‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 70 sur 252 · AVANT LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

AVANT LA GROSSESSE

60 à 70 millliniètres

40 à 45 inillimèlres

A la fin du 3= mois de la grossesse 4-= - —

113 à 126 millimètres 151 à 176 — 201 à 226 —

101 millimètres

[ï) Cijclo]). nf Anat. and plii/fi. Art. utérus and ils appeiuhifjes, \>. 615.

Scanzoni, en admettant ces derniers cliiffrcs ponr les diamètres vertical et transversal, ajonte ((ue le diamètre antéro-postérieur, à la fin de la grossesse, peut être évalué à i200 millimètres.

Nous devons faire remarquer que la largeur et l'épaisseur indiquées dans ces tableaux ont été prises au point maximum, et que l'une des colonnes exprime la hauteur totale de l'utérus, en y comprenant la longueur du col qu'il faut évaluer à 30 ou 40 millimètres environ, car cette dernière mesure ne varie guère (voyez Modifications du col), que la femme soit enceinte ou non.

AngmeiKation de capacité. — D'après Simpson, la capacité de la cavité utérine, chez une femme multipare, est, avant la conception, de 2 à 3 centimètres cubes et de 0 à 8 litres au terme de la gestation ; mais cette dernière évaluation est exagérée, et, en moyenne, cette capacité ne dépasse pas 4 ou 5 litres. La dilatation de l'utérus varie d'ailleurs avec le volume de l'enfant et la quantité du liquide amniotique; elle devient parfois considérable dans la grossesse gémellaire et l'hydropisie de l'anniios.

Augmentation de poids. — Au terme de la grossesse, la matrice et l'œuf qu'elle renferme pèsent ensemble G à 7 kilogrannnes. Mais quel est le poids de l'utérus, abstraction faite de l'œuf qu'il contient? Rappelons d'abord qu'avant la conception le poids de l'utérus est de 42 grammes chez les nullipares et de 55 grammes chez les multipares (voyez page 90). Après l'accouchement et l'expulsion du placenta, le poids de la matrice sans ses annexes est, d'après Nœgelé (1), de 750 à 1000 grammes; d'après le professeu!- Depaul (2), de 000 à 800 grammes. Ces chiffres, quoique considérables, nous paraissent encore trop minimes, et, selon Tarnier (3), le poids de l'utérus dans les conditions énoncées plus haut varie de 900 à 1200 et 1500 grammes. Il était de 1700 grammes dans un cas observé par Moreau. La matrice devient donc au moins vingt fois (vingt-quatre fois selon Meckel) plus pesante (pudans l'état de vacuité.

L'augmentation de poids semble d'ailleurs en raison directe de l'augmentation de surface (voyez plus haut).

Changements €ie forme. — Toutes les portions du coi'ps de l'utérus ne se développent pas en même temps, mais successivement. D'abord, lesfaces anli'rieure et |)oslérieure s'écartent l'une de l'autre et se confondent, sans ligne dr démarcation, avec les bords et le fond de l'utérus. De triangulaire qu'elle était, la matrice deviciit piriforme, mais elle reste encore un peu aplatie dans le sens antéro-postérieur. Au troisième mois, elle est sphéroidale et conq)arabl(' à un petit ballon. Puis, h; fond devient de plus eu plus bombé et se développe principalenu'ut, taudis (lue le segment inférieur éprouve des changeinenls insignidants. Aussi, si l'on vient à faire l'autopsie d'une femme morte au ciii- (piièuu' ou sixième mois de la grossesse, on trouve ipu' le point d'iuserliou des tronq)es, cpii sur l'utérus à l'état de vacuité est au niveau du bord supé-

(1) Nœgelé, loc. cit., \k 8-2.

{"!} Depaul, Idc. cit., ]>. \'l't.

(;î) Cazeaux d Taniier, Traité iraecnHchonrnts, cS' iMlilidii, |). 100.

rieur i\o l'organe, se trouve beaucoup plus bas sur l'utérus gravide. Celui-ci a pris à ce moment l'aspect d'un ovoïde.

Dans les trois derniers mois de la grossesse, le segment inféiieur de la matrice se développe à son tour et celle-ci affecte nettement la forme d'un ovale légèrement aplati d'avant en arrière dont la grosse extrémité serait tournée en haut. D'après Hergott (1), l'un des côtés du fond de la matrice, celui dans lequel est logée l'extrémité correspondante de l'ovoïde fœtal, côté qui présente le plus de résistance au palper, est souvent plus élevé que l'autre (jui n'est occupé que par l'eau de Tamnios ou par le placenta. Quelquefois ces deux parties latérales sont au même niveau et il existe une dépression intermédiaire; alors la matrice a la forme d'un cœur de carte à jouer; l'un des côtés est vide, l'autre renferme le fœtus. On constate cette forme sur l'utérus figuré sous le n° 3 dans la thèse d'Hergott.

