‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 112 sur 159 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

en sens conlraire. Sur lu droite, celle poutre est n'préscnlée fue i)ar fc bout.

La G g. 6 est une autre Application du même asscmbluge, i la réuniou de trois pièces entiâres, par endcnts appareaU, pour forincr une poutre qui peut acquérir par ce moyen autant de force que si elle Était d'un seul nior- CMn.

Les endenls des assemblages des poutres §ont toujours irecés en sens contraires cl symétriquement des deux eûtes du milieu de la longueur de la mèche. Ils sonl disposés de façon que la Ûeiion de la poutre tend i serrer les abouts de la face inférieure de la pièce a contre ceui de la face supérieure de ta pii'ce A, et les abouts de la face inférieure de celle pièce, contre ceux de la face supérieure de la pièce c, en sorte que si les endenls sont taitics avec précision , et très-serrés dans leur mise en joint , ils s'opposenl forlemenl à la courbure que la poutre pourrait prendre par l'effet de la charge qu'elle aurait i supporter.

La &g. 14 présente trois pièces superposées, jointes par le moyen d'endcnls apparents carres. Ces endentg sont employés de préférence à ceui en crémaillère, lorsqu'il s'agit de s'opposer â des oscillations qui tendraient à faire prendre k une poutre cintrée une moindre courbure , on k une poutre droite une courbure conTcie , Iant6l en dessus tanlAt en dessous ; ils exigent la mémo préciiiiou que ceui en crémaillère, et, pour que la pression de leurs aliouls soit plus forte daus leur mise en joint , on doit les ioclitier tant soil peu, comme nous l'avons indiqué, fig. 17, dans l'aisemblagc des pièces m, n; il en résulte aussi l'aiantagc que les fibres du bois sont moins sujettes à se refouler par l'effet de la pression des aboats.

Quelques charpentiers tracent les cndenlures en combinant les deux systèmes d'endenls, lig. 13, pi. 37, pour composer la poutre a; mais cette méthmic complique le tracé, sans accroître sensiblement la force, elle HUgmente beaucoup la difficulté de l'excculion , et diminue la solidité des endents parce que le» fibres sont tranchées deux fois entre les abouts.

Dans laQg. IS, pi. 30, la mèche a droite est fortiGée par une fourrure h Ikillèe dans une pièce naturellement cintrée. Le joint est fait par cndcotures à crémaillère; les deux pièces étant fortement rapprochées par un double rang de boulons , des coins de Lois dur sont chassés à coups de masse d^ins les vides qu'on a laissés pour les recevoir entre les abouls des endculs , afin qu'ils soient tous fortement serrés ; ce qu'on ne pourrait pas obtenir aussi bien , quelle que fût la prt-eisinii atcc laquelle on prôlendrnil tailler les endentures.

404 TRAITÉ DE VkKl DE LA CHARPENTERIE.

La flg. 16 représente la projeclioa Terticale d*ane poutre droite • v* méc en dessous d'une fourrure n prise dans une pièce de bois cintrée sitirellement, amollie à la vapeur et redressée de force, en la mettant cojoiÉ dans des endentures préparées d'avance et coincées forlemeot aprèKpch fourrure a été serrée par deux rangs de l)oulon8, et refroidie.

Des lignes ponctuées représentent la pièce cintrée n aa moment oà, mtant de Tétuve à vapeur, elle va être redressée et mise en joint.

En redressant la fourrure n on augmente la roidear de la pootre,qi tendra à s'arquer plutôt qu'à fléchir, par Teffet de la propension de la ta^ rare à reprendre sa courbure primitive. Le contraire aurait lien pour li poutre a 9 fig. 15 , si la fourrure b était prise dans une pièce droite, qi^u aurait arquée de force pour la mettre en joint. Il faut pour qoe cette torare remplisse son objet , qu'elle soit taillée dana une pièce cintrée aita rellement, et même plus courbe qu'il ne la faudrait, dût-on Ja forcer i« redresser par la mise enjoint.

Dans la flg. 7 les fourrures p, p, paraissent établies dans l*intentioià les faire fonctionner par rapport é la pièce n comme celles • par rapporta la pièce d de la flg. 8, pL 37. filles s'aboutent an milieu de la kmgtNi de la poutre par Tintermédiaire d'an coin , elles sont serrées par dei M* Ions et des liens en fer ; mais nous ferons remarquer à Tégard des cthi distribués le long des joints, que malgré les coins qu'on suppose y avoir été introduits pour les serrer , à l'exception du premier jt de chaque boit, aucun ne remplit le but, vu que la courbure que la charge peut (aire prendre à la mèche, tend à desserrer les abouts, d'où il suit que les codenlurcs sont en sens inverse de celui qu'elles devraient avoir. Quant àFeiEt que les fourrures p, p, doivent remplir, comme décharges , on voit oi qu'on n'en a pas tiré le parti qu'on pourrait en obtenir , puisqu'elles sV boulent au milieu de la poutre sur une hauteur bien moindre que ku épaisseur vers les points x, Xy ou qu^on y a employé des pièces trop fortei, et qu'on a perdu du bois.

La 6g. 8 présente une armature vicieuse, bien qu'elle se trouve dam quelques auteurs. Elle est vicieuse en ce qu'elle est d'une eaécolion extrêmement difficile, qu'il faut faire entrer les endentures de côté, et surtout parce que des endcnts formes d'angles aussi aigus , et dans lesquels kl fibres du bois sont coupées deux fois dans le même sens , n'ont aucune solidité.

