‹ Traité de l'art des armes: à l'usage des professeurs et des amateursChapitre 29 sur 84 · DE LA MANIÈRE DE UER LES COUPS AVEC LES PARADES · texte numérisé non relu

DE LA MANIÈRE DE UER LES COUPS AVEC LES PARADES

Lier les coups oifee les parades est ce que Fécolier a le plus de peine à saisir; cependant cette science est très importante, puUqu^elIe le met en état de profiter ^es leçons suivantes. Le maitre en conséquence le tienr dra quelque temps à celle-ci, et ne lui enseignera rien de nouveau qu^il ne çonnoisse par&itement les positions, ^u^il;ne tire, ce qu^on appelle h fond ^ que ses coups ne soient eiitîèt«menl finis, et non multipliés, qu'ail me se relève vite, et non aux dépens des coups qui ne seroient pas achevés, qu^enfin il ne coonoiese bien tous les temps. . ^

- Le maitre fait placer à son élève le talon droit à la chevAle gauche, en lui disant do. se mettre en garde de Itd-^mraiepanr Thahituer à être en ligne comme il faut. Il doit même le tr(»nper, en .se mettant exprès hors de la ligne pour le forcer à la prendre.

Il fiiut que les pointes des pieds des deux adversaires «oient vis-à-^vîs Fuije de Tautre; autrement il y ^uroit sm désayantage mutuel , ils tireroient de travers pour

ajuster. Cest à T^olier à se placer bien en fiice de son mattre, et non à celai-ci à prendre Talignement.

L^éléve placé comme il feut, le maître prend Fépëe en quarte en dedans, et, après avoir donné son coup» d^œil sur les positions, dit à Técolier : « Sentez Tépée le plus légèrement possible, couvrez -vous, frappez du pied, préparez-vous à marcher sans que le corps re» mue, relâchez la dureté du bras et des doigts, n^ap* puyez pas sur mon fer, marchez à moi; si j^ai la main basse , tournez les ongles , enlevez la main , levez le pied, tendez le jarret gauche, restez là, soutenez le corps droit en cavant la hanche gauche, replacez-vous,, en garde; je serre Fépée, retenez le corps, passez le bouton en quarte sur les armes, tournez les ongles, enlevez la main, baissez la gauche sans tirer, absolu-^ ment pour bien sentir le mouvement de Félévation , partez, replacez-vous, en garde, tournez les ongles de quarte, enlevez au plus haut, et que les temps soient bien achevés, n^appuyez point sur mon fer, qu'à peine je sente le vôtre, tirez quarte sur les arme», répétez plusieurs coups de suite avec la même légèreté, la pointe fixée au corps sans a^écarter; engagez Pépée de quarte en dedans, frappez du pied, un întecvalle entre Fenga^ gement^et Fappel. « Il y a du danger à faire deux temp« à-la-fois, cela ébranle'trop le corps, et devant une main légère qui sait profiter de tout, il faut toujours être prêt à parer.

«Effacez les hanches, asseyez le corps bien en ar-^ rière, marquez la feinte une, deux, le plus pr^s pos<» sihle du talon de mon fer, tournez les Qngles, enlevejc.

la main, je pare qnarte, restez là, relevez-vous, et parez quarte, soyez aesis, effacez -tous, tournez les ongles, enleyez sans tirer, ripostez quarte, c*est-à-dire , rendez ^e coop après la parade, en garde.

