‹ Traité de l'art des armesChapitre 42 sur 97 · DU COUP DE TEMPS · texte numérisé non relu

DU COUP DE TEMPS

On distingue la parade du tac et la parade d’opposition. La parade du tac se fait en tournant la main très vite. Le tac produit l’écart de la pointe adverse, il s’ensuit la riposte , ce qui fait deux temps. Quant à la parade d’opposition , voici en quoi elle consiste : je suppose qu’on tire un coup de quarte sur les armes, que celui qui doit parer le juge , il ne fera qu’opposer quarte à quarte sur les armes , ou tournera la main tierce ; il sent alors le fer qui lui sert de conducteur , la main s’enlève, la pointe se trouve au corps , le développement va de suite , la main n’ayant fait qu’un temps , qu’on appelle le vrai coup de temps , ou coup du même temps, ou coup d’opposition , il devient naturel par la grande habitude du plastron , on verra dans la suite la manière de le faire exécuter.

Il y a trois degrés de parades. Quand le maître livre son élève à l’assaut , il est sûr qu’il les forme bien toutes ; faute d’habitude, il se presse trop dans les commencements , il ne rend pas la riposte chaque fois qu’il rencontre le fer, parcequ’il met trop de force ; avec le temps il se pressera moins , parera à raison de la vitesse de son adversaire et ripostera plus souvent ; arrivé à un plus haut degré, il liera moins de contre, il prendra des parades simples , des parades d’opposition , celles-ci ne feront qu’un temps en tirant de suite, c’est ce que nous appelons coup d’un seul temps „ coup jugé : le maître donne au plastron la manière de les tirer , les bien juger

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est l’ouvrage du temps et d’un travail assidu ; le maître n’y peut rien , tel écolier y arrive plus facilement que tel autre : la bonté de la vue y contribue beaucoup , et détermine ce qu’on appelle le coup d'œil ; il ne faut pas d’ailleurs que les écoliers cherchent trop à juger pour risquer le temps, il doit même les en éloigner et leurpersuader que le premier principe est de serrer des contre ou de parer; c’est le moyen de ne faire jamais de vilains assauts. Souvent même sans chercher à juger on se trompe et l’on fait des coups pour coups qui ôtent le mérite d’un bel assaut. Le vrai tireur ne doit jamais développer qu’il ne sente le fer ; c’est son conducteur, comme on l’a dit , pour tirer le long de la lame. En étudiant bien cet ouvrage on trouvera des exercices qui conduiront à tout et par degrés.

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