‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 82 sur 159 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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e te pbn des aies des places de t>

ment sor des chanlicrs, de façon e composcnl soil de niveaa en tous sens, loules les lignes do joinl sonl Tcrlicalcs , el un Gl à plontb . qui peut leur tire nppliquË et qui coïncide parrailenient avec elles, est langent en même temps aux deux faces nornales qui formenl par leur rencontre ces lignes de joint.

C'est sur celte observation qu'est fondé le principe dn pi^wé det boft. En conséquence, pour procéder au piqué des pièces d'un pan do charfwnle, an établit toutes celles dont il doit se composer, précisément h plomb ao-desaus des places qu'elles doivent occuper dans ce pan et qu'on a marquées d'avance sur le sol. On fait porter ces pièces les unes sur les autres les croisant suivant le dessin, et de la longueur nécessaire iV la coupe des assemblages; elles sont soutenues de niveau et de dévers (1) par des chantiers et des cales. Les faces normales de toutes ces pièces sont dans les mêmes plans verticaux qu'elles occuperont lorsqu'elles seront assemblées dans le pan couché horizontalement.

3n conçoit qu'il est alors aisé de marquer sur les faces normales les lignes de joint; car elles sont les traces mutuelles des prolongements des plans dans lesquels se trouvent ces faces, l'n fli à plomb, qui pourra, comme précédemment, être tangent en même temps à den^i faces qnï doivent se joindre, donnera les prolongements de ces faces el coïncidera sur chacune avec la ligue de joint qui doit y être tracée. On marquera sa position par deux points piqués sur chaque face avec la pointe d'nn trocerwf on celle d'nn compas.

Ce procédé , qui est en môme temps le plus exact, établit dans le travail un ordre parfait, qui économise beaucoup de temps, l'our le faire mieux comprendre, nous allons en faire l'application à une conslrncdou de charpente très-simple.

3" Application à «nfi charpente donnée.

La fig. 1, pi, S6, est la projection horiiontale ou le plan d'une charpente ; h fig. 9 est M projection verticale ou élévation principale et de face; et la lig. 3 est une seconde projection verticale ou élévation latérale. Nous

irr,«i>r hoiia cipliqurmiii plnilmn •'«mnirnl nn^uhlïl unr f\tttt i\f nitmi H dr.li

n*af oos poiol cherché à donner a cette pièce de dHvpeoIdrie m objet spécial , afin qoe ce que noas dotons eipliqner par son moyen soil phn généra] et s'applique â tous les cas qui se rencontrent.

Celle pièce de cbarpenterie est composée de quatre pans. Dans le picmier, fig. 1, le plan des axes est horizontal ; ce pan est composé de deox pièces horiionlales J, A* parallèles, et d'une troisième B également bonlontale, qui s'assemble avec les deux premières k mi-bois en les cfoisant à angle droit. Ces trois pièces forment une sorte ^tmrayntn on on jMtia qni porte tout le reste de la charpente (1).

La complète stabilité de la figure que forment les trois pièces de ce p», exigerait qu'elles fussent maintenues è 'angles droits par deux entretoÎMi Bj H et quatre goussets /, /, /,*/, que nous n'avons indiqués que par des lignes ponctuées dans la projection horixontale fig. 1, el qoe nous n'iavoss pas comprises dans l'ensemble du pan, afin de ne pas le compliquer innlilement, el pour n'y point introduire des difficultés de mise en joint dont nous n'avons point encore parlé.

Le second pan, fig. S, est vertical et par conséquent perpeodicalaire aa premier ; il est parallèle an plan de projection verticale ; il comprend la pièce horizontale B^ qui est commune avec le premier pan; deox ummtants C, Oj qoi s'assemblent à tenons et mortaises dans la pièce B (lears projections horizontales sont marquées par les carrés, cotés à lears ailles des chiffres 1-2-3-4, fig. 1) ; deux arcs-boutants ou jambetles, />, Dt^ qii s'assemblent à tenons el mortaises dans les montants C, C y et la pièce B; une croix de Saint- André formée des deux pièces E, E'y qui s'assemblent entre elles à roi-bois et avec les montants C, Cy à tenons et mortaises, et un chapeau G, dans lequel les montants C, C sont assemblés aussi à tenons et mortaises. Les jambettes et la croix de Saint-André ont pour objet de mainlenir les deux monlanls C , C parallèles el perpendiculaires à la pièce B,

