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CHAPITRE XI

I^ système de coostruction da plancher à la Serlio , flg. 5 , pi. 33 , a «lonné naissance à une foule de combinaisons basées sur le même principe. Nous ne nous arrêterons point à en multiplier sans utilité les nombreux exemples , qu*on peut trouver dans le recueil de Krafft. Nous nous borneroos à donner , fig. 5 , le plan du plancher du château de plaisance du roi de Hollande, appelé la maison de bois , dont la construction est une extension de système de Serlio , et en est comme la limite (1). Ce plancher est exécuté dans une salle de 60 pieds de côté ; le dessin ne flgure que Tun de ses quatre angles : celui compris entre les lignes J B^ A D.La première , qui est la plus grande, ne représente que le tiers environ de la longueur de chacun des côtés, qui sont égaux. Ce plancher est construit en petites poutrelles de bois de chêne, formant trois cents petits caissons carrés. Toutes les poutrelles sont égales , sauf celles qui complètent le système le long des murs. Une quelconque de ces poutrelles , celle c, par exemple, est portée par ses deux bouts dans les entailles de deux poutrelles b et f, el en reçoit deux autres d, d'y dans ses entailles. Toutes celles qui joignent les murs sont reçues dans les entailles d*un cours de sablière^ D A B posées de niveau tout autour de la salle, et encastrées dans la maçonnerie. Le plancher de pied, que nous n*avons point indiqué au plan, est composé d*une double épaisseur de planches assemblées à rainures et languettes clouées sur les poutrelles , et qui se croisent à angle droit pour mieux retenir Pécartement dans les deux sens, en outre des bandelettes dé fer, qui lient les assemblages. Ce double plancher de pied est marqué dans la coupe,

(i) La TOÛte plate da M. Abeille (Machines de l' Académie des ieieneet, 1669, tome 1 , p. i59), qui etl plutôt ud plancher d'auembli^ qu'une voûte, ett la véritable limite du »yttème de Serlio. Noa« donnent, fig- 11 , pi. 34 1 "°^ projection verticale et une projection horiiootale de quatre des pièces de cet auemblage; elles sont toutes identiques. Ce système laisse en dessus des vides en forme de trémies { son plafond présente des carrés ; quatre de ces carrés sont ponctués sur la figure.

Le P. Trucbei a donné , dans le même recueil, un assemblage qui ne laisse point de vides. Quatre de ses pièces sont assemblées en projections verticales et horiiontales , fig. 1 s ^ le plafond présente aussi des carrés. Son exécution est plus difficile , parce que les joints sont des surfices de conoldes. La fig- 13 est la projection horixontale d'une pièce qui n'est terminée que par des plans, et qui peut atteindre le même but. On peut enfin composer un assembligc du même genre, avec des plateaux carrés, fig. i4 , qui portent des tenons à fil de bois , sur deux de leurs cètés, et des mortaises sur les deux autres, pour s'assembler avec le» plateaux identiques conligus. Ces sortes de combinaisons sont plus propres à exercer rintelliçciice cl Padrcssc que siuccpliblcs irappii^alions utiles.

figure 6, faile par an plan vertical suivant la ligne Af iV du plu.

Les poutrelles sont taillées en dessous , de manière qa*elles fonneot ne surface courbe , du genre de celles dites êutfaceê de vaiieê. Une secte quelconque , par un plan vertical , donne toujours an arc de cercle passant par les arêtes inférieures des sablières parallèles , et par le plus grand arc de cercle résultant de la section faite par un autre plan Tertical , paasaat par le centre du plancher, et perpendiculaire au précédent. Cette coarbore concave du dessous du plancher, lui a été donnée pour empêcher qie k fléchissement des assemblages rendit le plafond convexe , parce que quelque petite qu*eùt éié sa convexité, vue d*enbas elle aurait été sensible d d*uu effet désagréable.

11 en résulte aussi une diminution de pesanteur au centre du plancher.'

Lorsqu'on construit ces sortes de planchers, on divise leurs côtés ea nombre impair afin qu*il se trouve un carré ou caisson au centre.

