‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 4 sur 159 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sa

cbe il l'st teutorcé ilani la partie qoi forme le U'iion , et arrondi presque cjlindriquement sur une partie de sa longueur cl un peu méplat , afin qu'il ne tourne pns dans la main; il est [ermin<i par un renOemenl pour qu'il n'cchnppe pas; on peut l'assujettir dans l'outil au moyen d'un coiii.

Fig. 1 3. Hrrminelte ou eëselle. C'est une hacbe dont le tranchant a b est dans un plan perpendiculaire au manche e il enlilé dans l'œil de l'outil par son plus petit bout d; le biseau est intérieur.

I.'hermi nette est fort en usage dans les travaux de charpenterie de la marine; elle est sî utile et si commode, qu'elle s'est répandue parmi les uharpcnliers des départemenls voisins descClcs ; elle sert aussi bien et plus cmnniodiiment que la doloire pour planer el unir les bois, elle est indispensable pour le travail des parties concaves des pièces taillées en courbes, pour lesquelles on s'en sert comme les charrons pour façonner l'inlérieur aussi bieu que l'eilérieur des Jantes de roues ; ou s'en sert aussi pour recaler les tenons.

Pour planer u fate qu'il veut i manche do l'outil.

L'hcrmineile sert également A dresst composées de plusieurs pièces réunies , le rabot excepté, ne pourrait s'applique inclinaison et leur courbure.

On enlève avec uei outil des copeaux eitréiiKinenl minces , comme si on pelait le bois, et l'on parvient i en polir les faces presque aussi bien qu'avec la varlope , qu'il remplace daus les contrées du Nord.

I.'herminetle doit £trc affilée de façon que son tranchant, compris dans la surface extérieure du sa panne soit eu arc de cercle d'une faible courbure, pour que l'on puisse plus aisément entamer le bots en abaissant un peu le inaache;plus on le relève, plus les ïU[>eaui deviennent minces. La panne est au surplus cintrée comme il convient i l'ouvrier, pour que le mouveinenl naturel de ses bras fasse raser le bois par le tranchant.

Fig. 14. Herminelleà i/ouge. Cet outil diffère du précédent par la furuie de sa panne qui est omlournée en gouge , dont la concavité est du cûté du martche e d, son tranchant a b est circulaire ; il ne sert que pour creuser des ■ pièces de boit en gouttière. Cet outil est représenté par deux projections vcrlicales comme le précédent; il porte aussi une tète de marteau f, el il s'emmanche ordinairement de même.

Fig. 15. lUnninette en usage dans les pays méridionaux , notamment en

e pièce de bois, l'ouvrier te place devant en inclinant la lir, de façon qu'elle soit a peu près perpendiculaire au

r ut ragréer des surfaces étendues, ;l sur lesquelles aucun autre outil , r, quelles que soient d'ailleurs leur

Eipagne oo oo la nomme asmeim; elle paraît y avoir été apportée par les Arabes. Elle esl représeoiée, ainsi qœ la snivanle, par deaz-pro^ectioDS verticales ; le fer est tranchaot do bool • b, son bîaeao est do côté de la face concave de la panne , il est terminé par one léle de marteao r; ouûs on ne se sert jamais de ce marteau , sinon lorsqo*il s*agit de déoianeher Footil qui n*est point percé d*on œil pour recevoir le manche; celte léCe de marteaa n*a poar objet que de donner do poids ao fier, poor aogmcoler la poissance da coap lorsqa*oo le (ait agir. Le manche c est en bois Irès-dor et en forme d*S , il s*appliqoe sans tenon contre le fer ; one sorte de talon ç détermine sa position « il est retenu par on anneao carré é eo fer, acné par on coin h également en fer. Cette berminette sert comme celle de la 6g. liS, mais son action est moins puissante, par la raison qu'elle est plos petite, et qo*on ne la fait agir que d*une seule main , de la même manière qoe la hache k main de la fig. là.

Fig. 16. HermineUe du même genre pour les mêmes ouvrages. Son manche loi est appliqué k joint plat et un peu incliné , il est reteoo sans talon , par une boucle carrée en fer d; pour serrer le manche cooti« le fer, il faut frapper avec un marteau contre sa tète ^ A, en tenant ToqUI renversé. Le choc du tranchant a en travaillant , suffit pour maintenir le manche en joint ; pour démancher cet outil , on frappe sur un corps qoelconqoe avec la tète du marteau f.

