QUATORZIÈME LEÇON
DES PARADES DU CONTRE OU PARADES DOUBLES, LE CONTRE DE QUARTE, LE CONTRE DE TIERCE, ET DU DEMI-CERCLE OU PARADE DOUBLE.
La parade du contre ou parade double s’appelle contre , parcequ’elle ramène l’épée au côté contraire; elle coupe deux lignes, le dedans et le dehors ou le dessus; exemple : Je fais un dégagement en quarte sur les armes, vous dégagez en passant par dessous, et formant l’opposition en quarte en dedans; c’est vraiment ramener au côté contraire, et cela s’appelle parade du contre de quarte , qu’on ne peut effectuer que sur l’engagement de quarte. Pour le contre de tierce, il faut être engagé en tierce, engagez donc l’épée en tierce, je dégage quarte en dedans, vous passez dessous et formez la parade de tierce, c’est le contre de tierce. On trompe les contre par les contre-dégagements. Le maître, passant le bouton en seconde, dit : « Parez le demi-cercle » ; c’est encore une parade double, puisqu’elle coupe quatre lignes, le dessus, le dedans, quarte basse et seconde.
Il s’agit présentement de faire répéter ces parades en les liant ensemble, et à cet effet le maître dit : « Le talon à la cheville, en garde d’un seul temps, sentez l’épée en quarte, couvrez-vous bien, en formant la ligne
d’opposition , les ongles un peu inclinés en tierce, c’est • à-dire, demi-tierce, parez le contre de quarte, les deux lignes de dessus et de dedans sont parées. » Cette position, au moyen des ongles tournés en dessous, forme un angle qui maîtrise le foible en l’écartant par l’élasticité de la main , et il est tenu comme dans un étau , il n’y a que le dessus à défendre par le même contre. Ceci doit se faire avec le plus de légèreté et de liant possible, en laissant la pointe au corps; si l’on appuie sur la parade, et qu’on soit trompé par le contre-dégagement, il y a un temps de perdu; c’est pourquoi on ne se fie jamais au fer; si on ne le trouve pas au premier contre, il faut le doubler ;' exemple : Parez le contre de quarte, vous ne trouvez pas le fer, doublez ce contre; pare* deux fois le contre, parez le contre, restez là; je passe dessus, tournez la main tierce, achevez la parade en formant l’angle, et la pointe au corps; parez le contre de tierce deux fois, et, pour y parvenir, serrez bien le mouvement. Les commençants font généralement leurs contre trop larges, et même de l’épaule; on les surveillera pour que ces mouvements s’exécutent finement; le maître passe derrière l’écolier, prend sa main, lui remue le bras, afin qu’il soit flexible et ne résiste pas, et lui fait former le mouvement des contre le plus petit possible, il l’aidera de même pour le demi-cercle qu’il faut éviter de faire trop large et trop bas.
Le maître, remis en place, continue de faire parer, et dit : « Parez le contre de tierce et quarte, et le contre de quarte, le demi-cercle deux fois, puis le demi-cercle
et octave, quarte sur les armes en opposant quarte à quarte. » Il n’y a ici que la main à tourner.
Parez quarte, le contre, le demi-cercle et quarte en dedans, le contre, et doublez le demi-cercle. Quand l’éléve forme les contre assez justes, le maître les lui fera exécuter, ainsi que le demi -cercle, et trompera souvent ces parades pour l’habituer, sans le prévenir, à suivre l’épée et à doubler la parade sans mouvements convulsifs, autrement il perdroit le fer, et ne feroit, suivant l’expression, que chasser les mouches. Il faut répéter ces parades à la fin de chaque leçon , mais seulement de la main avec le corps bien placé, et toujours prêt à développer. On aura l’attention de ne pas toucher l’élève pour ne pas déranger ses positions, les mouvements de sa main deviendroient trop larges par la crainte du bouton; il faut que l’élève ait pris de l’habitude et de l’assurance avant qu’on ne lui approche le corps. C’est au maître à y prendre garde.