A LAQUELLE ON JOINT LES COUPS D’ARRÊT ET LES COUPS DE TEMPS
Ayant débuté par les coups droits, le maître fait parer le contre de quarte, et dit : « Attendez ma retraite, marquez une, deux, et trompez le demi -cercle par le contre-dégagement de seconde. La suite est la même jusqu’à la double-feinte. Trompez ensuite les deux contre, c’est-à-dire, le demi-cercle et le contre de quarte sur les armes; parez le contre de tierce, attendez ma retraite, marquez la feinte de seconde, ou la feinte de quarte en dedans pour tirer quarte sur les armes. » Cela revient au même, parcequ’on prend le contre sur ces deux feintes.
DES COUPS d’arrêt.
Voyez le chapitre des coups d’arrêt , et au second article où ils sont encore plus expliqués; passez ensuite au détail des coups qui n’ont pas été démontrés.
Le maître tient le fer en quarte en dedans, et dit: «Tirez dessus, je pare le contre de quarte; en garde: parez le contre de quarte ; si vous ne trouvez pas le fer, arrêtez-moi en quarte sur les armes, enlevez, tirez;
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en garde. Engagez l’épée en quarte en dedans, frappez du pied tirez dessus, je pare le contre de quarte; en garde. Parez le contre de quarte et le demi-cercle; si vous ne trouvez pas le fer au demi-cercle, coupez la ligne par octave, enlevez la main, tirez ; en garde. Liez le fer au contre de quarte dans votre retraite, tirez dessus. Je pare le contre de quarte; en garde. Parez le contre de quarte, le demi-cercle, octave; si vous ne trouvez pas le fer en octave, c’est que j’aurai passé dessus. Arrêtez-moi alors eu quarte sur les armes, en opposant quarte sur les armes, et vous aurez tiré le vrai coup de temps. En garde; engagez l’épée en quarte, tirez dessus; je pare le contre de quarte; si vous ne trouvez pas le fer, tournez la main tierce tout-à-fait, opposez tierce à tierce, enlevez, tirez; en garde. Tirez dedans, je pare le contre de tierce; en garde. Parez le contre de tierce, je contredégage dedans, ma pointe gagne trop en passant dessous votre main, prenez prime, soutenez la main, tirez en opposant la main gauche; en garde à l’épée quarte , pour ne pas faire passer la pointe devant le corps. Engagez l’épée en tierce, tirez dedans, je prends le contre de tierce; en garde. Parez le contre de tierce, prime; si vous ne trouvez pas le fer en prime, arrêtez en seconde, et tirez le coup de temps; en garde à l’épée de tierce, tirez dedans, je prends le contre de tierce; en garde. Parez le contre de tierce, prime et seconde; si vous ne trouvez pas le fer en seconde, opposez tierce à tierce, ou le temps. » Voilà en tierce les mêmes positions qui ont lieu en quarte; d’après cela, si le maître est intelligent, les idées se succéderont.
DE l’art DES ARMES. I 1 3
Il arrive quelquefois que le coup de seconde est jugé, que la parade se fait avec tac; d’après l’écart que cela produit, il y a une très belle riposte en quarte sur les ar mes, pour peu que la main de celui qui est paré se trouve basse; dans ce cas, celle de celui qui riposte, étant en tierce, a un jeu extrêmement vite pour rendre quarte sur lesarmes. Lemaître doit sans cesse veiller à cequel’éléve soit bien sur les positions, et le ramener aux coups simples pour gagner de la vitesse, et d’après les moyens indiqués. Il faut observer la plus grande légèreté dans la pointe et le touché du fer; on en devient plus embarrassant, plus dangereux pour quelque tireur que ce soit, mais sur-tout pour un tireur médiocre, qui cherche toujours un point d’appui. Quand on ne sent pas le fer, et qu’on manque de développement, on a beau avoir de la main, on perd toujours considérablement, par la raison qu’avec une pointe légère qui ne permet pas le moindre point d’appui on ne trouve rien à tromper.
