‹ Traité de l'art des armes: à l'usage des professeurs et des amateursChapitre 30 sur 84 · MANIÈRE DE TIRER LE MUR · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE TIRER LE MUR

Il a été racommandë de faire tirer au commenoement des leçoDS des coups droits et de singles dégagements i on renouvellera ces exercices phis fréquemment encore, quand on s^aperceyra que Técolier se désunit, et dans ce cas on le ramènera au simple^ Lorsqu'il est en état da tirer avec les autres élèves , on lui enseigne à bien pren* dre sa mesure ; après Tavoir hit mettre en garde, le maître tient Fépée en quarte et lui dit : « Engagez Tépée en' tierce , portez la main au chapeau avec grâce en arrondissant le bras; ôtez le chapeau, étendez le bras gauche jusqu'à sa place dans la garde ; en même temps qu'il baisse, que la main droite s'enlève pour couper sur la pointe. » Le maître tient la pointe un peu basse pour ta* ciliter le coupé, et doit même conduire la main en disant de couper sur la pointe,. c'est-à-dire de passer dessus, il y a moins de dbemin qu'en dessous. U fieiut que la main tourne ou pivcfte en coupant et qu'elle gagne la plus grande hauteur sans tirer, la pointe fixée au corps pour la bonne grâce. La main étant arrivée au plus haut de« gré, de même que dans un coup de muraille , et la tête extrêmement droite, le mattre donne son corps en écartant sa main à droite et la soutenant à la hauteur de la garde. L'écolier tire la main haute, sans toucher, le con-

traire ne seroic pas honnête. Après être resté nn temps il se rdéreet salue, qui est de former la parade de quarte et tierce; puis il remet Tépée devant lui et le chapeau sur la tête comme dans le grand salut que le mattre fait ré* péter à la fin de chaque leçon.

Le mattre ayant bien fiiit asseoir l'élève sur la partie gauche , regarde si ses hanches sont effacées , le bras gauche à sa place, Tépée bien devant lui, sa main demitierce , sa pointe près le passage de Tépée et le fort dans le foible, alors il lui dit : « Passez le bouton en tierce, puis enlevez la main en baissant le bras gauche ; que la main arrive au plus haut, la pointe fixée au corps sans tirer. » Le mattre fait remarquer à Téléve que dans cette position il tient le foible, qu'il le maîtrise ; étant donc bien as^s et les hanches efSaicées , l'écolier lèvera le pied droit et partira en tendant le jarret gauche, tandis que le pied droit rasera le sol. Le pied une fois posé , la main se porte en avant pour achever le coup. Comme on ne doit pas toucher à ce premier mur , la main reste haute et constamment soutenue , alors le foible ne cesse pas d'être tenu ou mahrîsé dans tous les coups.

La main ne doit se porter en avant que lorsque le pied est absolument à terre ; la mouvoir plustôt semble natute\j mais c'est aux dépens de la hauteur, aussi £aiut-il outrer dans la leçon ; car dans l'exécution la main baisse toujours. Sur le développement , le mattre parera tierce le plus légèrement pos^ble, pour ne pas déranger les positions. La main de l'éléve^doit obéir à la parade en pivotant, sans que la pointe s'écarte du corps plus que ne l'a éloignée la parade, c'est-à-dire quele fer de l'écolier

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ne quitte pas celui du mattre, image de Tassant. Par ce moyen elle y reviendra plus vite et en ligne ; surtout que le fleuret ne soit pas serré et que le poignet ne plie pas ^ c^est une mauvaise habitude qu^il ne faut pas laisser con* tracter aux écoliers.

L'élève se remettra en garde, le bras et Tépée devant lui, le tout d'un seul t^nps. Le pied étant posé à terre, on doit être prêt à tirer de nouveau sans qu'il y ait la moindre chose à faire. Ensuite le mattre fera passer la pointe en quarte le plus près possible du talon de son fer, la main d^ni-tierce, pour qu'elle ait plus de jet et d'action dans l'élévation, et dira alors à l'élève: «Tournez les ongles, enlevez au plus haut, prenez l'opposition ; restez là. » Ici il fera encore observer la tenue du fort au foible : « Partez , relâchez - vous , le jarret gauche bien tendu » ; si le pied gauche a levé sur le développement, le pied droit se trouvera trop loin; on ne sauroit trop faire attention à cette feute, qui nuit à la fermeté des jambes; « en garde. »

Le mattre exercera lui-même l'écolier le plus qu'il pourra, avant de le laisser tirer avec les autres élèves qui, étant plus forts, s'exercent pour eux, et dérangent souvent les commençants. Il lui fera faire ensuite les parades du mur, qui sont d'autant moins difficiles . qu'il ne s'agit que d'un mouvement de la main. Le grand talent du mattre est de savoir bien donner le fer, et toujours à l'avantage de l'élève, c'est-à-dire, d'avoir la main plus basse que la sienne, afin qu'il sente l'effet de la prise du foible dans son élévation. Quand le maître va à la parade de quarte, et se trouve touché par la

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|>rise du foible, Técolier quelquefois laisse tomber la main et le corps, le mahre, qui s^aperçoit de cette pa- ' resse delà main, fait tirer le mur doucement, et force ainsi Fëcolier à fieiire pr^éder le mouvement de la main à celai du corps, et à se tenir droit en cavant la hanche gâtiche. Pour hitû pare^le knur, le maître place l'ëlévè l>ién sous lui, parfaitement ei&cé, et la garde devant lui. Il donné Fépëe, son foible dans le fort, pour faire sentir Teffet de la parade, et dit : « Parez tierce en tournant la main tout-à-&it , afin de former Fangle en lais^' Bant la pointe au corps, v Le maître, en se relevant^' ajoute : « Bemettez-vous en garde partagée, à même de parer le dessus comme le dessous, après la parade dé tierce parez quarte. » Ce mouvement a lieu eh opposant quarte à quarte, et en tournant les ongles en des» isous; cela ^ëtermine l^ngle^ produit le tac, et l'écart du fer par là parade.

Lé maître àloi^, jugeant VéUve réglé dans s6s tnouvétnents et ferme dans ses positions, le fera tirer aVec d^autres qu'il choisira beaucoup plus forts que lui , et assez Complaisants pOur Tàidet* dé leurs conseils. Aux leçons plus avancées , on s'occupera de celle du mur à toucher; mais, poui^ eh Venir là, il feùdra être bien sûr de la retenue du corps, et même on né passera à l'exèrcice du mûr à toucher qu'après avoir mis l'élève quel- . que temps à l'assaut , afin qu'il ait un certain degré de Souplesse y qUi est indispensable*

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