DÉMONSTRATION DES COUPS DE QUARTE ET DE TIERCE
Après avoir ainsi placé l’élève, on passe à la démonstration des coups et des mouvements. Le maître à cet effet tient la main de l’écolier, et doit la conduire dans tous les temps. 11 n’y a , à proprement parler, que deux coups dans les armes, qui sont quarte et tierce.
four tirer quarte, on tourne la main et les ongles en dessus; pour tirer tierce, la main et les ongles se tour-
nent en dessous. Toutes les autres combinaisons émanent de ces deux coups. Le maître, en plaçant la main sur l’épaule de l’élève pour qu’elle ne monte pas, lui remue le bras, lui fait tourner la main quarte enlevée, et la dirige vers lui , ayant soin que les articulations soient libres; c’est à la main à conduire l’avant-bras qui doit être flexible. Ce mouvement réunit trois actions qui n’en forment qu’une, celles de tourner, d’enlever et de prendre l’opposition, le tout sans saccade; car, au moindre petit mouvement convulsif dans l’enlèvement de la main, la pointe s’écarte, quand elle doit être fixée au corps sans s’en éloigner d’une ligne. Les doigts obéissent à la nécessité de laisser la pointe au corps , à mesure que la main gagne de la hauteur en tournant, le petit doigt et l’annulaire fléchissent, et la main arrive au plus haut. Quand les élèves en sont aux parades, on leur explique la cause de ces trois mouvements : i° le tourné pour la vitesse de la main; 2° l’élévation pour gagner du fort au foible ; 3° l’opposition pour écarter la pointe adverse de la ligne du corps. On ne tient le fleuret que du pouce, de l’index et du doigt du milieu, qui même ne fait que toucher la poignée. Jamais l’épaule ne doit monter, ni l’endroit de la saignée être tendu; il en résulteroit des saccades, et la pointe s’éloigneroit. Pour cette raison, le maître avec sa main droite s’occupera toujours de l’épaule et de l’endroit de la saignée, afin de rendre moelleux et liants les mouvements de l’écolier. Lorsque la main s’enlève, le bras gauche baisse, et fait le balancier. Ces deux mouvements étant exacts, le corps bien assis sur la partie gau-
3o TRAITÉ
cîie, les hanches bien effacées, on fait détacher le pied droit de terre, et aussitôt détaché, le jarret gauche se tend, chasse le corps, et produit l'effet d’un arc; mais sur-tout cjue le jarret ne se tende pas avant le coup tiré, comme cela arrive à beaucoup de tireurs qui ont eu de mauvais principes, ou mettent trop de précipitation. Le pied doit raser le sol en se détachant de terre, autrement il ralentiroit l’action en décrivant un grand cercle, cela s’appelle sauter.