‹ Traité de l'art des armesChapitre 39 sur 97 · VINGT-UNIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-UNIÈME LEÇON

DES COUPÉS APRÈS LES MENACÉS DANS L’ATTAQUE , AINSI QUE DANS LA RETRAITE.

Le coupé , après le menacé, tant en attaque qu’en retraite, est très difficile à parer. Nous le répétons, le grand talent du maître est de savoir bien donner l’épée à son élève dans les engagements, et sur-tout son foible; dans ses parades, comme dans les temps qu’il fait, qu’il se tienne toujours près du talon du fer de l’écolier, pour lui faire sentir l’effet de la tenue. Le maître qui fait les temps comme ils sont expliqués, et le seront encore dans les leçons suivantes, gagnera beaucoup de main et de légèreté par le liant qu’il est obligé d’avoir et les connoissances qu’il acquerra à mesure qu’il donnera leçon. Les amateurs même qui veulent s’instruire dans cet art trouveront dans ce Traité les difficultés démontrées, et deviendront, en l’étudiant, de vrais connoisseurs.

Pour revenir aux coupés après les menacés, le maître dit: «Engagez l’épée en quarte, assurez-vous du fer, sentez l’épée légèrement, menacez quarte, la pointe au corps, et votre fort dans le foible jusqu’au bouton en soutenant la main ; qu’il n’y ait qu’elle à passer, tournezla, et coupez vite. » En exécutant le coup de cette façon, il est rare que le fer adverse ne réponde pas au

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menacé. Pour aider en menaçant on donne au fer adverse un petit point d’appui qui facilite le coupé, mais il faut y mettre une extrême légèreté. Après le coupé, la leçon suit depuis le dégagement, une, deux, la doublefeinte , jusqu’au contre - dégagement , la feinte et la double-feinte.

' Le maître engage l’épée en tierce, et dit: « Parez le contre de tierce, attendez ma retraite. Je me relève l’épée devant moi; menacez quarte, la main haute dans mon foible jusqu’au bouton; c’est votre fort qui doit être au bouton en donnant un petit point d’appui bien léger; ensuite que votre main passe le plus vite possible, et en pivotant, quand le foible est gagné. » C’est imparable s’il y a eu de la légèreté et de la finesse. Les coups après sont les mêmes que les précédents ; on y ajoute les coups compliqués, les simples dégagements de vitesse et le salut, par lequel on finit.

Nota. Quelques maîtres font faire la feinte de coupé, que je n’admets point par la raison suivante :

Sur un changement d’engagement, soit dans la garde, soit dans la retraite, on tire le long de la lame en prenant l’opposition. La feinte du coupé est bien plus dangereuse, puisque la pointe fait deux temps en l’air. Un tireur ferme sur ses jambes, qui a du coup-d’œil , une main légère , arrive au corps par opposition ; même un mauvais tireur sera appelé sur l’abandon du fer, son adversaire ayant la pointe en l’air.

En admettant qu’on fasse bien la feinte du coupé au plastron, elle perd trop à l’assaut pour y être admise.

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