Le troisième el le quatrième pan sont égaux et perpendicalaires aux deox premiers , et conséquemmenl parallèles entre eux, ils ont la même projeclion verticale, fig. 3. Ils sont composés chacun d'une pièce horixontale à, commune avec le premier pan, d'un montant C, commun avec le second

(i) Le» méoies ^aodet lettres iodiquenl les mémec pièces, et les mêmes petites lettre» iodûiiicnl les mêmes lignes dans les fig. i el 7 de la pi. s4« «'•us les fig. 1, », 4? ^ ^ I* H- *^ et dians les fig. 1 , a , 5 « 4 de la pi. a6.

CUiflTBE IX. 300

pan . cl (!<■ deux jambeltes F, F', qui s'assemblent iliins ces ilcux |ijécei et uni pour objet de les maînleiiir pcrpendiculaites l'une k l'aulrc.

4» Ételon.

Pour exécuter la ctiarpeiile quii nous venons de décrire , on met c» pratique ce que nous avons indiqué plus haut, Âfln de se guider dans l'élalilissemenl des pièces au-dessus des places qu'elles occuperaient dans le pan (loiil elles doivent Taire partie couché horixontalemenl, les charpentiers font sur le sol du chantier, qui doit être uni et fioriionlal, un tracé de grandeur naturelle qui ne contient que les lignes qui leur sonl strictement nécessaires. C'est Vételon ou étalon dont nous avons déjà parlé. Les lignes de cet ételon sont les projections des axes des pièces qui doivent entrer dans la composition du pan pour lequel il est tracé. Tes lignes rifpondent à celle du projet linéaire dont il a été question page 30t. L'<^lelun est en grand la copie exacte de ce projet.

Pour qu'on puisse faire correspondre exactement les axes des pièces rerlîcalemenl aux lignes qui en représentent les projections sur l'étclon. ce que l'on appelle mettre »ur ligne», il faut que ces axes soient rendus sensibles sur les faces des pièces , au moyen de lignes que l'on y trace au cordeau , opération que l'on nomme ligner. Nous indiquerons un peu plus loin les procédés au moyen desquels on ligne une pièce de bois pour faire paraitre sur ses faces les projections de son axe, par les traces de deux plans qui se coupent à angle droit dans ce même axe. Nous eupposeruns pour le moment que toutes les pièces qui doivent servir â la construction de la charpente dont nous nous occupons , ont été Ugnie» sur toutes leurs faces. Des lignes fines indiquent, au milieu de la largeur do toutes les pièces des Dg. 1 et 7 , pl.ïj; et sur les lig. 1,2. 4, tS,pI. S3;l, £ et 3, pi. â6, les lignes dont il s'agit.

Chaque pan de charpente cxigcr^iil pour son cxécui culier ; mais, comme le plus souvent on manque d'espni et q;oe, d'ailleurs, un ne peut pas établir sur lignes to temps, surtout lorsque^ des pièces communes dui ment dans plusieurs d'entre eux, les charpeniiei

ion un èiclun parlt-

:e dans les chantiers.

. tous les pans en môme

eut figurer successive-

9 sont dans l'usage de

réunir tous tes èleluns des dilTérenls pans d'une même charpente en un seul. C'est ce que nous avons représenté par la lig- 4 de la pi. ilt. qui contient toutes les lignes qui seraient tracées sur un ételon de grandeur naturelle, cl qui seraient nécessaires à la mise sur lignes des quatre pans dont se

compose la charpente représentée par les dessins 6g. 1,9,9, mêoie pi. Effectivement les lignes uaf^aa^, bb, ûg. A^ qni se croîseat k angle droit au point k, recevront rétablissement sur lignes des pièces jiy jf^ B^^ forment le premier pan. Les lignes m m, m' m'j n W, n «•% ont pour ob|et de marquer sur Tételon les longueurs auxquelles ces mêmes pièces doivent être coupées.

