‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 132 sur 252 · t ceiiliriièlros · texte numérisé non relu

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(1) Tarnier, Dictionnaire de. médecine et de chirurgie pratiques, article Coudo.n ombilical:

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La longueur du cordon peut dépasser, dans un sens ou dans l'autre, les mesures extrêmes portées dans ce tableau. On l'a vue atteindre l'",20 (Chantreuil), 1",50 (Rerguistel), \^,~S (Neugebauer). Mais ces faits sont exceptionnels. Il en est de même de ceux dans lesquels la tige ombilicale ne mesure que 30 ou 20 centimètres. Ona cité des exemples où le fœtus adhérait au placenta. Dans toutes les observations où nous avons vu signalée cette absence du cordon, le fœtus était atteint de vices de conformation (voy. Pathologie

DE LA grossesse).

Le cordon, avons-nous dit, a ordinairement, au terme de la grossesse, le volume du petit doigt d'un adulte ; mais la grosseur du cordon peut, comme sa longueur, subir des variations très-marquées.

Certains cordons présentent un volume excessif. Ainsi Tarnier a rencontré un cordon qui avait deux doigts d'épaisseur. Mauriceau dit en avoir vu un dont la grosseur égalait celle d'un bras d'enfant. Voisin rapporte une observation où Ton parle d'un cordon qui avait trois fois son volume ordinaire. Credé a vu, dans un cas, le cordon atteindre les dimensions d'un gros pouce. Bell a présenté à la Société obstétricale d'Edimbourg un cordon mesurant 7 centimètres 1/2 de circonférence (I ).

Il existe, au contraire, des cordons dont le volume est inférieur au volume moyen et dont les dimensions sont parfois très-faibles. Ainsi, Scanzoni dit avoir extrait un fœtus à terme dont le cordon avait seulement la grosseur d'une tige de plume d'oie.

Les variations de volume du cordon sont dues, indépendamment des tumeurs dont il peut être le siège et des anomalies de ses vaisseaux, à la variation de quantité de la gélatine de Wharton (voy. p. 392). L'excès de cette substance produit les cordons trop gros (cordons gras) ; sa rareté a pour conséquence la formation de cordons trop grêles (cordons maigres).

(1) Thèse d'agrégation de Chantreuil, Paris, 1875 : Des dispositions du cordon, etc.

Quoique arrondi, le cordon n'est pas parfaitement cylindrique, car il est à l'état normal tordu sur lui-même. Le plus souvent, dit Nœgelé, la spirale qu'il forme, considérée à partir de l'ombilic, se dirige de la face antérieure du cordon vers la face latérale gauche, puis passe en arrière, de là à droite et ainsi de suite jusqu'au placenta {cordon tordu à gauche)-^ plus rarement, la spirale se dirige dans le sens opposé {cordon tordu à droite). Ce fait a été vérifié à la Maternité de Paris par Tarnier, qui a vu, sur cent cinquante cordons examinés dans ce but, la spirale se diriger cent cinq fois de droite à gauche, en passant par la face antérieure, et quarante-cinq fois de gauche à droite. Sur 160 cordons, Neugebauer (1) en a trouvé 414 tordus à gauche et 39 à droite; les 7 autres ne l'étaient dans aucun sens. Hecker (2) est arrivé aux mêmes résultats : sur 315 cordons observés par cet auteur, 245 étaient tordus à gauche et 70 à droite.

Les spirales sont d'ailleurs plus ou moins accusées, souvent elles manquent ou sont si mal indiquées qu'il est impossible de dire dans quel sens elles se dirigent; d'autres fois, elles sont aussi régulières que si elles avaient été creusées par la main d'un tourneur.

Quant à la cause de la torsion et du sens dans lequel elle ge produit, les explications des auteurs ont beaucoup varié, et nous n'en trouvons aucune qui soit complètement satisfaisante. C'est ainsi qu'on a attribué la formation des spirales aux mouvements giratoires de r embryon (Frœdrich (3), Kilian (4). Tarnier fait observer que s'il en était ainsi, ces mouvements amèneraient un enroulement simultané des artères et de la veine. Or les deux artères accolées tournent autour de la veine en décrivant des tours de spire, comme on peut s'en convaincre en regardant les magnifiques planches de Hyrtl (5) et de Berger (voy, fig. 178).

Selon Haller, la torsion se produit parce que les vaisseaux se développent plus rapidement que la gaîne qui les contient. C'est, au contraire, d'aj)rès Neugebauer, dans une différence de volume de la veine et des artères ombilicales qu'il faut chercher l'origine de la torsion. Pour Simpson, elle serait due à ce que l'une des artères iliaques primitives est habituellement plus grosse que l'autre et fournit, par conséquent, plus de sang à l'artère ombilicale qui en naît. Ce sont \a autant d'hypothèses que rien ne vient confirmer.

