‹ Traité de l'art des armesChapitre 37 sur 97 · DIX-NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-NEUVIÈME LEÇON

JDES MENACÉS.

Les menacés sont aussi des attaques au fer. Le menacé se fait le corps très en arrière; en général, il faut éviter de l’avoir en avant, et sur ce temps principalement. „

Le maître fait engager l’épée en quarte, et dit : Frappez du pied, effacez-vous, menacez quarte, c’est-à-dire, tournez la main quarte , la pointe près du talon de l’épée, et en frappant du pied; dans l’assaut, on y ajoute le cri , qui oblige l’adversaire à serrer sur le fer ou à faire tout autre mouvement. Le menacé est rarement infructueux; le tourné de la main donne atucoup l’air d’être porté en avant. En faisant le menacé de la main, le tireur s’assied sur la partie gauche, et efface les hanches, pour éviter que sa pointe ne s’engage trop et ne passe la garde adverse; si la main et le corps venoient un peu en avant, le fer seroit livré au battement ou au croisé, et le corps au coup touché. Il faut donc pour un menacé assouplir le bras., la main, les doigts et les jarrets , en s’asseyant tant qu’on le peut sur la partie gauche. Il doit se faire très vite, et être accompagné de l’appel du pied et du cri; il faut ensuite remettre la main dans la position de la garde, et doucement, pour être prêt à tromper le fer et à parer syivaut

le produit du menacé. On n’épargnera pas les répétitions de ce coup auquel les écoliers sont ordinairement très gauches; on le leur fait répéter lentement, ainsi que tout ce qu’on leur démontre ; le maître l’exécute lui-même pour le leur faire mieux comprendre.

Dans le menacé, la pointe doit jouer sous le talon du fleuret sans toucher la garde , et c’est la grande retenue du corps qui en donne la facilité.

Il y a aussi le coulé; mais je n’en suis pas partisan, attendu qu’il se fait en portant la main et le corps en avant; le fer est trop engagé, l’homme est livré au coup touché. On vient d’expliquer la difficulté de bien faire un menacé sans danger; d’après cela, on doit penser qu’un fort tireur ne souffrira pas un temps en avant, sans faire un brisement de fer, puisque tout lui est livré.

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