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V. Villosités

e, e. Espaces glandulaires.

S. Espace sanguin.

éléments endothéliaux et parvenir ainsi dans la lumière des vaisseaux où ils déterminent la coagulation du sang. En dehors de ces coagula, dans les parois des vaisseaux se produit un tissu conjonctif jeune qui proémiiic plus ou moins dans l'intérieur. Ce tissu conjonctif se compose de nombreux corpuscules étoiles et d'une substance intercellulaire, à granulations fines, entremêlée de fibrilles.

Ainsi, dès le huitième mois, mais surtout au terme de la grossesse, une partie des sinus veineux utérins correspondant au placenta sont oblitérés par les cellules géantes de la sérotine, par du sang coagulé et par du tissu conjonctif jeune, de sorte qu'il existe une grande gène dans la circulation

veineuse. Il en résulterait, à la fin de la gestation, une hyperhémie veineuse du placenta, à laquelle LéopoM serait tenté d'attribuer le commencement du travail de l'accouchement, en se fondant sur les expériences de Brown-Séquard, qui démontrent l'influence excitante de l'excès d'acide carbonique contenu dans le sang maternel sur la production des contractions utérines. N'oublions pas qu'il s'agit Là d'hypothèses, et que les faits de thromboses spontanées, quoique constatés par des auteurs auxquels nous avons grande confiance, doivent être vérifiés par d'autres observateurs pour entrer définitivement dans la science parmi les faits admis sans conteste.

Usages du placenta. — Le placenta est destiné à mettre en rapport sur une immense surface le sang de la mère et celui du fœtus, séparés par une mince paroi. Aussi le tissu placentaire est-il le siège de phénomènes osmotiques de la plus haute importance (voy. Physiologie du produit de conception). Le placenta est encore un organe de réserve où se trouve accumulée la matière glycogène, comme la substance des os dans le chorion des ruminants (voyez la note de la page 376), pour être utilisée ultérieurement dans le développement de l'embryon (voy. Nutrition du fœtus, p. 428).

Ercolani distingue deux portions dans le placenta : une portion respiratoire et une portion nutritive. Dans la portion respiratoire, les villosités plongent dans les espaces sanguins et les lacunes par leurs extrémités libres. Dans la portion nutritive, les dernières divisions des villosités aboutissent au tissu de la caduque (1). Celui-ci est formé, comme nous l'avons dit plus haut, de grosses cellules rondes de tissu conjonctif ; parmi elles se trouvent des cellules de nouvelle formation qui se sont développées dans le cours de la grossesse. Ces cellules auraient pour fonction de sécréter des sucs nutritifs destinés à être absorbés par les villosités qui sont en contact avec elles, et par suite ta nourrir le fœtus. Aussi Ercolani désigne-t-il ces cellules sous le nom impropre de glandes, et considère-t-il la portion de caduque qui les contient comme un organe glandulaire. Mais il ne faudrait pas croire, comme quelques auteurs français l'ont écrit, que, d'après Ercolani, les villosités puisent leurs sucs nutritifs soit dans les glandes utérines anciennes, soit dans des follicules glandulaires se développant pendant la gestation et disparaissant avec elle.

§4.— Du cordon ombilical.

Le cordon ombilical est une tige molle et flexible qui relie le placenta à l'ombilic de l'enfant. Pendant les premières semaines de la grossesse, le cordon n'existe pas, car il n'apparaît qu'après la formation de la vésicule allantoïde ; or, c'est seulement vers le vingtième jour après la fécondation que cette vésicule prend naissance et sort de la région ventrale de l'embryon pour aller doubler de toutes parts le chorion et envoyer des prolongements dans les villosités (voy. p. 360).

Vers la fin du premier mois, le cordon se présente sous la forme d'une

(1) D'après cet auteur, on trouverait chez le cobaye les deux formes de placenta séparées, mais il ne donne cette opinion que comme une hypothèse.

gaîne amniotique (voy. p. 368) renfermant, dans son intérieur : 1" le pédicule de la vésicule ombilicale; 2" le pédicule*de l'allantoide.

A mesure que le développement progresse, le pédicule de la vésicule ombilicale s'alropliie et le cordon se trouve alors réduit au pédicule de la vésicule allantoïde contenant les vaisseaux ombilicaux, et à la gaîne amniotique. Ainsi constitué, le cordon ombilical peut être considéré comme un canal qui conduit le sang de l'embryon aux villosités choriales devenues vasculaires et le ramène de là à l'embryon. Pour prendre sa forme définitive, ce canal se resserre d'abord dans le point le plus voisin du chorion, tandis qu'il reste plus large dans le reste de son étendue. Bientôt le resserrement se fait progressivement du chorion vers l'ombilic qui est encore largement ouvert. Par cette dernière ouverture, une anse de l'intestin s'avance dans le cordon lui-même. Cette hernie n'est pas un fait pathologique; elle résulte de l'évolution naturelle de l'embryon et doit disparaître quand le cordon s'est resserré jusqu'à l'ouverture om])ilicale. Si le resserrement du cordon est insuffisant, l'intestin reste hors de l'ombilic jusqu'à la naissance et produit un vice de conformation connu sous le nom de hernie ombilicale congénitale.

A la fin du premier mois de la grossesse, le cordon est complètement formé, mais il est à cette époque petit et cylindrique. Vers la huitième ou neuvième semaine, il a acquis un volume proportionnellement considérable ; il présente des bosselures, des renflements séparés par autant de collets ou rétrécissements. Dans le cours du troisième mois, il perd de son volume par raffaissement de ses bosselures, mais il commence à se contourner en spirale. A partir de cette époque, jusqu'à la fin de la grossesse, il croît proportionnellement au développement du fœtus.

Au terme de la grossesse, le cordon ombilical forme une tige de la grosseur du petit doigt environ; sa couleur est blanchâtre, sa surface est polie, brillante. 11 doit cet aspect à sa gaîne amniotique, au travers de laquelle on aper-^ çoit souvent par transparence la couleur bleuâtre du sang contenu dans la veine ombilicale.

Sa longueur la plus ordinaire est de 45 à GO centimètres, mais les exceptions sont nombreuses. On en trouve la preuve dans le tableau suivant qui contient les longueurs de 2505 cordons que Tarnier a fait mesurer à la Maternité de Paris (1).

La longueur du cordon fut de :

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