‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 60 sur 252 · MAMELLES · texte numérisé non relu

MAMELLES

couche de fibres musculaires lisses, formant des cercles concentriques trèsserrés autour du mamelon, et devenant de plus en plus espacés à mesure qu'ils se rapprochent des bords de l'aréole, où ils disparaissent. Tous ces faisceaux constituent un véritable nuiscle peaucier qui, en se contractant, comprime le mamelon. C'est encore sou,s l'influence de ce muscle que la peau de l'aréole se rétracte et se pîisïe quand on excite le mamelon pai- la titillation. L'aréole ne repose pas sur un coussinet graisseux, comme le reste de la peau de la mamelle ; elle est, au contraire, en rapport direct avec le tissu glandulaire.

Le mamelon occupe le centre de l'aréole ; la saillie qu'il y forme est légèrement conique; sa longueur est en moyenne de 10 à 15 millimètres; sa largeur de 8 à 10 millimètres à la base. Mais ces dimensions sont fort variables ainsi que la forme : chez quelques femmes, le mamelon est très-peu développé, et t'ait à peine saillie ; chez d'autr'es, il est enfoncé dans l'aréole, disposition (pii l'appelle celle de l'ombilic abdominal. Ailleurs, il est extrêmement volumineux ou disposé en forme de massue. — La peau du mamelon présente de nombreuses papilles séparées par des plis au tond desquels s'ouvrent de très-nombreuses glandes sébacées. — Au-dessous de la peau, on trouve du tissu conjonclit', des fibres élastiques et des iaisceaux musculaires semblables à ceux de l'aréole. — Cette structure

explique comment les attouchements du mamelon le rendent momentanément plus dur et plus saillant, par suite de la contraction des fibres musculaires; mais il ne faut pas assimiler cet organe aux corps véritablement érectiles, car ses artères sont grêles, peu flexueuses, et ses veines sont peu volumineuses. — Le mamelon est traversé, de la base au sommet, par les conduits lactifères, au nombre de quinze ou vingt, (pii viennent s'ouvrir par autant d'orifices trèspetits près de l'extrémité libre de cet organe, au fond des jtlis ipie les papilles laissent entre elles.

Au-dessous de la peau, entre elle et la glande proprement dite, on trouve une couche de Usm cellulo- adipeux, d'autant plus éj)aisse ([u'elle se raj)proche davantage de la périphérie de l'organe. C'est à cette couche graisseuse

•ir,. 5/.

Glande mainiiiain

M. Wamolan.

T. Sinus lactifère.

(". Cannlirulc.

IM>. Peau.

([ue la mamelle doit sa forme régulièrement arrondie, sa souplesse et souvent la plus grande partie de son volume. Il faut tenir grand compte de cette notion dans le choix d'une nourrice, et ne pas croire que les seins les phis volumineux sont ceux qui fournissent le plus de lait.

La glande mammaire proprement dite est placée au-dessous des parties que nous venons de décrire, dans un dédoublement du fascia superficialis. Elle forme une masse dm*e, aplatie, plus épaisse au centre qu'à la circonférence. — Le tissu glandulaire est divisé en quinze ou vingt lobes, séparés les uns des autres par une enveloppe fibreuse et du tissu adipeux. Chaque lobe est formé par ragglomératioii diiu certain nombre de lobules qui se composent eux-mêmes de culs-de-sac glandulaires ou «c/«/, renllésà leur extrémité. De chacun de ces acini pari un canalicule qui se réunit bientôt aux canalicules des acini voisins. Les conduits des lobules s'anastomosent à leur tour pour former dans chaque lobe un canal principal, désigné sous le nom de conduit lactifère ou (jalactophore. (Chaque lobe ayant son canal principal, le nombre des conduits galactophores est donc égal à celui des lobes, et Ion peut en. compter de ipiinze ;i vingt. Les conduits galactophores se dirigent

tous vers le mamelon; arrivés sous l'aréole, ils préseident une dilatation qui a reçu le nom de sinus lactifère; puis, ils s'enfoncent dans le mamelon, où ils diminuent de volume et viennent s'ouviir séparément par des orifices trèsétroits ; leurs parois renferment quelques fibres musculaires qui font jaillir le lait quand elles se contractent. Les acini et les canalicules qui y aboutissent sont tapissés d'épithélium cubique; les conduits galactophores dans le voisinage du mamelon d'épithélium cylindrique (de Sinéty). — P. Dubois pensait que les conduits galactophores étaient souvent anastomosés entre eux; mais des recherches postérieures ont démontré qu'ils sont tout à fait indépendants les uns des autres dans tout leur trajet. Les artères de la mamelle sont fournies par la mammaire externe, la mammaire interne et les intercostales. — Les veines profondes suivent le même trajet et vont se rendre, les unes dans la veine mammaire interne, les autres dans la veine axillaire. Les veines sous-cutanées sont souvent très-apparentes et forment parfois sous l'aréole un cercle incomplet dit cercle veineux de Haller. — Les nerfs viennent des branches Ihoraciques, du plexus brachial et des nerfs intercostaux.

Les vaisseaux lymplialiques de la mamelle sont de deux ordres : les uns naissent de la glande elle-même, les autres de la peau qui la recouvre.

Les lymphatiques glandulaires naissent de la périphérie des lobules autour desquels ils forment une trame inextricable. De cette trame partent des

FlG. ÔS. — (jiu'iques lobules d'un lobe maniniaire.

AA. Acini.

BB. Caiialiiniles.

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