SUR SAINT-GEORGES. XXJ
BechercLé dans toutes les sociétés^ il fut redevable souvent àr la masique de liaisons où Tamour entra pour quelque chose. Doué d'une expression vive> il aimoit et se faisoit aimer»
Avec un cœur aussi sensible il devoit être gênél^eux, aussi Tctoit'^il extrêmement; méprisant pou^ lui la fortune, ce qu'il possédoit appartenoit 1 ses amis. Libéral, bienfaisaut, il se privoit pour soulager le malheureux : j'ai connu moi-mème des vieillards auxquels il a porte des secours et les soins les plus touchants, tant que ses facultés le lui ont permis*
11 rendoit encore ses dons plus précieux par la délicatesse qu'il mettoit à les faire accepter. Il aimoit particulièrement les enfants. La douceur, la bonté et la connance étoient nées en lui, et, malgré la vivacité de son caractère , il s'observoit si bien qu'on n'avoit jamut y k se pla îficTre de ses emportements. Il étoit , dangereux cependant de le pousser à bout; mais, revenu à lui, il employoit tous les moyens pour faire oublier ce que ses discours auroient pu avoir d'offensant.
Il ne vouloit pas compter un seul ennemi, et l'on étoit obligé de l'aimer et de l'admirer. Bon jusqu'à la foiblesse, il se laissoit entraiuer sans songer souvent qu'une affaire d'iniérèt l'appeloit, ailleurs. On ne pouvoit lui en vouloir, puisqu'il
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s'oublioit lui-même. Il a été à portée de fixer la for-» tune; mais le désintéressement ^ et sur-tout la légèreté ^/le son caractère ne .lui ont jamais permis de poursuivre long-temps un même objet.
Saint-Georges ressentit les atteintes d'une maladie de vessie ; et^ par suite de sa négligence habituelle , il y fit peu d'attention ; il cacha même un ulcère qui étoit la source de son mal ; la gan* grène s'y mit, et il succomba le 12 juin 1799- U descendit au tombeau, accompagné des regrets de tous ceux qui avoient eu l'avantage de le counoitre.
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