‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 46 sur 297 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

côté, au niveau de l'entaille à mi-bois faite en-dessus , et qui s'étend par moitié de chaque côté du joint.

Chaque bande se prolonge au dety de l'entaille qui doit être occupée par les bouts des tirants, assez loin pour être saisie par des boulons communs; chacune est coudée deux fois, pour entrer dans l'épaisseur des deux parties des sablières et affleurer leurs faces, dans toute retendue de l'occupation de ces mêmes tirants. Les tirants/, qui se joignent bout à bout, sont entaillés en dessous à mi-bois; l'entaille s'étend également aux deux côtés de leur joint. Ils ne sont assemblés aux sablières, ni descendus dans les entailles, qu'après qu'on a placé les deux bandes droites d de même force que les premières, dans des rainures ouvertes dans les joues des entailles de sablières. Lorsque les tirants sont placés, Ton boulonne leurs bandes, ils se trouvent liés entre eux comme les sablières, et les bandes se croisent dans les angles de l'assemblage, celles des tirants touchent celles des sablières dans le plan du contact des entailles. Cet assemblage, d'une très-grande solidité, est traversé verticalement dans son milieu par le tube de zinc qui conduit les eaux du toit dans les colonnetles.

16° Magasin aux fourragea de la Râpée, à Paris,

Les constructeurs, en s'éclairant par l'expérience et le calcul, ont depuis quelques années beaucoup diminué les équarrissages qu'on donnait autrefois aux pièces employées dans les charpentes. C'est sans doute un progrès de l'art, mais il est à craindre qu'en voulant réformer un excès dans la pesanteur des œuvres anciennes et dans la consommation du bois, on tombe dans un défaut contraire, et qu'on no fasse plus la part de la détérioration du bois par la vétusté. On perd peut-être de vue que, pour quelques anciennes charpentes, c'est autant à un excès de force dans les dimensions des bois qu'à leur bonne qualité, qu'on doit attribuer la longue dorée de ces constructions.

Noos donnons, dans les fig. 4 et 5 de la pi. 90, une coupe longitudinale et une coupe transversale du comble qui couvre Je magasin aux fourrages de la Râpée : la poussée de la charpente est habilement atténuée, sinon détruite, par la disposition des moises inclinées, qui concourent d'ailleurs au soutien de l'entrait. Des croix de Saint- And ré, formées de demi- moises dans la ferme sous-falteet les arcs sous les sablières des façades et sous la filière de la ferme sous faite, empêchent le biement du comble. Les sablières et les filières ou liernes paraissent un peu trop fortes par rapport aux autres pièces des fermes de cette charpente. La légèreté extraordinaire de cette construction fait naître la remarque que nous venons de faire. Cette légèreté, sans doute, peut convenir pour une charpente qui ne doit avoir qu'une courte durée; mais nous ne conseillerons pas de l'imiter dans une construction stable.

m TitAITE DU L'AllT DE I.A CIIAIU'ENTEIKE.

17" Manutention tics vivres militaires, à Paris.

La 6g. 6 de la pi. 91 esl le dessin d'une Terme du comble de la inait mention des vivres militaires, projetée cl construite depuis peu d'années sur le quai Billy.i Paris, par M. Grébnn, capitaine du génie. I.a lis;. 8 est une coupe longitudinale du même comble.

Les planchers des étages, d'une force proportionnée aux charges qu'ils doivent supporter, sont soutenus par (les poteaux qui montent de Tond. La charpente esl combinée de manière à n'exiger que des bois d'un moyen équarrissage, et à menager le plus grand espace possible dans les greniers.

Pour lier convenablement les pièces qui soutiennent le toit, les arbalétriers ont reçu une disposition qui n'avait encore été que peu usitée ; ils ont été convertis eu moises qui s'étendent conséqtiemmi'Ut sous les deux pans du comble.

Les poutres des planchers sont eu trois portées sur la largeur du bâtiment. Chaque partie de poutre esl fortifiée par une armature intérieure, et ces poutres partielles sont liées bout à bout par des bandes de fer; leurs joints répondent aui poteaux,

Tous les travaux de cet édilice ont été exécutés avec une rare perfection; les bois de ses charpentes sont tous équarris à vives arêtes , et les assemblages fiai exécutés avec la plus scrupuleuse précision.

Lorsqu'on esl dans la nécessite de supprimer les tirants d'une charpente, il est indispensable de prévoit comment ou remédiera à sa poussée, suit en donnant aui murs qui doivent ta supporter une épaisseur capable d'une résistance suffisante soit en introduisant, dans la composition des fermes, des pièces de bois ou de fn avant pour objet de détruire cette poussée, ou au moins de l'atténuer ou de Ij modifier, en changeant la direction de son action pour la reporter sur plus résidants, un pour lesquels il ne soit pas besoin de donner aux murs de trèsgrandes épaisseurs.

• 1° Système de M. /lietl.

La fig. 1 , p|. «0, représente un fragment d'une ferme d'un hangar construit par H. Ilietl.

La fig. H est une application du même système, avec un revêtement intérieur, construit par le même architecte.

u moyen d'un cuirait a, et de sou aisselicr b, la poussée n'est exercée que pu

HTBB XM1I.

la partie intérieure de la ferme ; M elle est atténuée par l'abaissement de son pojnl d'application, par l'effet de la eu m binai son du blochel c avec l'aisselicr il et l.-i muise B, qui Ibnnenl une console sur laquelle porte le pied de la Terme étendu par la jambette /.

I,e revêtement h, fig. 5, devant présenter une surface cylindrique continue , est soutenu par ries fermettes de remployé qui portent sur des sablières g.

i" Hangars de filature,

Les ûg. i et 7 représentent des Termes de hangars pour filature. Ces charpentes sont portées par des poteaux et des aisseliers formant des ares dont les naissances sont sur les murs et par des poteaux intérieurs montant de fond. Les grandes croix île Saint-André, formées par des moises. en se combinant avec le soutien produit par les poteaux, détruisent la poussée.

3" Comble conique de Saint-Domingue.

I.a Gg. ô, pi. 91, est le profil d'un comble conique exécuté à Saint-Domingue pour couvrir le manège d'une sucrerie. I.a lig. 7 est un fragment du plan de ce comble. Nous donnons ces deux ligures comme un exemple de la destruction de la poussée d'une charpente par l'effet de sa Tonne circulaire.

Les cours des sablières et des panms fixées sur les arbalétriers, forment autant d'anneaux qui s'opposent à cette poussée, Car suite de cette considération, ou aurait pu simplifier beaucoup chaque ferme en diminuant le nombre des pièces qu'on y a employées; ou peut mémo remarquer qu'au moyen de ses pannes circulaires on pourrait se contenter des seuls arbalétriers boulonnés avec les cours des pannes, et d'une petite enrayure ters le sommet pour maintenir la position verticale du poinçon. Quelques rares croix de Saint-André entre les cours de pannes suffiraient pour s'opposer à la torsion. Il est entendu qu'en rapprochant les pannes, si l'on emploie des ardoises ou du bardeau pour la couverture, les chevrons peuvent être supprimes, et les planches doivent être pincées dans la direction des génératrices de la surface conique; mais dans ce cas, 1rs deux clous qui servent à attacher les ardoises ou les bardeaux doivent être placés sur chaque pièce suivant une génératrice de la surface conique.

Bergerie de Grignon.

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