Les assemblages des poutrelles sont du genre de celui fig. 9, pi. 17. Nois en avons tracé un détail sur une échelle double , fig. 7, en projection horizontale, et fig. 8, par une coupe suivant la ligne m n du plan , fig. 7. liois avons indiqué dans ce détail, qui peut se rapporter à un joint quelconqoe, T, fig. 8, les bandelettes de fer clouées qu*on a logées de leur épaisseur dans le bois à chaque joint, pour empêcher Técartement des poutrelles* Ces bandelettes ne sont point marquées au plan ni daus la coupe, fig. 5 et 6, pour ^ ne pas compliquer le dessin.

Pour piquer les assemblages, tout le plancher doit être mis sur lignes; les poutrelles sont établies en quatre étages , à moins qu'on ne puisse les couper toutes à peu près justes à leur longueur, auquel cas rétablissemeot peut avoir lieu sur deux étages de bois seulement. Toutes les poutrelles, après que les assemblages sont piqués , sont marquées de façon que lorsque le plancher est assemblé , chacune se trouve à la même place et dans le même sens qu'elle occupait sur Tételon. La courbure du dessous de chaque poutrelle est tracée au moyen de calibres relevés de dessus une épure eo grand.

L*assemblage du plancher se fait par cours de poutrelles , soit d^un sens soit de l'autre; c'est-à-dire que le cadre des sablières étant établi et scellé de niveau , on met enjoint, dans les entailles des sablières, le cours des poutrelles entières du rang a, par exemple, et celles entières du T^n%bjdyfjg,h, avec lesquelles celles du rang a s'assemblent; on soutient les poutrelles (ia rang a sur un cintre ; on met ensuite en joint tout le cours des poutrelles do rang c cl celles des rangs h, c/, f, g, h, avec lesquelles elles s*assembleot, en

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les pous^ianl lou les ensemble dans les entii Iles des poulrcllesilu rangn; \vi poDirellcs du rang c. cl celles b, il. f, g, h, sont aussi soulenues sur uii cintre; l'on procùdii iIp même pour le cours do poutrelles du rang i, et ainsi de ■dite jusqu'i ce que toute la charpente du plancher soit assemblée. Les (Icmï-poutrelles x e(^ se placent les dernières, et se chassent à force dans les entailles, aussi bien que celles entières qui s'assembicnl dans les sablières , afin (le bien serrer tous les assemblages ; et lorsque les banilelelles sont clondes oo Ate les cintres. Ce plancber exerce UDb légère poussée sur les sjbliires cl sur les murs.

Le plancher fig. S, pi. 34, a beaucoup d'analogie avec le système du Serlio, quant à la combinaison des pouln^s; mais il en difFère essentiollenient par le singulier mode de remplissage qu'on y « employé. Il a été construit à Corbeil , vers la On du siècle dernier , dans an magasin Je farines. I^ fig. 6 est sa coupe par un plan vertical suivaul la ligne M P; la llg. 7 est une autre cnupe suivent la ligne A S; et la lig. 8 une troisième coopc suivant la ligne T U. Ce plancber est carré , il a 1ï pieds de cOté dans ceuvre des murs; la (ig, S n'eu présente qu'une partie. Les principales pièces de sa charpente sont des poutres, posées diagonalument par rapport BDV murs; elles forment des carrés de 7 pieds du c6té inlérieuroment. Ces poutres n'atteignent point les murs d'une seule portée; elles n'ont que 16 pieds et demi de longueur; leur équarrissage est de 12 pouces de. largeur sur 14 pouces d'épaisseur Tertîcale. Elles suai combinées à peu pré* comme celles du plancher de la maison de buis dont uuus venous de parler. Elles sont assemblées par entailles carrées à mi-buis, de telle sorte que l'une d'elles a est suppurtcc par ses bouts sur les milieui des poutres b, b, tandis qu'elle supporte dans son milieu les poutres c, c, et ainsi de suite jusqu'aux murailles, oii les dernières poutres se croisent à tni-bois, cumme en G, cl s'assemblent, comme en //, dans les enUilles d'un encadrement de sablières d scellées dans la maçonnerie. Le reniplissage des carres est forme iJc soliveaux de B pouces sur 7 d'équarrissage, posés de cliatup : ces soliveaux rorracni comme deui lits. Dans le lit supérieur ils sont tous dirigés diagutialeinent et parallèlement â la ligne R S; ils s'assemblent de toute leur è|tatS9uur de 7 pouces dans des entailles d'un pouce et demi de profondeur , creusées dans la moitié supérieure de l'épaisseur des poutres. Lus soliveaux du lit inférieur, également pusés de champ et Uiagonaleniiiil , croisent ceux du lit supérieur à angle droit et sont parallèles à la ligne T f. Ils s'assemblent dans les poutres par des tenons de la moitié de leur épaiueur, ■l'un |K)u<'e cl demi <le Inngacur, qui pénèrrcnl tlans les mortaises CI

