‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 202 sur 297 · CHAPITRE XLI1I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI1I

a est le bief supérieur, ou la branche du canal la plus élevée.

c est le bief le plus bas.

b est le sas ou chambre d'écluse, qui sert à faire passer les bateaux d'un bief dans l'autre.

Les portes sont placées en m dn, m' d' n'; elles forment en d et <f l'angle saillant que l'on nomme bute. Les parties mpfnqf m' j/, «' q* sont les timons ou leviers, au moyen desquels on fait tourner les portes sur leurs axes quand il en est besoin pour ouvrir ou fermer le passage du sas.

On peut faire communiquer les biefs avec la chambre d'écluse, par de petites vannes percées dans les vantaux des portes, ou au moyen de petits aqueducs réservés dans les maçonneries des bajoyers, et qu'on bouche par des vantelles manœuvrées d'en haut.

En mettant l'eau du sas au même niveau que celle du bief où se trouve le bateau qui doit franchir l'écluse, on ouvre sans résistance les portes de ce bief pour permettre au bateau d'y entrer; elles sont refermées immédiatement après que le bateau est entré dans le sas. Alors on met l'eau du sas au niveau de celle du bief dans lequel le bateau doit passer; lorsque l'eau est à ce niveau, les portes de ce bief sont ouvertes et le bateau peut sortir du sas pour continuer sa route.

Cette manœuvre s'exécute, soit qu'il s'agisse de faire descendre un bateau du bief supérieur dans le bief le plus bas, soit qu'il s'agisse de le faire, au contraire, monter du bief le plus bas dans celui le plus élevé, et l'eau nécessaire à changer le niveau de celle du sas est toujours tirée du bief supérieur, ou évacuée dans le bief inférieur, suivant le sens de la roule du bateau.

On conçoit, d'après cette courte explication nécessaire à l'intelligence de l'usage et des dimensions des portes, on conçoit, dis-je, que les biefs a et o étant à des niveaux différents, le fond de l'écluse b est nécessairement au niveau du fond du bief le plus bas, et que les portes du bief a ne doivent pas être de la même hauteur que celles du bief c, quoiqu'elles doivent s'élever toutes d'une égale quantité au-dessus du niveau des eaux du bief supérieur, puisque l'eau peut s'élever à ce niveau dans la chambre de l'écluse. Ainsi les deux paires <de portes s'élèvent au même niveau toutes deux au-dessus de l'eau du bief supérieur ; mais les portes du bief a n'ont de hauteur que celle nécessaire pour atteindre le niveau du fond de ce bief, tandis que celles du bief c doivent avoir la hauteur nécessaire pour atteindre le fond du bief c.

La figure 19, pi. 145, est le dessin d'une des portes d'une écluse du canal de Bourgogne, d'après celui gravé dans les OEuvres de Péronnet ; la porte est vue par sa face interne par rapport au sas ; cette porte serait celle d? n* q' de la fig. 15.

Chaque porte est composée d'un poteau-tourillon a, nommé aussi chardonnet, d'un poteau ou Montant de buse, ou poteau battant b et d'un certain nombre d'entreloises horizontales c assemblées à tenons et mortaises dans les deux poteaux.

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TRAITE I>K L'ART DR I.A CIlARi'ENTERIE.

Os assemblages «oui soutenus par un nombre de contre- lie h es ou bracons il in clinés île î;i", qui ont pour objet de maintenir la forme rectangulaire de la porir que sa grande pesanteur tend à changer, vu qu'elle pèse sur ses assemblages M ton le la puissance que lui donne la longueur du levier qui a pour mesure lidiilince du centre de gravité au poteau-tourillon.

I,a porte est doublée par des madriers e qui ont prés d'un décimètre (5 pooet* d'épaisseur, et qui suivent l'inclinaison des bracons pour concourir avec eui 11 maintien de la forme de la porte. La pièce horizontale f se nomme balancier h Déclic ; elle sert à faire au delà du poteau en partie contre-poids de la porle ; t\V sert aussi de timon ou de levier pour la mouvoir. Les assemblages des llllllllwi et du balancier sont consolidés par des liens en fer.

