‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 59 sur 297 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

chambre dorée, nom qui lui mil HédOHBé à cause dm dorures qui In décortiienl ; clic (ut originairement construite du temps de saint Louis.

ta voûte qui la couvrait ayant menace d'un éboulcmcnl , elle fui démolie (I) , et l'on croit que Fra Giovanni Giocondo , architecte que Louis XII Ut venir d'Halte , cl qui avait biHi le pont Saint-Michel , le château de Caillou el la Cour des Comptes, fut chargé de décorer la Gra nd' Chambre sur nouveaux frais. C'est donc à lui qu'on attribue le plafond en pendentifs de la chambre dorée, qui rappelle ceux des charpentes que nous avons décrites dans les articles précédents.

Kourncl décrit cette salit dans son Histoire des Arocnt»; Sauvai en parle aussi dans set Antiquités de Paris; mais la description la plus complète cl la plus exacte , est une vue ptnpMtfre qu'en donne une gravure qui représente le lit de justice tenu, pour la première fois, par le roi Louis XV, en son parlement, le là septembre 1713 (S); cette salle a 58 pieds de largeur, sur 67 pieds de longueur.

Nous avons représenté, fig. S de la pi. 90, une coupe de ce plafond , fort remarquable . prise en travers de la salle sur la ligne A B du plan.

La fig. G est le plan ou la projection horizontale du plafond, vu en dessous.

La grande portée des poutres a déterminé l'emploi de pendentifs qui, comme des armatures renversées, en augmentent la force.

L'on voit, en effet, dans la figure 7, où nous avons représenté, sur une échelle double , le détail de la construction présumée de ces pendeiilils , que le poinçon a, assemblé dans le dessous de la poutre d, par un tenon carré fort court, y est retenu par des bandes de fer, et que les aîsselicrs b, b gabariés en dessous en forme d'ares el liés a la poutre et au poinçon par des boulons traversant leurs assemblages a crnbrcvcrnenls, forment une véritable armature; telle que, supposant la poutre portée par des murs, son milieu répondant au poinçon ne peut céder, de M et « , sous la charge qui la ferait fléchir au point q, si elle n'était pas arrnéu de ce pendentif, puisque les aîsselicrs retiennent le poinçon comme attaché aux points «m et n quoiqu'il suit pressé par la poutre. On voit donc que par cette disposition la fftrce de !a poutre est celle qu'elle aurait si elle était raccourcie de toute l'élenduu que le pendentif occupe sous elle, c'est-à-dire de la longueur m n. Un voit encore qu'en multipliant les pendentifs sur la longueur d'une poutre, on est maître de

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distribuer convenablement les points où les ruptures pourraient avoir lieu, et de donner dans ces points une épaisseur capable de résister à ces ruptures, mais qui serait insuffisante si Ton n'avait pas recours à cet arliGce.

La figure 8 est une coupe , par un plan horizontal , suivant les lignes x y de la figure 7 ; et la figure 9 est une autre coupe horizontale suivant la ligne v s. Les épaisseurs des revêtements en boiseries ne sont pas marquées dans ces deoi figures.

La figure 10 est une coupe horizontale au niveau du dessas d'an chapiteau, où l'on voit les coupes des panneaux de menuiserie , et des arêtiers des vooles formées par les panneaux cintrés.

Dans la construction du plancher portant les pendentifs de la salle dorée, les poutres étaient armées de trois pendentifs chacune ; des demi-pendentifs se rattachaient aux murs et formaient une sorte d'encorbellement qui raccourcissait encore la portée des poutres.

Pour entretenir dans une position verticale chacune de ces espèces de fermes, des entretoises horizontales, parallèles à la longueur de la salle, s'assemblaient daos les poutres aux mêmes points de leur longueur que les poinçons , et des aissetiers cintrés en dessous et égaux à ceux assemblés dans la poutre, saisissaient les poinçons. Chaque pendentif était terminé par un cul-de-lampe formant une sorte de chapiteau dans lequel les volutes sont remplacées par des bustes de femmes, ayait des ailes au lieu de bras, représentant probablement l'allégorie de Némésis. Des boiseries assemblées en panneaux cintrés aux arcs des pendentifs formaient des portions de berceaux qui se rencontraient à la manière des voûtes d'arêtes; le milieu de chaque plafond se trouvait décoré d'une large rosace. Toute cette construction était en bois de chêne , et les filets , les moulures et les ornements étaient dorés; une riche tapisserie couvrait les murs/

Ce beau plafond a été démoli en 1722, pour lui substituer des décorations qui étaient du goût de cette époque.

Le plafond d'un café nouvellement décoré, au coin du boulevard et de la nie de la Chaussée-d'Ântin , à Paris , est une imitation du plafontt de la chambre dorée, sur de plus petites dimensions.

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