‹ Traité de l'art des armesChapitre 64 sur 97 · T II A 1 T É · texte numérisé non relu

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les armes , prenez quarte et le contre de quarte. Parez le contre de quarte et le demi-cercle , et revenez en quarte. » Remarquez que le mouvement du demi-cercle à quarte ne peut avoir lieu sans passer par octave.

Le maître fera un faux battement, l’élève n’étant pas au fait, s’ébranle, et ne fait plus de parade; on lui fait observer que le but de ce faux battement étoit de le faire tomber dans cette faute , que sur le faux battement il ne doit répondre qu’en liant l’épée au contre de quarte; en général, il faut avoir pour principe de ne jamais répondre au fer que par un bernent d’épée, quand on ne juge pas. Parez le contre de quarte, je fais un menacé et un faux battement, liez l’épée au contre de quarte, ou changez l’épée en tierce et liez l’épée au contre de tierce, si je fais un faux battement sur cet engagement.

Le maître fait prendre le demi-cercle ( c’est de même une parade double et triple ). Parez , ajoute-t-il , le contre de quarte une fois, deux fois , le contre de quarte , et puis tierce; je force sur l’épée, parez prime, seconde, liez l’épée en quarte en dedans. Parez le contre de quarte, le demi-cercle et octave, quarte sur les armes; je force sur les armes, changez l’épée en quarte en dedans, je passe sur les armes, opposez quarte sur les armes, je force sur l’épée, changez l’épée en quarte en dedans, je passe dessus, prenez le contre de quarte en dedans. L’écolier doit tenir l’épée sur l’engagement en quarte en dedans avec les ongles demi-tierce , suivant le principe recommandé , et à la hauteur relative de son adversaire; il n’a que !e dessus à défendre par un

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petit contre, le plus fin possible. S’il se fait une loi sévère de ne répondre à aucun mouvement que par le bernent au contre, comme cela vient d’être expliqué, il deviendra fort pareur. 11 est bien difficile de toucher un homeae qui pare avec cette régularité, qui, ferme sur ses jambes, est toujours prêt à partir; il faut pour y parvenir être un tireur d’une extrême vitesse. Le maître exercera donc souvent ses élèves à cette leçon pour les faire devenir d’habiles pareurs.

CONTINUATION DE LA MÊME LEÇON POUR AFFERMIR l’É- LÈVE ET LE CONDUIRE A UNE GRANDE FORCE DE PARADE.

Si l’écolier suit le fer en tous sens, s’il ne s’ébranle plus sur les faux battements, mais leur oppose au contraire des liements de contre, soit en dedans, soit en dessus, il faut alors lui en faire de plus violents pour l'habituer à ne plus s’effrayer.

Le maître le fait placer avec toute la régularité possible, la garde bien étendue, et lui dit : Parez le contre; il doit souvent le tromper, pour que l’élève s’habitue à suivre le fer. Lui faisant ensuite engager l’épée en tierce, il ajoute: Frappez du pied, engagez l’épée en quarte ; frappez du pied, liez-la en quarte, mettez du liant, delà finesse; cardans les armes, comme dans tous les exercices, la facilité et la souplesse sont indispensables. Liez l’épée donc légèrement, de manière qu’en finissant votre bernent, il n’y ait pas de point d’appui sur mon fer; ce qui seroit un temps perdu qui nuiroit à la vitesse du bernent qui doit suivre; le premier lie-

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ment étant pins lent, par le point d’appui, expose à être touché.

Après plusieurs liements très fins, on change celui de quarte en tierce; pour cela on lie l’épée en quarte à moitié, et au moment où l’on est près d’achever le mouvement, la pointe basse près du fort, pour avoir moins de fer à passer, on change vite en tierce en soutenant la main, le fort dans le foible. Pour revenir de la position quarte en celle de tierce, Faction de la main doit être extrêmement vive. Le maître fait répéter ce mouvement très doucement et bien en détail, jusqu’à ce que l’élève puisse le faire plus vite.

