PETITES FERMES
Lorsque les charpentes n'ont qu'une faible portée, non-seulement elles exigent moins de bois à cause de la grande réduction des^ pièces qu'on y emploie, mais on peut aussi diminuer le . nombre de pièces en faisant usage de combinaisons plus simples.
1° Toit simple.
La fig. 5, pi. 87, représente une ferme d'un petit toit à deux égouts. Elle n'a point d'arbalétriers : les chevrons correspondant à la fermé en tiennent lieu. La première panne, de chaque côté, est soutenue par une jambelte verticale et un tasseau assemblés dans le chevron. Les deux pannes supérieures sont portées par une petite moise-entrait qui saisit les deux chevrons et le poinçon portant le fattage.
La figure 8, même planche, est le dessin d'une ferme sans tirant ni poinçon. Les arbalétriers sont liés au sommet du toit par un coude, à l'imitation des assemblages de marine.
La fig. 10, pi. 86, représente une ferme du même genre.
Nous ne rapportons sur celte planche la ferme, fig. 9, que parce qu'elle se trouve sur la pi. 109 de l'Art de Bâtir de Rondelet, qui l'a tirée de Serlio,«el pour avoir occasion de faire remarquer qu'elle est beaucoup trop matérielle, et que le système de son assemblage rend inutiles les goussets qu'on y a ajoutés.
2° Fermes portant cintres.
La fig. 2, pi. 88, représente une petite ferme en madriers sans entrait formant cintre pour un comble qui couvre une galerie de peu de largeur, Jes murs ayant une épaisseur plus que suffisante pour résister à la poussée du toit.
La figure 6, même planche, est une ferme d'une moyenne ouverture pour le même cas.
La figure 4, même planche, représente une ferme d'un comble surbaissé d'une faible portée et sans tirant. Les arbalétriers sont en madriers. Je les ai réunis à leurs sommets par une moise formant entrait qui les affleure, et dont les deux parties sont assemblées par entailles, de manière que l'écartement des arbalétriers est maintenu.
5° Toit à deux égouts en contre-pente.
La ferme, fig. 3, ph 87, appartient à un toit en double appentis. L'égout se trouve au milieu de la largeur de l'espace couvert. Les fermes sont des croix de Saint
André en madriers qui sont soutenus par les scellements de leurs bouts dans les murs. Une ouverture dans l'un des murs qui limitent la longueur de l'espace couvert, donne issue aux eaux de l'égout commun.
Cette ingénieuse combinaison est de M. Waller, ingénieur civil et professeur à l'école des arts et manufactures & Paris.
4° Petite toits cylindrique:
La flg. 7, pi. 85, est une coupe d'un petit toit cylindrique sans chevrons. Les pannes sont soutenues par des veaux couchés sur les jambes de force et sur les arbalétriers; elles y sont douées. Le lattis est formé par des planches pliées, eu les clouant , sur les pannes suivant la courbure du toit.
La fig. 2, même planche, est la coupe d'un comble en ogive suivant le même système.
La fig. 4 représente le même système appliqué & un toit en impériale.
FIRMES BR MAÇOKItXIII.
La cherté et la rareté du bois , les précautions contre les incendies , et les convenances sous le rapport de la destination d'un bâtiment, peuvent déterminer à remplacer, dans certaines bâtisses, les fermes en charpente par des arceaux en maçonnerie.
Nous avons indiqué , tome lw, page 472, et Og. 4 , pi. 43, une construction 4e ferme en maçonnerie pour soutenir des pans de toits, dans des bâtiments susceptibles de décorations intérieures ; nous complétons ce qui reste à dire sur ce sujet en indiquant quelques autres constructions du même genre.
La fig. 8, pi. 98, est le dessin d'une ferme en maçonnerie, comme on en construit en Bretagne , copié sur une des figures du Recueil de M.' Lopex, pour soutenir les toits des granges. Ces fermes en pignons sont bâties en briques ou en moellons , et sont percées en ogive. Leur écartement est proportionné & la longueur des bois destinés à former les pannes. Ce genre de construction est économique et usité dans les contrées où le bois est fort cher.
La fig. 7 représente une des fermes en maçonnerie qui soutiennent le toit de la grande halle des forges d'Alais, bâtie en 1832 par M. Communeau, ingénieur civil. Ces fermes sont au nombre de huit, également distribuées entre deux pignons, sur la longueur de la halle , qui est d'environ 64 mètres dans œuvre ; leur écartement est de 7 mètres de milieu en milieu, et leur épaisseur est de 1 mètre; les aroeaux seuls sont en briques. La comparaison de la dépense pour la construction des fermes en bois , avec celle pour les fermes en maçonnerie , a déterminé la préférence donnée â ces dernières.
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La pannes sont des sapins auxquels on a laisse leurs tonnes rondes; leur diamètre moyeu est de 0m,341 ; leur longueur csl d'environ 21 nièlres, de sorte qu'ils s'étendent sur trois travées. Us sont poses laiigcnliellemcnl aux plans dans lesquels doivent se trouver les faces inférieures des chevrons; leurs gros bouts et leurs petits bouts sont posés alternativement, de manière qu'en somme leur furce est la même dans toute retendue de la surface du toil de chaque travée.
