CHARPENTES DU MOYEN AGE
Le caractère le plus général des charpentes do moyen âge est de présenter autant de fermes qu'il y a de chevrons pour former le toit. Toutes ces fermes sont égales dans leur forme générale, mais quelques-unes d'entre elles, que Ton désigne sous le nom de maltresses fermes, diffèrent quelquefois des autres appelées fermettes et fermes de remplage, par la présence d'un tirant et d'un, poinçon. Nous donnons , pi. 93 et 94 , trois exemples de ce genre de construction pris dans des monuments de France, et qui sont les types de ce genre de construction. On en trouve , quoique rarement, des exemples , dans quelques parties de l'Allemagne.
Longtemps après l'époque qui lui a donné son nom , on a voulu imiter ce genre de construction, mais sans s'attacher à lui conserver sa légèreté. C'est ainsi qae le comble de la cathédrale de Versailles, commencée en 1743, par M. Maosard de Sagonne , et terminée en 1754 , est composée d'une suite de fermes très-rapprochées , qui portent la toiture sans l'intermédiaire de pannes , mais avec une profusion de bois telle que l'élégant système du moyen âge est complètement défiguré. •
1° Couvent des Prêcheresses à Metz.
La flg. 4, pi. 93, est une coupe du comble construit sur un des corps de bâtiment du couvent des Prêcheresses à Metz ; une fermette simple est projetée sur une maltresse ferme.
Cette charpente est établie sur une grande salle. On présume qu'elle a été construite vers 1278, époque où ces religieuses quittèrent le quartier du Pont-Iffroy pour venir s'établir dans la rue qui porte aujourd'hui leur nom.
La Gg. 5 est une coupe suivant la longueur du comble. Les maltresses fermes se distinguent des autres par une épaisseur un peu plus grande, et par un tirant et un grand poinçon qui n'existent point aux fermes simples. Ce poinçon a pour objet de soutenir le tirant, qui est d'un faible équarrissage , n'ayant point de plancher à porter, et devant seulement maintenir l'écartcment des sablières pour s'opposer à la poussée du comble. Les tirants sont assemblés par entailles faites * leurs faces inférieures, sur les sablières qui ne sont point entaillées.