La flg. 9 présente également un mauvais moyen pour réunir deux pièces de bois , les ciels en double queue d'hironde s destinées à maintenir ki

CH.1PITRE Xr. 40»

piices r cl X serrées i'anc contre l'nulro, te fendent aisèinent vu iteui tnorceaui suivant le fil da tiois dont elles sont faites , qui est perpendiculaire i celui des pièces; la si^paration a lieu h la joticlioii des queues, litisi qne nons l'avons déjà fait remarquer, p. 380, an sujet d'une ente, fig. 17, pi. SO. Si 8u lieu de faire les doubles queues d'bironde on bois , on les fait en métal, ce sout alors les cnlailli^s des pîfces de bois qui éclatent. Nous n'avons (looné ces trois figures que pour prémunir contre l'usage des moyens qu'elles indiquent.

La fig. 4, pi. 37, est la projection rerlicalc d'une poutre compos4« (le deux pièces a, b, pos^s l'une sur l'autre, serrées par des boulons, cl entre lesquelles les endenlurcs que nous avons précédemment décrites sont remplacées par des tnsseaui </, pondues, encastrés par moitié diagonalemenl cl formant de chaque cdté aulanl de décharges qui s'op|>o«pnl au gltsscraeiil cTune pièce sur l'aulro lorsque la charge qu'elles doivent supporter tend k Us faire plier. Ces tasseaux sont carrés, leur équarrissage est égal au Uers de la largeur horiionlale des pièces, leur roideur parfaite résulte de ce qu'ils sont entrés do force dans leurs encastre monts. On en voit un par le bout dans la coupe fig. 5, prise soivaiil la ligne O i' de la fig. 4. Celle disposition a sur les cndentures cet avantage que tous les efforts se font à bois debout aussi bien dans les entailles que sur les extrémités des tasseaux, qui doivent d'ailleurs être taillés avec une grande précision , et dont les longaeurs doivent être telles qoe les pièces ne puissent venir A joint qu'à coopi de masse et par l'elTet des boulons.

IiOrsquc des poutres sont cintrées, comme celle a a, flg. 15, pi. 57, on ajoute des fourrures volantes s au-dessus do chaque bout uniquement pour soutenir les solives 6 an même niveau. Ces fourrures volantes occupent le milieu de l'épaisseur borixontale de )a poutre entre les doux rangs de Iwulons.

On peut aussi placer de chaque c4lé des lambourdes « boulonnées i la poutre a, qui portent sur les feuillures, et qui soutiennent les solives d A un même niveau. Cette disposition élève moins le plancher, ce qui e«t souvent préférable quand on manque de hauteur dans une bltissc.

Ce qui précède complèle, comme nous l'avons amioncc, pngo 11199 , ce que nous avions h dire sur les assemblages par cndentures. I.a description des endenis apparents nous a {Mru ne pouvoir élrc faite plus nliletnenl que dans le paragraphe qui devait avoir pour objet leur application â la consiractton des poutres.

11» Poutres arméêi de ftmrrures iatéraieê.

La fig. 1 , pi. S7, est ane projection Tertlcale, la fig. 2 une projcctM horizontale, et la fig. 3 une coupe suivant la ligne M N d*iiae pootre ^ mée d'une mèche o et de deux fourrures h qui lui sont ajoutées latérafe> ment. Les joints entre ces trois pièces sont taillés en endentnres ijwtriqoes des deux côtés de la mèche, et sont inclinés dans le sens de a hauteur, comme les plans de joint des roussoirs d^ane voûte en plat^ bande. Le but de cette méthode d'armature est d*opposer la roidetr Ai deux fourrures à la courbure que pourrait prendre la mèche par l'effet à la charge du plancher qu'elle aurait à supporter ; et dans ce cas les aofiro 4u plancher doivent porter entièrement sur la mèche. Il est bon de teiiri cet effet cette mèche o un peu plus élevée que ses foorrores fr, ce qoid^ pend de la coupe des endentnres. Si les solives , an lien de porter sur b mèche, ne portaient que sur les fourrures, il est évident que la mèdieie porterait rien , puisque les joints en coupe au lieu de se serrer se deo» reraient , et la poutre n'aurait pas la force qu'on aurait cm lui donMr. Lorsqu'on veut que les solives portent sur les fourrores , on qa*on vent ks y assembler latéralement , comme dans des lambourdes , il faut que la endenlures en coupe soient taillées en sens contraire dans la projectiii horizontale , afin que les efforts supportés par les fourrures soient partages par la mèche.

La fig. 9, pi. S8, est une projection verticale, la fig. 10 une projeetÎM horizontale, et la fig. 11 une coupe suivant la ligne A B, d*une pootR armée formée des deux parties jumelles a^ a, d'une pièce de bois fendue à h scie, entre lesquelles deux arbalétriers h CybCj sont assemblés latéralement à rainures et languettes, ayant pour appui aux deux bouts de la poutre des coussinets dj d, assemblés à tenons courts, mortaises et embrévements dios les joues des jumelles , et boulonnés. Les deux arbalétriers abonteal ai milieu dans un poinçon retenu entre les jumelles par une coupe en qoeoe d'hironde et serré par deux boulons. Les deux jumelles font l'office de tirants, dont la majeure partie des fibres résistent à la traction , tandis qoe la résistance à la contraction est reportée sur le haut du poinçon par les arbalétriers qui servent ainsi de décharge, qui reportent leurs poussées soi les coussinets d et qui soutiennent d'ailleurs les jumelles par leur assemblage à rainure et languette. Les jumelles sont serrées contre les arbalétriers par des boulons.

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