‹ Traité de l'art des armes: à l'usage des professeurs et des amateursChapitre 32 sur 84 · QUINZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON

EXPLrCATION DES RIPOSTES FAITES DU TAC AU TAC ET EN TfiMf»S PERDUS, DU CONTRE-DÉGAGEMENT, DE LA FEINTE ET DOUBLE-FEINTE SUR LE CONTRE-DÉGAGEMENT.

Dans la garde, ainsi que dans la retraite, le mattre aura Fattention que Féléye tienne directçment sa ipaia

devant lui en garde étendae, l'endroit de la saignée toujours flexible. Quand il n'est pas couvert , le mattre tire droit pour l'obliger à tenir la pointe adverse hors de la ligne du corps; il en usera de méipe dans les marches et dans les retraites.

Le bras et la main de Féléve doivent être assez souples pour qu'en tenant le bouton de son fleuret , le i|iattre , à l'aide du sien , puisse placer sa maiiv ou plus haut ou plus bas, à nécessité, et, par ce moyen, étendre la garde plus ou moins. S'il résistoit, c'est au mattre à recommencer à l'assouplir, je l'ai dit et ne puis trop le répéter ; il doit s'occuper continuellement à relâcher la dureté du bras, car on se roidit sans s'en apercevoir, et nécessairement on devient lent. Le mattre doit encore iaire placer l'élève en garde , comme on l'a déjà recommandé, et lui fiadre tirer des coups droits et des dégagements jusqu'à ce que le corps soit établi comme il faut, tant dans la garde que dans le développement qui veulent être achevés. On passe de là aux ripostqs du tac au tac et aux^ ripostes en temps perdus. Le mat^ tre dit : « Pare? tierce , rendez tierce. » Vous ne tirez tierce que dans le cas oii le fer seroit écarté ; on en expliquera la raison.

CettQ riposte s'appelle du tac au tac. Parez présen-» tement quarte, ripostez du tac au tac; cette riposte a lieu surles parades doubles comme sur les simples. Il n'en est pas de même des ripostes en temps perdus, elles sont bien plus difficiles , ce sont elles qui forment d'habiles tireurs, en leur donnant de la main, de la retenue de corps , des jambes et du développement.. Le maître dit :

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« Parez le contre de quarte , restez là ; si je charge le fer, vous ne devez pas le quitter pt)ur riposter, par^e-^ que je peux remettre Vépée au corps, attendez donc msl retraite; ôi je me relève en baissant la main , Vous tire:^ droit; en garde, parez le contré, attendez ma retraite^ ai je me relève en serrant Tëpée, vous dégagez. » Le mattre prend le contre pour ne point changer Tengage^ fùetït, ft En garde, parez le contre dé quarte; dans ma retraite, si je me relève en garde partagée, ayez la pointé hasse et légère, que la inain légère également soit demitierce, elle passera plus facilement. Marquez la feinte une, deux, tournez les ongles, enlevez, partez, en garde; parez le contre de quarte, attendez ma retraite en perdant un temps. Je suppose avoir paré tierce et quarte sur votre /einte; vous devez marquer la feinte une, deux, trois, tournez les ongles, enleVez, drez quarte sur les armes; j^ai pris le contre de quarte, relevez-vous, parez le contre de quarte dans vôtre retraite, et attendez la mienne^ éontre-dégagez sur les armes; je pare le contre de quarte et tierce, relevez-vdus, je riposte seconde» ]Saréz le demi-cercle et ripostez quarte, en garde; parez le contre dé quarte, vous avez contre-dégagé sur les armes; j^ai paré le contre de quarte et tierce. A présent if faut contre-dégaget* sur les armes; si, après avoir paré le contf'e de quarte, je vais à la parade de tierce » alors vous repassez dedans pour tromper cette parade » par ce moyen, vous aurez marqué la feinte, toumeai lès ongles, enlevez, tirez, eh garde; parez le contre dans votre l'etraite, attendez la mienne , côntre-dégages quarte sur les armes; je prends îe contre de quarte et