c J'ai paré quarte sur la feinte une, deux, il faut marquer la doublé-feinte pour tromper tierce et quarte, marquez une, deux et trois, tournez les ongles, enleyez et tirez; je pare tierce , relevez-vous, je riposte seconde, parez le demi-cercle, achevez votre parade en tournant bien les ongles, la main à la hauteur de la bouche, ripostez quarte, relevez-vous, parez tierce, rendez tierce, et en garde. Marquez la feinte une , deux , de quarte en dedans pour tirer quarte sur les armes, la pointe basse, le fort dans le foible, tournez les ongles, enlevez, tirez, en garde. Relâchez lai dureté du bras et des doigts, que le fleuret joue dans la main , la pointe légère , marquez la double-feinte bien près, enlevez, tirez quarte en dedans, je pare quarte, en garde: parez le demicercle, restez là, parez octave, les- ongles tout-à-feit tournés, comme au demi-cercle, pour que Tangle chasse ma pointe de la ligne de votre corps, tirez octave, restez là , reIâchez-vou9. » Il n'y a que cet exercice pour bien imprimer les positions.

« Rélevez-vpus en prenani) Tépée en tierce, baissez le fort de votre épée sur mon- foible et la pointe au corps ; laissez-la tomber en seconde , tournez la main tierce , enlevez-la au plus haut; si elle n'est pas bien soutenue, la pointe ira à nia droite en feuchant ; je pare seconde ou octave; relevez-vous Fépée en tierce, et marquez la feinte de seconde ; tirez quarte sur les armes , je pare tierce ;

que votre main obéisse à la parade en tournant tierce tout-à-fait sans que le poignet ployé , et preni^at bien Topposition de tierce sur tierce, la figura en dedans du côté opposé à la pointe adverse ; restez là ; baissez Fépaule , relâchez-vous , Jie br^s gauche détaché de la cuisse , ]a main tierce, le piedgauçbe d^aplomb , le jarret tendu, la tête haute , en garde ; je tire seconde , parez le. demicercle , tirez quarte , la main haute , en garde , je tire tierce , parez tierce , doublez, la feinte en seconde, enlevez , tirez , relevez- vous h Tépée à» tierce ; passez Fépée en quarte en dedans en touroant les ongles, enlevez , tirez. » Ces dégagements , x^omme on Fa dit ,. doivent être esécutésprès et finement, que la main précède le mouvement du corps sans quç la pointe s^écarte, «t que le coup touche dans une position facile, ménagée par Tadresse du maître en raisoo des moyens de l'élève. Le maître doit avoir paré la main assez basse pour que Téjcolier en tirant ait gagné le foîble ; s^il ne touche pas, le maître Ivi démontrera que le corps est parti trop tôt, ou que la main aura été paresseuse. Le corps étant replacé, le maître fait tirer des co«ips simples, passer des dégagements et des contre-dégagements.

L'épée engagée en tierce , le maître dira : « Parez quarte, contre- dégagez .quacte sur les armes, tournez les ongles, enlevez la main, partez, en garde; parez quarte, ti^ce, panez le demi^cende, octave, qnarte sur les armes en opposant; panez quarte et tierce, doublez le dégagemem.en seconde, au contre, dégagez seconde, la main tierce et tirez, restez; relevez^vous à Vépée de

tîelrce, tonniez les onglée de quarte, enlevez la main au plus ^laut^ans appuyer sur mon fer. »

Cette leçon étant sue passablement, le mattre appliquera l'élève à Tétnde du mur, afin qu^il puisse s^exercer avec les autres*

ÉLOOE DV UV%.

Le mur bien étudié et bien raisonné est le fins bel exercice de Tart des armes; il peut être d^autaot plas parfait quil n^est pas contrarié dans son exécution. Le mur donne la grâce, retendue, Taplomb, la fermeté des jambes, et la parfaite connoissance de la mesure, point essentiel pour un tireur; ii donne enfin à Técolier toute la vitesse dont ses moyens physiques le rendent susceptible.

Celui qui est parvenu à tirer le mur, à t6uc|ier, ne fât^i pas d^aille^rstrès fort, aura toujours un grand avantage daiis J'assaut; car il aaura'tirer de loin, et par cette raison moins exposé, il tiendra soti adveriaiire hors de mesure^ position bien préférable à celle qui nécessite plusieurs temps avant le dévoloppetpaent régulier.

