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V. Vessie

moyenne du col de l'utérus pour former le cul-de-sac vésico-utérin. Lorsque la vessie se dilate, elle repousse l'utérus vers le sacrum et parfois s'élève audessus de lui.

Les bords latéraux se changent en faces latérales, quand l'organe est distendu ; ils sont en rapport avec quelques anses intestinales, les artères ond)ilicales ou les cordons fibreux qui leur succèdent après la naissance.

^extrémité supérieure, appelée encore sommet ou fond de la vessie, est d'autant plus prononcée que la vessie est plus remplie; elle est en rapport avec les circonvolutions intestinales et la paroi abdominale antérieure. Ce dernier rapport est d'autant plus étendu que la dilatation est plus grande. Au sonnnet de la vessie adhère l'ouraque, cordon fibreux qui longe la partie médiane de la paroi abdominale anlérieure, en dehors du péritoine, et va s'insérer à l'ombilic. Ce cordon est l'un des vestiges de la vésicule allantoïde (voy. EMnnvoLOGiE).

Vextrémité inférieure ou bas-fond est limitée, en avant, par l'urèthre ; en arrière, par le repli que forme lepéritoine en passant de la vessie sur l'utérus. Cette extrémité inférieure se compose de deux parties : l'une supérieure, l'autre, inférieure. La première est verticale ; elle fait suite à la face posté-

Heure et se trouve en rapport direct avec l'utérus. La seconde, plus déclive, adhère au vagin. C'est à cette dernière que répond le trigone vésical, triangle situé à la face interne de la vessie. Aux deux angles supérieurs de ce triangle, viennent s'ouvrir les orifices des uretères (voyez plus loin). A son angle inférieur aboutit l'orifice supérieur de l'urèthre. La partie des parois vésicales qui entoure ce dernier orifice s'appelle col de la vessie.

Structure. — Les parois de la vessie se composent de trois tuniques : une tunique séreuse, une tunique musculeuse et une tunique muqueuse,

a. — La tunique séreuse est représentée par le péritoine qui tapisse la surface extérieure de l'organe, la face antérieure exceptée; aussi quand la vessie est distendue, un instrument peut traverser les parois abdominales et pénétrer dans sa cavité sans léser le péritoine. La même exception doit être faite pour le bas-fond de l'organe dans son rapport avec le vagin.

b. — La tunique musculeuse peut être divisée en trois plans : un plan extérieur, composé de fibres longitudinales ; un plan moyen, formé de fibres circulaires; un plan intérieur, plexiforme. Cette tunique est assez épaisse au niveau du col de la vessie autour duquel elle forme un véritable sphincter.

c. — La tunique muqueuse est pâle, mince et lisse. Elle est en rapport avec la couche précédente à laquelle elle adhère faiblement, de sorte qu'à l'état de vacuité elle peut s'en détacher en partie et former des plis nombreux à la surface intérieure. Cette tunique est résistante, car elle est formée d'une trame serrée de tissu conjonctif, revêtue d'une couche épithéliale.

d. — Les artères de la vessie proviennent de l'hypogastrique ou de ses branches: artères ombilicale, hémorrhoidale moyenne, utérine, vaginale, honteuse interne.

Les veines ne suivent pas le trajet des artères; elles forment un plexus important autour du col et de la partie inférieure de l'organe et vont se jeter dans la veine hypogastrique ; elles communiquent avec les veines du clitoris et du bulbe. Selon Sappey, la muqueuse vésicale serait complètement privée de vaisseaux lymphatiques.

Les nerfs proviennent du plexus hypogastrique et se rendent les uns à la tunique musculeuse, les autres à la tuni([ue muqueuse.

Usages. — La vessie est destinée à servir de réservoir à l'urine; sa distension par ce liquide fait éprouver le besoin d'uriner; sa contraction ajoutée à celle des muscles abdominaux expulse l'urine au dehors.