Le nombre de tours de spire est très-variable; il est quelquefois d'une frat>tion de tour seulement; d'autres fois, d'un, de deux, de trois tours. Kiliaii observa un cordon' présentant dix-sept tours de spire. Parfois la torsion est plus considérable encore et devient alors pathologique, mais dans l'élat actuel de la science, il est impossible de préciser le nombre de tours de spire nécessaire pour nuire au fœtus.

(1) Neugebauer, Moi-phoîogie dej- Menxclien XaIx'hchnur.'Breshu, 18r)8.

(2) Klitiik. M I, p. 52.

(3) Frœdrich, De lorsione et de descriplione ftmic. umbil. Bonn, 1849, p. 17.

(4) Abhandlung der Berlin. Acad. dcr Wmensctuiften, 183G, cité par Frdylrich, loc. cil., p. 10.

<■">) Hyrtl, Die Dlutfiefiisse der menschlichen Nachgeburt. Wicu, 1870.

Sur un grand nombre de cordons, indépendamment des spirales, on remarque une ou plusieurs nodosités. Elles sont produites soit par une accumulation de gélatine de Wharton en un point limité, soit par l'entortillement ou la duplicature de l'un ou de plusieurs de ses vaisseaux. D'après les recherches de Tarnier, l'entortillement des artères est plus fréquent que celui des veines.

On trouve parfois sur le cordon de véritables nœuds comparables à ceux que l'on peut faire sur le trajet d'une corde. Nous les étudierons à propos des anomalies du cordon.

Par l'une de ses extrémités, le cordon s'insère sur le fœtus, par l'autre, sur le placenta. L'insertion fœtale se fait à l'ombilic. La peau de l'abdomen, en arrivant au niveau de l'ouverture ombilicale, se relève et constitue un petit prolongement cutané de 1 centimètre de long environ, qui monte en allant au-devant du cordon avec lequel il se soude. Dans le point de jonction, la gaîne amniotique se continue avec la peau du fœtus sans aucune interruption. Dans quelques cas, le cordon, au lieu d'aboutir directement à l'ombilic, adhère à la tête ou à une partie quelconque du tronc; c'est là une anomalie très-rare qui complique quelque monstruosité fœtale (voy. Anomalies DU cordon).

Par son extrémité placentaire, le cordon s'insère tantôt au centre ou du moins près du centre du placenta ; alors on dit que l'insertion est centrale tantôt, au contraire, il s'insère près du bord,'et l'insertion est dite marginale; ou en raquette. Enfin, le cordon, au lieu de s'insérer sur le placenta, se fixe exceptionnellement sur les membranes de l'œuf : on se trouve alors en présence de l'insertion dite vélamenteuse, dans laquelle les vaisseaux ombilicaux, dissociés au lieu d'être réunis en un seul faisceau, rampent sur les membranes avant d'arriver au placenta (voy. Anomalies du cordon).

Structure. — La structure du cordon résulte de son développement : on y trouve, en effet, les vaisseaux ombilicaux constitués par deux artères et une veine, entourés d'une substance dite gélatine de Wharton, le tout enveloppé par la membrane amniotique.

La gélatine de Wharton est constituée par un tissu muqueux conjonctif dont la texture a été l'objet des recherches de J. Renaut (1) au laboratoire d'histologie du Collège de France. Cet auteur y distingue un tissu muqueux proprement dit et un tissu périvasculaire. D'après lui, « le tissu muqueux du cordon est , dans les parties riches en mucine , formé • par un réseau de fibres conjonctives, tapissé de cellules plates, ne différant guère du tissu conjonctif lâche que par la présence de la mucine qui distend ses mailles. Quant au tissu périvasculaire du cordon, il n'est pas sans présenter quelque analogie avec le tissu de la cornée transparente. Mais les injections interstitielles de gélatine y démontrent constamment une structure alvéolaire plus serrée qu'à la périphérie. Dans tous les cas, il n'existe dans le cordon ni réseau plasmatique constitué, comme le prétendait Virchow, par un réseau

(i) Société de biologie, séance du 9 juillet 1870.

cellulaire canaliculé, ni système particulier de canaux vecteurs du suc, comme Kœster a cru pouvoir l'établir. » Les vaisseaux ombilicaux sont au nombre de trois, deux artères et une

FiG. 178.

A. Artères ombilicales (I, 1') eiiroiilécs autour de la veine (i). .

Rétrécissements indiquant la présence de

replis (3, 3').

Replis semi-lunaires (i, 1').

Replis diaphragmatiques ou circulaires

Ouvertures latérales faites à la paroi des

artères (6, G', G").

B. Veine (1) ouverte sur la face latérale

présenlaul un rélrécissemunt ['2j au niveau d'un repli intérieur (3'j.

Replis semi-lunaires (3, 3', 3").

C. Coupe de la veine et des artères, perpendiculaire à leur axe longitudinal, montrant un repli appartenant à la veine (I), et deux autres appartenant aux artères, dont l'un ("2} semi-lunaire, l'autre (3) diaphragmatique.

veine. Les deux artères marchent côte à côte, et décrivent autour de la veine, qui a plus de deux fois leur calibre, une série de tours de spire.

