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Tissu contenu dans la villosité

qu'elles contiennent. Quant aux villosités choriales qui sont en rapport avec la caduque utéro-placentaire, loin de s'atrophier elles prennent assez prompte-

ment un développement considérable, s'entre-croisent avec les nombreux vaisseaux de cette caduque et contribuent ainsi à former le placenta (voy. p. 379).

Par sa face interne, le cnorion est en rapport, pendant les premiers temps de la grossesse, avec la cavité amuio-choriale et \ecœlome externe de Dastre, et, par l'intermédiaire de ces cavités, avec la vésicule ombilicale et avec l'amnios en voie de formation, puis avec la vésicule allantoïde (voy. p. 365). A une époque plus avancée de la grossesse, la cavité amnio-choriale et le cœlome externe ayant disparu, la faceinternedu chorion adhèreà l'amniospar l'intermédiaire du magma réticulé ou tissu muqueux interannexiel (voy. p. 369).

Au terme de la grossesse, le cborion est une membrane fibreuse, transparente, mince, mais plus épaisse que l'amnios et cependant moins résistante ; à sa surface externe, on découvre encore quelques traces de villosités; celles-ci sont plus nombreuses dans le voisinage de la circonférence du placenta et sont unies à la caduque, dont on peut cependant les séparer assez facilement.

Composition du chorion. — Tous les anatomistes sont unanimes à reconnaître que la membrane vitelline, le feuillet externe du blastoderme et l'allantoïde entrent dans la constitution du cborion; mais l'accord cesse dès qu'il s'agit de savoir comment ces trois coucbes participent à sa formation. Pour les uns elles coexistent, superposées dans le chorion définitif; pour les autres, elles s'y succèdent.

Coste admet l'existence de trois chorions successifs : 1° \e premier chorion ou chorion primaire, composé de la membrane vitelline garnie de houppes villeuses; 2° le deuxième chorion ou chorion secondaire, formé par le feuillet externe du blastoderme; ce feuillet est repoussé peu à peu contre la tunique vitelline qui serésorbe, il s'y substitue et devient à son tour l'enveloppe extérieure de l'œuf ; 3° le troisième chorion, chorion tertiaire ou chorion définitif i\e Coste, formé par l'allantoïde qui, appliquée à la face interne du chorion précédent, le repousse excentriquement, en détermine l'atrophie et finit parle remplacer. Ce troisième chorion persiste jusqu'à la lin de la gestation couvert de villosités vasculaires, d'abord sur toute sa surface, puis, plus tard, seulement au point où se développe le placenta (voy p. 379).

Pour Kolliker et Dastre, le chorion primaire disparaîtrait sous l'inlluence du développement du chorion secondaire. Mais celui-ci persisterait et se composerait du prolongement extra-embryonnairé de la somatopleure, c'està-dire du feuillet externe et d'une lame provenant du clivage du feuillet moyen. De plus, l'allantoïde au lieu de le faire résorber et de s'y substituer, se bornerait à le renforcer en s'y accolant.

Structure. — D'après KôUiker (l),lastructure du chorion se compose, ilans l'espèce humaine : 1» d'un stroma de tissu conjonctif où prédominent, pendant les premiers mois delà grossesse, les cellules étoilées et fiisiformes, et qui prend la texture libreuse à mesure qu'on s'approche du terme; "2" d'un

(I) Eiitw. r.csch, page 3-2:2; t876.

épithélium pavimenteux, formant dans la plus grande partie du cours de' la gestation une couche unique, et disposé à la fin de la grossesse en plusieurs couches de cellules, dont un certain nombre ont déjà subi la dégénérescence graisseuse. A celte dernière époque, on ne rencontrerait pas de vaisseaux dans cette enveloppe de rœuf (1).

Usages du chorion. — Le principal usage du chorion est la formation du placenta. Mais la portion extra-placentaire aurait, d'après Daslre, un rôle particulier, du moins chez les ruminants sur lesquels ont porté les recherches de ce phvsiologisle. Le chorion extra-placentaire servirait de réserve, d'entrepôt aux matériaux de l'ossification ; les plaques choriales tiendraient en dépôt les substances phosphatées, en vue de leur utilisation ultérieure dans l'organisme f(X-tal.

§ 3. —Du placenta

Sous le nom de placenta, on désigne une masse charnue, très-vasculaire, dans laquelle les canaux circulatoires maternel et fœtal se mettent en contact intime, sans se confondre et sans s'aboucher.

Dans les premiers jours qui suivent la fécondation, l'œuf humain est libre de toute adhérence à la muqueuse des voies génitales maternelles. Plus tard,

(1) D'après Dastre, dont les recherches ont porté exclusivement sur les ruminants, la structure du chorion présente à étudier : 1" une couche épithéliale; 2° un stroma; 3° des vaisseaux.

1° Couche épithéliale. — La face externe du chorion est tapissée par une couche de cellules épithéliales, polyédriques renfermant des gouttelettes graisseuses et des baguettes cristallines ou bâtonnets (Dastrei.

2" Stroma. — Le stroma du chorion est constitué par des fibres de tissu conjonctif, disposées dans des plans sensiblement parallèles à la surface et formant un feutrage plus ou moins condensé. Des cellules étoilées sont interposées entre les groupes de fibres.

Plaques choriales. — Dastre désigne sous ce nom des amas granuleux, blanchâtres, situés entre les fibres du atroma et disposés en réseau. Ces plaques seraient constituées par du phosphate de chaux Iribasique (phosphate des os) et par une petite quantité de phosphate de magnésie. Ce dépôt de matière phosphatée disparaît du chorion au moment même où le travail d'ossification devient le plus actif dans le squelette de l'embryon et où par conséquent ces matières peuvent trouver leur emploi (Dastrei.