Après le bernent en tierce , on revient à celui de quarte ; il faut à chacun marquer le temps de l’opposition, avoir la pointe fixée au corps; elle ne doit pas s’écarter d’une ligne, c’est une régie générale, et c’est en la suivant qu’on arrive plus promptement au but.

Le maître continue, et dit: Parez le contre de quarte, et tandis que l’élève achève sa parade, il fait un menacé accompagné de l’appel, du cri, du faux battement suivi de la feinte une, deux. Il est rare que les écoliers x’épondent tout de suite à ces temps par un contre, puisque de forts tireurs eux - mêmes souvent sont ébranlés.

Les élèves étant préparés par le faux battement et la feinte une, deux, ne seront pas longs à s’affermir sur la parade. Le maître ajoute le menacé pour tomber seconde, qu’ils doivent parer au demi-cercle, ou en changeant sur l’engagement| tierce, l’épée en quarte en dedans.

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Nous le répétons , ne touchez jamais l’éleve pour lui apprendre à parer; le contraire a lieu; il se désunit au lieu de prendre de l’aplomb et de la fermeté. Le maître doit Se contenter, après avoir trompé le fer, d’approcher le bouton du corps de l’élève, sans y arriver; cela suffit pour lui prouver qu’il n’a pas paré.

Cette méthode donnera de la retenue de corps, de la main, et de la régularité au maître qui l’adoptera. 11 est vrai que celui qui ne saura point retenir son corps , qui aura la main dure, ou tirera de l’épaule, aura de la peine à la suivre; c’est un malheur sans doute pour les élèves ; car les maîtres qui ont ces défauts ne peuvent faire que des écoliers qui leur ressemblent.

Le maître revenant aux contre, dit : « Parez le contre de quarte et tierce, le contre de tierce, quarte et le contre de quarte. Je force, changez l'épée en tierce, et le contre de tierce; changez l’épée en quarte et prenez le contre de quarte, le demi-cercle, deux fois le demicercle, octave, et quarte sur les armes.

Je force, prenez prime, seconde, liez l’épée au contre de quarte. En supposant que vous formiez la parade les ongles de quarte en l’air, et que votre pointe soit hors la ligne de mon corps, je puis tirer le coup de quinte , la main tierce, en fauchant; il faut alors parer quarte, les ongles en dessous, et former l’angle , pour que ma pointe soit écartée de la ligne de votre corps. Je passe dessus , opposez quarte sur les armes; parez le contre de tierce. Je passe quarte en dedans sous la main, parez prime, seconde, liez l’épée au contre de quarte; parez le contre de quarte, doublez le

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contre de quarte, le demi-cercle, doublez le demicercle. Je suppose que j’aie gagne sur vous du terrain, que nous soyons corps à corps, vous ne pouvez dans cette position serrée me riposter quarte , soutenez alors la main au plus haut en tournant les ongles de tierce, sans quitter le fer, et votre pointe qui, après la parade du demi-cercle, étoit derrière mon corps, se trouvera en prime, et nécessairement dans la ligne; il faut pour cela que le fleuret joue dans la main, et que les doigts soient souples.

Après quelques répétitions de parades doubles en tous sens, le maître fera des menacés, la main haute, pour obliger à serrer de la pointe; ensuite il coupera sur la pointe, si l'élève ne soutient pas sa main. L’écolier doit parer ces coups par des changements d’épée et le contre, la main haute. Le maître après fera des feintes larges sous la main; il y ajoutera le cri et l’appel pour ébranler tout-à-fait l’écolier, qui doit dans cette circonstance prendre le demi-cercle, parade convenable au jeu ou mouvement large.

Voilà la manière la plus sûre et la plus prompte pour former de bons pareurs : les maîtres doivent faire répéter toutes ces parades à la muette, et sur- tout faire attention à ce que les élèves cèdent à la force avec beaucoup de légèreté et déliant. Ces répétitions doivent être faites à la fin de chaque leçon, ou au moins très souvent pour faire de bons tireurs.

QUARANTE-TROISIÈME LEÇON

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