HYGIÈNE DE LA GHOSSESSE
que celles-ci les refi'oiclissenivnls parce qu'ils peuvent, avoir pour elle tles conséquences particulièrement l'unestes. Sans parler des affections tlioraciques produites par l'action du froid, qui ont leur i^ravité propre, un simple rhume, par les secousses répétées de toux qu'il provoque, peut amener des contractions prématurées de l'utérus et parfois interrompre le cours de la grossesse. Ajoutons encore que les refroidissements ont produit chez certaines femmes grosses l'albuminurie, qui pe\it elle-même devenir la cause d'un des accidents les plus redoutables de la grossesse, les convulsions puerpérales (voy. Éclampsie).
Béijime alimentaire. — Chez certaines femmes enceintes, l'appétit est vif, les digestions faciles, de sorte que toutes les substances a'imentaires leur conviennent; chez d'autres, au contraire, l'ajjpélit est faible, les digestions sont pénibles : celles-ci doivent choisir leurs aliments.
11 fiiut avoir soin de veiller à la liberté du ventre, et de combattre la constipai ion, si fréquente pendant la grossesse, par des lavements et des purgatifs doux : huile de ricin, magnésie, rhubarbe, podophylle, eaux minérales de Pullua, de Birmensdorf, d'Hunyadi-Janos, qui pourront être répétées cha(iue jour, de préférence le matin, à petite dose. Il faut s'abstenir de tout purgatif drastique qui pourrait avoir pour résultat d'amener des contractions utérines prématurées. Celles-ci peuvent être provoquées parfois par une diarrhée abondante survenue spontanément; aussi, faut-il se hâter d'arrêter les flux intestinaux dès qu'ils apparaissent, par des moyens appropriés : lavements amidonnés et laudanisés, sous-nitrate de bismuth, etc.
Exercice. — Un exercice modéré doit être recommandé aux femmes enceintes, mais Iss exercices fatigants, la danse, l'équitation, etc., doivent être proscrits. On leur conseillera de faire chaque jour une promenade soit à pieii, soit en voiture, si celle-ci est bien supportée.
Professions. — Il est démontré que certaines professions sont funestes à l'évolution de la grossesse; il serait donc à souhaiter que les femmes enceintes pussent les cesser au moins momentanément. Parmi ces professions, nous citerons celles dans lesquelles les ouvrières sont exposées à l'intoxication par le plomb (Constantin Paul), par le sulfure de carbone, dans l'industrie du caoutchouc (Delpech). Dans ces exemples, l'avortement ou l'accouchement prématuré se produit |)ar suite d'une affection générale de l'organisme retentissant secondairement sur l'appareil génital. 11 y a, au contraire, des professions qui agissent directement sur l'utérus par les secousses (pi'elles lui impriment, et déterminent ainsi linlerruption de la grossesse, celles, par exemple, qui nécessitent l'emploi d'une machine à coudre avec double pédale.
Bains. — Les femmes peuvent prendre des bains pendant toute leur grossesse, à moins qu'elles ne soient sujettes aux avortements; il faut seulement que les bains soient courts ((|uinze à vingt minutes de durée) et fpie leur température soit de 33 degrés centigrades environ. Un graml nond)ie de créoles prennent chaque jour un bain de courte durée, sans qu'il en résulte d'inconvénients pour la grossesse. — Nous ne permettons les bains de mer (pi'avec
une certaine réserve : lisseront d'ailleurs d'une très-courte durée; ils devront être pris pendant une mer calme, et les femmes ne se livreront pas à l'exercice de la natation. — Quant à l'hydrothérapie, on s'ahstient généralement d'en faire pendant la grossesse, surtout en France. Beaucoup d'Anglaises continuent à prendre soit leurs hains froids, soit même leurs douches, lorsqu'elles sont enceintes, et celte pratique ne paraît pas avoir d'inconvénients; il faut seulement que les douches soient données convenablement. Le docteur Yidart (de Divonne), qui a publié une note sur l'hydrothérapie pendant la grossesse, vante l'innocuité de celte pratique et la considère même comme avantageuse. Il a observé dans son établissement des femmes enceintes qui, jusqu'au moment de leur accouchement, se sont baignées chaque jour dans une piscine renfermant de l'eau à une température très-basse (0 à 8 degrés centigrades), et s'en sont parfaitement trouvées.
Voyages. — Les voyages ne doivent être permis pendant la grossesse qu'avec circonspection et, en tout cas, ils ne doivent pas, être longs, car soit par la trépidation du chemin de fer, soit par les secousses des voitures, tous ces déplacements peuvent avoir des effets fâcheux sur la marche de la grossesse. Du reste, la sévérité du médecin devra être d'autant plus grande et les conseils seront d'autant plus minutieux que la femme sera plus prédisposée aux fausses couches. Rien de plus variable que celle prédisposition, rien de plus variable aussi que les conseils à donner sur ce sujet. Si les femmes, à leur arrivée, ressentent de la fatigue, des douleurs dans les lombes ou dans le ventre, on leur prescrira de garder le lit et de prendre un quart de lavement avec 15 gouttes de laudanum de Sydenham.
Rapprochements sexuels. — Il n'est pas douteux que les rapprochejnents sexuels et les excitations de l'appareil génital, se produisant dans le cours de la grossesse, ne soient la cause d'un grand nombre d'avortemenls. Aussi les femmes enceintes qui sont sujettes à ces accidents devront absolument s'abstenir du coït et coucher dans une chambre séparée de celle du mari. Du reste, il se produit quelquefois, chez la femme, après la conception, un phénomène très-curieux qui contribue à rendre naturellement les rapprochemenls moins fréquents : c'est qu'elle les désire jjeaucoup moins, et Stoltz a vu quelques femmes qui « lorsqu'elles étaient dans cet état avaient horreur de leurs maris ». C'est même à ce signe qu'elles reconnaissaient qu'elles étaient grosses.
Soins hygiéniques concernant les mamelles. — Les mamelles doivent être protégées contre le froid et surtout ne pas être comprimées. Chez les femmes qui veulent nourrir il est bon de faire quelques lotions sur le bout des seins avec de l'eau-de-vie, de la teinture d'arnica, afin de les endurcir et de prévenir ainsi les excoriations et les gerçures qui se produisent pendant l'allailemenl. Lorsque les mamelons^ sont ombiliqués, on peut conseiller aux femmes de les rendre saillants par quelques titillations ou par quelf|ues tiraillements faits avec les doigts, en leur recommandant de n'entreprendre ces manœuvres que dans le dernier mois de la grossesse; des ventouses sont quelquefois appliquées dans ce but sur les mamelles; mais il