Z9à TRAITÉ DE I/ART DE LA CHARPENTERIE.

sur les faces yerlicales des poutres dans le Iroisième quart de leur é|»iisseur. Les soliveaux des deux lits se touchent , et ceax d*iin lit sont foitement attachés k ceux de l'autre lit, qu'ils croisent , par des boulons att^ qués seulement au plan , fig. tf ; de façon que le remplissage des ams formés par les poutres sont des espèces de grilles comoie d*aiie seule pièce. Pour obvier au fléchissement dont ce plancher étail susceptible, vu son étendue, sa pesanteur et celle des farines dont il devait être chargé, d par l'effet du resserrement des assemblages, on lai a donné an bombemcsl d'une ligne par pied , ou plutôt de SI lignes au milieu , an moyen d'étaii sous les assemblages à mesure qu'on posait les poutres qu*oa faisait entrer de force dans leurs entailles mutuelles et dans celles d^ sablières ; et pou empêcher l'ouverture des joints , les bouts des pootres s*assenibiaDt cl étant enlignées è un même point, ont été liés par deoz bandes de fer clouées à chaque joint et accrochées par leurs bouts dans les poutres. Li fig. 9 représente un des joints, celui F, par exemple, vu par le dessoiH, garni de ses deux bandes de fer qui ne sont marquées à aucun joint do plan , parce qu'elles sont en dessous , et qu'en les ponctuant on aurait sans utilité compliqué le dessin.

Le dessus de la charpente a été garni de planches clouées sur les soliveau et les poutres, et l'on a maçonné un pavé en carreaux de terre cuite au-dessus d'un lit de poussière. Le dessous de la charpente a été reYétu d*un laUii et d'un plafond en plâtre qui cachent les bandes de fer dont nous Tenons de parler. Malgré la grande étendue de ce plancher, on lui a reconnu , suivant Rondelet (1), presque autant de solidité qu'aune voûte.

6° Planchera à compartimenté.

Les planchers à compartiments se composent de solives formant diverses figures qui se répartissent régulièrement par rapport aux lignes qui servent d'axes à la distribution du bâtiment , ou aux plans des espaces que les planchers occupent. On conçoit qu'il y a conséquemment une multitude de combinaisons qui peuvent produire ces compartiments ; elles dépendent en même temps de la forme et de l'étendue du plancher , de la longueur et de l'équarrissage des bois qu'on y doit employer.

(i) Arl de bàlir, loinr i , p. H?.

CHdPmiE XI.

1.0 [jluiiclier- lig. 1. pi. 34, est un des plus simples. I.c ijessin ti'eii pré- 5«nle que lii moitié, c'est-à-dire deui des augles du carré que forme suu plan.

La (ig. 2 est une coupe Je ce plancher, par un plan terlical, ayint pour Irace la ligne a B du plan.

Dans chnquc angle un eoyer a (1), placé diagonalemenl, porte par ses deux bouts dans les murs oà il est scellé de uiveau et de devers. Les scelle- - ments des cojrers sont diilribnés de façon à diviser les cOlfs du carré en trois parties. Les coyers reçoivent l'assemblage Ues lincoirs 6 parallèles aux murs. Ces linçoîrs ont pour objet de soutenir les poutrelles ja me Iles d, d, e, e, qui se croisent à angle droit et s'assemblent à mt-bois au mt* lien du plancher, où elles sont serrées par qualm boulons. La queue carrée d'un bouton Tormaiit cul-de-lampe remplit l'espace vide que les poutrelles laissent au centre. Ues goussets jr, et des soliveaux et einpauons h, f, forment les remplissages. Le plancher de pied est formé de planches épaisses assemblées à rainures et languettes, et clouées sur les soliveaux ; il n'a point été indiqué au plan, pour ne point cacher les bol i de la charpento : on en voit l'épaisseur dans la coupe, fig. â. Les bois sont apparents en dessous; les poutrelles jumelles et les empanons sont gabariés pour que leurs faces de parement inférieur se trouvent dans uuc surface du même genre que celle du dessous du plancher do la maison de bois que nous avons décrit fig. S de la planche précédente.