OB VâAT des AâMES. 7I

iferce; après ma pahide dé tierce , repasses dedans; je repreads la pafàide dé quaritè, redé^agée sur lés annes^ ce qui s'appfeUe dans son ensemble c6itfre-dégager et doubler k feinte sur les armes, ou contre-dégager des-* 8tt9, rerenir dedans et repasser dessus. » Ge qui n^^est pas moins difficile , c'est de tromper leé deux centra* Lé maître 9 engageant Tépée çni quai^te, dit : « Parez lé contM dé quarte y attende^ mià retraité ^contredégagez sur les armes , ne tiresft pèé, retenez fe corps en arriéré pour que Votre bouton né touche pas kr garde de mon fleuret, y Faites attention que votre poiiitioù éuint d'as^ saut y die doit être éténdoei dé métae que la mieMie , autrement tous auriez trop dé fecilité , votre main ne précéderoit pa^ le moûVétoent du* cérps. Je fiais Cette observation principitleiMnt pour leè ntatttres qiiî ont le dé&iut de trop retirer là maiii sur le céup compliqué , le corps de Télève alors part trop tôt, et sa main devient paresseuse. Je prends le contre de quavté et tierce, passez dedanë; je prends lé Céétre de tierce , repassez dedans une seconde fois, tournez lés ongles, enlevez en prenant ro^positiéu dé quarté, vous aurez ainsi trompé le contre dé quarte, tierce simple et lé cbntré de tierce, et le maître. Vous aurar fait trompe^ lés deux contré ou contI^e-dégager dessus, puis dédatos ce qui revient au même. Uëléve répétera* ces liié^vemeats jusqu'à ce qu'il lés fesse aussi bien que sa fo^rée lé permet , le plus près du fer posdtSé.

Il né feut exercer ^es élévesF à ces coupé que éé loin en loin , c'est^-i-dire, laisser entré mr coup compliqué et un autre un asset grand imérraUe, pendant lequel

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on leur fait tirer des coups droits et de simples dëgage* ments; après on revient aux coups compliques;, en n'y mettant quelque repos ou interruption, il n'y auroit plus un seul coup de déployé juste ni à fond. Il est donc essentiel de ne point les trop multiplier, pour qu'ils soient mieux compris. Il est à observer que dans tous les passés de la pointe, la main doit rester demi-tierce ^ ^t ne tourner qu'au dernier temps-: je suppose , si elle tourne avant la fin d'un contre-dégagement, que les ongles se trouvent en l'air, la main n'a pas de jet, elle s'enlève plate, et alors elle est lente. Tous les passés de la pointe les plus compliqués finissent par un coup simple tiré de vitesse; la même chose a lieu sur l'engagement tierce. Le mattre doit alors changer l'engagement eq faisant passer l'épée en tierce, contre-dégager dedans et contre -^dégager sui^ les armes. On revient •^ après aux coups simples ^ au?c dégagements pour re^ placer le corps.

Le mattre, Fépëe en tierce, £siit engager en quarte, et dit : « Parez le contre de quarte, attendez ma retraite, contre-dégagez dessus et contre-dégagez seconde, v L'élève a^ura trompé le contre de quarte et le demi-cercle. Ces coups doivent être exécutés de suite, comme ils sont démontrés, depuis une, deux jusqu'au contre-dégagé , la double -feinte^ et trompe les deux contre. Nous Je répétons, il ne faut faire fçirç ces coups que selon la force de l'élève, en ayant soin qu'il passe son bouton près du t^Jlon du fleuret adverse. Ge n'est pas. que beaucoup de maîtres ne connoissent ces coups, et nç les f^sseqt ei^écqter jmais quand ils ne sont pas accompagnés d^U9

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très petit. mouvement, il arrive que dans Tassant on manque le corps; on cherche à éblouir par des coups .compliqués 9 tandis que la vraie et bonne leçon tient ji la régularité y et soufifre d^antant moins de licence que Ton perd toujours trop dans Fexécution. Un bon mattre .est jaloux au contraire d'inventer de nouveaux moyens, pour foire exécuter chaque coup plus régulièrement en^ . core qu'il ne l'a démontré.

