‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 79 sur 159 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

entre elles ; ainsi moùer des pièces de bois c'est les saisir entre deux moises. Une M(f/4e seule ne peul pas moiser, il faut qu'elle soiljume/^ avec une seconde moisc ; autrement elle prend diUerents noms têts que ceux de tierne, éelutrpe, lambourde, décharge, Iraverte, suivant sa position et soa objet.

Dans la lig. 1 j, pi. 31, les deux pièces parallèles^, jU, sont deuimoises, elles moisent en saisissant et serrant les pièces ^, B, C, D, E, F, G, H, 1. A c6té de la principale projection verticale , les moiscs sont vues par leurs bouts en M"" M' ; au bas de la planche, les moiscs et les pièces désignées par les munies lettres sont projetées désassemblées.

Les moises A, B, sont entaillées pour envelopper les pièces moisées ; celles-ci le sont aussi quelquefois comme la pièce B, pour que les moiscs ne puissent pas glisser; l'assemblage est même assez souvent Tait à recouvrement : c'est de cette manière que la pièce C est moisée.

Les entailles des moïses sont toujours tracées de manière que la mise en joint puisse se Taire dans le même sens pour tontes les pièces moisées ensemble par les incmcs moiscs. Elles peuvent être droites comme pour les pièces A, B, C, G, inclinées comme pour les pièces //, 1, triangulaires pour les pièces carrées ou méplates E, F, moisées sur leurs arêtes. Les entailles peuvent aussi être biaises pour les pièces dcbillardées comme la pièce D. Hais on doit remarquer que pour celte pièce, qui n'a ici pour objet que d'indiquer une entaille biaise, la mise enjoint ne pourrait avoir Uea en même temps que celte des autres pièces comprises dans la figure; elle ne pourrait être moisée qu'avec des pièces qui seraient débillardécs sous le même angle qu'elle.

Danslafig. 13, la pièce moisée ^< est supposée inclinée dans un sens tel, que tfes arêtes ne sont poinlparallèlcs aux plans des faces de parement des moises M; M', qui sont vues par le bout.

L'assemblage des moises est dit à mi-boii lorsque chaque moisc et tes pièces moisées sont également entaillées du quart de l'épaisseur de ces dernières, comme serait l'assemblage de la pièce D, fig. 13.

Les moises sont ordinairement retenues en joint par des boulons en fer 1 clavettes, et mieux è vis et écrous. Un seul boulon traverse quelquefois le* deux moïses et la pièce moisée, comme en J. Lorsqu'on craint d'aHaiblir la pièce moisée, on place un boulon de chaque cAlé, c'est co qu'on a supposé pour la pièce C, déjà alTaiblie par son entaille, ou pour la pièce cylindrique G,

Afin qu'on puisse serrer i volonté les assemblages des moises , on n'approfondit p;is leurs entailles sullisammcnt pour que leurs faces se louchent .

ce qai consenre entre elles un petit Joar »^ égal cTon bool à Taiitre, n double de la quantité dont on a diminué la profondeur des entaJUes.

La disposition d*une charpente exige quelquefois que les moises if^ ih, fig. 14, soient débillardées de façon que leurs faces en parement soie&t parallèles à celles des pièces moisées projetées sur A\ tandis qae leurs fines d*épaisseur ou d'assemblage doivent faire un angle donné avec les arêtes de ces mêmes pièces. Un assemblage biaisé de la sorte ne peut remplir soa objet qu*autant que les boulons, dont les têtes et les écroiis doivent porter sur les faces de parement des moises, ont une direction perpeodlGulaire i ces mêmes faces et ne serrent point à faux. La ligne s m passant par les points qui appartiennent aux arêtes opposées des deux moïses Af*, M*^ c! qui est perpendiculaire aux arêtes des pièces moisées projetées sur A*j repré^ sente la position normale d*on boulon ; elle indique en même temps la limite du débillardement des moises Af '; AP, pour que reifort du boulon sur ks joints ne déverse pas ces moises. Pour que la pression soîl également rép»tie, la ligne x m doit passer par les milieux x de la largeur des joints.

Dans quelques anciennes charpentes on trouve des moises serrées par des cïeiê et des clavettes en boi^, comme celles qui unissent les pièces ^ et B, fig. S et S, même planche.

Quelquefois les moises sont serrées et maintenues en joint par d*a«tres moises secondaires, qui les embrassent en les croisant. Nous n'avons pis représenté cette disposition, n'ayant en vue pour le moment que les assenblages simples.

Les moises sont souvent employées à lier ensemble des pièces de bob très-écartées les unes des autres. Pour donner plus de force aux assemblages extrêmes, en outre de ce qu'on fait dépasser les bouts des moises d'osé quantité suflSsante pour que leurs entailles puissent résister aux dforts qu'elles ont à supporter, on fait ces entailles en queue d'hiroode ; le détail de cet assemblage est représenté par une projection horizontale et une projection verticale, ûg. 15, pi. 38.

Les fonds des entailles tant des moises Af que de la pièce ^ , sont iocliliés suivant les lignes j; jb de la projection horizontale. Les liges t v marquent sur la projection verticale les embrévements en queues d'hironde des joues des entailles de la pièce A dans les faces normales des moises.

