‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 58 sur 297 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

les grands entraits jusqu'au faîtage. On y remarque les aisseliers $ qui soutiennent le faîtage ; ceux t qui soutiennent une des pannes o; la coupe du petit entrait v qui s'assemble d'un côlé à l'autre dû toit dans les pannes pour qu'elles ne puissent fléchir sous la charge de la couverture.

Les pannes s qui répondent à rentrait d ont pour soutien Tare formé par les aisseliers y courbes qui contribuent à la décoration de la charpente.

Ces mêmes pannes sont arc -boutées chacune sur rentrait par deux petites pièces x.

Enfln, la panne la plus basse q répondant aux lucarnes est aussi soutenue par les aisseliers courbes u compris dans les pans, et elles ont leurs arcs-boutanls / qui s'appuient sur l'extrados du grand arc.

Nous n'avons pas marqué ces arcs-boutants sur la fig. 1, pour ne pas masquer la décoration de la ferme ; nous pensons d'ailleurs que les arcs-boutants letx ont été mis après coup, lorsque Ton s'est aperçu que, soit par défaut de force, soit par vétusté, les pannes fléchissaient sous le poids de la couverture qui était originairement en plomb, et qui a été remplacée par d'abjectes ardoises.

II. Pugin présume que les fenêtres ou lucarnes n'existaient pas originairement, qu'elles ont été faites pour jeter du jour dans la deuxième partie de la charpente qui était trop obscure, et qu'on ne distinguait point.

Nous joignons à ces deux projections des détails, sur une échelle quadruple, des parties défc remplissages en menuiserie , des différents tympans que forment les combinaisons des pièces principales de la charpente.

Les fig. 3 et 5 sont les projections de l'un des anges sculptés en bois qui terminent les tasseaux e, et forment la plus saillante décoration de la salle.

Chaque ange tient un écu aux armes de France et d'Angleterre qui étaient alors celles du roi qui avait fait construire ce monument.

La fig. 9 est une coupe horizontale de l'aiguille h par un plan suivant la ligne 1-8, fig. 7.

La fig. 4 est le dessin du remplissage découpé du tympan entre la panne z et Tarer qui la soutient, fig. 1 .

La fig. 5 montre le remplissage découpé à jour du tympan, entre le grand arc m et l'arc p, fig. 7.

La fig. 10 est un des petits arceaux que soutiennent les colonelles du grand panneau, au-dessous de l'entrait k.

La fig. 8 est la coupe horizontale d'une colonelle par un plan suivant la ligne 3-4,

fig. 7.

Toutes les pièces sont décorées de moulures et de nervures qui imitent celles en usage sur les constructions gothiques en pierres de taille ; mais elles ont ici une délicatesse que le bois seul pouvait permettre.

2» Hampton Coure Palace.

Ha m p ton Court, dans le comté de Kent, n'a été qu'une propriété ordinaire jusqu'au commencement du règne de Henri VIII, époque où le cardinal Wolsey commença à y construire, pour lui et sa nombreuse suite, une habitation plus étendue. Sa somptuosité ayant excité la jalousie du roi, Wolsey la lui céda vers Tannée 1525; les constructions y furent continuées, et elle fut pendant plusieurs années une résidence royale favorite (1). En 1647, Hampton Court fut vendu par le parlement; Cromwell Tacheta pour y résider , et plus tard ce domaine revint à la couronne. Le comble de la grande salle est signalé comme le plus richement décoré, entre ceux du même genre (2) ; mais celui de Westminster Hall lui est fort supérieur en grandeur.

La fig. 15 de la même pi. 100 représente une ferme de cette élégante et riche charpente. Elle prend naissance, comme celle de Westminster Hall, sur des corbeaux de pierre, en forme de culs-de- lampe.

La figure 16 est une coupe du comble suivant la longueur de la salle.

La forme extérieure est celle dite brisée ; il parait que ce comble est le premier pour lequel elle a été employée en Angleterre. A l'intérieur, le système de combinaison est à peu près le même que celui du comble de Wesminster Hall, sincnqae la portée étant moins grande, on n'y a point fait usage des grands arcs, et qu'on y a prodigué les moyens de décoration (3).