Nousi en sommes aux ripostes de. quarte sur les ar; mes en temps perdus ; le mattre dit : « Parez le contre de tierce, attendez ma retraite; si je me relève sans opposition, tournez les ongles en quarte, et, mettant beaucoup de liant, enlevez la main, prenez l'opposition, levez le pied, tendez le jarret gauche, partez, relevezivous, le bras gauche à sa place, ployez bien dessous vous; voici un coup difficile à bien foire, il mérite attention: Parez le contre de tierce , attendez ma re^ traite, relâchez le bras, la main et les doigts, les hanches effocées, ployez dessoas vous, laissez-moi relever en attendant que votre pointe soit près du passage de l'épée ou duvtalon, passez le bouton le plus près possible en dedans; tournez la main quarte, vite qu'elle pivote, enlevez, tirez. » On ne saurbit trop répéter ce coup, il donne de la main , des doigts, de la retenue du corps, des jambes et du développement; c'étoit un de ceux que Saint-George exécutoit supérieurement, tant dans la leçon que dans l'assaut. .

En garde, parez le contre de tierce, retenez le corp^i asseyez^ vous, en.efiaçant les hanches. Attendez ma re« traite jusqu'à ce que votre bouton soit près du talon de

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mon fer pour que le passé soit pias fia ; marquez la feinte une^ éeax , tournez les ongles^ enleyez la main f feitesla arriver ad plus haut, le corps bien assis, et partez quarte } H ne feiut pas pousser sur lè plastron, il y aunnis deux temps pèrdiis, celui de Fafiaissement ^ et celui de «eleyer le corps qui doit être ^Perpendiculaire daai le déT^f^yement. Un tireur qui prend bien leçon ne doit presqiie pas appuyer sur le ptâstrùn. En garde ^ parez )e contre de tierce , attendez k retraite; quand je me rôléve, ma^quét la deoble-feânteyla main demi* tierce et la poiate près du talon de mon fer; tournez les 6ngles de quarte, etNite en enleTMit la main. Partez, restez là , soutenez la main , relâchez tes épaules , le corps diroit, 6avet la haacfae gaucte, le pied gauche d'à-» ploaib et le jarret téiada; ea garde. L'élève, ayant mar^ que la double-feiate, se trouTe quarte en dedans; H feut lui feire engagei^ Tépée ea tierce, frapper du pied et as-» séotr le corps sar la partie gauche pour qu'il ne remue pas : etisaite lot faire Bmpper du pted une seconde fois et parer le contre de detoe, attendre la retraite et tenir le boutcHïprès du talon, doubler le dégagement ea <piarte en dedans^ tourner 1^ oagles vite, enlever la main, et partir quarte. Oà lui dit : Doûbltô le dégagement , ou contre^dégagez ; ce n'est pas Satire deux tours , le pre^» mier dégagement . n'ea feit qu'un deaii , et le second achevé le tour eatifev.

Le mattre dit : « Engagée l'épée en derce , parez le coatre de tîei^ce, coatre-A^agez quarte en dedans ; je pare le contiré de tierce et quane^ coatiie<légagez quarte en dedans, et reveâez sur les armes; tournez les on*^

DE l'ait tn ABME8. 7$

^€s, enleret, tirez qaart« sur lat armes; ett gmdé, té* placez-Yoas : parez le contre de tierce , attendez ma rt^ traite, £nté* «n temps de pins, eontre-dé^ges dedans, reTeflcfz dèssiiK) je pare tieree, repassez dedans. » On revient aux eonps dreiis tirés comme il a été dit.

Le mattre^aiira soin qM Fécofier ne s'enlève pas, niais i}tt'il reste les jarreté ployés, et que l'action se fesse soits lui.