1. 1 communication entre le sas d'écluse et les biefs «levant se faire au trjien des vantaux des portes, une vanne ou ouverture h est réservée près des polrtu de buse entre les entreloiscs les plus basses ; un polelel g limite sa largeur, n reçoit, ainsi que le poteau de buse, les coulisses dans lesquelles se aïeul lertiolement la pelle, vanne ou van tel le destinée à ouvrir et fermer l'ouverture; cub vanne est un plateau l'orme de l'assemblage de quelques madriers maintenus f" deux traverses verticales sur lesquelles ils sont cloués. Le mouvement de la Haie Ile est limité par le bas sur une traverse ou seuillet établi au niveau de l'eaurloise la plus basse. Cette vantelle est soulevée et abaissée suivant le besoin,;. moyen d'une crémaillère en fer i qui lui est finie cl qui engrène dans uu pign* aussi en fer garni d'une manivelle, et renfermé dans une boite en forte W< de fer que le dessin n'indique point, vu qu'elle se trouve placée derrière u flèche f.

La fig. 18 est une coupe horizontale de celle porle suivant la ligne tj.

Les lig. i et 'i sont les dessins d'une grande et d'une petite porte des écluse* & M. Juusselin jeune , auteur du canal de Saint-Quentin ; leur système d'assemWip ne diffère de celui des portes du canal de Bourgogne , qu'eu ce que le poids * chaque vantail de porie a été beaucoup diminué par la réduction du nombre c*> bracons dont la multiplicité n'aurait rien ajouté à la solidité , et aurait eu l'iocs»vt nient d'augmenter le cube du buis et la pesanteur des portes. Un seul cours* bracons acte employé; les bracons se correspondent en ligne droite, et reportent b uns sur les autres les efforts qu'ils ont à supporter, qui se trouvent ainsi réim«" pied du poteau tournant, véritable point de résistance \ mais attendu que qurlqw soin qu'on apporte dans des assemblages , et quelque serrés qu'où les lasse pW prévenir le tassement, les libres du bois pressées latéralement cèdent toujours »"' pressions opérées par le bois de bout , pour prévenir tout affaisse meut du pote» de buse, des tirants en fer en diagonales croisent la direction des bracons, cl unissent le pied de chaque poteau de buse avec le sommet du poteau-ctafdonnet.

Chaque porte est revèlue d'un bordage comme celles du canal de Bsorfojw

CIIAP1TM XI, III. 4(î)

Les madriers sont de même inclinés comme les bradons; ils sont reçus sur lu cadre tic la porte dans des feuillures, et passent par-dessus les hracons, dont l'épaisseur est réduite à cet effet.

La ligure 6 est une coupe horiionlale de Tune de ces portes, notamment de celle qui est projetée verticalement au-dessus ; cette coupe est supposée faite suivant la ligne x y.

L'espace nous a manqué sur la planche pour figurer complètement les flèches dans toute leur étendue.

Le pied du poteau -tourillon d'une porte d'écluse est garni d'un sabot ou crapaudine saillante, reçue dans une crapaudine creuse scellée dans le seuil de la porte. Le plus souvent les surfaces des crapaudines qui sont en contact et sur lesquelles se fait le mouvement de rotation de chaque poteau -chardon net, sont des segments sphériques. Les crnpaudines peuvent être en fer coulé; les meilleures sont celles faites en bronze composé de onze parties de cuivre rouge et d'une d'élain lin.

Dans les anciennes portes d'écluses , le poteau-chardonnel est tenu par le baul par un Collier en fer qui embrasse une partie arrondie en cylindre sur le haut de ce poteau au niveau des bajoyers. Cette disposition a l'inconvénient de détériorer promptement le ebardonnet dans le contact du collier ; on préfère placer dans l'aie lu chardonncl un cylindre en fer qui passe dans l'œil d'une chape qui se divise en deux branches dont les prolongements vont prendre des scellements solides dans la maçonnerie des bajoyers.

7° Combinaison du bois et du fer dans les portes d'écluses.