Les lignes 6^ ^, g g, recevront, pour rétablissement sur lignes dadeozièfiie pan, la pièce B qui aura déjà figuré dans le premier pan, el la pièce 6. Les lignes a a' y a a' y recevront les pièces C, C, et les lignes de, de recevront les pièces D^ I/j E, E', Les lignes n m', n n' fiient, comme précédemment, la longoenr de la pièce B; et les lignes m y, s y, marquent les coapes des bouts du chapeau G. On fait concourir ces deux lignes au point & pour s^assnrer qu'elles ont symétriquement des inclinaisons égales.

Enfin, pour l'établissement du troisième on du quatrième pan, les lignes CffjbVjfp^fpj doivent recevoir les pièces A ou A'^ qui ont d^à figuré dans le premier pan, les pièces Cou C, qui ont figuré dans le deuxième, et les pièces F ou F*. Les lignes wKfjfOfi/ marquent sur Tételon la longueur des pièces J ou A'y égale à celle quelles ont dans le premier pan.

B* Étàbliêtemeni det bois.

Nous avons représenté, pi. 24, fig. 1, en projection verticale , et flg. 7, en projection horizontale, rétablissement sur lignes des pièces dans le premier pan. Les deux pièces A , A' sont élevées sur des chantiers p, p (1) , et établies sur les lignes a a\ a a'; la pièce B est posée sur la ligne 6 6; elle porte sur les pièces A, A', sans aucune cale intermédiaire , de même que ces pièces portent sur les chantiers et ceux-ci sur Tételon, parce qae nous supposons le sol uni et les pièces exactement équarries ; s*il y avait quelques inégalités dans le sol ou quelque imperfection dans Téquarrissement, on y remédierait en mettant sur lignes par le moyen de petites cales en forme de coins, qui assureraient la parfaite immobilité des pièces, Pexaclitude de leurs positions de niveau et de divers , et la précision de

(i) Four qu^on puisse di»lin(;ucr aisémciit dan» le» figures les pièces qui entreat daosU computiliou delà charpt-nle, de celles qui servent de cales ou de cluiDliers , nous êwo» figure sur celles-ci des Hbre» alleiutes d'un eontmeiicemcnl de téluslé. La méoM «ljstiacii«a est ol»«cr?éc sur toulcs les figures , juïqucs el compris la 4* àc la planche «7.

LHâPITRE IX.

leur élablisscmeiit sur lignes , conditions indispensables pour ta perrecLiun h du piqué de bois el, par suite, de l'exécution des assemblages.

Nous avons i^galcinenl représente pi. SB, fig. 1. eu projection verticale, el fig. 4 , en projection boriiontale , rétablissement sur lignes des pièces qui doiTenl composer le second pan répondant à l'élévation représentée Gg. S ,

pi. se.

I.a pièce B, qot a déjà figuré dans l'établissement sur lignes des bois du premier pan, flg. 1 et 7. pi. S4, est établie sur la ligue 6 b' de l'élelon, Ui pièce G est établie sur la ligne -j g. Ces deux pièces «ont élevées sur lei chantiers q q. Les deui pièces C, C sont établies sur les lignes a a', a a'; elles portent d'un bout sur la pièce G, et de l'autre sur la pièce B, avec interposition pour chacune d'une cale r, pour qu'elles soient toutes deux de

Les deux pièces D, Z>', sont établies sur les lignes da,de; d'uti bout , elles portent immédiatement sur tes pièces C, C, de l'autre elles sont soutenues du niveau par du hautes cales », ■, posées sur la pièce B.