Fig. 17. Ciseau, Cet outil est commun au charpentier et ao menoisier; c*est une lame de fer a, garnie d'acier sur la moitié ou les deox tiers de sa longueur, pour fournir au raccourcissement de Toutil par Teffet de Taigoisement; Fautre bout est terminé par une soie qui pénètre dans un manche de bois b; Tembase c a pour objet de transmettre à Toutil la percussion du maillet sur la tête du manche; sans cette embase, la soie en pénétrant dans le manche le fendrait. Le tranchant est à un seul biseau , de manière qu*il se trouve dans Tune des faces de la lame. Ce ciseau et tous ceux du même genre , soit à manches de bois , soit entièrement en fer, qui occupent le milieu du haut de la planche, sont représentés par deux projections verticales ; Tune parallèlement k la plus grande largeur de la lame fait voir Toutil de face , Tautre le présente de profil. Pour se servir de cet outil , on le tient dans la main gauche par son manche, tandis qu'on frappe de la droite avec le maillet, figure 1, planche 2. Lorsqu'on veut inciser dans le bois , on tient l'outil perpendiculairement, et l'on a soin , avant de frapper, de placer exactement le tranchant sur remplacement où l'on veut qu'il pénètre.

CHAflTRE 1. il

Ce n'pst que peu à peu qu'on approche du Irait qui dessine la porlion lie liois qu'on veut enlever; et si l'on veut faire !S3Qlcr desédaU, on couclic l'onlil sur son biseau; ron doit préalablement limiter leur étendue par un coup du tranchant. On se sert aussi du ciseau sans le frapper avec le maillet, lorsqu'il n'y n que peu de bois è enlever, ou que cela est plus commude. On lient alors le manche dans une main, la lame dans l'autre; on lui imprime le mouvement propre i le Taire couper; on Trappe même quelqucTois sur la télé du manche avec la paume de la main.

On a des ciseaux de diverses largeurs, suivant l'ouvrage qu'il s'agit d'csécuter ; mais les charpentiers qui ne les emploient que pour faire des tenons el des mortaises, ne se servent que des plus larges.

Fig. 18. Fermoir. C'est un crseau dont le tranchant est Tormé par la rencontre de deux biseaux allongés qui se raccordent avec les deux Taces de la lame. 11 est emmanché cnmme le ciseau , il sert à ébaucher les tenons el les mortaises, el notamment à enlever de gros éclats.

Fig. 19. Ébauehoir, C'est un ciseau h deux tranchants Tormanl un angle, chacun h un ou deux biseaux , au goùl de l'ouvrier. Cet outil ne sert qu'à ébaucher les pas de vis et quelques em brève me nts.

Fig. 20. Fermoir à tlouUle. Cet outil ne diffère du fermoir, fig. 18, que par la manière dont il est emmanché; sa lame porte par le bout opposé au tranchant une douille qui reçoit un manche arrondi.

Fig. SI. Dec d'âne ou bédane. Ciseau étroit et épais; son tranchant est dans l'un des plans de la iamc , cl n'a qu'un seul biseau formé de deux plans. Cet outil ne sert que pour couper le bois perpendiculairement aux laces des pièces , cl Taire des incisions étroites et (irofondcs telles que k's abouls des mortaises el embrêvcraenls; il est utile aussi pour vider les mortaises.

On s'en sert en Trappant sur le bout du manche avec le maillel; on Tait deux incisions pour enlever un copeau ; la première près du trait qui marque la place où le bois doit être coupé perpendiculairement; l'on lient la lame du bédane de façon que sa Tace qui contient le tranchant soit perpendiculaire â celle du bois, le biseau tourné du cùlé du bois qui doit être enlevé , et qui se trouve alors refoule par l'impression du biseau, l'our Taire sauter le bois coupé , on Tait la seconde incision à une distance de la première, qui dépend de la longueur qu'on veut donner au copeau; en jienchaDl un peu le bcdàne en arriére, on détermine le glissement du Iranrhant sur son biseau, on le fait pénéirer sous le bois pour soulever Iccopi'au qui ne se dclachc qu'en Sf tiéi liiriinl dna^ le fond ci sur les cOlés , el

43 TRAITÉ DE L^ART DE Là CHARPENTERIB.

qui ii^a pour largeur que celle da bédane ; on est obligé de reealcr le bois avec le ciseau.