Le cintre p est une ogive surbaissée; il prend naissance encore sur les consoles formées par la combinaison des tasseaux e, des aiguilles h, des demiarcs g, et des montants j. Vu l'écarté ment des fermes, elles sont entretenues i leur distance et dans leur position verticale par des liernes m, *, et un sonsfaite k. Les liernes m sont soutenues par des courbes qui forment avec elles, dans

(i) Le silence solennel des cours spacieuses de Hampton Court Palace et de tes chambres d'apparat, aujourd'hui inhabitées, rappellent, dit M. Pugin, la série des curieui événements qni s'y sont passés.

C'est aussi dans ce palais qu'eut lieu la scène de la boucle de cheveux enlevée, avec tous ses nodents comiques , si habilement esquivés par Pope.

Charles Ier y fut détenu par l'armée parlementaire.

(») La comble de l'église du Christ, à Oxford, bâtie par le cardinal Woliey quelques années avsnt Hampton Court, est do même genre et beaucoup plus simple dans sa décoration; il n'est cependant pas de beaucenp inférieur en beauté.

La grande salle de Hampton Court a. . . . 1 06 pieds de long , 40 de large, 45 de haut ;

L'église du Christ, à Oxford u5 40 5o

La salle du collège de la Trinité, à Cambridge. 100 4° 5©

Cette dernière' est bâtie sur le modèle de celle du Christ, mais encore plus simple «le décoration \) La portée des fermes de Westminster Hall est de 66 pieds 6 pouces (aon\ 1 16).

CIIM'ITBE XXVI. Ht)

le sens de la longueur du toil, des formelles dont la combinaison ta arcs Mt semblable à celle des grandes formes, lig. IK. A l'égard des liernes n et du sousfalle k, ils sonl soutenus par les véritables pendeutils formés au-dessous d'clk-s par deu* arcs A en ogive, et un poinçon intermédiaire;' et //. On a marqué, sur la face verticale du sous- (aile, les assemblages des chevrons intérieurs el arqués qui viennent s'y appuyer, en formant des compartiments qui sonl projetés entre les liernes n cl le sous- fa Ile *, fig. 16.

La panne o est soutenue par un rang de pelits pilastres; la deuxième panne g se trouve appuyée par un arc qui a pour portée, dans le sens de la langueur du comble, récarlemcnl des formes, el qui prend naissance sur le tasseau e.

La panne rest soutenue par de 'petits arcs- boula n ts t, sur les liernes m.

Les combinaisons de ces arcs el arceau» forment une quantité de pendentifs qui sont terminés par des culs-de-lampe , produisant par leur ensemble le coup d'œil le plus hardi, le plus riche el le plus élégant. Les culs-do-lampe qui sont tous en bois, sont détailles sur une échelle quadruple, dans les figures suivantes :

Fig. 11, cul-de-lampe c1 des eslrémilcs des tasseau» a.

Fig. 13, cul de-lampe v du poinçon en pendentif sous les pannes.

Fig. 17, cul-dc-lampe x du pendentif de la fermette sous la licrnc M.

Fig. 13 et 14. culs-de-lampe s en pierre, formant les corbeau» des naissance des fermes.

Les murs de cet édilice sont garnis de coulre-rorts cl arcs-boutanls, que le dessin ne marque pas. Celle salle n'est éclairée que par les fenêtres latérales percée; dans les murs, et par les grands vitrau» des murs de pignons des deu» extrémités.

Jadis les panneaux de remplissage étaient peints en bleu, les parties saillantes laissaient voir la couleur naturelle du bois de chêne; dans une dernière restauration, le tout a été repeint également en bleu et en couleur de bois de chêne; mai s M. l'ugin remarque que les nuances que l'on a choisies sont trop crues cl trop claires; el que la couleur brune, imitant le noyer de ta charpente de l'église du Christ, relevée par la dorure des ornements, est préférable.

3" Comble de Cro»bj Hall.

Vers l'an 1170, M. John Crosby, riche marchand de Londres, fil construire une maison magnifique, qui a conservé depuis le nom de Crosby l'alace. Richard, duc .te Gloccstrr, y demeurait pendant le lemps que les enfants d'Edouard étaient détenus a la Tour de Londres sous sa protection. Un ignore qui lui succéda dans l'occupation de ce palais, après qu'il fut monté sur le tronc; mais il parait que celle somptueuse habitation a été longtemps une possession royale. La reine Elisabeth y a logé des ambassadeurs; par la suite, elle a servi auiullcdes dissidents.

