, et ils sont maintenus dans leurs

* positions par des ventrières qui s'étendent au-dessus, el sonl boulonnées après les •noises inclinées.

L'intérieur de la jetée est rempli de pierres maçonnées à sec, mais arrangéo avec le plus de soin possible, afin qu'elles ne puissent être dérangées par le mouvement de l'eau de la mer qui pénètre dans le coffrage.

4° Digue de M. de Cesiart.

La figure 14 est le profil d'une grande jetée en charpente, qui fut construite i Dieppe pour les travaux du port; ce profil est tiré de la planche 13 Ou tome II do OKuvres de M. de Cessarl, inspecteur général des ponls et chaussées. [>»ns ett construction, M. de Cessarl a cru, avec raison, pouvoir s'écarter de la règle postf par Belidor, d'après laquelle la hase des jetées devail être les trois septièmes* leur hauteur, comme dans le profil lig. 1 , que Belidor regardait comme -irératant aux vagues le talus le plus convenable pour que le choc des lames soit le main fort, sans que l'épaisseur de la jetée suit trop réduile à son sommet.

H. de Cessait a porté ce talus à une inclinaison beaucoup plus douce; sa bw est presque égale à la hauteur de la jetée, ce qui fait que ce talus reçoit les *a*ta sur un angle qui leur présente moins de résistance.

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