A" Derurèthre. — L'urèthre estle conduit excréteur de l'urine; il repose, chez la femme, sur la partie médiane de la paroi antérieure du vagin (|ui lui adhère de la manière la plus intime. Sa longueur est en moyenne de 3 centimètres; son calibre est à peu près de 7 millimètres, mais il est susceptible de se laisser dilater, f'iamand en a rencontré un qui pernu'llait riiitroduclion du doigt; Meyer, Tarnier, chacun de leur côté, en virent un autre (|ui avait fini par permettre le coit. Sa direction est obli(pie de haut en bas et d'avant en arrière; rectiligne chez quelques femmes, il décrit, chez la plupart, une courbure à concavité antéro-supérieure (jui répond à la face postérieure de la symphyse pubienne. Obli([uité et courbure augmentent pendant la grossesse,

6i PREMIÈRE SECTION. — ANATOMIE OBSTÉTRICALE

parce que le vagin et Turèthre sont entraînés en haut par l'utérus. Pendant l'accouchenient, la partie fœtale engagée dans l'excavation refoule l'urèthre en avant et l'applique fortement contre la symphyse. Il est alors souvent difficile de pratiquer le cathétérisme.

L'extrémité inférieure de l'urèthre passe entre les racines du clitoris, audessous du bord libre du ligament triangulaire dont il est séparé par du tissu cellulaire.

Ce canal communique, en haut, avec la vessie par un orifice postérieur et s'ouvre au dehors par un autre orifice appelé 7néat urinaire (voyez page 83).

5" Des uretères. —Les uretères, au nombre de deux, un pour chaque côté, sont des canaux de petit calibre, destinés ta conduire dans la vessie l'urine sécrétée par les reins. Les uretères descendent en avant des psoas, s'engagent entre les vaisseaux ovariques et iliaques primitifs, dont ils croisent la direction, pénètrent dans le petit bassin, contre les parois duquel ils sont maintenus par le péritoine, passent au-dessous des ligaments larges et gagnent le bas-fond de la vessie, dans laquelle ils s'ouvrent aux deux angles du trigone vésical.

6° Du rectum. — Le rectum, ainsi appelé parce qu'il est à peu près droit dans une partie de son trajet, constitue l'extrémité terminale du tube digestif. En haut, il se continue sans ligne de démarcation avec l'S iliaque du côlon ; en bas, il aboutit à l'anus. On peut considérer le détroit abdominal comme établissant la limite supérieure de ce viscère.

Le rectum commence au niveau de la symphyse sacro-iliaque gauche, se dirige à droite, atteint la ligne médiane vers la troisième vertèbre sacrée et suit alors la face antérieure du sacrum et du coccyx jusqu'à l'extrémité de celui-ci. Il se prolonge à !2 ou 3 centimètres au delà, en suivant une direction oblique en bas et en avant, puis il se recourbe assez brusquement et se porte en bas et un peu en arrière pour traverser le plancher périnéal en suivant cette dernière direction.

On peut donc diviser, au point de vue obstétrical, le rectum en deux portions : l'une, appliquée contre la paroi postérieure de l'excavation, susceptible d'être comprimée par la partie fœtale lorsqu'elle a franchi le détroit supérieur; l'autre, inférieure, faisant partie du plancher périnéal et participant à la distension que subit ce dernier.

Rapports. — Ces rapports varient suivant qu'on les étudie dans la portion pelvienne ou dans la portion périnéale du rectum.

a. — Dans la portion pelvienne, on distingue une face antérieure, une face postérieure et deux bords latéraux (voyez fig. 32).

La face antérieure est en rapport : en haut, avec l'utérus dont elle est séparée par le cul-de-sac que forme le péritoine en se réfléchissant de la face postérieure de l'utérus et du vagin sur le rectum ; en bas, directement avec le vagin auquel elle adhère. Les deux parois qui se réunissent ainsi, constituent la cloison recto-vaginale (voyez page 92).

La face postérieure repose, en haut, sur le sacrum et le coccyx ; elle est unie au premier de ces os par un repli péritonéal désigné sous le nom de

méso-rectuvi (jui lui laisse une certaine mobilité. En bas, elle adhère, par un tissu cellulaire lamelleux, au coccyx et à la partie inférieure du sacrum.

Les bords latéraux sont en rapport avec les anses intestinales qui descendent dans l'excavation.

b. — Dans la portion périnéale, le rectum est entouré par l'aponévrose pelvienne supérieure, le releveur de l'anus, le sphincter, un plexus vasculaire et le tissu cellulo-adipeux du creux ischio-rectal.

Structure. — Le rectum est formé de trois tuni(|ues : une tunirpie externe ou séreuse, une tunique moyenne ou musculeuse; une tunique interne ou muqueuse.

La tunique séreuse est constituée par le péritoine qui, à la partie supérieure du rectum, forme à cet organe un méso-rectum, tandis qu'à la partie inférieure il l'applique contre la face antérieure du sacrum. — La séreuse n'existe pas dans la portion périnéale du rectum.