Les Ucui pièces E , £' de la croix de Saint-André sont établies lur lei mAmes lignes d e, de; la pièce £ porte d'un bout sur la pièce D, et de l'autre sur une cale ( qui l'exhausse au-dessus de la pièce C, pour qu'elle soit de niveau. Cette cale I est ponctuée dans In projection verticale. Enfin la pièce E', établie sur lignes la dernière, porte dans son milieu sur la pièce Jî, qu'elle croise, et est soutenue de luveau, par un bout, sur une cale u, poséesur une pièce i>', et, par l'autre bout, sur deui cales e, f, superposées sur la pièce C. Ces deux cales sont ponctuées sur la projection verticale. ' La lig, 2, pi. 2!i, est une projection terlicale, et la Qg. 9 une projection horizoutale de l'établissement sur lignes des pièces du troisième ou du quatrième pat), répondant à l'élévation latérale de la fig. 3, pi. S6.

La pièce jé', qui a déjà Bguré dans l'établissement sur lignes du premier pan, lig. 1 et 7, pi. ii, est ici posée de niveau et de devers sur deux chantiers o, o, et sur la ligne b' b' de l'ételon ; le montant C pose d'un bout sur ta pièce J , et est porte de l'autre de niveau et de dévers sur les deux chantiers h, i; le cbaoticr h est ponctué dans la projection verticale; t'arcboutant. ou jambelle F, est établi sur une ligne /Tile l'ételon , et, pour qu'il soit de niveau , il porte d'un bout sur la pièce C, et de l'autre sur une cale j* posée sur la pièce A. Le second arc-l>oulaul >' est mis sur lignes el de tiiveau, en portant d'un bout sur le premier F, et de l'autre sur deux calci k, l, superposées sur la pièce ^'. Il est entendu que toutes ces pièces sont de dé vers.

Sia TRAITÉ DE L*ART DK LA CHARPENTBEIE.

Si le poids des arcs-boaUnts Fy F*, qui portent daat l^étabHseenent sv le montant C, faisait fléchir ce montant , on aarait soin de placer, aras le point de croisement de ces pièces, un chantier avec cale, s'il eo est besoin ponr soutenir la pièce C; Ton place le chantier et la eale de fàçùù qu'ils ne gênent pas pour piquer les lignes de joints des pièces F, ^ et de la pièce C, dans la position ponctuée en H, fig. tt, pi. S5 ; ce qu'on doit pratiquer toules les fois qu'il est à craindre que des pièces ne fléchisseot sous le poids de celles qu'elles soutiennent dans rétablissement sar l'ételoiu

6^ Trait ratnènerei.

Lorsqu'une pièce de bois , telle que l'une de celles marquées jt, ^,B, C, C, 6t noire charpenle , est commune à plusieurs pans, on a soin de marquer sur l'ételon et sur cetle pièce des repérée, afin qn*en l'établissant sur lignes , pour un pan , sa position soit d'accord , par rapport ans autres pièces , avec celle qu'elle doit avoir dans son établissement sur lignes, pour un autre pan.

Le signe de repère^ dont les charpentiers font usage, est appelé iruii ramènerety parce que lorsqu'on établit sur lignes une pièce de bois portant ce repère, on le ramène sur celui de l'ételon.

Les traits ramènereU sont , sur les faces d'une pièce de bois , les traces d'un plan perpendiculaire a son axe passant par un point convenablement choisi , et sur les élelons , ils sont les traces de ce même plan situé verticalement pour les positions que peut avoir la pièce dans ses établissements sor lignes des différents pans.

Les traits ramènerets sont distingués sur les pièces et sur les ételons par deux marques croisées en forme dV.

a b, fig. 11 , pi. 26, est le signe du trait ramèneret sur une face d*ane pièce de bois; il est toujours perpendiculaire à sa ligne de milieu tnn; alV, fig. là, est le signe du trait ramèneret sur Tétclon ; il est perpendiculaire à la ligne de l'établissement m' n' de Taxe de la pièce pour laquelle il sert de repère.

Toutes les fois que cela est possible, on se sert de lignes déjà tracées. La ligne € c' de Téleloo , fig. 4 , pi. 26 , sert de trait ramèneret pour la position delà pièce B dans sa mise sur lignes, fig. 7, pi. 24, et la ligne Mf m\ fig. 4 et 7, pi. 21$ , sert de trait ramèneret pour les positions des montants C, C.

La ligne l$-6 de l'ételon , fig. 4, pi. 26, est tracée pour servir de trait ra-

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