CHAPITRE XXX
la tapeur il.ins une couche de fumier rendu bouillant au moyen d'un Tour milsLruil exprès.
On n'avait pas encore construit ou proposé des arcs légers, d'une grande porlée, faits avec des liois longs et minces dont la flexibilité permet une courbure facile ei prompte, sans le secours du feu; et dont la roideur, convenablement réglée, a la propriété de maintenir la forme de la charpente et de détruire la poussée, ou de s'étendre jusqu'aux limites de celle poussée, pour n'en exercer ensuite aucune sur les murs(l).
Il serait impossible de courber, même au feu, des bois de même équarrissage que mes arcs, d'un seul brin de fil et du même développement. En supposant qu'on put courber des pièces seulement de la moitié de la longueur des feuilles, il 7 aurait encore le désavantage d'avoir des joints qui occuperaient tout l'équarrissagc, ftt-on même ces joints à Irait de Jupiter, assemblage qui n'a pas à beaucoup près la force qu'on lui suppose, tandis qu'au moyen des feuilles que j'emploie, les joints, en très-petit nombre cl réduits à n'être qu'une petite partie de l'équarrissagc des arcs, sont tellement répartis que la réunion de ces feuilles équivaut à un cintre d'une seule pièce, cl peut résister aux mêmes efforts.
Les combinaisons de mon système peuvent être variées à l'infini par le nombre, la forme et la portée des arcs ; enfin la force de ces arcs peut être augmentée suivant le besoin , sans rien changer au système , sans nuire à l'élégance ni à la hardiesse de la construction , par la simple addition de feuilles sur la totalité des arcs ou sur les parties où des épreuves , toujours indispensables dans de grandes constructions, en auront fait reconnaître ta nécessité.
Je crois que !e système d'nrcs en madrier» courbés sur leur plat peut faire faire un Ires-grand pas â l'art de la cbarpenleric , sous le rapport de la légèreté des constructions, sous celui de la très-grande portée des Termes et sous celui de l'économie. J'hésitai néanmoins à te proposer, en 1819, ne pouvant me persuader que depuis Philibert de I.ormc, c'est-à-dire depuis près de trois siècles, l'art eût marché i coté d'une idée si simple sans la saisir. I.e plein succès des essais faits a Maroc
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et à Libourne me fil présumer qu'ils seraient désormais plus d'une fois imités ; et, en effet, des charpentes suivant mon système ont été exécutées avec an égal succès à Paris, dans des établissements particuliers, à Saumur, dans différentes usines de nos départements , et en Belgique.
1° Charpente du hangar du génie, à Maroc, près Bayonne.
Chaque ferme, fig. 9 , pi. 108, du hangar de Marac, est composée d'un arc ta demi-cercle , de deux jambes de force verticales, de deux arbalétriers , de deux aisseliers et d'une petite moïse horizontale, tangente a l'arc et formant entrait; le tout est lié par des moises normales à l'arc. L'espace entre le sol et Tare est libre. L'arc dont il s'agit est la pièce principale de chaque ferme , et c'est dans sa construction que résident la force et les autres avantages de ce système de charpente.
Les hémicycles de Philibert de Lorme sont , ainsi que nous l'avons va , formés de trois cours au moins de planches de 12 à 13 décimètres de longueur, posées bout à bout et de champ ; mes arcs , au contraire , résultent de madriers longs et étroits, appliqués les uns sur les autres, comme le sont les feuilles ou lames d'ut ressort de voiture, et courbés en demi-cercle sur leur plat, par leur seule flexibilité.
Les moises normales sont entaillées , ainsi que les faces planes des arcs , de 1 cealimèlre de profondeur, de façon qu'elles forment des assemblages de 2 centimètres , qui ont le double objet de tenir les arcs serrés et de former des arrêts qai empêchent le glissement des madriers les uns sur les autres. Deux recouvrements de 1 centimètre sur les deux faces de l'arc , sont entaillés dans les joues des moises, pour empocher des éclats aux entailles des madriers. Les détails de ces assemblages se trouvent planche 110 , figures 12 , 13 , 14 , 13 et 16.
Les jambes de force sont éloignées des murs de 10 centimètres, mais les trois premières moises de chaque côté sont prolongées au delà des jambes de force, et pénètrent de 0m,20 dans des cases de 0m,30 de profondeur, réservées dans la maçonnerie. Celle disposition n'a pas pour but de profiler de la résistance des mors, car la charpente n'exerce aucune poussée sur eux ; il s'agit seulement de maintenir les fermes dans des plans verticaux et d'empêcher le balancement dans le sens de la longueur du bâtiment.
Entre les moises, qui ne pouvaient être plus multipliées sans augmenter inutilement le poids de la charpente, sont des liens en fer et des boulons qui pressent les feuilles de l'arc et qui s'opposent au glissement de ces feuilles; les premiers, en forçant les surfaces à s'appliquer dans toute leur largeur, et les autres en formant, en outre de la pression , des points d'arrêt intérieurs , parce qu'étant cylindriques et chassés à coups de masse dans des trous percés très-justes, ils ne laissent aucun jeu aux feuilles qu'ils traversent perpendiculairement.
Ces boulons ont environ 18 millimètres de diamètre, ils sont espacés de 0B,80, et l'expérience prouve qu'ils ne coupent point le fil du bois d'une manière nuisible, comme quelques personnes l'avaient craint. On voit que les moises, les