‹ Traité de l'art des armes: à l'usage des professeurs et des amateursChapitre 78 sur 84 · XnAITJi · texte numérisé non relu

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après la parade , de métneles croisés encore plus violents que les battements. Il faut éviter d^en donner connoissance aux élèves avant qu^ils aient feit assaut long* temps : il est bien plus difficile de tirer un coup droit çt de faire un contre-dégagement que tous ces brisements de fer ; un écolier qui s^y livre trop tôt ne s^occupe que de faire tomber le fleuret de la main adverse , et cepen* dant la sienne perd sa vitesse, il n^agit sur -tout que du bras et de Fépaule, ce qui Fempéche de parvenir à bien tirer. Ce n^est qu^après un certain temps qu^on peut avoir acquis la souplesse et la précision nécessaire pour ne faire que de la main les battements et les croisés. L'individu le plus foible qui possédera Fart de bien faire les brisements de fer fatiguera, Thomme le plus fort ayant un. jeu dur. Tout ce qui est battement et croisé produit Feffet du levier 9 un Hercule même n^y pourroit résisten

Le mattre doit apprendre avec soin à éviter les battements et les croisés. Cette instruction a plus d^ua avantage, principalement celui de donner à la pointe la plus vive légèreté. ( Voyez ce qui a été dit pré-^ cédenunent sur la manière d^éviter les battements et les croisés.)

Ce sont des coups de finesse de savoir prendre le foil;»le adverse sur des changements d^engagements. Ces coups s'opèrent sur ceux qui changent le fer trop souvent sans s'assurer du foible avec leur fort , d'où il résulte qu'ils ne le tiennent qu'à moitié de leur fer : cette maladresse a lieu dans la garde de même que daps la retraite. Un tireur qui a la main légère, avec une belle

«JévadoQ, voyant changer rengagemeot , dès qu'il stat quitter le fer, enlève la main ea prenant l'opposition. C'est un des plus beaux coups d'armes. Un maître doit le &ire répéter souvent au plastron.

Un maitre doit donner à ses écoliers l'habitude de bien lier le fer de tout sens, sur-tout en quarte sur les armes. Bien n'est mfôlleur après la parade du demi-cerolé et sur taut-lesjeui possibles, principalement sur les mauvais jeux, qu'il faut toujours bien envelopper. II faut aussi habituer les élèves k Uerau contre de tierce , lier en prime, parer seconde et ramener de seconde en quarte en dedans, ce qui doit s'exécoter par un très petit mouvement.

Dans notre académie, depuisprès de soixante ans, on a toujours donné la préférence aux fleurets longs : il a été démontré que la longueur du âeuret est un avanta^p réel. Celui qui a l'art de tenir son adversaire de loin Mt moins exposé cpe celui qui a un flenret court, et qui étant obligé de s'approcher pour toucher, ne peut serrer la mesure sans s'exposer avec tonte espèce de tireurs.

LcNTsqne les écoliers sont arrivés au point où on \ci laisse tirer ensemble, ils doivent , pour devenir forts et beaux tn-eurs, laisser tout amour-propre de câté , n'avoir en vue que de s'exercer p^ur apprendre, sans se livrer à Tambiiiou de toucher. Dans l'assaut on ne doit suivre que la leçon, tirer, se relever, parer et riposter, disputer ua coup comme dans un jeu de paume on envoie et renvoie vingt fois la balle sans la laisser tomber. C'est le seul moyen d'acquérir une' grands habitude. '9-

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Alors les connoissances et les idées se multiplkiiit les unes par les autres , et enfin les grâces prêtent à Texercice leur ornement.

