‹ Traité de l'art des armesChapitre 43 sur 97 · VINGT-CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-CINQUIÈME LEÇON

EXERCICE ET MANIÈRE DE TIRER LES COUPS DE TEMPS, OU COUPS d’opposition.

Le maître fait placer l’élève en garde; quand il y est bien régulièrement, il lui fait tirer des coups droits, enlevés, bien soutenus et à fond sans que le corps tombe , ou pousse sur le plastron , puis il dit : « Tirez dessus , je pare le contre de quarte , en garde ; parez le contre de quarte. Dans votre retraite ne trouvant pas l’épée au

TRAITE

contre, opposez quarte à quarte sur les armes , vous n’avez que la main à tourner en enlevant comme dans le coup de quarte sur les armes.

Le maître aura l’attention de bien présenter sa pointe au corps dans tous les coups qu’il démontre , sur-tout dans ce dernier. Les élèves doivent apprendre à bien sentir le fer , car souvent ils veulent parer sans tourner les ongles de quarte et agissent de l’épaule. Dans ce cas , on leur prend la main , on la conduit en disant: parez le contre de quarte, ne trouvant pas le fer, tournez les ongles de quarte entièrement, enlevez la main. Par le fait vous parez en prenant l’opposition, et le coup se trouve absolument quarte sur les armes.

Il faut convenir que si l’on s’empare du foible d’un tireur qui tire de manière à ce qu’on puisse lui prendre le temps , cela provient de la paresse et de la lenteur de sa main ; car s’il avoit eu l’attention qu’elle précédât parfaitement par son élévation le mouvement du corps, malgré que le coup fût jugé, il se trouveroit à l’opposition de prime et pourroit parer. Qu’on l’essaie et l’on verra la vérité de ce que j’avance. On m’a jugé des coups de quarte sur les armes , je n’ai pas été touché parcequej’avois la main extrêmement haute et que je cédois en prenant la parade de prime. Cela prouve qu’on n’est touché que d’après le plus ou moins de fautes que l’on commet.

Le coup se fait de même en tierce et il n’est pas moins beau , la main prenant encore plus de hauteur; le maître dit : « Parez le contre de quarte; ne trouvant pas le fer rournezla main tierce ; enlevez. » L’adversaire s’enferre

lu 1

de lui-même. Ce coup est superbe quand il est bien enlevé; il s’appelle le temps en tierce.

Contre un élève qui tirera un coup droit, en chargeant ou en appuyant sur le fer, il n’y a qu’à céder en changeant l’engagement et prendre l’opposition. Par exemple je suis engagé en quarte en dedans , je force pour tirer droit, changez le fer en quarte sur les armes et prenez l’opposition. La même chose se fait en tournant la main tierce qui a plus de hauteur, comme on vient de le faire observer.

Page 1