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CHAPITRE IX

EXECUTIOn DBS OUVRAGES £71 CH.MlFEnTR.

D'après loi rÈglcs que nous avons cipoaccs dnns io chapitre prccMenl, qnei qac soil le nombre des pièces de bois assemblées les unes avec les sutrès, sauf de rares exceptions, dès qac leurs aies soni dans un même plan, leurs faces de parement sont dans des plans parallèles à celui des axes; cl conséquctnmenUeurs faces d'assemblage sont toutes normales à ces mêmes plans. Ce système, quelles que soieot encore les figures qui résultent de la combinaison des pièces, forme un pan de charpente qui prend différents noms suivant les positions dans lesquelles il se trouve employé.

Si les assemblages étaient taillés avec une rigoureuse précision, toutes les pièces d'un pan de charpente qui serait établi verticalement, fonctionneraient exactement dans le plan de leurs axes, et le système devrait demeurer dans un équilibre complet. Hais, malgré tout le soin qu'on peut apporter dans l'eiccutioD, on ne doit pas espérer une si grande perfection ; d'ailleurs, URB foule de causes étrangères â l'art, aussi bien que l'usage même de l'édifice, exercent sur un pan de ciiarpente des elTorls qui tendent à lui faire perdre sa forme plane; et elles le renverseraient inrailliblemcnl s'il n'était pas maintenu par d'autres pans de charpente qui le croisent , l'empêchent d« plier ou de pencher dans aucun sens, et lui assurent une stabilité parfaite.

Ls forme équarrie des pièces de bois qui entrent dans la composition des pans de charpente, détermine le plus souvent la rencontre perpendiculaire de ceux qui doivent s'afTcrmir mutuellement en s'asscmblant dans des pièces communes. Cette disposition des pans convient également bien au système qui produit la solidité des eonstructions en charpente, et aux dispositions intérieures de tous les édiGccs. C'est ainsi que dans les b<1tisscs en bois l'on voit des pans verticaux qui se rencontrent à angles droits pour former les parais des façades et les cloisons des comparlimenls intérieurs, tandis que des pans borizonlaui, soit enrayure», soit planchert, établissent des divisions à différents étages, ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^m

504 TBÂITÉ D£ L*ÂRT DE LA CHARPENTERIE.

Lorsqu^on Teat faire le projet de la compositloo d'ane consImetkMi ca charpente, le procédé le plus simple et le plus commode coosiste i imagiaer d*abord qae les pièces qu'on veut employer sont des Terges inflenUcs, sans largeur ni épaisseur. On trace dans des proportions rédaites el sépuément les projets partiels des divers pans de la charpente , par de simples lignes qui représentent ces verges ou les axes des pièces. Parmi les figures qui résultent de la combinaison des lignes dans chaque pan, il en est qoi doivent premièrement convenir aux formes que requiert la deslinaUoo de la construction. D*autres figures qui ne sont pas d'une moindre importance dans le projet, doivent assurer la stabilité de la constmclion par Teffet de leur invariabilité. L'on fait entrer dans la combinaison de ces figures les lignes qui marquent les emplacements et les positions des pièces de bois^' doivent être communes aux divers pans qui se croisent.

Les principales lignes do projet étant ainsi établies, on y sû<>Qto celles qv représentent les pièces auxiliaires, ayant pour objet on de maltiplier le nombre des figures invariables, ou de renforcer quelques parties que la flexibilité du bois rendrait trop faibles, ou enfin de distribuer des appuis et de contre-bouter certains efforts ou de les transmettre à des points init* riables destinés à leur résister.

Lorsqu'on a ainsi satisfait à toutes les conditions et dans tons les pms par des projets linéaires, construits et tracés avec la r^e et le compas sv une échelle proportionnée à la netteté des détails qu*on doit ensoite y ajoater, on trace, par d'autres Kgnes parallèles aux premières et d'après la même échelle, les épaisseurs des différentes pièces , pour qu'elles aient la force que requièrent leurs situations et les fonctions qu'elles ont à remplir, ci commençant par les plus importantes, ou celles qui sont les plos élevées, et qui ont le moindre effort ou le moindre poids à supporter.

Dans la substitution des dimensions d'équarrissage des pièces aux Ugnes géométriques du projet linéaire, on fait correspondre les axes des pièces à ces lignes, à moins que celles-ci ne marquent quelques parois de l'édifice que les faces de la charpente doivent former, ou qu'elles ne doivent eo être écartées d'une dislance donnée. On est quelquefois forcé de dévoyer (1) les axes des pièces, pour rendre leurs assemblages exécutables et leur doooer la solidité requise, si on n'a pas prévu, en traçant les premières ligoes,

(i) Dévoyer une pièce de boit , c'est établir son axe hors de la voit ou positioB <pi*d *€■bicrait naturel de lui faire occuptT.

