CHAPITRE XXX
liens el les boulons, rendent les feuilles d'un arc pour ainsi dire solidaires les ânes des autres , et qu'ils s'opposent avec une grande forte a leur redressement. llau» un arc de cinq feuilles el de 20 mètres d'ouverture , le développement de l'extrados a HO centimètres de plus que celui de l'intrados , le redressement est par conséquent impossible.
Dans le commencement du travail , les charpentiers appréhendaient cependant l'effet d'un redressement subit lorsqu'on abandonnerait un arc â lui-même ; mais plusieurs expériences faites à Harac et à Liliourne ont prouvé que la tendance des arcs à se relever est très-faible. Des arcs assemblés seulement avec leurs liens, sans moises ni boulons, abandonnés subilemenl à eux-mêmes sur le chantier, ne se sont ouverts que de 10 centimètres , c'est-à-dire d'environ 8 centimètres à chaque extrémité. Un seul homme empêchait sans effort ce faible ccarlemenl; ainsi la poussée propre d'un arc résultant de sa force de ressort est à peu près nulle.
Dans chaque ferme , trois grands triangles sont formés , extérieurement à l'arc , par les jambes de force, les arbalétriers, les aisseliers el la moise-enlrait. Leur combinaison avec l'arc et les moises normales compose un réseau autant invariable que le permettent la flexibilité des bois el le jeu des assemblages; mais, dans ce système, el notamment dans la charpente du bangar de Harac dont il s'agit ici, c'est principalement la roideur ou le ressort des aresqui produit l'invariabilité de forme et qui détruit entièrement la poussée îles reins sur le haut des murs.
Les feuilles ou madriers qui entrent dans la composition d'un arc ont 55 millimètres d'épaisseur, 13 centimètres de largeur et 12 â 13 mètres de longueur. Deux madriers et demi bout â bout , à joints carrés , suffisent au développement de l'arc. Les joints sont distribués de façon qu'aucun de ceux d'un rang ne répond à un autre joint d'un autre rang , et que tous sont couverts par les moises normales.
Les feuilles ne peuvent avoir chacune que trois joints, le plus souvent elles n'en ont que deux ; il ne peut y avoir que dix à doute de ces joints dans un arc.
Toutes les pièces des ferme» ont 13 centimètres d'épaisseur comme l'arc et les arbalétriers , excepté les jambes de force , (lonl l'épaisseur a été portée à 20 centimètres.
les fermes sont entretenues à la distance de 3 mètres de milieu en milieu par les moises liernes horizontales , qui embrassent les moises pendantes , n" 4 (1), par te fade , par la moise sous-falle , el enfui par les pannes.
La lig. 8 de la pi. 108 est une portion de la coupe du hangar suivant sa longueur; elle contient les projections des fermes des liernes de la ferme sous-falle arec les croix de Saint-André , et de tous les bois de la toiture.
La charpente du hangar de Marac devant servir d'étude pour celles qu'on vou-
drait exécuter ailleurs , je me sois imposé , dans son exécution , deux condition! auxquelles quelques personnes a? aient prétendu que mon système d'arcs ne pourrait pas satisfaire. La première était que la charpente n'exerçât par ses reins aucune poussée sur les murs , et la seconde , qu'elle pût porter une couverture très-pesante, sans rien perdre de son élégance et de sa simplicité. Dans cette vue, je fis construire quelques fermes pour les soumettre à l'épreuve d'une charge plus forte que celle qu'elles auraient à supporter, et déterminer ainsi, par l'expérience, le nombre de feuilles dont il faudrait composer les arcs. Je fis d'abord ces ares de cinq feuilles, comme j'avais projeté ceux de la charpente du manège de Liboume, pour laquelle je n'avais pas a m'occuper de la poussée , vu l'extrême épaisseur qae les murs devaient avoir; des obstacles que j'expliquerai plus loin , m'obligèrent à renoncer au levage des fermes tout assemblées. Je fis alors construire pour le levage , pièce A pièce , un échafaud volant , que je fis établir près du chantier , afin de m'en servir pour monter et maintenir verticalement, avec de petits cordages horizontaux , chaque ferme que je voulais éprouver.
De larges et épais plateaux en bois de chêne , simplement posés sur le sol biea battu et au même niveau , remplacèrent les sablières, peur supporter la ferme anse en expérience. Dès que celte ferme était abandonnée A elle-même , elle se turhasssait de quelques centimètres. On suspendait alors par de longs cordages aux enplacements des pannes et au poinçon , des plateaux en bois , distants do sol d'environ KO centimètres. Ces plateaux étaient chargés en même temps, mais peu à peu , avec du lest en fer coulé , jusqu'à mille kilogrammes sur chacun; ce qai taisait onze mille kilogrammes pour la charge de la ferme éprouvée ; poids qui excédait de plus d'un quart celui de la partie du toit qu'une ferme devait supporter, dans l'hypothèse que les tuiles seraient imbibées d'autant d'eau qu'elles en peuvent absorber.
Dans ces expériences , les arcs n'étaient serrés que par les moises et les liens en fer, parce que, pour me réserver un moyen d'augmenter leur force, j'avais différé de placer les boulons jusqu'après les épreuves que je me proposais , et seulesKot lorsque les fermes seraient à leurs places.
A mesure qu'on plaçait la charge , la ferme s'abaissait ; au bout de vingt-quatre heures , la courbure de l'arc fut vérifiée au moyen d'un rayon en bois de 10 mètres de longueur, garni en fer à ses deux bouts , l'un desquels portait sur on axe horizontal en fer, établi avec précision sur la tête d'un pieu au niveau des naissances. II fut reconnu que le poinçon s'était abaissé d'environ 12 centimètres , mais que la courbure de la partie supérieure de l'arc , comprise entre les moises n° 7 , n'afait pas sensiblement changé , quoiqu'elle dût avoir une tendance A s'aplatir, puisque l'abaissement du poinçon annonçait un affaissement général de l'are. On trouva constamment des deux côtés , entre la moise n° 7 et la naissance correspondante, une augmentation de courbure, dont le maximum répondait A la moise n° 4.
L'arc s'écartait en cet endroit d'environ 5 centimètres du demi-cercle décrit avec