CHAPITRE XXIV
C0MBLE8 ▲ GRANDES PORTÉES.
1° Salle d'exercice de Darmstadt.
Jusqu'au milieu du siècle dernier, les fermes des anciennes basiliques de Rome, dont les tirants avaient 80 pieds de longueur, passaient pour avoir les plus grandes portées qu'on peut donner aux charpentes. Le comble de la salle d'exercice de la ville de Darmstadt (1), construit en 1771, par M. Schubknecht, prouva qu'il était possible de dépasser de beaucoup cette portée, car ce comble couvre un espace de 136 pieds de largeur (2).
Nous donnons le dessin de ce grand comble, pi. 92. Sa.composition est vicieuse en plusieurs points, mais c'est la première tentative de ce genre dans la construction des cliarpentes à grandes portées ; et sous ce point de vue , quoi qu'on y ait employé plus de bois qu'il n'était nécessaire et que les pièces n'y soient pas convenablement combinées, encore était-il utile de la faire connaître à nos lecteurs.
La fig. 8 est le plan de cette salle d'exercice , la 6g. 6 est l'élévation de la façade principale répondant à l'un des longs côtés du plan. Ces deux Ggures sont sur une petite échelle.
La fig. 5 est une coupe du comble par un plan vertical, suivant les lignes a b des fig. 7 et 8. Cette coupe montre le système de construction d'une des vingt et une fermes. Il s'en trouve une sur l'axe du milieu de la longueur de l'édifice.
Là fig. 1 est un fragment de coupe longitudinale, dans lequel se trouve la projeeiion des fenêtres qui éclairent la salle, vue du dedans. Faute d'espace sur la longueur de la planche, cette coupe a été remontée ; sa ligne m « répond, de chaque côté de la salle, aux points p de la fig. 5.
L'espèce de gorge qui forme le raccordement du plafond avec les parois des mars, est interrompue devant les fenêtres par deux plans verticaux en forme d'embrasure ; les courbes d'intersection de ces deux plans, avec la gorge, forment deux arêtes courbes.
~ La gorge et les plans de ces embrasures sont revêtus en planches comme le
(i) Ville d'Allemagne , capitale du grand-duché de liesse , à 7 lieues de Maycncc. (a) La salle a 118 pieds de longueur.
plafond > ainsi qu'on le voit en A ; et pour clouer les planches qui doivent former les arêtes, on a placé & chaque trumeau deux arêtiers courbes qui sont représentés en r.
La fig. 2 est le détail, sur une échelle double , de l'assemblage C, fig. S, de l'arbalétrier et du tirant , avec les bandes de fer qui maintiennent cet assemblage.
Ces bandes de fer sont clouées et boulonnées, et, en outre , attachées par des crampons & deux pointes, qui retiennent le crochet qu'on leur a fait en pliant leurs extrémités en dehors.
La fig. 3 est le détail, sur une échelle double, d'un assemblage Dy fig. 5, d'une moise verticale avec le tirant, et de la construction du plafond dont les solives sont fixées aux tirants par des étriers en fer, cloués contre les pièces de ces tirants et cramponnés au moyen de crampons à deux pointes, qui retiennent les crochets des extrémités de ces étriers.
Le tirant est attaché aux moises par une bande qui est prise dans l'épaisseur de ces moises et qui s'y trouve retenue par des boulons et des chevilles ; en dessous, elle soutientle tirant par une rondelle que fixe une clef en fer.
Si les moises eussent embrassé le tirant et que les solives eussent été assemblées dans ce tirant, on aurait évité toute cette pesante ferrure.
Après que les conditions relatives à l'inclinaison des toits ont été satisfaites, celle qu'on s'est proposé de remplir a été de soutenir le tirant ; mais on remarque qu'on lui a donné une dimension plus forte que sa destination ne l'exigeait, et qu'on l'a surchargé, en adoptant pour le plafond une construction trop pesante, et dans laquelle on a employé trop de fer. L'on remarque encore qu'on a sans besoin multiplié les pièces qui composent les entraits , et que , par l'effet de la mauvaise disposition des contre-fiches , elles chargent la charpente plus qu'elles ne la soutiennent.
Nous n'avons point copie dans nos planches un comble de 80 pieds de portée, construit sur les murs d'une ancienne église, pour servir de salle d'exercice , qoe Krafft a représenté dans la pi. 36 bis de son premier recueil , parce que, ainsi qoe le remarque très-judicieusement M. Rondelet qui l'a même figuré pi. 109, sa disposition ne présente ni régularité, ni principe, et que les pièces qui s'y trouvent combinées, tendent plus à charger le système qu'à le soutenir. M. Rondelet propose, en regard du dessin qu'il en donne , une ferme de sa composition, pour la même portée. Quoiqu'elle soit fort bien enlenduc, comme elle ne présente point une combinaison nouvelle, ou qui ne se retrouve dans des perfectionnements de M. Rondelet, signalés au sujet d'autres charpentes, nous n'avons pas cru qu'il fût utile de la copier, ce qui eût nécessité de donner aussi, pour terme de comparaison, util* qui a motive cette correction. Nous pensons, d'ailleurs, qu'il y aurait plus d4ifirofivéfiients en multipliant sous les yeux de nos lecteurs des combinaisons t\Hhn tlttit k» garder d'imiter , qu'il n'y aurait d'avantages à leur indiquer les per-