La tunique musculeuse se compose de deux plans de fdjres : les plus externes sont longitudinales, les autres circulaires. Ces dernières sont très-prononcées sur la portion périnéale du rectum où elles forment le sphincter interne, dont la hauteur est de 4 centimètres environ. La portion de l'organe qui se trouve au-dessus de ce sphincter est la moins riche en fdjres circulaires; ce cpii explique comment elle peut se dilater et acquérir des dimensions considérables, par suite de l'accumulation des matières fécales dans son intérieur; aussi lui donne-t-on le nom iVampoule rectale. Parfois, on trouve à G, 7 ou 8 centimètres au-dessus de l'anus un faisceau de renforcement désigné, par Nélaton, sous le nom de sphincter supérieur. Toutes les fibres musculaires du rectum sont des libres lisses. *

La tunique muqueuse adhère intimement à la musculeuse dans les -i/ô supérieurs de l'organe; elle lui est au contraire lâchement unie dans le 1/5 inférieur, ce qui ex[)lique la fréquence de la chute du rectum au moment de la défécation, particulièrement chez les enfants où les connexions sont encore plus faibles que chez l'adulte. Cet accident est donc constitué par une hernie de la muqueuse et non du rectum entier à travers l'anus. • — La nuuiueuse rectale présente, dans la région qui correspond au bord inférieur du sphincter interne, une série de plis curvilignes à concavité supérieure, formant par leur réunion une ligne irrégulièiemenl festonnée; ces i)lis sont désignés sous le nom de valvules semi-lunaires.

La muqueuse rectale renferme des glandes en tube très-développécs. Vaisseaux et nerfs. — Les artères du rectum sont les hémorihoïdalcs supérieures qui naissent de la mésentérique inférieure ; les hémorrhoïdales moyennes qui viennent directement de rhy])ogastri(|ue, et les hémorrhoïdales inférieures émanant de la honteuse interne, branche terminale de l'hyiiogastrique .

Les veines du rectum se jettent toutes dans la mésentérique inférieure. Celles qui naissent de la mucjueuse forment dans le tissu cellulaire sousmuqueux un réseau remarquable, très-développé au niveau des repli, seini-

lunaires. C'est la dilatation de ces veines, particulièrement marquée pendant la grossesse et l'accouchement, qui donne lieu aux hémorrhoïdes.

Les vaisseaux lymphatiques du rectum sont nombreux. Ils partent de la muqueuse rectale et vont se jeter, non dans les ganglions appliqués sur les parois latérales de l'excavation, mais dans une série de ganglions placés le long de la face postérieure du rectum.

Les nerfs du rectum viennent la plupart du grand sympathique, quelquesuns du système cérébro-spinal.

Les branches émanées du système ganglionnaire naissent : 1° du plexus mésenlérique inférieur ; 2° de la portion sacrée du grand sympathique ; 3° du plexus hypogastrique.

Les nerfs du système cérébro-spinal proviennent des 3% 4^ et 5^ paires sacrées.

7' De Vanus. — L'anus est la terminaison de l'extrémité inférieure du rectum; c'est pour cela que nous le décrivons ici, bien qu'il fasse partie du plancher périnéal. Il est situé, chez la femme, à 3 centimètres en avant de la pointe du coccyx. Il regarde en bas et en arrière. Au niveau de la circonférence marquant la limite entre la muqueuse rectale et la peau de l'anus, se trouve une série de plis rayonnes qui disparaissent facilement par la distension. Cette peau est ordinairement dépourvue de poils chez la femme. L'anus n'est pas un simple orifice, c'est un canal composé de deux portions ; l'une supérieure muqueuse, l'autre inférieure cutanée. A la première correspond le sphincter interne formé de fibres lisses ; à la seconde, le sphincter externe, composé de fibres striées. Ces deux anneaux sont disposés de façon que le premier est reçu dans l'intérieur du second et y pénètre jusqu'à la partie moyenne.

Les artères et les veines de l'anus sont les hémorrhoïdales inférieures qui s'anastomosent avec les artères et les veines hémorrhoïdales moyennes et supérieures.

Les lymphatiques superficiels de l'anus se rendent aux ganglions inguinaux, les profonds aux ganglions échelonnés le long de la face postérieure du rectum.

Les nerfs proviennent du honteux interne.

