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CHAPITRE XI

PLAirCHE&S.

Les planchers sont des pans de charpente (1) horiiontaax qui partagent l*inlériear d*nn bâtiment en étages, et sont soutenus par ses parois ; ils ont poar objet de porter les aires qui forment le sol artificiel sur lequel on marche. Ces aires étaient originairement en planches, et, quoiqu'on en ail fait plus tard en maçonnerie, le nom de planchers s*est conservé.

Les planchers sont également employés dans les bâtiments en pans de bois et dans ceux en maçonnerie. Dans Tun et Tautre mode de construction ils contribuent à la solidité des bâtisses par leur liaison avec les parois (2).

I^ics pièces de bois qui entrent dans la composition de la charpente d*un plancher sont de deux espèces, les solives et les poutres.

Les solives, ainsi nommées parce qu'elles constituent le sol de Tétage où elles sont placées, portent immédiatement Taire supérieure du plancher; Leurs bouts sont soutenus dans les murs ou pans de bois, ou sur des poutres.

Les poutres (3) reçoivent les bouts des solives qui ne doivent point porter dans les parois de la bâtisse.

(i) Voyet p. 3o3.

(s) Dans let bâlimeoU «n maçooDerie on MibsUlue quelquefois de* voûle* aux planchera ; elles occupent plus dV'space dans la hauteur des étages ; elleo sont souvent d^uoe forme incommode pour rhabiialion i elles n'ont en leur faveur que rincoml>u»iibililé, \u qu'elles coûtent fort cher et qu'elles exercent une poussée qui force à donner aux murs une épaisseur qui dépasse de beaucoup celle qui serait nécessaire pour soutenir des ptaociierB, à moina qu'on ne déiniise cette poussée par de nombreux tirants en fer , qui coûtent égale^ raent fort cher.

(3) Jadis une jeune jument était appelée poutre , uuni qui était devenu l'équivalent de ùéie de charye ou de tomme; parce que les juau-ni» étaient employé» s de préférence aux chevaux pour porter le bât. Le même nom a été donne , par analo(;ic, aux |>ièces de bois snr K-squellt s portent les Kolives, parce quelles sont charnées de tout le poids de« planchers. Par in même raUon on les a appelées aussi sommitr*.

V Aires des planchera.

La planche 51 rcprésenlc la construction des aires des planchers qn sont le pins en usage. Lorsque les aires supérieures sur lesquelles oo bvche sont en bois, on les appelle planchers de pied, lorsqu'elles soat ci maçonnerie, on les nomme pavés ou carrelages.

La fig. 1 est le plan d*nne portion d*un plancher composé de sdirci, sur lequel on a indiqué différentes manières de disposer les aie eo pUocki qui forment un plancher de pied. La fig. 9 est une coupe longîtodiaA suivant la ligne J B ûa plan fig. 1. La fig. 3 est une coupe IraosTcnik suivant la ligne C D du même plan. La fig. 4 est une coupe traosfcmk suivant la ligne brisée E F F G.

a solives sur lesquelles sont cloués les aie ou planches qui ïemaak Taire.

h planches ayant toute leur largeur , comme le commerce les founit, sauf ce que le rabot a enlevé pour dresser leurs rives et les rainer pour la joindre ; on leur donne communément Fépaisseur d*un pouce à 13 ligis (27 i 34 millimètres). On peut leur en donner une plus forte , selon Vkmtement des solives résultant de leur équarrissage et de la pesanteur des objets dont les planchers doivent être chargés.

Les planches sont attachées sur chaque solive par deux ou trois cloos, selon leur largeur, pour les maintenir et les empêcher de se voiler. Locv qu*elles sont toutes clouées, on passe le rabot sur leurs joints pour les noir et abattre les lèvres qui peuvent résulter des petites inégalités de leors épaisseurs.

c plancher de frises ou d'alaises étroites provenant de planches sciées sur leur largeur , clouées, comme les précédentes, sur chaque solive ;detu clous suffisent, vu le peu de largeur des frises.

Les planches, comme les frises ou alaises^ sont ordinairement blanchies sur leurs deux faces, pour les tirer d'épaisseur uniforme et pour qu*ell& portent mieux sur les solives , dont les faces supérieures sont égalemenl dressées et blanchies au rabot, et posées exactement dans le même plan el de niveau. On a soin de distribuer les joints des bouts de façon que ceux de deux cours de planches ou de frises contigus ne se rencontrent pas. On les répartit ordinairement de deux en deux planches, sur une même ligoe droite ; souvent on fait correspondre cette ligne des joints bout à bout ao

CtlAPiritE XI.

milieu de la longueur îles planches entre lesquelles ils sont distribuas, comme on les voil sur la BolJTe a'.

l^orsqu'on peut se procurer, soit du commerce , soit en les ilébiUnt ciprès dons de grosses pièces , des planches assez longues pour s'étendre sur toute la longueur du plancher, on évile les joints bout à bout, et le travail est meilleur.

