‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 165 sur 252 · HYGIENE DE LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

HYGIENE DE LA GROSSESSE

faut proscrire cette pratique, car elle peut amener des irritations, des inflammations du sein et même, par action réQexe, des contractions prématurées de l'utérus.

Examen des femmes enceintes par le médecin. — Trois points principaux doivent fixer l'attention de l'accoucheur pendant la grossesse : 1" Il devra rechercher s'il existe un rétrécissement du bassin, afin de pouvoir, dans ce cas, provoquer à une époque convenable l'accouchement prématuré. — 2" Il devra s'enquérir de la présentation et de la position du fœtus dès le commencement du neuvième mois chez les multipares, un peu plus tôt chez les primipares, et chercher à transformer autant que possible, par des manœuvres externes, les présentations et positions vicieuses en présentations et positions favorables et à maintenir ces dernières dans la stabilité (voy. Yersiox PAR MANŒUVRES EXTERNES). — 3" Il analysera souvent l'urine des femmes enceintes, tous les huit jours à la fin de la gestation, pour savoir si elle ne contient pas d'albumine, car dans ce dernier cas il faudrait instituer le traitement curatif de l'albuminurie qui est en même temps le traitement prophylactique de l'éclampsie (voy. Albuminurie).

QUATRIÈME SECTION

DE L'ACCOUCHEMENT

L'accouchement est l'acle fonctionnel par bqiiel le produit de h conception est séparé de l'organisme materneL Celle défiailion est générale; elle s'applique aussi bien aux grossesses extra-utérines qu'à la grossesse utérine. Si l'on n'a en vue que cette dernière, on peut définir l'accouchement: l'expulsion del'reuf hors des organes de la génération. Cette expulsion se fait ordinairement en deux temps principaux : le premier comprend la sortie du fœtus, c'est V accouchement proprement dit; le second, celle du placenta et des membranes, c'est la délie rau ce.

Le produit de la conception peut être chassé des parties génitales avant six mois révolus, avant qu'il soit viable, c'est-à-dire avant que les conditions indispensables à la manifestation et au maintien de la vie extérieure soient réalisées; on donne à cet accident le nom iVarortement ou de fausse couche, et l'on réserve celui d" accouche nient à l'expulsion du fœtus viable. Lorsque celui-ci est expulsé dans le courant du septième, du huitième et même du neuvième mois, on dit que l'accouchement est prématuré. On appelle accouchement à terme l'accouchement qui se produit vers la fin du neuvième mois, et accouchement retardé celui qui a lieu après cette époque.

On divise aussi les accouchements suivant leur mode de terminaison. Depuis Hippocrate jusqu'à Mauriceau, on a dénommé accouchements naturels, ceux dans lesquels l'enfant se présentait par l'extrémité céphalique, et «ccoMc/iem<:'W^s• conlre-natuve, ç,en\(\m n'offraient pas cette parlicularité. Pour Baudelocqne, l'accouchement était naturel quand la tète se présentait la première et que la terminaison était spontanée; laborieux^ lorsqu'il fallait se servir d'instruments et recourir à des manœuvres ; contre-nature, lorsque l'enfant se présentait par le tronc ou Texuémité pelvienne. Ces divisions nous paraissent actuellement inexactes ou insuffisantes, et nous préférons, avec le professeur Depaul, adopter la classification suivante : Les accouchements sont spontanés ou artificiels.

Les accouchements spontanés sont faciles ou laborieux (l), mais ils se terminent toujours par les seules forces de la nature. Les accouchements artificiels, au contraire, sont ceux qui réclament l'intervention de l'art.

(1) Nous ferons remarquer que nous donnons au mot laborieux une signilication différente de celle que lui accordait IJaudelocqiie.

Los accoiichemenls, qu'ils soient sponlaiiés on artificiels, peuvent être ikingcreux, soit pour la mère, soit pour Tentant, lorsque le travail est compliqué d'accidents : édampsie, hémonhagie, rupture de l'utérus ou du vagin, procidence du cordon, etc.

On donne le nom de travail à un ensemble de phénomènes que l'on observe au terme de la grossesse, soit du côté de la mère, soit du côté du l'œlus et des enveloppes de l'œuf, et qui aboutissent à l'accouchement.

Les premiers sont désignés sous le nom de phénomènes physiologiques. Les seconds sont appelés phénomènes mécaniques et comprennent les mouvements imprimés au fœtus pendant qu'il traverse le canal pelvi-génital ; ces mouvements dans lesquels l'enfant est absolument passif, se |)rodnisent sous riniluence des contractions utérines, d'une part, et des résistances olfertes par les parois du bassin et les parties molles, d'autre part. Nous conservevons, faute de mieux, les dénominations de plié nom eues phijsiolo(jiques et lie phénomènes mécaniques, et nous étudierons ces phénomènes dans deux chapitres distincts. Nous consacrerons un troisième chapitre à une troisième espèce de phénomènes du travail que nous nommerons, avec luincke, phénomènes plastiques. Nous entendons par là les déformations que subit le fœtus pendant son passage à travers le petit bassin et qui sont encore manifestes au moment de la naissance, mais qui disparaissent les jours suivants. Nous verrons que la présentation et même la position du fœtus -ont une inllucnce évidente sur le geiu'e de 1 1 déformation.

Mais nous chercherons tout d'abord quelles sont les causes de l'accouchement à terme.

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