A la fin de la grossesse, le segment inférieur de l'utérus plonge dans le petit bassin, tandis que les deux tiers ou les trois quarts supérieurs de l'organe remontent dans l'abdomen. A cette époque, les parois utérines sont devenues assez malléables pour se mouler sur le sacrum et la colonne vertébrale ; elles présentent donc, au niveau du promontoire, un angle rentrant très-accusé, (fig. 69). D'autres fois, la matrice prend une direction inverse , s'infléchit en avant, se recourbe au-dessus des pubis, et le ventre tombe au devant des cuisses. La présentation et même la position du fœtus, la grossesse gémellaire, Thydropisie do l'amnios, les vices de conl'ormation du bassin et de la colonne vertébrale, l'inégalité de résistance des parois Représentant un utérus de la matrice sont autant d'éléments gravide ayant la forme d'un cœur de ,j,ii peuvent modifier la forme de cet orcarte à jouer, l'angle gauche étant

plus élevé que l'angle droit (d'après ^ ' ,

Hero-oti) A toutes ces causes, nous devons

ajouter le développement irrégulier de l'utérus. Le professeur Depaul (2) fait observer avec raison que les bords latéraux se développent inégalement ; aussi est-il très-rare de trouver les deux trompes au même niveau ; il y a ordinairement 1 ou 2 centimètres de différence, dans la hauteur à laquelle se trouvent placées les insertions des deux oviductes.

Habituellement, la paroi postérieure du corps de l'utérus, dans ses deux tiers supérieurs, se développe plus que la paroi antérieure; ce qui le prouve,

(1) Essais sur les différenles variétés de forme île la matrice pemlunt la (jcslalion et l'accouchement. (Hergott, Strasbourg, tSo'J.; ('2) Leçom cliniques, p. 10."].

FiG. G7.

c'est que riiisertion des trompes n'est plus située à la réunion île la moitié antérieure avec la moitié postérieure, mais hien plus en avant, c'est-à-dire à la réunion du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs de la matrice dilatée. Le contraire se produit au segment inférieur, car on trouve, même dans les cas normaux, ({u'il est plus développé en avant qu'en arrière, de sorte que le diamèlre longitudinal partant du fond de la matrice passe en avant du col. Ce fait explique pourquoi le col paraît fortement dévié en arrière, ce qui le rend souvent fort difficile à atteindre à la fin de la grossesse, et pourquoi la tète, en s'engageant dans l'excavation, est ordinairement coitîée par la paroi antérieure du segment inférieur de l'utérus. Quelquefois, cette disposition naturelle s'exagère et il se forme une espèce de poclie que Wigand désignait sous les noms de dilatation sacciforme : sticcKs cœcus uteri (I).

Cette dilatation pont également se produire en arrière, quoique plus rarement. Le professeur Depaul en a cependant ohservédeux exemples très-remar- (lual)lcs, et l'un de nous a vu récennnent un fait de ce genre. (Voyez Dystocie.)

Situation de l'utérus gravide. — La situation de l'utérus, aiix différentes époques de la grossesse, offre d'assez grandes différences individuelles dont on n'a pas toujours tenu un compte suffisant. Si l'on s'en rapporte aux descriptions classiques, le fond de l'utérus, pendant les deux premiers mois de la grossesse, bombe légèrement; mais on n'en constate pas encore la présence au-dessus du détroit supérieur, car, en même temps que le fond s'élève, le segment inférieur s'abaisse dans le vagin. Cet abaissement tiendrait, d'après Cazeaux, à deux causes : 1" à l'augmenlalion de volume et de poids de l'organe, qui s'enfoncerait i)lus prafoniUhuentdans le bassin en obéissant aux lois tic la pesanteur; 2" à la pression de la masse intestinale qui repose sur le fond élargi de l'utérus gravide. Celui-ci se logerait dans la concavité du .sacrum; son corps se renverserait en arrière et à droite, à cause de la pré- .seiice du rectum à gancbe. L(; col serait i)ai' consé(pienl <à cette époque de la grossesse, dirigé en bas, en avant et à gaïu'be.

Les cliiingemenls que nous vcnows de signaler sont loin d'éti'o constants : cliez un grand nondirt; de l'ennnes, le lontl de l'utérus, dès les premières semaines de la grossesse, dépasse le bord supérieur des |)uliis; le col ne subit ni abaissement, ni déviation; l'organe n'éprouve; aucun mouvement de ])ascule qui le porte dans la concavité du sacrum.

Quoi qu'il en soil, ordinairement à la fin du troisième nntis, l'utérus, dont l'accroissement est continu, ne trouvant plus dans Fexcavalion un espace suffisant s'élève au-dessus du détroit supérieur, parallèlement à l'axe de ce détroit, et dépasse la synqibyse pubienne d'un travers de doigl environ. Cependant, Tarnier a observé un fait dans le(|uel bî fond de la matrice, au quatrième mois de la grossesse, dépassait à peine de (joelques millimèlres le pubis, sans qu'il y eût d'abaissement ou de i)rolapsus utérin (pi'on piit invoquer comme explication de celte anomalie.

(1) f)ic Cchuii (les Meitsclien, I. Il, \k 100. Herlin, IK-20.

On admet généralement qu'à 4 mois, le fond est situé à peu près à deux ou trois travers de doigt au-dessus du pubis; à 5 mois, à un travers de doigt au-dessous de l'ombilic; à 0 mois à un travers de doigt au-dessus ; à 7 mois à trois travers de doigt; à 8 mois à quatre ou cinq travers de doigt (Cazeaux). Au commencement du neuvième mois, l'utérus continue à s'élever; au con-

Eic. 08. — Situation de l'utérus arrivé à un degré avancé de grossesse, dans l'attitude verticale de la femme.

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