Les planches, aussi bien que les frises, l'assemblent Ion gi lad înalement par leurs rives à rainures et languettes, afin qu'elles se maiulieiment muluetlemcnt et que la poussière ne tamise pas par les joints dans les étages inférieurs. Chaque planclie porte une rainure sur une de ses rives, et une languette sur l'autre, de (seoii que, lorsque le plancher est lînt, toutes les rainures sont tournées d'un même cûté et toutes les languettes sont tournées du cété opiMsé ; autant qu'on peut, on donne à toutes les planches la mémo largeur.

Les joints des planches bout à bout, sont aussi à rainures et languettes, pour que les abouts se maintiennent mutuellement; mais on juge souvent cette précaution superflue parce que les bouts des planches peuvent être maintenus par plusieurs clous, et que ces joints se trouvant toujours sur le milieu d'une solive, il ne peut y avoir tamisage de la poussière.

I,cs planchers formés d'une seule épaisseur de planches sont dits ^hcher» limple». Pour les rendre plus solides et plus sounis, un établit par-dessus un second p/ancAcr, représenté sur la parue de (truite delà flg.l.

/lambourdes formées de planches sciées en deui sur leur hirgeur, et clouées sur le premier plancher, au-dessus des solives et parallèlemeut. On se sert de clous assez longs pour traverser le premier plancher et pénétrer dans les solives, au moins du tiers de leur longueur.

g planches du second plancher , clouées sur les lambourdes. On peut également employer pour le second plancher des ptanchca de largeur entière ou des planches sciées en frises. Pour assourdir complètement les doubles planchers, on remplit, dans les intervalles des lambourdes, les vides que laissent entre elles les planches des deux planchers . avec du mortier de chaux et de sable, ou du mortier da terre grasse mêlée de bourre, ou avec de la mousse sèche d.

Lorsqu'on emploie du mortier, on l'ètend bien uni en le faisant afllearcr le dessus des lambourdes; on le lisse A plusieurs reprises pour qu'il ne bc gerce pas, et l'on attend , pour clouer tes planches par-dessus, qu'il toit presque sec ; il ne faut pMs qu'il le soit complètement, pour que la pc sion du marteau ne le fasse pas Tendre. Lorsqu'on remplit 1

de la moasBe , ce qui est préférable parce qae rhomidilé da morte fi quelquefois Toiler les planches, on ne la place qa*à mesure qu^ODeloMla planches du plancher supérieur, afin de pouvoir la bourrer fortOMnla moyen d*un boul de latte qu*on introduit entre les deux pJaochers, Hflm frappe avec un maillet.

On peut joindre les planches du second plancher à plat joint, ptree^ le passage de la poussière n*est plus à craindre, ? u que les joints da pmier plancher sont à rainures et languettes, et que ceux du second m la correspondent pas.

h double plancher i hàtom rompue ou en poiniê de HiMêgrie, foraéè planches sciées en deux sur leur largeur , coupées carrémeot par kn bouts, et clouées diagonalement dans deux sens sur les lambourdes A

i planches sciées de même, à demi-largeur, coupées en onglets par kn bouts, formant un plancher simple, dit à faugèreê, qu'on emploie aosau double plancher. Les intervalles , entre les planches du premier plaiickr et celles d'un plancher en pointi de Hongrie ou en ftmgèreM, doivent, eonai ceux des planchers ordinaires, être remplis en mortier on en mousse.

On peut faire les planchers en points de Hongrie et ceux en fougèreê tfs des planchettes plus étroites que la moitié de la largeur des plaochesB»* chandes; le plus ordinairement on donne aux planchettes ou ais emplajè dans ces sortes de planchers , une largeur égale au moins au douxièmeè leur longueur, et au plus au sixième. On peut joindre ces planchettes â pbtt joints, mais Tassembiage à rainures et languettes est meilleur.

Dans les contrées où Ton est dans Tusagc de laver ou d*arroser les plaschers, il est préférable d'assembler les planchers ordinaires à plats joints, parce que, lorsqu'on assemble à rainures et languettes , les joues des rainures n*ont pas toujours assez de solidité ; lorsque les planchers vieillissesli celles de la surface pourrissent, et elles se détachent en longs éclats; U réparation en est difiîcile, et les tringles en bois qu'on leur substitue,» les clouant avec des pointes, n'ont point de solidité.

Pour clouer les planchers ordinaires sur les solives, on emploie les dois dits clouB de planchers^ dont les lames sont forgées i quatre arêtes ; lears têtes sont larges, à peu près rondes ; elles forment en dessus une pointe (k diamant fort aplatie. Pour les planchers qu'on veut exécuter plus proprement, on se sert de clous à\i% pointes de Paris, dont la tige est cyliodriqiK, deux fois et demie à trois fois aussi longue que l'épaisseur des planches à clouer, et très-lisse, étant faite avec du fil tiré à la filière, ce qui fait qoeces pointes ne tiennent pas toujours aussi bien dans le bois que les clous f<N^

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