INTRODUCTION
Dans tous les arts il y a des principes établis qui en facilitent l’étude ; il n’en est pas ainsi de l’art des armes : chaque maître a, pour ainsi dire, ses principes particuliers -, cette variation dans l’enseignement cause une marche incertaine , retarde les progrès de cet art, aussi utile au développement des moyens physiques qu’à la conservation de l’individu obligé par état d’y avoir recours pour sa propre sûreté.
Dans les sciences et dans les arts d’agrément, on a des livres élémentaires , qui en rappellent sans cesse les principes, et propagent les découvertes que le génie et l’expérience y ont faites : l’art des armes seul ne jouit pas de cet avantage j les ouvrages qui en ont traité n’étoient point dignes de succès, et sont totalement oubliés. C’est donc une
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matière neuve qu’on va traiter. Il appartenoit à un maître célèbre de se charger de cette tâche, et qui mieux que M. La Boëssière père l’auroit remplie? Son talent bien reconnu, les nombreux élèves qu’il a faits, à la tête desquels il faut placer l’inimitable Saint-Georges, lui donnoient le droit de parler sur cet art qu’il a honoré, et dont il a agrandi le domaine.
Fils de ce grand maître, et élevé pour lui succécéder, j’ai toujours vu avec peine que mon père négligeât de tracer sur le papier ses brillantes leçons. Ce n’étoit point la capacité qui lui manquoit; car, ayant fait d’excellentes études, il étoit plus en état que qui ce fût de rédiger un ouvrage sur les armes; mais sa vivacité, son goût le portoient plutôt à s’occuper d’objets de littérature qu’à réfléchir sérieusement sur des principes abstraits.
Depuis l’âge de huit ans que mon père me mit le fleuret à la main, ayant toujours exercé sous lui , j’ai eu l’inappréciable avantage d’être formé par ses leçons, et élevé avec M. de Saint-Georges,