1S2 TBAIÏE DE L'ART DE I.à CHARPENTERIE.

el naguère les deux grandes salles, seuls restes des premières conslruc lions, servaient de magasins pour des emballeurs ; elles sont aujourd'hui cachées par tl< bâtiments modernes qui les environnent.

La figure 5 de la planche 101 est une coupe en travers du bâtiment par un pli vertical, qui fait voir un peu plus que la moitié d'une des Termes du comble de grande salle de Crosby Palace.

La figure 1 est une coupe longitudinale, par un plan vertical, passant par milieu de la largeur du bâtiment.

Le caractère principal de ce comble est de présenter, au-dessous des piec qui soutiennent le Init, sous une inclinaison de 43°, une voûte en buiscriesi bois de chéue admirablement bien travaillées, qui s'étend sur toute la largeur ilr la salle, et d'où descendent trois rangs de pendentifs formés par autant de [miiiri contre chacun desquels quatre arcs viennent se raccorder par leurs naissanc De telle sorte que la charpente du toit, qui s'appuie sur les arcs des Termes prie pales, est entièrement cachée ; celle partie supérieure du comble n'a, au surplus, rien de remarquable.

Lorsque l'on considère celle singulière voûte, sa charpente paraît formée de fermes transversales qui sont les fermes principales, el de trois fermes longitudinales à peu près égales, et dont une. celle du milieu, répond à la ferme sous-faite.

C'est aux rencontres de ces fermes que se trouvent , comme pièces communes, les poinçons dont nous venons de parler, et qui sont les principale* pièces des pendentifs, les arcs qui s'y rattachent n'ayant pour objet que de Je* maintenir verticaux et de soutenir, au moyen des appuis qu'ils y trouvent, 1rs frises servant à diviser la surface de la voûte en grands panneaux d'assemblage en

Les figures 1 cl 3, que nous donnons de celte admirable composition, sont suffisamment 'détaillées, pour qu'il ne soit pas nécessaire d'une plus ample description.

La figure 4 est la projection, vue de face, d'un des rorbeaux en pierre A, lig. S. scellés dans les murs el sur lesquels la charpente de la voule prend naissance au niveau des impostes des croisées.

La ligure 5 est sa projection horizontale; elle représente, à droite, ttue coupe horizontale, suivant la ligne p q, (ig. 4 ; et à gauche, une coupe horizontale, suivant s y. La ligne v u marque le parement du mur dans lequel le corbeau est scellé.

La figure 2 est une projection verticale d'un des culs-de-lampe fi qui terminent les pendentifs île la voùle.

La ligure 6 présente d'un côté, à droite, le plan du dessus de ces culs-dc lampe avec la coupe horizoniale. suivant les ligues m n des arcs qui > pnMl ; à gauche esl la coupe horizontale, suivant la ligne my.

CHANTRE XAVI. M

La ligure B est une projection verticale en élévation de la corniche qui règne

sur les murs et qui couronne les encadrements des croisées. Les espaces qui se

trouvent entre les Irises du plafond et les arcs des pendentifs, sont remplis de

découpures en menuiserie, percées à jour.

L'intérieur de cette salle a 27 pieds (8™,23) de largeur, sur fit) pieds (Sl'-.OS) de long; sa hauteur est de 38 pieds (ll^.BS). Elle est éclairée par des fenêtres percées dans les murs latéraux, a une assez grande hauteur au-dessus du sol. L'architecte avait élevé une lanterne au-dessus de la voûte, pour donner issue à la fumée des trépieds qu'on allumait au milieu de ta salle, avant l'invention des poêles et des cheminées; mais il parait que celle lanterne n'y est pas restée longtemps. Quoique salie par la poussière cl la fumée, celle charpente a un aspect de dignité qui étonne. Elle servait jadis pour dp grandes réunions et pour des feslins ; on y remarquait, il y a peu d'années, une tribune qui en occupait toute la largeur à l'un des bouts, et qu'on croit avoir été construite, au-dessus d'un corridor de service, pour y placer un orchestre. Aujourd'hui, Crosby Hall est divisée, dans sa hauteur, par un plancher pour l'usage des magasins, ce qui nuil considérablement .< l'aspect do celle admirable charpente, qui a besoin d'être élevée au-dessus des spectateurs pour produire un bel effet.