Fig. Si. Beêaiguêj nom qui répond à deus féi^aiguë.Ceai rootîl dont les charpentiers font le plus fréquemment usage. Il est formé d*ane barre de fer plate, garnie d*acier à ses deux extrémités poor former les deox tranchants. L*un a, appelé ciseau, est large et plat, il n*a qu*un seul biseau comme le ciseau de la fig. 17. Son tranchant, qui est tant soit peu en ligne courbe , est dans Tune des grandes faces de la barre qui forme le corps de la besaigué. Ce tranchant sert à couper le bois dans un plan parallèle à son fil ; Tautre tranchant 6 est un bédane comme celui de la fig. SI ; il est situé dans un plan perpendiculaire au premier, sur Tune des faces de la besaigué qui forment Tépaisseur de la barre; il sert i couper le bois perpendiculairement. Sur le milieu de la longueur de Tootil est une douille e, à peu près conique et courte, son axe est perpendiculaire à celui de Toutil, et dans le plan qui divise en deux parties égales Tépaisseur de la barre, elle est soudée dans la face dont le prolongement contient le tranchant du bédane, elle sert de manche.

La besaigué est représentée dans la fig. 92 par deux projections verticales. Tune sur un plan parallèle à la grande face ou largeur de la barre, qui contient le tranchant du ciseau, et Tautre sur un plan parallèle à la face étroite, ou épaisseur de la barre, qui contient le tranchant du bédAee ; la douille doit être placée de telle sorte, que le charpentier, la tenant dans sa main droite, Toutil devant lui et éloigné de son corps, le ciseau étant en bas et son biseau à gauche, et le bédane en haut, son biseau soit du c6té opposé à la douille ; cette disposition entre les tranchants et la douille est Indispensable pour Tusage de Toutil, à moins que l'ouvrier ne soit ak>solument gaucher; mais il est rarequ*un ouvrier, gaucher pour Tusage de tout autre instrument, le soit aussi pour celui de la besaigué.

Lorsqu^un charpentier se sert de la besaigué, il tient la douille dans sa main droite, le corps de Toutil à peu près vertical et en dessus ; la main gauche placée le long de la lame, plus bas que la douille , sert k diriger les coups de Toutil, dont la partie supérieure est légèrement appuyée contre répaule droite. L'ouvrier porte la tôte un peu en avant pour voir Templaoement sur lequel Toutil est appliqué. Dans celte position, s*i1 se sert du dsean, la pièce dont il coupe du bois est placée entre lui et Foulil, le biseaii se trouve tourné extérieurement, par rapport à la face du bois sur laquelle agit le tranchant.

Plusieurs charpentiers se servent de la besaigué des deux mains, c*cM4

CUAPITBE I. 43

■lire eo tcnanl la douille île la matn droite ou de la main gaache , suivant que cria est plus commode pour alleiriJru elGiiacumenl le bois â couper.

Si l'ouvrier, eti se lervaut du ciseau, est Torco de placer la bcsaiguë enire loi et la face du bois qu'il veut travailler, il tourne la douille en dessus, la besaiguê se trouve alors en dessous de la mai» droite, le long de lajoiatnrc intérieure du poignet.

EnDn si le charpentier se sert du bikldne pour faire qudque entaille creuse comme celle d'une mortaise, le biseau doit se trouver du côté du copeau qu'il veut enlever, cl le tranchant doit être perpendiculaire au fil du bois. Pour cidevcr le copeau après la première incision, il faut eu faire une nouvelle qui détermine sa longueur et le soulève par l'efTct du glissement du tranchant sur son biseau, de la même manière qu'avec le bédane ordinaire.

Ou voit que la bcsaiguë tient lieu à la fois du ciseau et du bédine, flg. 17 et 91, et même du maillet', son poids et l'impulsion qu'on lui donne remplacent la percussion ; et comme le bois qu'on travaille est peu élevé sur le toi, la longueur de l'outil fait que le charpentier n'a pas besoin de se baisser. Ceux qui n'ont pas l'habitude de se servir de cet outil, sont prîvvS de cet avantage, ils sonLobtigcs de se courber et même de se mettre à geuoui, ou de s'asseoir sur les pièces pour agir avec le ciseau et le béddne ordinaires eu s'aidant du maillet, qui exige un mouvement du bras droit, trèsfatigant.