Le mi^tre parera le contre deqoaite sans tourner les

ongles en dessons, ponr fedliter Téléte à rester sur le

plastron ; il tiendra atfssi la main nn pen basse pour

que Fécolier gagâe le foible; s'U ne tonche pas, c'est

un signe de paresse dans sa main ; il &ut le faire re-^

cominéâèer jtisqu^à ce qu'il rééte sur lé plaStron< Le

maftre doit baisser sa maiii à raison de la JbiUesse ded

moyens de Fécolier, et exiger que celui-d enlève la

sienne avant que le corps ne parte. Les élevés ont ordi^ *

nialirémené le dé&ul de kiisser tomber leur inaiil sur la

paradé du matti^, sm-toutëb quarté en dedans; ils se

découvrent le corps et la figure. Sur robdervation qu^on

leur en fait , ils croient que la force de la parade feit

tomber leur maih^ on leur expKqné que parer du fort

sur le foible n^nflue pââ sur la main , qu'il fiiut la sou**

tenir, ou qu^autreâient on doniie un trop grand jour

pour la riposte. S^ils retombent dalEis cette fiiute, le

maicre leur riposte quarte pôitr leur pi'Ouver qu'il faut

être couvert sur le dévékpppeinent; ensiiite on^ revient

aux cou|)8 de vitesse éh qiiarte.' Le maftre dit : « Parez

le contré de tierce, attendez ma retraite jusqu'à ce que

votre bouton soit près du passage de mon fer^ passez-

le Tite en seconde, tournez les ongles , enleyez', prenéa Fopposition*

Le mattre tout entier à son art, doit mettre de Fac^ 'tion, de la chaleur pour animer son élève. « Contre-dëgagez secondé , ne tirez pas 9 je vais à la parade d'octave , repassez quarte sur les armes , ( ce qui s^appelle contre^ dégager seconde) marquez la feinte ; on dit : contre-dégagez seconde et revenez sur les armes, enlevez, tirez» En garde, Tépée devant vous , cela veut dire auoir la garde étendue et couverte sur rengagement. Relâchezvous, parez le contre de tierce, attendez ma retraite. Je me relève en prenant le demi-cercle, contre-dégagez seconde , revenez sur les armes. Je vais à la parade de* tierce ou de quarte sur les armes , retombez seconde ; c'est ce qui s'appelle conWe-^égager seconde et doubler la feinte en seconde , ou bien revenir dessus etretont" ber dessous.

Le mattre dit encore : « Parez le contre de tierce, attendez ma retraite, contre-dégagez seconde, ne tirez pas, retenez le corps ; je prends le demi-cercle et octave ^ revenez sur les armes ; je prends le contre de quarte , repassez une seconde fois sur les armes , tournez les ongles , enlevez la main , partez çn prenant l'opposition , en garde. » L'élève alors aura trompé le demi-cercle, l'octave, et le contre de quarte* On revient aux coups sim- ' pies , après lesquels le mattre fait parer le contre de tierce;il &ut attendre sa retraite, contre-dégager seconde, re« venir sur lés> armes ; il va à la parade de tierce ou quarte sur les armes, on repasse dedans, il prend le contre de^ tierce , on repasse uhe seconde fois dedans : l'élève aura-

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parla trompe le demi-cerde, Foctave, quarte sor les armes ou tierce , et le contre de tierce.

On Tient de fidre connottre une partie des ripostes à temps perdus, et il faut £ure observer au lecteur que cette leçon est une des meilleures; le pareur ne ripostant pas du tac au tac, donne le temps à l'adversaire de se relever et de former une parade quelconque. Uécolier tropipant Fëpée dans sa retraite est oUigé à la retenue du corps. Cette leçon lui représentera TeSet d'une attaque, puisqu'il y apprend à parer et à tromper l'ëpée dans la retraite. Une autre attention qu'il faut avoir c'est de feire prendre aux élèves, avantde tromperie fer, une parade du contre. On doit aussi les accoutumer à former des contres dans leur retraite, et ne jamais les feire rer lever sans les obliger, en leur trompant le fer, de rêver nir à une parade du contre ; à cet effet , il faut contre-dégager fréquemment pour qu'ils prennent l'babitude de suivre le fer quand ils ne le trouvent pas au premier temps, autrement, n'étant exercés à parer le.contrç qu'une fms, ils croient n'avoir plus rien à faire et manquent le fer , ils s'ébranlent au lieu de doubler les para; des quand ils sont trompés.

I7n maître ne doit feire replacer l'élève en garde sans parer, que pour répéter et étudier des coups droits, ou pour attendre une feute et savoir en profiter, comme ce* la sera démontré dans le cours des leçons.

En faisant former des parades du contre,, il aura soin 4e ne point laisser quitter le fer. dans.Ia retraire, il exigera de l'élève qu'il se relève en marquant l'opposition et ^n se maintenaut toujours le lo.ng de la lame.

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