14° Aisemblage des pièces de bois courbes^

Les pièces de bois courbes peuvent être jointes entre elles et arec des

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pièces droites, par tous les assemblages que nous avons décrits ; elle» peuvent entrer dans toutes les combinaisons de charpenteric comme les piâccs droites. Dans te tracé des joints entre pièces courbes, leurs diverses parties conservent leurs positions et les proportions que nous avons prescrites pour les pièces droites. Noos ne nous anréleroni, en conséquence, qu'i un très-petit nombre d'exemples.

La fig, 9, pi. SS, représente divers assemblages entre pièces courbes.

Les pièces B, E sont assemblées à tenons et mortaises avec d'autres pièces C, D. Pour chaque assemblage, l'about a b est commun à l'enibrévement et au (enon ; on le fait ordinairement perpendiculaire à la surface qui reçoit l'assemblage. La partie rampante, c d, du tenon doit toujours être taillée suivant le fil du bois, sans égard à la courbure de la pièce assemblée au point c. Un reste les largeurs, épaisseurs, longueurs et profondeurs des tenons et mortaises conservent, avec les dimensions des pièces, les mêmes proportions. Si l'assemblage d'une pièce droite ou courbe a lieu ■nr une des surfaces planes d'une pièce courbe C, l'occupation de la pièce assemblée, que le dessin ne représente pas , est figurée par le quadrilatère efg h; la mortaise est creusée dans la pièce C de façon que sa longueur est perpendiculaire au rayou v> m, qui divise l'occupation e fg heu deux parties égales. On ne donne point de courbure aux joues de la mortaise G non plus qu'à celles du tenon, qui doit y entrer, parce qu'elle serait plus nuisible qu'utile si elle n'était pas taillée avec la même précision qu'on peut apporter pour l'exécution des surfaces planes.

A l'égard des entures, les joints doivent être tracés symétriquement et en accord avec les courbures des pièces, comme ils le sont à l'égard des ■orfaces planes des pièces droites; les parties des joints qui sont parallèles aux faces des pièces droites peuvent suivre les courbures des pièces cintrées. Nous avons tracé, flg. 0, nu trait de Jupiter de cette sorte, pour enter les pièces A, I). Les joints p g, ij sont courbes et parallèles aux laces courbes des deux pièces. Il en résullu qu'en serrant la clef, les deux pièces sont poussées l'une vers l'autre et en joint de leurs ubuuts par un mouvement circulaire de glissement sans qu'elles puissent désallleurcr sur leurs faces cylindriques.

Nous avons tracé un autre trait de Jupiter pour enter les pièces E, F, donl les joints mo, ne sont droits, parallèles entre eux et perpendiculaires au rayon x x da milieu de la longueur de l'assemblage. Souvent on profère ce joint an précèdent i cause de la justesse qui résulte de la facilité de son exécution. On peut également faire l'cniure en fausse cuupc comme

elle est tracée pour le trait de Jopîter entre les pièces C, D; les joints % <, / 9, sont obliques par rapport an rayon de coarbore r s da miliea de Passeniblage. Ce joint a Tavantage de trancher moins brosqnement les ffiires do bois que les deux précédents; mais il a quelquefois rincooTénient de fiure désaffleurer les surfaces courbes en k et en l, et de faire éclater le bois dans Tangle i qui est souvent plus aigu qu*il ne le serait si les pièces étaieit droites.

Les charpentiers de marine entent en fauêse coupe, m n, fig. S4, pi. d5, les courbes ou côtes des navires formées de pièces accouplées. Ce mode d'assemblage est suflBsant, vu que les joints d'une même courbe ne se correspondent point, et qu*on peut les serrer par des boulons oo des chevilles X en même temps que les pièces accouplées sont liées par d*aiitns chevilles x»

On ménage la longueur des bois courbes en ne les croisant pas. On les pose bout à bout à plat-joint, ou bien on les assemble par rintermédiaire de petites courbes, comme celle marquée K, même figure, nommée ^eiios, dont les joints peuvent être chevillés ou boulonnés.

Itt* Aiêembiages vicieus.

Un assemblage est vicieux, quelque bien coupé qu'il soit, s*ii a été tneé suivant des principes différents de ceux que nous avons indiqués comme essentiellement nécessaires à la solidité. On ne doit jamais s'écarter de la règle qui prescrit que les saillies formées par les entailles et coapes du boitf d'une pièce qu'on veut assembler dans une autre , seront en bois de fil e( sans interruption, afin qu'il ne puisse s'en détacher aucun éclat. Les queues d'hironde, les endcntures, les traits de Jupiter sont exceptés de cette règle, si leur longueur et Tinclinalion de leurs coupes sont telles qu'il n'y ait rieo à craindre au sujet de la rupture d'aocone de leurs parties.

Une seconde règle à laquelle on doit s'astreindre, c'est que les coupes et eutailles creusées pour recevoir les assemblages ne doivent avoir aucooe partie de même espèce plus faibles les unes que les autres, devant toutes résister également. *

La fig. 10, pi. 22, représente en ^ B la projection de l'assemblage de deux pièces de bois, à tenon et mortaise. En ^' ^', A" B", A^ B^j même figure , sont trois projections sur des plans perpendiculaires à celui de Ja projection précédente, de trois modes d'assemblage à tenon et mortaise qoi peuvent avoir la mérne projection A f.

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