Les chevrons ont 0m,10 sur 0™,12 d'équarrissage. , ils soûl écartés de 0'",£j.
La couverture est en tuiles creuses posées sur les chevrons, saus rinlermédiiire • l'un plancher , a peu prés suivant le mode que nous avons indiqué page 4S4 du tome I", et llg. 13 , pi. 40. Les tuiles formant les rigoles ou chanées , sont placées immédiatement entre les intervalles des chevrons et portées par eux.
L'entrepôt de l'octroi de la ville, rue Chauchal, à Paris, csl construit dans M genre , si ce n'est que les arcs qui tiennent lieu do fermes sont plus matériels , ils sont en maçonnerie de pierre de taille; les pannes sont équarnes comme celles f de la flg. ft , pi. 43; vu leurs longues portées, à cause du grand écarlem eut qu'on a donné aux arceaux , on a ajouté eu dessous des pièces qui doublent leur épaisseur, sur un mètre environ de longueur de chaque coté de leurs scellements
Nous avons déjà parlé, dans notre tome L", page 880 et suivantes, des constructions vu buis conciles horizontalement , mais nous n'avions alors en vue que le système d'assemblage des pièces de bois pour former des murailles. Ce système est employé dans les contrées du Nord, iiou-scutemeul pour former des murs, maïs pour couvrir des maisons . et pour élever des clochers et des dûmes.
ln Conslructiotti ruaei.
Leslig. fl, 8 et i), pi. 86 montrent l'arrangement des bois , soit pour fumier des pignons sur les extrémités des bâtisses , soit pour tenir lieu de refends dans les combles , soit , enlin , pour tenir lieu de fermes.
Lu pans des combles son! couverts avec des planches, du chaume et du bardeau.
Les flèches des clochers et les dômes s'élèvent sur des plans carrés el octogonaux , au moyen du même système, en couchant les bois eu retraite les uns an-dessus des autres , suivant les pans répondant aux faces en talus ou courbes.
Cas sortes de constructions sont ordinairement exécutées en bois équarris, cunime ceux que nous avons représentés 6g. 6 de la planche 25, et fréquemment dans les ouvrages de ce genre les mieux faits, ils sont dcbillardcs sur tmurl us u ciAintHTHii. i. u. '■>
leurs faces formant les parois ii talus.
ilérieurcs et extérieures lorsqu'elles sont ci
2" Maiao
Nous donnons, fig. 14 el 18, pi. 1)8, l'élévation ci une partie de la coii| l'une maison suisse , dont les mur§ sont en bois couchés pour les étages q s'élèvent au-dessus du res-dc-c haussée , les murs de ce rez-de-chaussée étant n maçonnerie.
Malgré la simplicité presque grossière de ce moyen de construction, on ne pcul s'empécher de trouver une sorte d'élégance dans ces sortes de maisons , três-prupres à garantir leurs hatiitanls des atteintes du froid.
Les combles dont la construction participe du mode de bâtisse par bois couches cl du système de nos charpentes ordinaires , ont leurs couvertures en bardeaux Je mélèze , de pin ci de sapin , et les surfaces de la couverture aussi bien que kl parements des murailles se couvrent extérieurement d'un vernis résineux que l'ardeur du soleil fait sortir du bois pendant l'été, et qui les garantit de l'inQuencedc la pluie et du brouillard pendant la mauvaise saison.
Les toits ont une grande saillie sur les façades, pour garantir les fenêtres de l'atteinte des pluies et des neiges poussées par le vent. La petite croupe qui termine le comble est soutenue sur la façade par les grandes consoles formées par les prolongements des bois couches des divisions de refend de l'intérieur.
Iles frises découpées dans des planches el clouées verticalement on inclinées composent les ornements de ces habitations très -pittoresques. Les fig. 15, 16. 17,11* et 19 sont des détails de ces sortes d'ornements qui sont formés suivant les place où ils doivent être employés par la découpure entière des planches, lig. IS, ou par des entailles, lig. 16 el 17, et des recrcusemcnls , fig. 18 et 19, faits sur kl arêtes et sur les faces des pièces de bois qui entrent dans ta construction !■ façades.
Quoique les pierres propres à bâtir ne manquent point à la Chine, le bois c?l cependant la principale matière dont on fait usage pour la construction île» habitations , à cause , dit-on , de l'humidité , et dans la crainte des tremblement* de terre.
La lente sous laquelle le peuple chinois a vécu lorsqu'il était nomade, des maisons el notamment de leurs toits. Les progrès de la civilisation n'ont presque rien pu changer aux formes primitivement adoptées, les lois les plus anciennes, el pour lesquelles ce peuple a une obéissance religieuse, ayant liir immuable les dimensions, la distribution , le mode de conslrut-