1° Chambre ilu Coaieil ilu Palais île Crosby.

l'.ios un des angles de la grande salle dont nous venons de parler, une porte .1 ruine entrée dans une pièce plus petile, appelée la Chambre du Conseil (1). La ligure 12 de la même planche est une coupe en travers d'une partie de la charpente, au-dessous de laquelle une voùlc en boiseries. 1res -surbaissée, forme le plafond de cette pièce. A L'exception de l'élégante décoration de celte voûte, t.. construction de sa charpente se rapproche du système dont nous avons fait mention dans le 1" article du chapitre précédeut. La figure 15 est une coupe longitudinale sur laquelle le plafond est projeté avec les élégants ortierntrilsqui le décorent. Les fermes principales, enlrc lesquelles sont des formol tes de remplissage, [«rient les arcs principaux qui partagent le plafond eu plusieurs zones égales dans la longueur de la chambre. Ces loues sonl ensuite divisées en deux rangs de huit caissons chacune, par des nervures; des ornements gothiques, artistcmrnt contournés, se détachent en relief sur le fond de chaque

Ces sortes de panneaux en menuiserie sont cloués sur les cour lies qui suivent le . i i.tre ili't.i mule entre les fermes ; le loul est rehaussé de dorures.

lia ûgure 7 est un détail, sur une échelle triple, des ornements des arcs sous les maîtresses fermes.

La figure 9 présente le dessin des ornements du quart de l'un des caissons de la voûte.

La fig. 10 est l'élévation d'un des pendentifs ou culs-de-lampe, sur lesquels les arcs prennent naissance. Ces culs-de-lampe répondent A la corniche qui suit le contour de la salle. L'un et l'autre sont représentés en élévation, fig. 10, et la corniche est profilée, fig. 11, avec les feuillages verticaux qui la couronnent.

La figure 14 est une section d'un des arcs non compris l'épaisseur des petits pendentifs qui garnissent sa courbure.

La charpente de l'église du Christ, A Oxford, est du même genre que celle de Hampton Court; elle est cependant: moins riche de décoration, et ses arcs sort surbaissés (1).

La charpente de la grande salle d'Ellham Palace, seul reste qui ail échappé au dévastations et aux spoliations de cette magnifique habitation royale, n'a été conservée que parce que ce bâtiment a pu servir de grange; les fermes de cette durpente ont beaucoup de ressemblance avec celles de l'église du Christ j elle est cependant inférieure sous le rapport de la beauté; elle supporte on toit plusaigi, et ses fermes ne sont pas réunies par d'autres fermes longitudinales (2), mais beaucoup moins riches , et elle n'est composée que de fermes parallèles âaqs lesquelles l'arc du milieu est très-surbaissé.

La charpente du comble de Middle Temple Hall a quelque ressemblance, dans sa forme générale , avec celle de Crosby Hall , mais elle a quatre pendentifs sur la largeur de chaque ferme (5).

Il existe plusieurs autres charpentes du même genre en Angleterre (4) , il suffit que nous ayons décrit les plus belles et indiqué, après celles-ci, les plus importantes.

5° Plafond de la chambre dorée du Palais de Justice à Paris. La chambre occupée aujourd'hui par la cour de cassation (5) était autrefois la

(i) On en trouve une esquisse dans le Penny Magazine, année i835, n° 18s, p. 4.

(1) Idem, i83a, n° a3, p. 263.

(ô) Idem, i835, n* 108, p. 249 •

( 4) D'ancienne* gravures qu'on montrait autrefois dans des optiques représentent, la galerie royal? de Copenhague ; il paraîtrait d'après ces perspectives grossières que le comble de celle galerie est « pendentifs. Dans chaque ferme, un arc principal en plein cintre , ayant un diamètre égal aux «taii tiers d« la largeur de la salle, serait supporté par de grandes consoles cintrées prenant naissance sur les murs. Mais ceUe charpente serait revêtue* intérieurement de boiseries ou de plafonnâmes , le uwt peint et enrichi d'ornements divers.

(5) Cette salle a une issue dans la salle des Pas-Perdus, vis-à-vis la galerie des marchand».

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