Avec de certains tireurs , avnpt de développer il est Tiécessaire de feîre appuyer sur le fer ^ afin d^éviter le coup 'pour coup; Celui qui «a«ra bien tirer le mur fera moins-de temps et aura plue d^rr q«ie cdui qui n^en a pas la connoissance. Lq mur donne ia feeilité de bien défeiidre son terrain. On voit pius de tireurs mardher et coudrir qu^on n'en trouve qui tirent de* leu^ place ; les pre-

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miers se font arrêter dans leur course, ils ne peuvent se couvrir d^un côté qu^ils ne se découvrent de Fautre : ils xiè sauroient tirer et marcher à-la-foi8.|Le tireur de vitesse , toujours prêt à partir , se développe dès qu^il est. appelé dans lés jours que lui laisse un adversaire. On peut citer M. de Saint-Georges comme ayant tiré le mur supérieurement , ainsi qu^on peut I^ voir dans la note historique qui le concerne. Il nous a servi de modèle par sa perfection dans cette partie de Texercice des armes.

Les jeunes gens manquent ordinairement de patience et ils ont grand tort; ils croient qu-on veut les tromper lorsqu^on les engage à étudier et à travailler le mur en détail y c^est-à-dire à le décomposer. G^est pourtant la meilleure manière de le sentir promptement.

Lorsqu^on a surmonté les premières difficultés ,. cet exercice devient extrêmement attrayant , tant pour Faisance qu^il donne que pour le plaisir que Ton éprouve en acquérant de la vitesse. Il résulte de ce travail un avantage sensible. Si dans Tassant Fadversaire présente un jour pour faire tirer ) et dans Fintention lui-même de prendre un coup quelconque^ le bon tireur.de mur ne s^amuse pas à tromper, il développe un coup de muraille qui a plus de mérite qu'une jmult^licité de temps pour tromper le jour, temps qui donnent lieu à une infinité de coups que Fon peut prendre. Les coups développés, et le jeu de longueur sur-tout, ont été reconnus pour les plus beaux jeux d'armes ; il ne jBgiut pas même être connoisseur pour en sentir Favantage.

Gelui qui développe franchement montre de la grâce 9 il plait à tous les spectateurs ; celui qui tire mal le mur et

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qui n'a que de la main , vient toujours corps-à-corps pour toucher. Cette manière est contre la nature des armes. Au chapitre des assauts on parlera des inconvénients de ne pas développer, et de la supériorité du jeu de longueur , qui émane du tiré du mur. Le tirer aussi vite que que M. de Saint-Georges seroit trop exiger ; il faudroit être doué de ses moyens qui étoient extraordinaires; mais on peut le tirer aussi régulièrement, et même très vite , sans toutefois atteindre ce degré de supériorité qui tient du prodige. Nous avons eu des écoliers très forts en cette partie , moi-même je puis assurer que j'ai dâ à l'exercice du mur mes succès dans les divers assauts que j'ai faits.

' M. Tillagorie, l'oncle, un des plus célèbres démonstrateurs que nous ayons eus, et dont mon père estimoit lès talents y'a fait une quantité de forts élèves, et uniquement par Texercice du mur ; il n'y a pas long-temps que nous avons perdu ses deux neveux , tous deux d'une grande force, et l'un et l'autre maîtres d'armes des académies du Roi, ainsi que M. Donnadieu, décédé depuis peu. Tout le monde a connu la force de ce dernier , la réputation dont il a joui étoit acquise à juste titre. Ces trois maîtres éioient élèves de M. Tillagorie. Ce démonstrateur célèbre étoit très petit, il n'a jamais été fort tireur d'armes , il en convenoit lui-même, mais il possér doit son art. et le démontroit fort bien, cela suffît pour £siirede bons élév^ss. Ces professeurs illustres que je me plais à citer n'ont dû leujs.grands talents qu'à l'exercice du mur.

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