Le ciseau de la besaiguË remplace avecavantage aussi la dolotre, lîg. 10, et m^rne l'herminettc, Gg. 1 3, dans lieaucoup de cas pour dresser et planer les bois.

Fig. 23. Piochon. Cet outil est représenté comme la besaiguE par deux projections. C'est une beaaUjue plus courte que la précédEule, et dont la douille c est garnie d'un manclie eu bois il e, rond et conique dans la partie qui entre dans cette douille, et méplat dans celle où les mains s'appliquent ; le piochon peut être formé en arc de cercle, tel qu'il est représenté dans la figure, ou droit comme la besaiguë, fig. 2£, au choix de l'ouvrier. Son ciseau a est ordinairement à deux biseaux fort larges pour couper sur ses deux faces, ce qui en rend l'usage un peu plus difficile. Son bédane & est pareil à celai de la grande bcsaigué.

Le charpentier qui se sert du piochon pour faire une mortaise ou toute autre entaille semblable, est assis à cheval sur la pièce qu'il travaille, l'abuut lie la mortaise ét.int plus rappr "C, Il agit avec le bé-

dane pour cnfuitcer In niorti "' en recale lis joues

avec le ciseau. Pour recaler les tcnoas, il faolque Pou? rier se tienne debout et un peu courbé.

Gel outil n>st pas aussi commode que la grande besaîgué, et il est plus diflBcile d'en obtenir un travail exact.

Fig. 34. GùUffe. Ccst un petit ciseau dont la lame est creuse d^un c6té et bombée de Tautre, le biseau de son tranchant est en dedans. La gouge est emmanchée comme les autres ciseaux. Elle est utile pour faire des cannelures et des trous arrondis de peu de profondeur, on s'en sert en frappant sur le bout du manche avec le maillet.

Fig. 25. Gouge enfer pour amorcer les trous qu'on veut percer avec une tarière, flg. 30. Le tranchant de cette gouge est courbe dans deux sens, son biseau est extérieur, afin qu'en la tenant perpendiculairement et en frappant dessus, le copeau soit enlevé de la circonférence au centre du trou sans qu'elle entre profondément.

Fig. 26. Ébauchotr en fer ; son tranchant angulaire est en acier h double biseau. Cet outil sert aux mêmes usages que celui de la figure 19, il est surtout utile pour couper les bois extrêmement coriaces, parce qu'on le frappe avec un marteau.

Fig. 27. Ciseau à froid. Outil emprunté de l'art du serrurier; ainsi nommé parce qu'il doit couper le fer qu'on ne peut pas faire rougir, il sert à couper les broches et clous qu'on rencontre dans les bois de démolition qu'on remet en œuvre. On le frappe avec un marteau.

Fig. 28. Pied-de-biche. On frappe ce ciseau de fer avec un marteau. Les bords intérieurs de la fourchette qui est en acier forment deux tranchants à biseaux très-courts pour saisir, en les entaillant un peu, les clous et broches enfer que la rouille retient dans les vieux bois, et les extirper en appuyant fortement sur le bout du manche.

Fig. 29. Tenailles ou iriquoises. Cet outil est en fer ; il sert k arracher les clous. Les mâchoires a sont en acier, l'extrémité de l'une des branches est terminée par un bouton, et l'autre b est aplatie et fendue en pied de biche pour relever les clous couchés sur bois, ou extirper ceux de petite dimension.

Pour arracher un clou avec les tenailles, on le saisit entre les mâchoires, le plus près possible du bois dans lequel il est implanté; on le serre fortement en faisant effort avec les mains pour rapprocher les branches, on rabai les tenailles en les appuyant soit sur le dos de l'une de leurs mâchoires, soit sur les angles de leurs tranchants ; il est rare qu'un clou ne cède pas â l'action de ce puissant levier.

4" OulUn Iranchanls i

Quoique les oulils tranchants que nous aTons décrits dans le paragraphe précédent puissent à la rigueur suffire pour planer cl raçonticr les bois de uharpi'nle , ils ne sont pas d'un usage commode poar les pièces d'un petit volume , cl ils ne permettent pas toujours un travail assex rapide ni nssex fini, lorsque ['on veut que les surfaces des gros bois parviennent au degré de perfection dont elles sont susceptibles, et qu'on désigne sous le nom de poli, parce que les coups d'outils ont disparu complètement. On a inventé , pour parvenir plus promplement et plus sûrement ù cette perfection , un genre d'outils appelés rabota, qui attaquent le bois au moyen d'un mouvement qui R'est pas cnliércmenl continu , mais qui agit cependant sans inlerruplinn , sur une asseï grande étendue des surfaces qu'on veut planer.