CIFAWTBE IX.

l'espace qu'il! exigeront. On parficnt de celle mnniêre i la composilion dti projet complet de In consiructton en charpente qu'on s'est proposée : il ne I reste plus qut^lquerois qu'à y ajnuler l'indicntion des rerremcnts que commande la prudence pour assurer dans l'avenir la solidité des asEemblsges les plui importants. •

Les dessina que donne ce premier IraMÎI répondent à ccu» qoe les architectes appellent des plan* et dt» coupes dans la représenta tiou d'une bâtisse. Ils sont faits d'après les principes cl les procédés de* la géométrie descriptive. Ces dessins, cotes avec sain dans toutes les dimensions nécessaires pour Qxcr eiaclcmenl les positions de toutes les pièces, par celles de leurs axes, ou celles de leurs faces qui ont quelques fonctions parlicolières i remplir, et pour indiquer les êquarrissages de toutes les pièces, sufBsent pour guider les charpentiers dans le tracé en grand des èlelora qui doivent ■crTir il l'eiécolion de la charpente projetée, On y joint quelquefois des projections de l'ensemble de la charpente, qui sont ses plans et ses élévations. Ces dessins supplémentaires n'ont pour objet que de faire juger l'effet général qu'elle produira , comme on juge par des dessins semblables de l'aspect des autres cou s traction s.

On fait des projections du tnéme genre pour représenter des charpentes exécutées. Mais l'élude des assemblages dans les positions qui résultent de la diversité des combinaisons des dilTérents pans composant une charpente, nécessite d'autres dessins dans des pruporlions beaucoup plus grandes. Ces dessins se nomment épure» parce qu'ils sont faits avec précision, et qu'ils portent, comme preuve et épuration des résultats, les traces de toutes les opérations qui ont concouru à leur construction. Les épures soal indispensables pour décrire complètement les assemblages compliqués ou qui contiennent quelques dispositions particulières et peu usitées, ainsi que pour s'assurer qu'ils sont appliqués suivant les vrais principes de l'art, et vérifier la possibilité de leur exécution et de leur mise en joint dans le levage.

Nous ferons l'application des opérations que ces épures comportent aax détails des combles, parce que ces parties des bâtiments ofTrenl le plus grand nombre d'exemples des difTérentes situations dans lesquelles les pièce) de bois se présentent les unes aui autres, et que c'est le genre de constructtoil complexe que les charpentiers ont h exécuter le plus fréquemment, et qui est le plus propre à les rendre habiles dans la pratique de leur art.

ELa connaissance des assemblages que nous avons décrits au chapitre Mdent, et la nouvelle étude que nous nous proposons do faire sur quel- I T>*iTt HE LA cniHrcnîtaiË. t. i. 9u

506 TRAITÉ DE L*ART DE LA CHARPElfTERIB.

qoes-nni d*eiitre eax dans les épures doot noof Tenons de parier, senint néanmoins sans utilité poar les charpentiers , s'ils ii*y joigoaîeot pas ta connaissance da procédé le pins simple, comme le plus eommode et ta plus sur, pour tracer et exécuter avec précision les assemMagee.

Nous nous occuperons d*abord de ce procédé parce qa*îl esl otile pav rétude des épures, et principalement parce que noos aTOos à traiter, atant les combles , de diverses autres constructions anxqœlles an pent eo bire l'application.

2« Sommaire du procédé d\

\a plupart du temps les pièces de bois qu'on doit employer dans oac charpente ne sont point préparées ou équarries avec une prédsîoa saSsanté pour qu'on puisse, comme dans d'autres arts, rapporter sur kvi faces, avec la règle et le compas, ou par des patrons et d'après les éporei, mêmes faites en grand, les lignes qui doivent déterminer leurs dimensîoai en longueur et la posilion de leurs assemblages. Les pièces de bois soal d'une forme, d'un volume et d'un poids qui ne permellênt pas de la remuer facilement et de les tourner dans tous les sens autant de fois qœ le nombre des opérations qui seraient à faire le nécessiterait. D*ailleiirs,a traçant chaque pièce indépendamment de celles auxquelles elle doit être assemblée, on introduirait dans la position et la forme des divers asseaiblages, vu la grande longueur des pièces, des erreurs qu'il serait presque toiiyours impossible de corriger lorsque la mise en joint d'an pao les aonit fait découvrir. L'art de la cbarpenterie s'est créé un procédé particulier pour tracer avec précision les assemblages. Ce procédé est connu soos k nom de piqué des bois.

Les lignes suivant lesquelles les faces que nous avons déjà nommé» faces normales , se rencontrent dans l'assemblage de deux pièces de bois, sont les plus importantes à établir sur chacune, car c'est à ces lignes ir joint que se rattachent les détails des assemblages; sur l'une des pièces elles limitent retendue de la portée ou occupation de l'autre pièce, et lor cellc'ci elles marquent ses propres abouts.

Dans un pan de charpente dont les pièces seraient exactement équarries, les lignes de joint seraient droites et perpendiculaires au plan des axes des pièces et à chacun de ceux des parements qui leur sont parallèles. Par cosséquent , si un pan de charpente, quelle que soit d'ailleurs la position qoli doit avoir dcflnitivcment dans un édifice, est supposé coucké llortloatal^

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