Voici un nouvel exemple rie l'heureuse association du fer et du bois dans un grand nombre de travaux. On vient de construire pour les écluses de la navigation de la Seine, au port llarly. des portes dans lesquelles il n'y a plus en bois que les poteaux de husc et les enlrcloises ; les poteau x-chardonnels sont en fer coulé creux des mêmes dimensions à peu prés qu'auraient eues des chardonnels en bois. Les assemblages des entremises, tant aux chordonnets qu'aux poteaux de buse, ne sont plut à tenons et mortaises, ils sont à plats joints; ils sont fixés au moyeu d'équerres en fer coulé placées dans l'épaisseur de la porlc sur les faces des pièces de bois, et elles sont retenues par des boulons. Les bracons sont en fer coulé. Les seules pièces en fer malléable sont les tiranls diagonaux qui s'attachent aux pieds des poteaux de buse et aux sommets des chardonnels. Enfin, le bordage et MOU les vannes sont en iule épaisse.

Cette construction est due à M. Poirée . ingénieur en chef de la navigation de la

iciics portes joignent à l'avantage d'une grande solid

ment d'une grande économie, celui d'nne réparation facile , en cas qu'il soil nwsaire (le remplacer quelques bois , le remplacement pouvant être exécuté sam difficulté, cl en n'enlevant que la seule pièce è remplacer.

8° 'Buse d'ècluie.

La maçonnerie des bajoyers des écluses présente des feuillures dans lesquels les poteaux-chardonncls s'appuient lorsque les portes sont fermées . et comme cf poteaux joignent alors exactement les feuillures, l'eau que les portes rc tien nrr.i élevée, ne peut s'écha|iper , sinon en tres-petite quantité , par ces sortes de joints H en est de même des joints formés par le contact des poteaux de buse , qui m plus parfait . parce que les deux surfaces en bois se moulent pour ainsi dire l'an sur l'antre. Tour opposer le même obstacle par le bas des portes qui ne peaTui toucher le fond ou radier de la chambre dans laquelle elles se meuvent, il est» cessaire d'établir aussi une feuillure contre laquelle s'applique l'cnlreioise UB Heure de chaque porle. et le contarl doit être là le plus parfait possible, car e'esl '■> aussi que la pression de l'eau se trouve être â son maximum. Aujourd'hui , on fit' cette feuillure en maçonnerie parce que les radiers des chambres d'écluse wt aussi eu maçonnerie , ce qui n'empêche pas de la garnir quelquefois d'une pitf de bois pour obtenir un contact plus pareil ; mais jadis le radier de toute l'edR était en bois, et se trouvait tire la continuation du grillage serrant aux (ondjtwtdes bajoyers; il fallait que ce prolongement du radier présentât aux porte-' feuillure busquée dans laquelle elles devaient s'appuyer.

Nous donnons, fig. 18, le plan , el , fig. 16, une coupe sur la ligne S r de IV semblagc nommé bu ic, dans lequel celle feuillure élail établie.

Les parties m hachées représentent la projection horizontale des bajoyers en bu çonnerie , répondant à une paire de portes . soit de l'amont soit de Tarai <ïv> chambre d'écluse.

La pièce a est le seuil engagé sous la maçonnerie. C'est dans ce seuil que*** incrustées les crapaudincs creuses A- qui reçoivent celles saillantes qui giroisiW les bouts inférieurs des chardon nets, b est le poinçon . qui est horizontal , r s»' les buses. Iles feuillures doubles creusées avec précision sur les bords de ce* pièce reçoivent les deux épaisseurs des planchers des radiers , et les choses sont liispO" secs comme on peut le voir par In roupe , fig. 16 . de telle sorte que le pbmrheri, qui répond à l'intérieur de la chambre des portes . est plus bas que le plancher « qui est au niveau des radiers tnnl extérieur qu'intérieur de l'écluse , el la ttioV rrnec de niveau est précisément la hauteur de la feuillure formée par le relief* buse, et qui donne appui aux portes.

L'on a construit des bajoyers d'écluses en charpente ; nous ne I d'exemple de ces sortes de hnjnyers . parer qu'ils ne sont plus en os.tge, rt q*

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