Soit que ce genre d'ontils ait déjà été aux mains des charpentiers, nu temps où ils étaient chargés de tous les ouvrages en bois , quel que fut leur objet et la petitesse de leurs dimensions, soit qu'il ait été emprunté aux menuisiers depuis que l'art en se perfectionnant a séparé leur profession de celle dn charpentier, ceui-ci Tonl un fréquent usage du rabot, snrlont dans les départements, oîi leurs travaux comprennent la construction des planchers, des cloisons et (les escaliers légers.

Corroyer un morceau de bois , c'est le dresser, en planer les faces et les (lolir au moyen d'un rabot ; l'expression eorroyer est appliquée i ce mode de travail du bois, à cause de l'analogie de l'opération dont il s'agit avec celle que les corroyeurs font sur les cuirs pour en unir et lisser la

Les rabots sont tous composés d'une lame tranchante appelée fer , et d'un fût en bois qui a pour objet de maintenir la lame dans la position qui convient pour qu'elle coupe le bois, de régler la quantité de bois qu'elle doit enlever, et de donner le moyen de ta conduire avec les mains.

Les rabots sont de différentes espèces, suivant qu'il s'agit simplement de corroyer le bois ou de lui donner les formes qui conviennent i l'objet des pièces que l'on travaille.

Les charpentiers corroient rarement leurs bois pour les ouvrages ordinaires, ils rencontrcnl cependant différentes circonstances où la forme et la précision des surfaces dont ils font usage , ne peuvent être obtenues qu'au moyen des rabots. f)ans le travail des belles charpentes airparenlss que l'on

fait anjoQrd*hoi, donl tontes les pièces sont dressées et éqnames aTec soin .' Tusage des rabots pour achever de planer et polir les surfaces est encore Ir moyen le plus rapide, le plus économique, et celui qui donne le meilleur résultat.

Tous les fûts des rabots sont en bois durs et compactes, tels que le poirier, le cerisier, le sorbier, le cormier. Ils sont faits avec soin et justesse, parce que c*est le moyen d*en obtenir un bon travail.

Nous ne décrirons que ceux qui peuvent être utiles aux charpentiers.

PI. 5, fig. 1 . Galère. Cette espèce de rabot est représentée par deui projections ; la projection verticale est au-dessous de la projection horizontale.

a, fût en bois dur. Cest un prisme rectangulaire dont les arêtes sont abattues en chanfrein afin de ne point blesser les mains des ouvriers. Le dessous du fût qui est appelé pied ou temelle, doit rester k vives arêtes, et doit être parfaitement dégauchi et dressé, suivant un plan perpendiculaire aux faces latérales.

Ce fût est percé vers le milieu de sa longueur par une mortaise b fort évasée, suivant la longueur de Tonlil, dans sa partie supérieure; et fort étroite dans la semelle, où son ouverture prend le nom de /«mière,

de, chevilles tournées servant de poignées. La cheville d répond an bout antérieur du fût ; la cheville e répond au bout postérieur.

ff fèr. Ce fer est une lame d'acier, ou au moins garnie d*acier dans le bout répondant au tranchant ; elle est d'égale largeur dans la majeure partie de sa longueur. Son tranchant est disposé comme celui d*un ciseau , cette lame traverse le fût dans toute son épaisseur, en s'appliquantsur la pente de la mortaise dont elle occupe à très-peu près toute la largeur, parce qu*il faol un peu de jeu pour que Ton puisse , au moyen de la direction de la lame, rendre son tranchant parallèle à la semelle de la galère. L'épaisseur delà lame ne remplit que le tiers environ de la lumière, ce qui reste vide donne passage aux copeaux ; son biseau est en dessous.

g y coin qui sert â maintenir le fer. Ce coin pose par son dessous â plat surk fer, qu'il maintient d*un bout à l'autre sur la pente de la mortaise; en dessus, il porte contre deux petits épaulements dont les saillies xx ^ montrent dans l'ouverture supérieure de la mortaise , et qui finissent k rien do côté de la lumière, pour ne pas gêner l'ascension des copeaux.