L'anus est souvent entouré vers la fin de la grossesse, pendant l'accouchement et les suites de couches, d'un bourrelet hémorrhoidal qui parfois s'en- (lamme et devient très-douloureux. En outre, cet orifice subit au moment de la période d'expulsion une distension considérable et s'ouvre largement; cette distension cause à la parturiente une souffrance qui persiste quelquefois plusieurs heures après l'accouchement.

8" Vaisseaux et nerfs des parois de V excavation. — Ces vaisseaux et ces nerfs sont extrêmement nombreux et à peu près symétriques pour chaque moitié du bassin; nous dirons quelques mots des plus importants.

a. — Artères. L'artère iliaque interne ou hypogastrique nait de l'iliaque primitive au niveau de l'articulation sacro-iliaque, descend au-devant de cette symphyse, du muscle pyramital et du plexus sacré, et, après un trajet

lie -4 à 5 centimètres, se divise en un grand nombre de branches : ombilicale, vésicale, hémorrhoïdale moyenne, utérine, vaginale, obturatrice, ilio-lombaire, sacrée latérale, fessière, ischiatique, honteuse interne. — L'artère ombilicale, considérable chez le fœtus où elle est presque aussi volumineuse que l'iliaque primitive, s'atrophie après la naissance et se transforme en un cordon fibreux. Elle naît de l'hypogastrique, se dirige en avant et, parvenue sur le côté de la vessie, se réfléchit de bas en haut, longe le bord latéral de cet organe et gagne l'ombilic en suivant la paroi abdominale antérieure ; chez le fœtus, elle traverse l'anneau ombilical, parcourt le cordon et se termine en s'épanouissant dans le placenta. Les deux artères ombilicales interceptent entre elles un triangle dont la base répond à la vessie et le sommet à l'ondjilic; ce triangle est traversé de haut en bas par l'ouraqne (voy. page 6:2). — • L'artère obturatrice nait ordinairement de l'hypogastrique, se dirige d'arrière en avant, et suit le détroit supérieur contre lequel elle est maintenue par le péritoine ; plus loin, elle s'engage dans le canal souspubien et se divise en plusieurs rameaux qui fournissent du sang au pubis, aux muscles obturateurs, aux adducteurs de la cuisse et à la grande lèvre ; dans son trajet, elle est accompagnée par le nerf obturateur qui est placé immédiatement au-dessous d'elle, — L'artère honteuse interne naît de l'hypogastrique, se porte de haut en bas au-devant du plexus sacré et du muscle pyramidal, sort dû bassin entre ce muscle et l'épine sciatique, contourne cette épine et rentre dans le bassin par le petit trou sciatique. Elle s'accole ensuite à la surface interne de l'obturateur interne, et se ramifie dans le périnée (branche périnéale), les grandes et petites lèvres, le bulbe du vagin et le clitoris. ' L'artère sacrée moyenne naît directement de l'aorte, un peu en arrière de l'origine des iliaques primitives. Cette artère continue la direction du tronc aortitpie, mais elle est très-grèle. Elle descend verticalement au devant du corps de la cinquième vertèbre lombaire et de la face antérieure du sacrum pour se diviser, au devant du coccyx, en deux branches qui fournissent des rameaux aux parties voisines et à la glande coccygienne.

b. — Veines. Les veines suivent le trajet des artères et portent le même nom; il est donc inutile de les énumérer.

c. — Nerfs. Les nerfs des parois du petit bassin, des viscères iidra-pelviens, du périnée et des organes génitaux sont fournis en grande partie par le plexus sacré. Ce dernier est constitué par la réunion des nerfs sacrés antérieurs et de la branche londio-sacrée ; celle-ci émane ilu j)lexns lombaire, traverse le psoas et se jette dans le plexus sacré. Ce plexus a la forme d'un triangle dont la base occupe toute la longueur du sacrum, et ilont le sommet, dii'igé en dehors, répond à la grande échancrure sciaticpie, au-ilessns de l'épine du même nom ; là, les branches du plexus sacré se réunissent pour former un gros tronc nerveux, le nerf sciatique, qui va se distribuer dans la fesse, la cuisse, lajamjje et le pied. Les crampes, si souvent ressenties par les femmes dans les nuisclcs du mollet, pendant le travail de l'accouchement, sont dues à la pression que la tête fœtale exerce sur le plexus sacré. Dans son trajet intra-pelvien, le plexus sacré est appliqué contre la face antérieure du pyramidal et croisé

par les vaisseaux hypogastriques qui le recouvrent en partie ; il fournit des nerfs aux muscles pyramidal, obturateur interne et releveur de l'anus, à la vessie, au vagin, au rectum, à l'orifice anal et à la peau qui l'avoisine ainsi qu'à celle du périnée. — Un autre nerf, le nerf honteux interne, se ■ détache de la partie inférieure du plexus sacré, accompagne l'artère honteuse interne dans son trajet, et va se distribuer aux muscles sphincter anal, constricteur du vagin, transverse du périnée, ischio-caverneux, au bulbe du vagin, au clitoris, au canal de l'urèlhre, aux grandes et aux petites lèvres.

