‹ Traité de l'art des armesChapitre 46 sur 97 · DES COUPS SUR LE TEMPS · texte numérisé non relu

DES COUPS SUR LE TEMPS

Les coups sur le temps mettent de grands désordres dans les assauts. Souvent les tireurs le confondent avec le coup d arrêt. Ils prétendent que sur une marche , un mouvement quelconque , ou même qu’après avoir formé une parade ou deux , ils doivent tirer s’ils ne trouvent pas le fer , sur une feinte ils se croient fondés à développer sur le premier temps : c’est un raisonnement faux ; ce n est pas qu ils ne puissent réussir quelquefois , l’adversaire n ayant pas ajusté; mais cette réussite sera l’effet du hasard ; ils feront après plusieurs coups pour coups , accidents inévitables lorsqu'on tire sans opposi-

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tion. Chaque coup tiré doit avoir l’opposition du même coup. Je suppose que l’on tire sur le premier temps d’une feinte finie, le second temps arrive au corps puisqu’il n’y a point d’opposition. La manière de prendre le temps sur une feinte marquée en quarte sur les armes est de laisser faire les deux temps, ensuite de prendre l’opposition en quarte sur les armes , ou de touxner la main tierce, d’opposer en enlevant la main, alors on tient tout et on ne risque pas le coup pour coup ; chose déshonorante pour un tireur.

Si l’on marque la feinte en dedans on attend le dernier temps. Celui qui juge forme le contre en quarte sur les armes, ou tourne la main tierce au lieu de quarte , ce qui revient au même pour la prise du fer adverse ; on enlève la main en tirant , c’est le vrai temps ou coup d’opposition.

Il y a encore une autre manière de prendre le temps sur la feinte en dedans et sur le dernier temps , c’est de prendre l’octave. Le coup est beau ; on voit que le fer est pris par opposition ; autrement la réussite est incertaine et contre le principe. On ne doit rien devoir au hasard, mais tout à Fart : le vrai principe, comme nous l’avons dit , est de toucher sans être touché ; il est vrai que l’exécution en est difficile; elle ne semble aisée qu’aux jeunes gens qui ne doutent de rien. Ayez donc pour habitude de ne jamais tirer sur un abandon d’épée, dans ce cas où la réussite est incertaine il est plus sûr de parer pour tirer sans danger. On doit toujours tenir le fer ets’en servir comme de conducteur. Dans les coups tirés sur la marche de même que sur les développements.

TRAITE

les fleurets doivent être croisés ou en opposition, autre- •ment, nous le répétons, on tombe dans le coup pour coup.

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