Ilyrtl et Berger ont étudié avec soin ces vaisseaux. Ils ont constaté, en faisant dessécher des cordons après les avoir insufflés, que les deux artères et la veine sont pourvues de valvules constituées par toute l'épaisseur des parois repliées à l'intérieur du vaisseau et, pour ainsi dire, doublées.

Les artères présentent des dilatations moniliformes et des rétrécissements. De ces rétrécissements, les uns sont brusques, linéaires; des valvules leur correspondent. Les autres sont allongés en forme de collets; i\ ceux-ci ne correspondent pas toujours des valvules. La moitié îles rétrécissements est

39i TROISIEME SECTION. — DE LA GROSSESSE

dépourvue de ces replis ; en revanche, on en rencontre en dehors des points rétrécis. Il y en a plus sur les portions contournées des artères que sur les portions reclilignes, plus aussi vers l'extrémité placentaire du cordon que vers l'extrémité fœtale.

Ces valvules ont la forme de replis semi-lunaires; elles présentent un bord adhérent à la paroi du vaisseau et un bord libre concave. Les extrémités du croissant sont ordinairement très-aiguës; tantôt très-éloignées l'une de l'autre, tantôt très-rapprochées, elles se réunissent parfois et forment alors un diaphragme percé plus ou moins près de son centre.

L'existence des valvules n'est pas aussi constante dans la veine ombilicale que dans les artères.

Sur vingt cordons préparés par insufflation et dessiccation. Berger a observé que trois fois la veine était complètement dépourvue de valvules et que trois fois celles-ci étaient rudimentaires. Comme pour les artères, les valvules siègent surtout au niveau des courbures; elles sont assez irrégulièrement espacées.

Comme la veine ne présente ni dilatations moniliformes, ni rétrécissements, ni collets analogues à ceux des artères, toute dépression visible à l'extérieur correspond à une valvule. On trouve encore des valvules sur des points <le la veine qui ont conservé leur calibre normal.

Les valvules de la veine ont aussi la forme de replis semi-lunaires. Elles sont plus minces, plus translucides encore que celles des artères. Ces replis ne sont jamais ni opposés, ni alternes. Berger les appelle î^eplis semilunaires, et leur refuse le nom de valvules que Hyrtl leur donne, parce qu'ils ne peuvent pas fermer le calibre du vaisseau à un moment donné et mettre un obstacle absolu au cours du sang.

Quant au rôle physiologique des valvules, il est encore l'objet d'un grand nombre d'hypothèses.

Les anomalies des vaisseaux ombilicaux sont rares. Cependant on a trouvé des cordons avec deux et trois veines, d'autres avec une seule artère ou trois artères. Artères et veines se bifurquent quelquefois dans leur trajet , les branches de la bifurcation peuvent rester isolées et arriver ainsi jusqu'au placenta; d'autres fois elles s'anastomosent et forment de nouveau un seul vaisseau comme à l'origine. Sur l'un des cordons examinés à la Maternité de Paris par Tarnier et Pinard, la surface de section présentait les orifices de deux veines aboutissant rapidement à un seul tronc veineux. L'une des artères ombilicales se dédoublait également, et ses deux branches aboutissaient à ini tronc artériel unique. Il semble résulter de cette disposition que la veine et une dos artères s'étaient dédoublées sur un point de leur trajet, pour devenir uniques au-dessus et au-dessous de ce point.

Cari Ruge (1) a observé dans le tissu du cordon ombilical non-seulement (les restes de vaisseaux vitellins ou omphalo-mésentériques, mais de véritables

(1) Cari Ruge, Hccker et Hartmann ont aussi constaté la persistance d'un vaisseau omplialo-mésentérique dans le cordon ombilical de quelques fœtus; parfois ils remontrèrent encore ce vaisseau quelque ti^mns avant le terme de la grossesse.

rasa propria, émanant des vaisseaux ombilicaux. Ces observations ont été faites généralement sur des fœtus peu âgés, et ces vaisseaux propres disparaissent vers la fin de la gestation. Sur un embryon des premiers mois, Cari Ruge (1) a rencontré des ramifications artérielles ayant pour point de départ les artères ombilicales dans le voisinage du placenta. Chez un fœtus âgé de sept mois, le même observateur a constaté dans la portion du cordon adhérente au fœtus, à 2 centimètres au-dessus de son insertion, une branche veineuse partant de la veine ombilicale et se dirigeant vers l'ombilic, puis se terminant en un réseau capillaire nutritif entourant une des artères ombilicales.

Les vaisseaux lymphatiques que Fohmann dit avoir injectés sont niés par la plupart des anatomistes.

Schott et Valentin décrivent des filets nerveux se rendant à la veine ombilicale et provenant du plexus hépatique, d'autres se rendant aux artères ombilicales et provenant du plexus hypogastrique. Kôlliker prétend avoir suivi ces filets jusqu'à 8 ou iO centimètres de l'ombilic; Virchow n'a jamais réussi à voir ces filets nerveux.

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