Le coin ne s*étend point sur tout le tranchant, il est échancré dans son

ililiru par i

CHAPITSB I.

I chaDlVein qui Torce les copeaux à sYlcver aii-ik-ssiis de

lui.

Au iDoycn dGcclli^disposilioii, il reskenlru le coin ella partie anlvrieure (le la lumière, un grand vide par lequel moulent les copeaux enlevés par le fer, pour être rirjcli-s par l'ouverlure supérieure de la mortaise. En Trappant avec on marteau sur la télé du coin, on assure l'immobilili du fer; en Trappant sur le bout poslériiur de la galère . on desserre le coin , et l'on Tait en même temps reutrer le l'er ; on le fait avancer e» frappant suivant sa direction , sur le bout de sa queue qui dépasse le coin ; c'est ce qu'on appelle donner du fer. On place le tranchant parallèlemcitl à la semelle de la galère, en frappant sur les cùlts de la queue (tu fer.

Tout ce que nous tenons de dire sur la disposition du fur, de la mortaise, de In lumière el du coin, s'applique i toutes les espèces de ribols.

l.a galère sert i dégrossir les surfaces dei bois qu'où veut planer, notamtnenl de cet» débités à la scie de long. L'usage de cet outil étant en gênerai fatigant, le charpentier se fait aider par un compagnon ou un apprenti. La pièce à planer est posée horizontalement à la hauteur des mains; les menuisiers la placent sur un établi posé sur quatre pieds, et disposé pour la maintenir immobile ; mais les charpentiers, qui ne portent point sur leurs chantiers ordinaires un équipage aussi pesant qu'un établi , lui substituent une pièce de bois quelconque , ou même quelques épaisseurs de planches élevées horiionlatenienl sur deux ou trois chantiers, et la pièce qu'il s'agit de planer est arrêtée par un obstacle. ti-I qu'un mur, un poteau, ou un pieu planté exprès, contre lequel on dispose perpendiculairement l'espèce d'échafaudage qui tient lieu d'établi.

Le charpentier se place le long de la pièce qui doit être rabotée, l'ayant â sa droite , la jamiK: gauche plus avancée que la droite ; le compagnon ou l'apprenti est place du même côté, faisant face au premier. Ils saisissent chacun la galère par la cheville ou poignée qui se trouve de son côté, la partie postérieure de l'outil se trouvant du cdté du charpentier.

Les choscsétant ainsi disposées, un mouvement de va-et-vient est imprimé i l'outil dans le sens de sa longueur , en appuyant sur les chevilles quand il est poussé en avant , afin que le tranchant de son fer entame le bois et enlève des copeaux sur une longueur égale au développi meut que les ouvriers peuvent donner àleursbras.Oncnlcveainsiuucpetileépaisse""l-*l»>« sur toute la longueur de la pièce, en commençant par le . droite du princijial ouvrier. Le tranchant du fer de

fig. 10, est arrondi, afin qa*il morde mienx ; autrement il sertît trop difficile de le faire agir; il laisse de fortes marques de son passage, mais les autres rabots , que Ton passe ensuite et dont on n*aurait pas pu se serrir a?ant le dégrossissement fait par la galère, achè?ent de planer le bois et de le poUr.

Le nom de cet outil lui vient de la ressemblance qu*on a cm troufer entre le travail de ceux qui le font mouvoir et celui nécessaire pour manœuvrer les rames d*une galère de mer ; il répond , dans le travail de la cbarpenterie > au rabot qui sert aussi à dégrossir et blanchir les planches , que les menuisiers nomment rfflard,

Fig. â. rariopCf grand rabot.

o , fût ; b^ poignée le plus souvent formée d*un morceau ijouté au fût. Cette poignée est percée d*un trou ovale pour passer les quatre doigts de la main droite, avec laquelle Toutil est conduit , la gorge, formée par le crochet qui surmonte la poignée, portant entre le pouce et Tindex.

Cf corne servant à appuyer la main gauche, dont les doigts sont appliqués le long de la face droite du fût , tandis que le pouce 8*étend sons la corne dans la gorge qu'elle forme avec le dessus. Cette corne est ordinairement du même morceau que le fût ; quelquefois elle est prise dans an morceau ajouté. On exigeait jadis que le fût, la poignée et la corne fussent d*une seule pièce ; aujourd'hui, la poignée peut être prise dans un morceau lyusté à rainure dans le fût ; lorsque la poignée est ajoutée, elle est moins solide; cette partie de Toulil recevant tout Teffort du travail, il est plus convenable delà faire d'une seule pièce avec le fût. A l'égard de la corne, comme elle est sujette à se casser très-souvent, on peut la supprimer : elle est d'aiUeun peu nécessaire, la pression de la main sur le fût est sufiSsante pour le diriger.

