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CHAPITRE VII

DURÉE ET TEliME DE LA GROSSESSE

La durée réelle de la grossesse est l'intervalle de temps qui s'écoule depuis le moment de la fécondation juscpi'à l'accouchement. Or, on ne connail jamais exactement le moment où a lieu la fécondation, c'est-à-dire l'union intime (le l'ovide et des spermatozoïdes, même quand on sait la date du coït l'écoiidant; en effet, il peut exister, d'après Schrœder (4), un intervalle de

(I) Proceedinijs of llte Diihliii obfil. Soc, session 1871-187r2, p. G-.

{"!) SzaïuT, \\"ten,me)l. l'resie, 1S77, p. I(;08.

(;!) Volkinuiiii, Cenlnilbliill, f. Gijnœk, 187!), p. \C>\.

(■i) Lelirbuch dcr Gehitiisknll'r, 8. 78, 5. Aulla^c lîoim, 1877.

un à quinze jours entre riniprégnalion do l'ovule et le moment où le sperme est déposé dans les voies génitales; ou ne peut donc pas calculer exactement la durée réelle de la grossesse. Aussi, a-t-on cherché seulement à l'évaluer d'une façon approximative, en calculant le temps écoulé entre le moment supposé de la fécondation et celui de l'accouchement. Mais certains auteurs admettent que la conception a lieu habituellement dans les huit jours qui suivent la dernière époque menstruelle ; d'autres, dans les huit jours qui précèdent la première suppression des règles. On conçoit que les résultats doivent être dillérents suivant qu'on adopte l'une ou l'autre opinion. C'est ainsi que Stadfeldt (1) a calculé la durée de la gestation : 1° depuis la dernière période menstruelle, ce qui lui donna une durée moyenne de 280 jours; 2" d'après l'époque de la première suppression, ce qui porte la durée moyenne à 254 jours.

Depuis vingt ans, on croyait généralement, avec Bischoff et Coste, que la période où l'ovule est susceptible d'être fécondé dure de dix à douze jours après la cessation des règles. Mais d'après des observations plus récentes, un grand nombre d'auteurs, parmi lesquels nous citerons Cari Sclirœder (2), Kundrat, \Mlliams (3j, etc., croient, avec Lœwenhardt (4), que l'ovule est expulsé avant l'apparition de l'écoulement sanguin (voy. Fécondation, p. 172).

Or, si l'on admet que la fécondation a lieu huit ou dix jours avant la première suppression des règles, la durée moyenne de la gestation est de 262 à 2(34 jours.

En présence d'opinions aussi divergentes, plusieurs observateurs ont adopté une opinion mixte et pris comme point de départ de leurs calculs le milieu de la période intermenstruelle. Dans ces conditions, on admet généralement que la durée moyenne est de 270 jours. Ainsi Veit (5) trouve par ce procédé 27<) ; llecker (6), de Munich, 272; Schmith (7), de Varsovie, 270; Mattéi (8), 205.

Mais nous ne voulons pas insister plus longtemps sur l'évaluation de cette durée réelle, puisciu'eile est impossible à déterminer rigoureusement. Nous préférons porter notre attention sur la fixation du terme de la grossesse, c'est-à-dire sur la détermination de la date probable de l'accouchement, problème dont la solution présente une grande utilité en médecine légale et en clinique. Il faut pour cela chercher l'intervalle de temps qui s'écoule entre l'accouchement et des points de repère facilement appréciables, quelle que soit du reste la distance qui les sépare du moment précis de la fécondation.

(1) Nord. med. ark., VII, 4, n°25, p. 7, 1875, cité par Millier. Thèse de Nancy, 1877, p. l;5. {i) Encijclopé lie de Ziemsseii, t. X, Krank. der wzib. Geschteclitsorgane. (3j Proceedinrjs of Roij. Soc, 1875, n" 16:2.

(4) Arcliiv fïir Gynœk., t. Ili, 187'2.

(5) Veit, VerhandLungen der Gesellschaft fur Geburlshùlfe in Berlin, Heft 7, 1853, p. l'I'l.

(6) A74«î7.- der Gehurlsk. 18G1, p. 33,.

(7) lievue de thérap., 1857.

(Sj Mattéi, Mémoires de l'Académie de médecine, 14 juillet 1863.

Les points do repère ordinairement choisis sont : 1" Tépoque du coït fécondant, quand elle est connue ; 2° la dernière époque menstruelle ; 3° le nloment où l'on perçoit les premiers mouvements actifs du fœlus.

Fixation du terme de la grossesse, calculé d'après la date du coït fécondant. — Les observations faites sur les animaux où l'on peut noter d'une façon absolument certaine la date du coit fécondant, prouvent que le nombre de jours écoulés entre cette date et celle de l'accouchement est loin d'être constant. On pourra s'en convaincre p;ir les tableaux suivants, où se trouvent consignés les résultats de Teissier et de Spencer, réunis par Simpson, ïeissier (1) a relevé la date du part chez 572 vaches pour lesquelles le jour du coït fécondant avait été soigneusement enregistré. Spencer a recueilli 731 observations du même genre.

TABLEAU

MONTRANT LE NOMBRE DE SEMAINES OU DÉ JOURS ÉCOULÉS DEPUIS LE COÏT FÉCONDANT JUSQU'A LA PARTURITION CHEZ LA VACHE (D'APRÈS TEISSIER ET SPENCER).

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