3" Vaisseaux. — On rencontre dans le chorion des artères, des veines et des capillaires. Les artères qui s'y rendent sont les artères ombilicales. Elles naissent de la partie inférieure de l'aorte et sont accompagnées dans leur trajet par les deux veines ombilicales, qui ramènent le sang du chorion dans la veine cave inférieure, soit directement, soit par l'intermédiaire du foie (voy. Appareil vascul. de l'embryon).

Les capillaires forment dans le •chorion un réseau vasculaire extrêmement riche, dont les mailles sont irrégulièrement polyédriques. Dastre a signalé l'existence, sur un grand nombre de points du chorion, de taches vasculaires, dues à une vascularisation plus grande de la membrane, au niveau lie ces points. « Les taches vasculaires ont une limite plus ou moins nette, marquée par un vaisseau qui embrasse l'aire de la tache, en traçant autour d'elle un cercle irrégulier ou incomplet. A l'intérieur de cette enceinte, les mailles du réseau deviennent étroites, pressées, nombreuses, tandis qu'en dehors elles sont beaucoup plus larges et plus rares. » A chaque tache aboutissent une ou plusieurs artères; une ou plusieurs veines en partent. Ces taches ont leur siège d'élection là où doivent se développer les villosités et préexistent à ces dernières.

Le système vasculaire du chorion est en voie d'accroissement continu; aussi rencontrel-on des capillaires de diamètre très-inégal dans le réseau que nous venons d'étudier; c'est pour cette raison qu'on trouve aussi des bourgeons vasculaires appendus sur le trajet de ces capillaires.

A^NEXES DU FŒTUS

vers le douzième jour, la inenibrane vilelline (premier cliorion) se couvre de villosités qui plongent dans la caduque. Cepemiaiit l'embryon n'a encore aucune attache vasculaire qui le mette directement en relation avec la circulation maternelle, car il est entouré par l'amnios et ses vaisseaux n'atteignent pas le chorion. Plus tard, du vingtième au trentième jour, rallantoïde se développe rapideiTient, envahit le cœlome externe et envoie bientôt des prolongements vasculaires dans toutes les villosités choriales. Dès lors, des connexions vasculaires sont établies entre la mère et l'embryon; mais ces connexions existent sur toute la périphérie de l'œuf, et le placenta n'est pas encore formé comme organe distinct.

Mais les villosités choriales qui s'enfoncent dans la caduque ovulaire (voy. p. 214) s'atrophient; celles qui pénètrent dans la caduque utéro-pla-

FiG. 170. — Face fœtale du placenta.

centaire y prennent au contraire un développement de plus en plus considérable et s'y ramifient. En même temps et dans le même point, les vaisseaux maternels se développent en sens inverse et forment de nombreuses flexuosités qui descendent entre les villosités choriales et s'enchevêtrent avec elles. De cet enchevêtrement résulte la formation du placenta, dont l'étendue est égale à celle de la nuiqueuse utéro-placeiitaire, et qui est à la fois un organe fœtal et un organe maternel.

L'atrophie des villosités choriales (|ui plongent dans la caduque ovulaire est achevée du troisième an quatrième nu)is, et le placenta est alors un organe distinct qui s'accroît proportionnellement au développenuMit du fœtus.

Au moment de la délivrance; le placenta fœtal tondje en totalité, en entraniaiit la couche superticielle de la caduque utéro-placenlaire et l'épanouissement placentaire des vaisseaux maternels (voy. cadufjue).

TROISIEME SECTION

DE LA GROSSESSE

Le placenta est une masse molle et spongieuse, ayant la l'orme d'un gâteau aplati, plus épais au centre qu'à la circonférence, adhérent à la face interne de la matrice et constitué par le renflement d'une portion de Tenveloppe de l'oeuf.

Le placenta s'insère ordinairement sur le fond de la matrice, tantôt à droite, tantôt à gauche, plus souvent sur la face postérieure que sur la face antérieure. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il s'insère sur le segment inférieur de l'organe.

Sa forme est tantôt ronde, tantôt ovale. Dans ce dernier cas, ses dimensions moyennes, au terme de la grossesse, sont les suivantes :

Longueur de 16 à 19 centimètres.

Largeur de 13 1/2 à 16 —

L'épaisseur est de 1,1/2 à 3 centimètres vers le centre de l'organe, et de 4 à 6 millimètres sur les bords. Le poids moyen du placenta est de 500 à

FlG. 171. — Face utérine du placenta.

600 grammes ; il varie d'ailleurs suivant le volume de l'enfant, avec lequel il est presque toujours en rapport.

On peut distinguer au placenta une face externe, une face interne et une circonférence.

La face externe ou utérine est saignante, tomenteuse, irrégulière, légèrement convexe et divisée par un certain nombre de sillons en lobes ou cotylédons. Cette face est recouverte par une couche mince de matière glutineuse qui passe d'un cotylédon à l'autre, pénètre dans les sillons et sert, pour ainsi dire, de ciment entre les différentes pièces de l'organe. Cette matière n'est autre que la portion de caduque utéro-placentaire qui tombe au moment où le placenta se détache de l'utérus (voy. Caduque utkro-placentaire, p. 220).

La face interne ou fœtale est lisse, tapissée par le chorioii et l'amnios est parcourue par les divisions des vaisseaux ombilicaux. Ces vaisseaux rampent au-dessous de l'amnios dans le tissu interannexiel de Dastre ; membrane intermédiaire de Bisclioiï; endochorion de Dutrochet; membrane l a m i neuse àe 5 ouVm. Elle donne insertion au cordon ombilical ffui met en

FiG. 172. — IMacenta avec cinq cotylédons isolés.

A. r.horion.

B. Amnios.

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