Comme le maître a beaucoup à parler, on l’avertit qu’il peut se dispenser de dire chaque fois : Parez le contre de quarte ou de tierce; quand on est sur un engagement, on ne peut parer que le contre de l’engagement sur lequel on tient le fer. De l’engagement quarte pour parer le contre de tierce, il faut parer tierce, ce qui est une parade simple où l’on fait engager l'épée, autrement dit, changer l’engagement pour changer le contre. Il faut donner connoissance de cela aux élèves. Souvent, quand on leur dit : Parez le contre, ils deman dent lequel. Mais ici ce n’est pas la même chose; comme
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il s’agit d’une démonstration par écrit, et qu’on ne voit pas le côté par où le fer doit être tenu, il y a nécessité d’indiquer nominativement le contre qu’il faut parer pour queje lecteur ne perde pas le fil de la leçon.
Observation .
La nécessité de maintenir une sevère position en fait d’armes cause à l’élève beaucoup de fatigue, occasionée sur-tout par le ployé de Ja partie gauche. Il est de l’attention du maître , quand il s’aperçoit que l’élève est désuni par cause de lassitude, de l’habitueràse relever en remettant le talon à la cheville gauche : c’est dans cette position que le tireur doit prendre repos ; il ménage ainsi sa vigueur et conserve sa ligne dans l’assaut.
Saint-Georges ne tirait jamais plusieurs coups de suite sans se reprendre. Sans cette précaution on dégénéré quant à la position et à la vitesse , c’est ce qu’il est essen' tiel d’éviter. Si un tireur de la vigueur de Saint-Georges avoit recours à ce moyen , un tireur ordinaire ne doit pas le négliger.
TRENTE-TROISIÈME LEÇON
MANIÈRE DE FAIRE GAGNER DE LA VITESSE A LA MAIN, ET DE CÉDER A LA FORCE.
Le maître ayant l’épée engagé en tierce dit : « Passez quarte en dedans le plus près possib'e de mon fer ; enlevez la main pour toucher. « Si le coup est bien tiré, le maître aura de la peine à le parer au contre de tierce, s’il v parvient , c est parceque sa parade aura été finement faite; l’éléve alors se trouvera surpris de se voir dans une opposition contraire au coup qu’il a tiré, opposition à laquelle i! n’a pas encore appris à obéir; car il s imagine qn avant dégagé quarte en dedans i! ne peut avoir à prendre l'opposition de tierce. Le maître fera donc à dessein de ces parades du contre de tierce pour habituer la main de 1 écolier au liant nécessaire ; car si elle n’obéit pasjuste à ia parade du contre de tierce, en tournant promptement tierce, après le coup de quarte développé en dedans, le fleuret tombera, et la raison en est, ainsi que nous avons déjà eu occasion de le faire remarquer, que le pommeau faisant point d’appui, on ne pourra résister à la force du levier qu’en faisant pivoter la main le plus promptement possible, et en changeant I opposition de quarte en tierce dès qu’on éprouve la moindre résistance.
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Dans les commencements , les élèves laissent tomber la main sur la parade de tierce , ils se découvrent et facilitent le moyen de leur prendre le temps; ils croient dans leur erreur qu’ils ne peuvent faire autrement , et que l’effet seul de la parade cause la chute de leur main ; mais le vrai est que, faute par eux de la soutenir, effet qui n’auroit pas lieu si leur main eût conservé en tirant l’élévation et la hauteur convenable, et qu’elle eût pivoté naturellement en obéissant à la force. Il est bien nécessaire de surprendre les élèves par des contres inattendus pour former leur main à céder à la force, et au besoin à changer vite les oppositions ; nous en parlerons ^encore ailleurs
La même chose a lieu sur l’engagement quarte dans les armes. Le maître, sur le dégagement quarte sur les armes , prend la parade du contre de quarte, il y a dans ce cas moins de difficulté pour le tireur, attendu que la main restant quarte , il n’y a qu’à changer l’opposition quarte sur les armes en celle de quarte en dedans.
Le maître, après cette leçon, recommande de tirer au mur avec les autres élèves avec la plus grande attention. On ne saurait trop pratiquer cet exercice.