‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 208 sur 252 · IS · texte numérisé non relu

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Si nous considérons la dernière colonne du tableau , c'est-à-dire la moyenne des résultats obtenus par les diiïérents auteurs, nous constatons que, comme nous l'avons déjà dit, raccroissement quotidien diminue chaque mois jusqu'à la fin de la première année. En pratique, il suffit de savoir qu'un enfant doit gagner de 30 à 20 grammes pendant les quatre premiers mois, de 20 à 10 grammes pendant les quatre mois suivants, de 10 à 5 grammes pendant les quatre derniers mois de la première année, les chiffres les plus bas correspondant toujours à l'âge le plus avancé.

Ces chiffres sont très-importants à retenir et serviront de guide dans la pratique; on devra surveiller le nouveau-né et la nourrice avec la plus grande attention si l'accroissement journalier est inférieur aux chiffres minima que nous venons d'indicpier pour chaque période de quatre mois. Mais il faut ajouter qu'il y a un grand nombre de causes individuelles et accidentelles (physiologiques et pathologiques) qui font varier momentanément les résultats et viennent iul('rrom|)ie la régularité de Taccroissement.

Un enfant qui prend suffisamment de laii, qui digère bien, dont les garderobes présentent, par conséquent, les caractères que nous avons indiqués page 825, s'accroît rapidement, ce dont on s'aper<;oit généralement à première vue : sa ligure est plus pleine; son corps est plus volumineux, plus ferme; sa peau est plus tendue; ses fesses sont plus saillantes, dures et parsemées de petits creux, de petites dépressions ou l'ossctlcs; les téguments de cette région sont rouges, presque violacés, ou dit (ju'ils sont marbrés.

Avec un peu d'habitude on s'aperçoit bien vite que l'enfant devient plus lourd; mais pour se rendre un compte exact de son accroissement, il faut se

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FiG. 283. — Tracé graphique des variations du poids d'un enfant pendant les dix premiers jours: poids à la naissance, 3000 grammes; poids minimum au deuxième jour, 2815 grammes ; poids au dixième jour, 3105.

servir de la balcance. C'est un procédé qui est maintenant très-répandu depuis les travaux de Natalis Guillot, de Bouchaud, d'Odier et de Blache, qui l'ont vulgarisé en France.

La méthode des pesées est excellente à tous égards; ou ne saurait trop la recommander à tous les médecins, à toutes les sages-femmes, à toutes les mères de famille.

Les pesées doivent être faites au moins une fois par semaine, lorsque l'enfant offre toutes les apparences d'une excellente santé. En cas de doute, il faut faire des pesées chaque jour; mais ici on doit s'attendre à de grandes variations quotidiennes, suivant que l'enfant est pesé avant ou après l'évacuation des urines, avant ou après le rejet des matières fécales, à jeun ou après avoir teté. Aussi ne faut-il attacher d'importance qu'à la moyenne de plusieurs jours.

Il est bon de porter les résultats des pesées sur un carnet et mieux sur un tracé graphique (dont nous donnons ci-contre un spécimen, fig. 28:2), afin qu'au premier coup d'œil on puisse se rendre un compte exact de l'accroissement de l'enfant ou de l'arrêt de son développement physiologique.

Pour pratiquer les pesées, on a imaginé différentes balances particulières, et le docteur H. Blot a fait construire un peson que l'accoucheur peut facilement porter dans sa poche; mais les balances ordinaires suffisent parfaitement, surtout lorsqu'elles sont à plateaux supérieurs.

Accroissement de taille de l'enfant. — D'après les recherches de Quételet(i), la taille s'accroît en moyenne de 40 millimètres dans le premier mois, de 30 millimètres dans le deuxième, de 20 millimètres dans le troisième, de de 10 à 45 millimètres dans chacun des suivants. Les nombres indiqués par Bouchaud sont presque identiques : -4 centimètres dans le premier mois, 3 dans le secon 1, 2 dans chacun des trois suivants, puis 1 par mois jus-' qu'au dixième, enfin 5 millimètres dans chacun des deux derniers mois de la première année. L'allongement total est, d'après Quételet, de 198 millimètres pour la première année, de 90 millimètres pour la deuxième, de 73 millimètres pour la troisième, et de (»i millimètres pour chacune des deux suivantes.

Accroissement de la taille.

Dans le cours du 1" mois iO mill.

— du 2" 30

— du 3" 20

— de chaque mois suivant 10 à 15

— de la 1" année 198

— de la 2° 90

— de la 3« 73

— de chacune des 2 ,inn('cs suivantes Ci

Cet accroissement n'est pas uniformément réparti sur tout le corps; la tète, par exemple, qui est relativement très-volumineuse chez le nouveau-né, augmente plus lentement (jue les membres.

(1) Quételet, Ann. d'Iujg., t. X, 1833.

Modifications des sutures et des fontanelles. — Chez le nouveau-llé

bien portant, les sutures et les fontanelles s'agrandissent, tandis qu'elles diminuent de largeur quand l'enfant est la proie de l'athrepsie. Vers la fin de la première année, au contraire, sutures et fontanelles diminuent normalement peu à peu. — D'après les travaux d'Elsaesser, la largeur de la grande fontanelle est en moyenne de 21°"", 6 au moment de la naissance, et atteint 31'""', 3 au neuvième mois. A partir de ce moment elle diminue, et dans le cours de la seconde année (Elssesser), ou de la troisième (Sappey), elle disparaît, sauf chez les enfants rachitiques ou hydrocéphales. Quant à la fontanelle postérieure et aux fontanelles latérales, elles s'effacent dès la première année (Sappey).

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