Le ne7'f obturateur \ieni ùu plexus lombaire, traverse le psoas, passe sous l'angle de bifurcation des vaisseaux iliaques primitifs, et se place au-dessous de l'artère obturatrice qu'il accompagne ; en sortant du canal sous-pubien, il fournit des rameaux aux muscles deuxième adducteur superficiel et adducteurs profonds.

Modifications de l'excavation par les parties molles. — Les muscles

obturateur interne et pyramidal modifient à peine la forme et les dimensions de l'excavation, parce qu'ils sont peu épais. Sur chaque moitié du bassin, ils occupent les faces antéro-latérale et poster o-latér aie, et ne peuvent avoir aucune influence sur le diamètre antéro-postérieur de l'excavation ; mais ils raccourcissent les deux diamètres obliques et le diamètre transverse de 5 millimètres environ. Flamant croyait à tort qu'en raison de leur' situation sur les plans inclinés de l'excavation, ils pouvaient, en se contractant, exercer une action favorable aux mouvements exécutés par la tête du fœtus pendant l'accouchement.

Le diamètre antéro-postérieur de l'excavation perd aussi 5 millimètres environ par la présence de la vessie et de l'urèthre en arrière du pubis, du rectum en avant du sacrum".

§ ô. — Plancher périnéal.

Le plancher périnéal doit être considéré comme la paroi inférieure de l'abdomen et du bassin (voyez page 48) ; c'est une cloison épaisse et résistante qui ferme le détroit inférieur. Il est traversé, sur la ligne médiane, par trois canaux : l'urèthre, le vagin et le rectum. On donne le nom de périnée k la partie de ce plancher comprise entre l'anus et la vulve.

Les différentes couches qui entrent dans la composition du plancher périnéal sont, si l'on procède de dehors en dedans : la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, la couche musculo-aponévrotique, le tissu cellulaire sous-péritonéal, le péritoine. De plus, on y trouve la glande coccygienne.

A. — Peau du plancher périnéal. — La peau forme la couche la plus extérieure. Elle se continue, latéralement et en arrière, avec les téguments des régions fessières et sacrée; en avant, avec la peau de la vulve. Elle est déprimée sur la ligne médiane où elle répond au sillon interfessier. Ce sillon s'étend du coccyx à la commissure postérieure de la vulve; il est très-marqué au niveau de l'anus (voyez page 00). La peau du plancher périnéal présente

deux ouvertures seulement, l'auus et la feute vulvaire, car l'urcthre n'a pas d'orifice cutané. Le méat urinaire s'ouvre, en effet, sur la muqueuse de la vulve. (Voyez Vulve). — Entre l'anus et la vulve, existe un raphé cutané, légèrement saillant.

B. — Tissu cellulaire sous-cutané. — La couche sous-cutanée contient du tissu cellulo-adipeux et plusieurs feuillets cellulaires dont l'un, plus marqué que les autres, a reçu le nom de fascia super ficialis. Cette couche se continue, en avant, avec le tissu cellulo-graisseux des grandes lèvres, du pénil et de l'hypogastre ; latéralement avec celui des régions fessières. Son épaisseur varie suivant l'emhonjioint, mais elle est toujours très-considérable sur les parties latérales du rectum, où elle remplit les fosses ischio-rectales.