Pour bien tirer des armes, il faut un terrain conve^ nable ; le meilleur est le tuf battu , le carreau, quand il n^est pas trop lisse, peut aussi être employé à paver une salle d'armes , pour le mémeobjet les planches et le par- 4]uet ne valent rien. Lorsque le terrain est glissant ,. on mêle du 'blanc et de la résine piles par parties égales pour mettre sous les pieds. Les gants se fîx>ttent aussi de blanc, parce qu^avec le temps ils deviennent lisses et glissants ; feute de blanc on peut se servir d^un peu de plâtre de muraille. Ces détails ne paroitront point trop minutieu-x pour peu quW réfléchisse que dans les armes la moindre chose peut nuire à la facilité de Fexécution^ et qd'on ne sauroit trop prévoir et éviter toute espèce d'inconvénient.

Pour rendre Passaut intéressant il faut s'y présenter avec grâce. Un tireur placé avec agrément est toujours à son aise et toujours fort* C'est en partie un avantage qu'on obtient de l'exercice du mur tiré selon le vrai principe. Lorsqu'un tireur n'a plus 'de plastron pour consterver ce beau principe, il faut qu'il ait le. bon esprit d3 tirer souvent le mur, et de faire des contres. On peut aussi, à dé£aiut d'un tireur, s'amuser devant uiie muraille, où l'on aura marqué un pointa hauteur cf homme, et répéter tous les temps qui se font au plas* tron, en allant doucement et observant toujours l'ensemble des mouvements.

Un homme de petite taille éprouve dans Fart des ar-

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mes bien des difficultés, et peut même en éprouver d'issurmoD tables ; il doit s'attacber à devenir bon pareur, et à acijnérlr assez de ierniet^ des jambes pour être toujours prêt à tirer; c'est ainsi qu'il se rendn capable de profiter de la moindre faute d'un adversaire, et souvent'il reconnottra que ceux à qui la oature accorde le plus de moyens ne sont pas ceux qui savent le mieux les employer, et qu'à force d'art et d'opiniâtreté OD peut vaincre la nature elle-même.

T^ première garde est celle du plastron au milieu de soi, qu'on appelle gari^^arta^e'e; elle défend le dessus comme le dessous. Dans l'assaut, il n'y a pa» de garde fixe; elle doit être relative à la garde adverse. De même on ne peut combattre les jeux et les positions opposées que par des jeux et des positions semblables. En UD mot, la garde.du plastron varie selon tes jeux qu'on a à combattre, et jusqu'à tenir la main et la pointe tout-à-bit basses, et le corps ployé en deux. .

Un maître doit beaucoup s'appliquera donner leçon de sa main gaucbe, vu que le jeu d'un gaucher est fort embarrassant ; c'est , pour ainsi dire , un livre qu'il fent que le droit lise toujours à l'envers ; it faut beaucoup d'étnde pour y parvenlp. La leçon de la main gaucbe est aussi utile pour le gaacber que pour le droitier. Si deux gaucbers viennent à tirer ensemble, leur jeu est encore plus embarrassé que celui d'an gaucher et d'an droitiei^ parcequ'tl est très rare que deux gauchers se rencontrent , et que si cela arrive , ni l'un ni l'autre ne s'y trouve préparé. Le maître doit, feire attaquer, tromper, le fer de tous sens, le ramener et riposter,

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B^ns oublier les battements et les croisés ^ tels que nous les avons démontrés.

Les coups d'arrêt et de temps sont précieux sur les |rauchers, qui ne doivent pas en être plus exempts que les autres tireurs, s'ils né les méritent encore davantage. Les droitiers n'ont point Tbabitude d'en fe^ire usiige, et ne sWcupent qu^à se défendre, lorsqu'ils ont affaire à des gauchers; ce qui fait que ces derniers^ ne s'en méfient pas , et prennent des licences , comme de courir et redoubler, et cela prouve la nécessité d'étudier les jeux du gaucher.

Il est indispensable pour un tireur d'armes, qui a donné beaucoup de temps à cet art , de savoir l'espadon.. C'est un- exercice qui a ses difficultés et ses beautés. II exige moins de temps que la pointe, et lorsqu'on la siait tirer^ on a l'avantage de pouvoir mêler les deux jeux ensemble. L'espadon peut être fort dangereux pour le pointeur qui ne le connottroit pas.

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