Ce mode de compartiment peut être appliqué à un plan oblongj il peut être répété plusieurs fois dans l'étendue en longueur du plancher d'une galerie partagée en espaces carres par des poutres \ un peut aussi l'appliquer à des espaces ovales ou circulaires.

La fig. 3 est le plan de la moitié d'un autre plancher à co m parti ments. Des coyers a servent, comme pour le plancher précédent, à établir les portées de sa charpente dans les murs. Des liuçoirs ù, c, iX, e, alternativement parallèles aux murs et aux coyers, dessinent des compnrtiinents de formes semblables, et qui décroissent proportionnellement en s'approcbani du compartiment central. Les vides sont remplis par des empanons parallèles aux linçoirs. La fig. 4 est une coupe faite dans ce plancher par un plnn vertical suivant la ligne D E. Dans la construction de ce plancher ou donne

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à tous les solÎTeaux le même éqnarrissage, mais les grosseurs des lioç«rs diminuent h mesure que, se rapprochant du centre da plancher, ils ont me moindre charge à supporter. La coupe fait voir Tépaisseur du plancberde pied formé de planches clouées sur les soliveaux et les linçoirs qa*ellei cnisent. Elles ne sont point marquées au plan pour laisser voir entièrement k système de la charpente.

7** Planchers polygonaux.

Dans les planchers polygonaux les axes des pièces de bois qui marquent le dessin de la charpente, ou les faces de ces pièces, rorment des polygones ordinairement réguliers et concentriques , soit que leurs côtés boroologncs soient tous parallèles, soit que les angles des uns soient opposés aux côtés des autres. Nous allons donner un exemple de chacune de ces deux oombinaisoos.

La fig. 1, pi. 56, est le plan d*un plancher à combinaison octogonale. Ce plancher a été exécuté dans une salle carrée d*une maison de commcm du faubourg Saint-Denis, à Paris. Le plan n*en présente qa*an quart qni comprend cependant l'enrayure du centre en entier.

La fig. S est une coupe sur la ligne P Q marquée ao plan. Un cours de sablières a 6 c a été établi sur une retraite formée dans les mors, comme elle est marquée au profil de la maçonnerie, dans la coupe Og. S. Après qu*on a eu établi à chacun des quatre angles un coyer no, qui forme arec les côtés du carré un octogone régulier dont la figure montre le quart m «or, on a inscrit dans cet octogone d'autres polygones semblables m' n' o' r'j m" n" o" r", m'"n'" &" r"', etc., dont les côtés sont assemblés aux poials n' n" n"'; a' &' o'" ; et dans chaque polygone on a prolongé ses côtés de deux en deux par les deux bouts, comme m' n' en T'y m" n" en af% m" n" en jr"', etc., r' o', en y, r" o" en y, r"* o'" en 7^", etc., jusque sur les côtés n Oy n' 0', vl' 0" du polygone circonscrit, afin d'attacher ensemble tous les polygones par des assemblages aux points j?', jr", ar"% x% y'j /"• Tous les polygones étant semblables, leurs angles n, n', n", n"', o, o' o", 0'", sont sur les rayons c n^ c 0, Si les distances entre les périmètres des polygones étaient égales, les points Xy x^y jr", x"\ Xy y, y" y y\ seraient sur d» parallèles x z, x z aux rayons c n, c 0, et au point z se terminerait Ja combinaison octogonale, parce que les côtés homologues de m n, et de r 0, se joindraient au point z pour former un carré; mais ce carré serait trop grand pour le milieu du plancher. Tour réduire retendue du carré cen-

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