Les fosses iscfno-rectales, au nombre de deux, sont des cavités symétriquement placées en dehors de l'anus et de la partie terminale du rectum. — Chaque fosse ischio-rectale, souvent désignée sous le nom de creux iscliio-rectal, présente deux parois, deux extrémités, une base et un sommet. — La paroi externe est résistante et verticale ; elle est formée par la partie postérieure et inférieure de l'aponévrose qui tapisse le muscle obturateur interne ; elle est limitée, en haut, par la bandelette pubio-sciatique (voyez page 70). — La paroi supéro-interne, mobile, est oblique de haut en bas et de dehors en dedans; elle est constituée parle releveur de l'anus et le sphincter anal. — L'extrémité antérieure est formée, de haut en bas, par la réunion des parois externe et interne, et par le bord postérieur des aponévroses périnéales. — L'extrémité postérieure correspond au bord inférieur du muscle grand fessier. — La base est tournée vers la peau et s'étend, d'avant en arrière, du bord postérieur des aponévroses périnéales au bord inférieur du grand fessier; latéralement, de l'ischion à l'anus. — Le sommet résulte de l'union, à angle aigu, des parois interne et supéro-interne. — Toute la fosse ischio-rectale est remplie par du tissu cellulo-adipeux.

C. — Couche musculo-aponévrolique. — Cette couche, placée au-dessus de la précédente, contient de nombreux muscles et plusieurs apoiu'vroses.

1" Muscles. — Les muscles peuvent être divisés en deux groupes : ceux ((ui sont disposés autour du rectum, et ceux qui entoui'ent l'extrémité vulvaire du vagin. Les premiers com|)rennent le releveur de l'anus, le nniscle ischiococcygien et le spbincteranal;les seconds, le tranverse du périnée, leconstric- Lteur du vagin et le muscle ischio-caverneux.

■a. — Le releveur de l.anus est un muscle pair et syiuélri([iie ; il suffira «loue de r.étmlier sur l'une des moiliés du bassin.

Il est large, aplati et concave en haut ; sa fornu' est triangulaire. Il présente à étudier: un bord externe, un bord interne, un bord postérieur, une face supériem\% uiu>. face inférieure. On peut le comparer à un éventail, dont le centre serait en rapport avec le rectum, et (jui répondrait, par l'un de ses côtés, au grand ligament sacro-sciatique, par l'autre, à une ligne antéropostérieurc partageant le petit bassin en deux moiliés latérales. Le bord arroiuli de cet éventail s'étendrait du pubis à l'épine sciatique.

Le bord externe est convexe ; il s'insère s|ir la face postérieure du corps

PREMIERE SECTION. — A.XATOMIE ORSTÉTRICAI-E

du pubis et sur une arcade fibreuse dite pubio-sciatique, qui se dirige obliquement du bord inférieur du pubis à l'épine sciatique (voyez fig. 33).

Le bord interne s'insère sur le raphé fibreux qui s'étend du coccyx au rectum, sur les côtés de ce conduit, sur le raphé placé entre le rectum et le vagin, enfin sur les bords latéraux de celui-ci et de la vessie elle-même.

Au niveau du rectum, il se confond avec les fibres supérieures du sphincter externe. Ses insertions vaginales ont lieu immédiatement, en arrière du bulbe et du constricteur.

Le bord postérieur répond au bord antérieur du grand ligament sacro-sciatique et du muscle ischio-coccygien.

La face supérieure est recouverte par une aponévrose forte et résistante qui fait partie de l'aponévrose pelvienne supérieure.

La face inférieure est tapissée en arrière par une mince lame celluleuse ; en avant, par l'aponévrose périnéale profonde. Elle forme, en partie, la paroi supérointerne du creux ischio-rectal.

Les fibres musculaires les plus antérieures naissent du pubis et se portent d'avant en arrière sur les côtés de la vessie et du vagin auxquels elles adhèrent. Les fibres autéro-latérales se dirigent vers le rectum auquel elles s'unissent.

En résumé, le releveur de l'anus s'insère, d'une part, sur l'un des côtés dubassin ; d'autre part, sur la ligne médiane où il se confond avec le muscle homonyme du côté opposé. Les deux muscles réunis forment une sangleélastique qui ferme l'ouverture inférieure du petit bassin ; ils ont pour action d'élever l'orifice anal et de le dilater au moment de la défécation.

b. — h' ischio-coccygien Qsl un muscle pair, symétrique; il suffit donc de l'étudier sur l'une des moitiés du bassin. — Il est situé entre le releveur de l'anus et le pyramidal, en avant du petit ligament sacro-sciatique. Il est triangulaire et présente une face antérieure, une face postérieure, un bord supériiHU", un bord inférieur, une base et un sommet. — La base s'insère au bord latéral du coccyx et d^ sacrum, près de l'extrémité de ce dernier

FiG. 33. — Muscles du plancher du bassin vus par la cavité abdominale. Le muscle pyramidal a été enlevé.

A. Coupe de la vessie.

B. Coupe de l'utérus.

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