EXERCICE GÉNÉRAL DES PARADES
Pour apprendre à parer, il faut être bien placé, parfaitement sur ses jambes, et de manière à ce que rien ne puisse ébranler le corps. Le moindre faux mouvement suffit pour être touché. La main seule doit agir dans les parades et en liant des contre. Comme je viens de le dire, si le corps s’ébranle, il s’ensuit des faux temps, ou des temps perdus. Il en est de même des parades qui se font en reculant. 11 est inutile d’apprendre à parer pour se sauver, et si on ne peut tirer en reculant, on ne le peut non plus en faisant des mouvements de corps; l’on manque l’instant de tirera propros. Le tireur pétulant ne donne pas le temps à celui qui s’ébranle de se remettre en place. 11 lui doublera
TRAITE
plusieurs coups avant de le laisser tirer et riposter. Le tireur doit donc être dans la position indiquée , c’est-àdire inébranlable , sa main ne doit agir que par de très petits mouvements; plus on met de finesse dans un contre, ou toute autre parade double, plutôt on rencontre le fer, et ce n’est qu’après s’en en être ainsi assuré qu’il faut partir vivement avec un beau développement et une main bien soutenue.
Le maître, placé en garde avec la plus grande régularité, dit : « Ployez bien sous vous en tournant les hanches. Chargez la partie gauche, la garde étendue, relâchez la dureté du bras , de la main et des doigts , la pointe basse , la main demi-tierce , la pointe fixée au corps » ; il prend ensuite l’épée en quarte , et ajoute : « Parez le contre de quarte encore une fois par un très petit mouvement; en achevant la parade, tâchez que la pointe reste fixée au corps; elle ne doit pas s’écarter d’une ligne; autrement il en résulte que dans les ripostes on manque le corps. » Dans une parade régulièrement faite, le fort agit davantage sur le foible adverse en formant bien l’angle. Le maître aura donc l’attention que l’élève ne fasse pas de mouvements convulsifs en parant ; ce qui feroit des temps perdus. Il faut que la parade s’achève avec le plus de liant et de légèreté possible. Si l’épée est trompée, que le contre soit doublé sans interruption en laissant la pointe au corps, comme on Fa dit.
Parez encore le contre; si vous ne trouvez pas le fer, doublez légèrement, achevez et coupez le temps de la parade, pour voir si la parade est juste.
DE l’art DES ARMES. 1 3;j
Un tireur qui a la main légère sait profiter de la moindre dureté de son adversaire, il l’amène par de faux temps à former des parades dures et convulsives y qui lui servent à dérober son fer du côté opposé avec vitesse et légèreté. C’est donc pour cette raison qu’un tireur, pour-devenir fort, doit s’occuper sans cesse de relâcher la dureté du bras et des doigts. Et, pour y parvenir, le maître doit, quand l’élève fait preuve de trop de dureté , lui faire doubler sans interruption des contre à l’infini et sur tous les sens, pour l’amener, malgré lui, à se relâcher dans l’incertitude où il est de la rencontre du fer. Ce moyen m’a toujours réussi. Revenant à la leçon , le maître dit : « Parez le contre de quarte et tierce, parez le contre de tierce, et, si vous ne trouvez pas l’épée, doublez ce contre. » Le maître ne doit donner que la pointe sur le fort de l’élève , et tirer très doucement. Un maître qui feroit craindre son bouton avant que l’écolier fût habitué et bien réglé, seroit un maladroit, et l’élève ne feroit jamais ses parades justes. On n’augmente de vitesse qu’à mesure que ce dernier prend de la liberté, mais toujours sans toucher. De cette manière, l’écolier, prenant de la confiance et de l’habitude , arrive au but sans s’en apercevoir, et apprend à ne parer que de la main, sans que le corps remue. Quand le fer est trompé, l’élève voit bien qu il n’a pas paré, le toucher est donc inutile.
Le maître dit : « Parez le contre de tierce et quarte, restez là. Ayez l attention de bien achever votre parade. Parez le contre de quarte; si vous ne trouvez pas l’épée, prenez le contre, le demi-cercle, octave, quarte sur