On laisse à sa place une espèce d'écusson qui s'élève de quelques lignes, et sur lequel on frappe avec le marteau pour ébranler le fer et le coin qui le maintient , lorsqu'il s'agit d'augmenter ou diminuer la saillie du tranchant.

ff fer de la varlope appliqué sur la pente de la mortaise. Son large tranchant doit être en ligne droite et dans le plan du dessus de la lame, le biseau en dessous. I/incIinaison du dessus du fer, par rapport à la semelle, est de 45 à 50 degrés.

g, coin servant à serrer le fer pour l'assujettir. Il est échancré dans le bas et présente un chanfrein comme celui de la galère et de tous les rabots , pour faire remonter les copeaux.

l'our Taire usagv ùv la varlo[>c , le charpentier se place le long de la pitce qn'rl s'agil de planer; l'ayant à sa droite . la main du même cAlé ap|iliqnée i la poignée, la gauche à la corne ou â son emplacement. les doigts allongés le long de la face du Toi , le pouce étendn en dessus ; il fait cITort de Va |ianme de la main droite sar la poignée pour appuyer sur le bois et pousser le fût en avant} de la main gauche il dirige la varlope et eierre une petite pression pour Taire murdre le tranchant du fer , si le poids du fût ne sullit pas. Iic charpentier pousse la varlope lanl que son Ter prend du hois ; il marche . A cet eiïci . le long île la pièce . et de manière à imprimer i l'outil nu mouvement bien nniTurme. parce que les inégalités marquent sur le Imis. Lorsqu'il a fait Taire à la varlupe tout le chemin qu'elle peut parcourir ulilement , il la ramène & reculons , en la Taisant glisser , et niteui en la porUinl , pour la Taire agir de nouveau . de la même manière . n une autre place.

En Taisant mouvoir la varlope , on donne à l'axe de son Tût un peu d'indinaison, par rapport au cheniin qu'on lui Tait parcourir, pour que le tranchant Se présente an fil du buis . sous un angle qui dilTère un peu de l'angle droit , aCu qu'il coupe mieui ; il sullit. pour cela, d'éloigner la mnîn gauebe un tant soit peu plus du corps que ta droite.

On doit diminuer la saillie du fer à mesure que le travail se perTectionne el que les inégalités du bois disparaissent. Avant d'employer la varlope, on passe la tl^tni-rartnpe . qui est un rabot de la même forme , mais un peu plus petit , el dont le 1er présente un tranchant moins arrondi que celui Ou fer de la galère ou du riflard. La demi-varlope a pour objet d'enlever une partie des inégalités ou côtes longitudinales que laisse le travail de la galère; la tarlope achève de planer le bois, qu'elle doit couper avec ncllelé. IMrbitement uni, brillant el comme poli, si on a eu soin de ne donner que très-pett de saillie au fer, el de tenir le tranchant bien affilé sur ta pierre

Fig. 5. Rabol. I^ct outil est représente par une projection horiiontale e( 4kux projections vertiudes; dans celle sur la droite, il est tu par le liout anlérieur. a, tùl\b. Ter; c, coin. On a supposé, dans la projeelion horilonlale , que le Ter et le coin sont dtés pour laisser voir l'entrée de la mortaise d et la lumière pnnrluce a'. I,c rabot n'a .lucune poignée ; on le lient avec les deux mains; le bout du fût est dans la paume de la ninin droite en arrière du Ter ; la main gauche est en avant de la mortaise , embrassant le rabot sur l'arôte supérieure. On se sert du rabot toutes les Tnis qu'on ne |teut fias Taire usage de la varlope , soit i cause de la position de la pièce sar h

^tààTl M - var DE L\ CHARPENTERIE.

qu

ou I appli

COIlCil^

concjvi sur le I le raboi Fig. 6 Tane le 1.

antérieur par deux

THifs- . ceile <*■ milieu ne portant qae lorsque la lan-

tuai «11« rê^ Tunifonnité. Le fer /qui est repré-

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