CHAPITRE XLIX
murs sur lesquelles se trouvaient de précieuses peintures à fresque qui: l'on voulait conserver : ces déplacements se sont effectués par des moyens analogues à ceux dont nous venons de parler.
Une des opérations les plus remarquables de ce genre est le changement de place de l'ancienne chapelle du l'resepio de la basilique de Sainte-Marie Majeure, à orne, qui èlail à S7 pieds de la place qu'elle occupe maintenant , et plus élevée e 7 pieds. Cette chapelle , construite avec de mauvais matériaux, et percée d'une porte et d'une fenêtre, présentait peu lie solidité; iic;inmuins , Dominique Foula lia parvint, en l'enveloppant d'une solide charpente . à la transporter d'une seule pièce, comme il aurait Tait d'une chapelle monolithe.
3" Transports de clochers.
On a lu dans la séance de l'Académie des sciences, du 9 mai 1831, une lettre de . Gregori, qui cite comme une opération fort remarquable le transport d'un clocher en maçonnerie, avec sa Qèche el ses cloches , exécuté en 1776, àCrescenlino, petite ville du Piémont , sur la rive gauche du Pô. Nous rapportons ici copie du procès-verbal qui constate cette opéralion.
* L'an 1776, le f jour de septembre, lu conseil ordinaire étant convoqué..., > comme il est notoire que le SU mai dernier a été exécuté le transport du clocher » de la hauteur de 7 trabucs (22»,50) cl plus, de l'église dite la Madonna del Pa- • lasso, avec le concours , en la présence et aux applaudissements d'une nom- < breuse population de celle ville, et d'étrangers accourus pour être témoins du i transport du clocher avec sa base et sa forme entière, au moyen des procède!
■ de notre concitoyen Serra , maître maçon , qui s'est chargé de transporter ledit « clocher à une distance de 5 pieds liprando (3n), et de le joindre ainsi à l'église
I en construction.
« Pour effectuer ce transport, on a d'abord coupé el ouvert les quatre faces des | inursen briques, à la base du clocher, el à Heur de terre; ou a introduit dans tes m trous , du nord au sud , c'est-à-dire dans la direction que devait recevoir l'èdi-
■ ficc, deux grandes poutres auxquelles se trouvaient parallèlement hors du do
I cher et sur ses lianes , deux autres rangs de poutres , de la longueur el étendue « nécessaires pour l'assiette , la marche et la pose du clocher à sa nouvelle place où on avait d'avance préparé des fondations en briques el chaux, ■ On a ensuite placé sur ce plan des rouleaux de 3 pouces et demi de diamètre, •> et sur ces mêmes rouleaux on a mis un second rang de poutres de la longueur h des premières, flans les trous de l'est à l'ouest on plaça en forme de croix deux
■ poutres moins longues.
« Pour éviter l'oscillation du clocher, on le maintint par huit soliveaux, savoir: i deux de chaque côté , lesquels étaient assemblés au bas sur chacune des quatre
■ poutres, el dans le haut aux murs aux deux tiers de la hauteur du k.Wï>kx.
■ Le plan sur lequel devait rouler l'édifice, avait une inclinaison d'un pouce. I • • clocher fui tiré par trois câbles qui roulaient sur trois cabestans dont chacun » était mû par dix hommes. En moins d'une heure, le transport fat opéré.
» H est à remarquer que , pendant ce transport , te (ils du maçon Serra , plut « dans le clocher, carillonna continuellement , les cloches n'ayant pas été dé- •i placées.
« Fait à Crescentino, l'an et jour ci-dessus. »
La coupole de l'église à laquelle ce clocher est joint , absorbant le son dw caches , on a bâti depuis sur ce même clocher un étage de 6 mètres au moins pou l'élever au-dessus de celle coupole, et cela sans nuire à sa solidité.
Une opération du même genre a eu lieu récemment dans une petite bourgi entre Orbec et Lisieux (Calvados).
Après qu'on cul allongé l'église de Saint-Julien , de Haillac , il se trouva q« clocher en charpente , qui était primitivement au-dessus du portail , se trou entre la nef et le chœur, à peu près au milieu de la longueur de l'édiGcc. Les* Nicolle , maître charpentier de Cuurson , Tut mandé pour savoir s'il était pws de changer le clocher de place sans le démolir, et de le transporter sur le m veau portail. Après s'être concerté avec le sieur J.aniy, charpentier de Lism ils se chargèrent lous deux de l'opération , moyennant la modique rétribution 2S0 francs.
Le clocher a Ti pieds de hauteur de Qèehc au-dessus des murs de l'églbc. qui ont 93. Le dessus des murs de l'église a servi de chemin pour conduire lecloe* à sa nouvelle place. On a commencé par le moiser solidement, après quoi on élevé au moyen de vérins de 16 pouces i environ 43 centimètres ) , pour dessous deux poutres qui s'étendaient jusque sur les murs de l'église . et ri saient sur deux autres poutres dirigées dans le sens de la longueur des murs, dernières poutres portaient chacune deux rouleaux à létes de cabestans , roui sur des sablières couchées sur les murs.
Six hommes agissant lentement et également avec des leviers embarrës daas I tètes des rouleaux imprimèrent le mouvement de translation au clocher. Diil*1 res de travail furent employées, le premier jour, pour lui faire parcourir 5J pi* il l"\37j; le second jour, la même manœuvre le Ht arriver en S heures vel emplacement, distant de celui qu'il avait occupé, de 65 pieds (SI-, 20). Pend» ce trajet , sept fois plus long que celui parcouru par te clocher de Crescentim qui ne dura que 18 heures, les cloches suspendues dans le clocher, comme i ù centino, n'uni point cessé de sonner.